L’autopublication à quelques jours du lancement

Quand tu veux t’autopublier et que le lancement approche, t’as pas mal de trucs à gérer. Je vais toute t’énumérer ça.

Là, je viens de recevoir les 20 copies pour la promotion du livre. J’étais pissed parce que Amazon a vraiment fait une job de cochon. Tous les livres ont été mis dans la boite par un dude aux mains graisseuses qui a taché la majorité des livres. C’est sûr qu’ils peuvent me rembourser, mais comme le lancement est le 2 octobre, j’ai pas le temps d’attendre une semaine pour leur renvoyer ça et une autre semaine pour les recevoir. Il me reste donc à essayer de les nettoyer et de refiler les pires au monde que je connais le plus (ehehe).

J’ai plein d’émissions dans ma liste! À Radio-Can, je veux essayer TLMEP, Médium Large, On dira ce qu’on voudra, La Soirée, Plus on est de fous. Il y a quelqu’un du Nightlife qui va en parler. Quelqu’un au Sac de chips. Je vais essayer La Fabrique culturelle. Je veux aussi essayer Denis Lévesque (parce que je trouve ça drôle) et j’ai une liste pour la France où je devrai opter pour le format PDF vu que j’ai pas les moyens de shipper ça là-bas.

D’ailleurs, si t’es un média ou une influenceuse qui veut en parler, juste à m’écrire sur mon Facebook! Je suis ouvert comme l’autobus de QS! On devrait aussi commencer à shooter du contenu sur le compte instagram cette semaine.

Amazon a vraiment été poche cette semaine. J’ai voulu commander 100 autres copies pour couvrir le lancement et les précommandes, mais leur système bogue depuis jeudi. Ils prennent une journée pour répondre à chaque courriel alors ça avance un petit peu chaque jour.

Mon partner LeJeanJules a aussi annoncé qu’on avait perdu notre DJ, mais je lui laisse gérer ce côté-là parce que j’y connais rien fuck all. C’est aussi lui qui doit trouver la meilleure commandite d’alcool possible.

Un autre désagrément, c’est au niveau de la poste. Ma chummey sur qui je compte pour ce segment-là est toujours en meeting dans des villes importantes d’Amérique du nord alors ça retarde tout ce qui concerne les précommandes. Je pourrais commencer à prendre les commandes en avance, mais j’ai trop peur de commencer sans connaitre le prix exact de la livraison.

Dans le positif, mon père m’amène une imprimante lundi alors je pourrai imprimer les adresses et les timbres.

J’ai aussi regardé pour les chaines de librairies à Montréal (genre Renaud-Bray, Archambault, Indigo, etc.) pour voir si ça vaut la peine d’amener mon livre dans ces grosses machines-là. Ce n’est pas si génial pour un petit indépendant comme moi. Souvent, on te demande une grande quantité de livres. On veut que t’ailles mener ça à un entrepôt à l’autre bout du monde. On ne te paye pas sur le coup. On peut aussi te retourner les livres non vendus un an plus tard. Bref, ça demande du cashflow et on te prend toujours une cut de 40%, même parfois 45%!

D’ailleurs, un chummey m’envoyait cet article tout à l’heure sur un auteur en Europe qui après s’être fait snober par l’industrie a lancé son livre via Amazon et là, l’industrie baboune parce que c’est genre le livre de l’année. Et est-ce que j’ai besoin de préciser que cette industrie donne seulement 10% des revenus à l’auteur? Pas étonnant si les auteurs qui ont le choix finissent par aller voir ailleurs.

Qui ne ferait pas la même chose?

J’ai aussi un rendez-vous cette semaine avec une amie de l’industrie qui va m’aider un peu sur mes dernières interrogations. Peut-être que le best serait de trouver quelques points de vente précis à MTL. Je ne sais pas encore. Je suis à l’aise de donner 40% à un libraire qui vend mon livre sans que j’aie eu à m’en mêler. (Genre, un passant qui spotte mon livre dans la fenêtre du Raffin et entre pour l’acheter.) Mais quand c’est moi qui dis au client d’aller pogner le livre à la librairie à côté de chez nous, je me dis que je suis aussi bien de lui refiler moi-même et de garder l’argent pour moi.

En tout cas, je vais devoir trancher sur tout ça très bientôt parce que si je vais en entrevue dans un grand média et qu’on me demande où se procurer le bouquin, je vais devoir avoir une réponse claire et pas trop amateure.

C’est pas fini tant que c’est pas fini !

Le bouquin Victime de la porn est à 99.7% terminé!

L’année passée, je suivais une formation d’Aaron Sorkin où quelqu’un lui demandait quand est-ce qu’un scénario est terminé. Il a répondu qu’un scénario n’est jamais terminé. Un moment donné, des adultes viennent te l’arracher des mains pis vont en faire un film. Je m’identifie vraiment à ça! Et c’est pareil pour un livre!

Si on me laissait faire, je le réécrirais à l’infini. Je suis toujours en train d’améliorer un peu tout. Renforcer un gag. Updater une référence. Corriger une faute. Ajouter une définition au lexique. Ajouter 4000 inside jokes un peu partout. Et là, comme je m’autopublie, j’ai un peu plus le droit de continuer à jouer dedans que si je faisais affaire avec une maison d’édition.

Et le livre sort le 2 octobre!

Le 1er, tu vas vivre ton deuil d’élection, et le 2, tu pourras retrouver goût à la vie!

Tu viens-tu? Invites-tu des chicks pour t’accompagner? (ahah!) Mais sérieusement, il ne me reste que le crime de C4 à closer. Pour les non-initiés, le C4 est l’endos du livre. Ce n’est pas évident de savoir quoi écrire.

Est-ce que j’explique le titre? Le concept? Est-ce que je me présente? Est-ce que je dis à quel besoin le livre répond? (C’est ce qu’on recommande pour les non-fictions.) Est-ce que je garde ça flou en me contentant de dire combien c’est extraordinaire? Est-ce que je m’adresse aux fans ou à ceux qui me connaissent zéro?

En plus, c’est vraiment pas beaucoup de mots. On dirait une bio de fiche Tinder, et j’ai tendance à changer ma bio Tinder aux 2 jours.

À date, quand je présente le livre à du monde, ils sont enjoués en voyant le cover, mais j’ai pas l’impression que l’endos arrive à closer le deal. C’est pas scientifique. C’est juste mon impression sur 3-4 inconnus.

Je pense que c’est le genre de truc qui ne sera jamais parfaitement à mon goût. J’aimerais juste donner le goût au monde d’aller piger leur titre préféré dans la table des matières pis donner une chance au bouquin. Ensuite, ils aimeront ou pas.

Peut-être que je pourrais juste écrire ça, finalement.

Ah et bonne nouvelle, pour ceux (au Québec) qui aimeraient recevoir une copie dédicacée, je vais offrir de précommander le livre sur mon site que je vais partager bientôt. Je ne pense pas continuer d’offrir de livraison après le lancement, mais pour la précommande, je vais avoir une option qui me permettra de le faire à un prix raisonnable (5-6$) et vous pourrez le recevoir à peu près le 2 octobre! :)

Yeah!

Cher militant péquiste qui fuck toute

Je ne m’adresse pas à tous les militants péquistes, je m’adresse au militant péquiste cabochon. Celui qui scrap la réputation de tous les autres. Celui qui pense que les musulmans vont nous envahir. Celui qui haït les anglais. Celui qui fait des jokes poches sur les autres ethnies. Celui qui pense qu’être un bon patriote, c’est de se comporter en épais sur les réseaux sociaux.

Si l’indépendance a autant de misère en ce moment, c’est en grande partie à cause de toi. Personne ne peut être contre le concept d’indépendance à la base. Qui peut être contre la liberté? Mais quand la souveraineté du Québec devient perçu comme un trip xénophobe d’une gang de red necks, on a un problème de branding.

Pis ce branding-là que tu répands avec toi partout, il faut le changer, parce que l’indépendance ne se fera jamais si ce n’est pas une démarche d’inclusivité exemplaire, initiée par du bon monde.

Bon, t’es pas tout seul à blâmer. La Charte des valeurs québécoises était d’une maladresse infinie, très mal portée par Bernard Drainville. Lisée a aussi dit plusieurs conneries durant la chefferie. Et de ce temps-là, on découvre quelques candidats de qui on trouve un paquet de vieux tweets de tapons.

Il faut comprendre que faire passer les méchants séparatistes pour des racistes, c’est en plein ce que souhaite les opposants à la souveraineté. The Gazette (ou Xavier Camus) ne rate jamais une occasion d’aborder le sujet sous cet angle et c’est la même chose pour d’autres médias et chroniqueurs à travers tout le pays. En fait, c’est très rare de voir un média anglo comprendre la démarche pourtant si noble et assez facile à comprendre.

Il y aussi des journalistes comme Patrick Lagacé qui ne passent pas une semaine sans préciser combien les militants péquistes sont les plus désagréables d’entre tous. Et malheureusement, il a un peu trop raison. C’est aussi une des raisons pourquoi les militants de Québec Solidaire se valorisent autant à être meilleur que les militants péquistes. Eux, ils ne sont pas des cabochons. Ils ne sont pas des red necks.

Bref, tu gosses.

Le pire, c’est qu’un certain de niveau de xénophobie peut s’expliquer pour un peuple en train de disparaitre. C’est facile d’avoir peur de l’immigration quand t’as déjà l’impression de te dissoudre dans le reste du Canada multiculturaliste, mais la souveraineté ne se fera pas en se laissant aller à cette peur-là.

Au contraire. Elle va se faire avec du monde moderne. Du monde ouvert. Genre, PAS avec des calottes Make Québec Great Again.

Et même si t’es peut-être vexé, je vais quand même essayer de te donner quelques conseils.

Si tu souhaites une société laïque, évite l’angle des méchants musulmans qui ne représentent qu’à peine 4% de la population. Commence par la religion catholique qui est encore partout, y compris le crucifix à l’Assemblée nationale. Un geste totalement hypocrite.

D’ailleurs, c’est clair qu’il est difficile pour un nouvel arrivant d’embarquer dans le trip de la souveraineté à court terme. Quand tu viens juste d’arriver au Canada, ça ne te tente pas nécessairement de t’embarquer dans une autre période d’insécurité. Mais essayer de basher tous les immigrants parce qu’ils votent pas du bon bord ou de faire des généralisations poches, c’est immensément dommageable.

Pourtant, dans les souverainiste les plus cool que je connaisse, il y a plein d’enfants d’immigrants. Il faut que ce soit clair pour tout le monde qu’ils seront les bienvenues dans le Québec pays. Dès que l’indépendance donne la moindre impression d’être un trip ethnique de pure laine, tu disqualifies un paquet de monde d’un jour penser être indépendantiste.

Tu perds des indépendantistes À VIE, parce que ces gens-là que t’élimines et que tu veux rendre moins citoyen que toi, ils ne l’oublieront JAMAIS. Non seulement t’empêches tout ce monde-là de se joindre au projet d’indépendance, mais tu leur arraches aussi la fierté qu’ils auraient au jour 1 d’un Québec pays.

Bon, je sais que j’ai été un peu mean, mais penses-tu être capable de changer? Si tu tiens à rester un cabochon, tu peux toujours joindre la Meute et peut-être aller faire de la moto dans le sud des États-Unis, mais si tu tiens vraiment à l’indépendance, peut-être que tu vas trouver qu’un changement est possible et en vaut la peine.

Changer, c’est comme l’indépendance. C’est super tough, mais ça se fait. Et qui sait. Si assez de monde change, peut-être qu’on pourra recommencer un jour à être fier de flasher le drapeau du Québec sans avoir peur d’être associé à une gang de blue necks cabochons.

 

Mes premières copies sont arrivées! #vdlp

Grosse journée pour le projet Victime de la porn, hier!

Le matin, on rencontrait Nightlife pour jaser de notre partenariat pour la suite. Qui ça, « on »? Moi, LeJeanJules (l’illustrateur du livre et expert en dessins de pénis) et son amie d’Officiel qui nous aide avec le lancement qui va être génial! En fait, ce sera un co-lancement où on va en profiter pour aussi afficher les oeuvres de LJJ, ce qui rendra la veillée beaucoup plus visuelle, festive et cool!

Nightlife a vraiment été d’adon et on a commencé un plan sur les semaines à venir. On peut enfin l’annoncer officiellement, le lancement aura lui le 2 octobre au Ausgang (l’ancien Artgang) sur la Plaza St-Hubert. C’était vraiment mon choix #1 et j’espère que ce ne sera que mon premier lancement qui se fera sur la Plaza!

MARQUE-TOI ÇA QUELQUE PART!

Quelques minutes plus tard en revenant chez nous, j’ai reçu les épreuves!

Les toutes premières copies test qui vont nous permettre de vérifier avec la D.A. si tout est comme prévue. J’allais te montrer une photo mais la D.A. ne veut rien savoir avant que le produit soit final. Mais c’est important que tu comprennes quelque chose : c’est incroyable combien le bouquin est cuuuuute!

Et plus petit que je pensais! (That’s what she said.) Je suis tellement heureux et fier du produit final! Là, il ne reste qu’à apporter les dernières corrections pour ensuite commander la vraie de vraie batch.

En parallèle, je code aussi un site VDLP qui permettra de…

  1. Commander le bouquin directement de moi (pour ceux qui veulent une dédicace).
  2. Commander le bouquin directement du Amazon de ton pays (pour ceux pour qui c’est plus simple (ou tiennent à donner 40% à Amazon)).
  3. Demander un petit échantillon/teaser du livre (pour ceux qui ne sont pas encore certains de leur achat).

La 3e option servira pour les différentes publicités visant du monde qui connait zéro VDLP. Genre, si quelqu’un clique sur une pub Facebook, c’est tough de lui demander de mettre 25$ sur un livre dont il n’a vu que la pochette. (Aussi hawt soit elle!) Avec le petit fichier pdf d’une vingtaine de pages, il pourra se faire une tête!

Penses-tu que ça vaudrait la peine d’ajouter une option pour précommander le livre? Beaucoup de la promo se fera avant la sortie, donc ce serait peut-être cool que les gens puissent l’acheter au moment où ils y pensent. À tout le moins, il faudrait pouvoir garder le courriels des intéressés pour pouvoir les avertir quand le livre sort. Ce serait cool que les gens qui l’ont précommandé puissent recevoir le livre le 2 octobre ou à peu près! Ça me permettrait aussi de mieux gérer mon temps pour ne pas avoir à tout faire le 3 octobre.

Bref, si t’as des conseils, je suis preneur.

En tout cas, ça consomme beaucoup de temps! Au moins, ça me permet de me remémorer mes notions de programmation. D’ailleurs, je me cherche encore du travail de ce côté-là. Je vai devoir me chercher de l’aide financière pour le lancement, parce que je n’aurai pas le cashflow nécessaire. Mais ça va se rembourser vite. Tout le monde est vraiment enthousiaste et le produit est malade.

J’ai très hâte de te montrer ça et d’écrire plein de niaiseries en dédicace!

AJOUT: Il y a maintenant l’évènement Facebook! Dis-moi si tu viens!

https://www.facebook.com/events/963077357230864/

Les élections qui s’en viennent…

Les élections s’en viennent cet automne. Est-ce que ça enthousiasme quelqu’un ? J’entends des spécialistes trouver rafraichissant que pour la première fois, notre bipartisme sera axé sur autre chose que la souveraineté. Cette fois, on aura le choix entre le PLQ et la CAQ.

C’est de ça dont se privait tout ce temps-là? On serait nostalgique à moins. Crime qu’ils vont répéter souvent combien les priorités sont la santé et l’économie. Mais ça représente quoi, au juste, la santé et l’économie? Est-ce un plan de société? Une vision d’avenir?

Chaque élection, on nous répète que l’économie est une priorité, et pourtant, personne ne se soucie jamais des paradis fiscaux. Collectivement, on l’a comme accepté. On n’en parle plus.

Cette semaine, il était question des tarifs par enfant en garderie et comme toujours, c’était la question à savoir si tout le monde devrait payer le même prix ou si on devrait moduler les tarifs en fonction de la capacité de payer. Perso, j’ai toujours été de l’école de pensée que les riches paient déjà plus d’impôt alors ils devraient profiter du même tarif que tout le monde, mais quand les plus privilégiés ont des options légales pour placer leur argent ailleurs et payer fuck all d’impôt, ce système-là sacre le camp.

Mais bon, l’évasion fiscale, c’est trop compliqué pour le peuple alors on vote pour celui qui répète le mot économie le plus souvent. On place notre indignation sur des trucs plus simples qui restent à notre portée. On peut capoter sur un jeu de mots déplacé d’une vedette sur Twitter. On se fait accroire le temps d’un été que Robert Lepage est un suprémaciste blanc. On peut même placer Marissal dans le comté de Lisée pour le lol. On peut aussi essayer de dire que tous les adversaires du PLQ sont l’équivalent de Trump d’une quelconque manière. En fait, l’indépendance, c’est pas mal juste un trip de xénophobe, right?

Et quand les journalistes parlent aux politiciens, de quoi parle-t-il? Des sondages. Parle-nous de ta place dans le sondage. Comment explique-tu le dernier sondage? Qu’est-ce que tu vas faire pour bouger dans le sondage? Et à force de juste focusser sur l’ordre des quatre premiers, on semble oublier que même à 35%, il y a 65% du monde qui ne vote pas pour toi. Pis ça, c’est en comptant juste le monde qui vote encore.

Tous les partis essaient de représenter le changement. Mais c’est quoi, représenter le changement? Un vieux parti avec du nouveau monde? Un nouveau parti paqueté de has-been? Un parti qui a des porte-paroles au lieu d’un chef? Un parti avec un logo tout neuf? Un parti qui score fort chez les jeunes?

C’est comme si les idées étaient le dernier des facteurs pour évaluer ça.

Est-ce que les idées sont modernes? Progressistes? Avant-gardistes? Nonon, on veut incarner le changement. Être jeune et nouveau! Au lieu d’essayer de proposer un projet de société et convaincre le monde qui de ce qui serait dans l’intérêt collectif, on propose ce que le monde répond au sondeur au téléphone. Pis ça donne ce que ça donne.

L’économie pis la santé.

Psssst… Réserve ton 2 octobre!

Le projet du recueil Victime de la porn arrive enfin à destination! On a une rencontre avec Nightlife vendredi pour voir comment ils vont couvrir tout ça et j’ai aussi un truc à leur faire confirmer selon notre contrat. Même si ça ne devrait pas être un problème, c’est la seule petite chose qui fait que je n’ai pas encore tout annoncé en grand partout.

C’est un grand défi de snober les maisons d’édition en préférant s’autopublier et ça demande d’être bien entouré parce qu’on ne peut pas tout faire seul. Et t’as pas idée à quel point j’ai été chanceux. J’ai une amie qui s’est occupée de la mise en page et le résultat est incroyable. C’est elle qui a spotté mon nouvel ami qui a fait les illustrations du bouquin et il est incroyable. Et c’est ce nouvel ami incroyable qui avait une amie pour s’occuper du lancement avec nous. Est-ce que j’ai besoin de préciser que cette amie est aussi incroyable?

Jamais sans ces connexions j’aurais pu obtenir un produit d’une telle qualité. Et vous allez voir, c’est de la qualité en crime! Je suis tellement fier du produit final! J’essaie d’optimiser tout ce qui est possible d’optimiser en ajoutant des petites niaiseries un peu partout vu que j’en ai la liberté. Je voulais même mettre un code barre en forme de paire de totons, mais c’est Amazon qui gère ça. (Avec le recul, c’est peut-être mieux comme ça ehehe.)

Bref, j’ai trop hâte de vous montrer ça! Je devrais recevoir mes premières copies de test dans une dizaine de jours. J’ai vraiment hâte de voir ça! Ça permettra d’ajuster les derniers trucs avant la version finale. Ça laissera aussi assez de temps d’ici au 2 octobre pour faire tout ce qu’il reste à faire.

  • Préparer le lancement (idées, commandites, invitations, etc.)
  • Préparer et exécuter la promotion (stratégie, dossiers de presse, médias, etc.)
  • Créer un site pour vendre le livre

Oui, le livre sera disponible sur tous les Amazon du monde, mais évidemment, ils se prennent une grosse cut là-dessus. (40% comme la plupart des librairies.) Je vais donc aussi vendre le livre moi-même en offrant des dédicaces pis en m’occupant du shipping moi-même.

D’ailleurs, j’ai hâte de faire des dédicaces! Ça me rappelle quand j’avais écrit des cartes postales à tout le monde quand j’étais à Paris. :)

J’ai mis le dernier cash que j’avais sur des nouvelles lunettes parce que les anciennes n’étaient juste plus fonctionnelles et c’était rendu difficile d’écrire.

Voici mes nouvelles!

J’avais oublié à quel point on pouvait bien voir tellement je m’étais habitué à mes verres scrap. J’ai acheté ça au Bonhomme à lunettes que je recommande vraiment à tout le monde. Les prix et le service sont malades et t’as même pas besoin de rendez-vous. Les deux fois, je suis arrivé et je passais tout de suite. Tout le monde de bonne humeur et dynamique. Je pensais que c’était un truc pour les pauvres, mais pas du tout. C’est pour tout le monde.

Prochaine étape, mes souliers qui se désintègrent sur mes pieds. Si vous voyez un bon deal…!

Après les influenceurs, les influencés?

Être un SJW devrait être quelque chose de noble et cool. Tout le monde devrait se battre et militer pour une meilleure justice sociale. Ce qui gosse, c’est cet effet d’entraînement sur les réseaux sociaux. Ils ne détonnent jamais des autres SJW. C’est comme s’ils étaient tous abonnés à la même page Wikipedia et qu’ils downloadaient tous leurs valeurs en même temps. Ils sont fiers d’être à contre-courant de monsieur-madame tout le monde #lesgens, mais jamais de leur communauté directe. Il faut dire que les désaccords vont souvent t’exclure de la gang alors ça donne envie de rentrer dans le rang et d’aller chercher un maximum de likes. Sauf qu’avoir des principes pour vrai, ça demande parfois des choix impopulaires. Pas toujours, mais des fois. Si tu n’es jamais au moins partagé sur un enjeu, t’es peut-être pas tant pour la justice sociale, mais plus dans une secte.

Je ne sais pas si je suis trop idéaliste, mais si tout le monde parlait un peu plus avec son coeur et moins pour plaire à sa base, nos débats de société seraient peut-être moins polarisés.

« Never meet your heroes »

J’ai eu deux idoles à l’âge adulte : Woody Allen et Joss Whedon. (Je pourrais aussi ajouter Louis CK.) Et dans les dernières années, on a fini par tous les détester et pour d’assez bonnes raisons. Allen aurait couché avec sa fille adoptive alors qu’elle était enfant. Whedon aurait traité plusieurs femmes comme de la marde alors qu’il faisait des projets super féministes. C’est weird à gérer parce que dans les deux cas, ça remet en perspective plusieurs trucs géniaux qu’ils ont créé. Je n’arrive plus à retirer de fierté de par combien ils m’ont influencé. En fait, il y a une certaine honte que je ressens à nommer tout l’influence qu’ils ont eu sur moi. Du coup, c’est comme si une partie de mon identité en était fragilisé. Ça doit sonner over-dramatique, mais je trouve ça difficile à vivre. C’est comme une surdose de « never meet your heroes ». Je ne sais pas si je dois en déduire que tous les génies sont des poubelles. Ou que les gens torturés font les meilleurs artistes? Ou juste que tout le monde a un côté poubelle? Ou que c’est la célébrité qui nous rend poubelle? Et peut-être aussi que je vis juste une vraie journée de marde et que les trucs m’affectent plus à mesure qu’ils s’empilent. Bref, la meilleure idée est sûrement d’aller me coucher. #petitgarssensible

L’égalité, la diversité et le retour du balancier

En revenant du cinéma, je suis tombé sur deux nouvelles artistiques qui avaient un certain lien ensemble.

1. Le regroupement Stella se réjouissait que Scarlett Johansson ait lâché son rôle où elle devait interpréter une trans.

2. Joss Whedon annonçait un nouveau show de science-fiction, et le premier commentaire demandait de le remplacer par une femme.

Avec la semaine intense qu’on vient de vivre avec le cas SLAV, ça ne prend pas une maitrise en sociologie pour remarquer une certaine tendance.

Une tendance qui est loin d’être parfaite, mais plus que nécessaire. Bon, pour le cas de SLAV, on a dit un peu tout ce qu’il y avait à dire. Je n’ai jamais compris pourquoi on n’avait pas cru bon d’engager plus d’interprètes noirs, et on n’a jamais vraiment eu de bonnes réponses.

Bref, c’est une revendication qui se défendait très bien. Quand on parlait que Lepage est blanc et que le monde dans la salle étaient blanc, je trippais moins, mais pour les interprètes, je trouve que c’est un débat légitime et je trouvais à propos qu’on soulève la question.

Pour le cas de Scarlett et du personnage trans, en partant, je la comprends d’avoir sacré ça là parce qu’elle n’a pas besoin d’une controverse du genre. Elle peut avoir tous les rôles qu’elle veut et c’est sûrement beaucoup plus simple de passer au projet suivant.

Je comprends aussi le public et les militants de revendiquer un comédien trans parce qu’on en connait à peu près zéro et on ne leur donne pas beaucoup de rôle. Là, le film devient un symbole fort pour placer un acteur trans dans un film d’envergure. C’est plein de bon sens.

Cela dit, j’espère que les revendicateurs vont aller voir le film parce qu’en perdant Scarlett, le film va aussi perdre beaucoup en importance. Scarlett n’est pas seulement engagée parce qu’elle est belle et douée, c’est aussi un des rares gros noms dans une industrie où c’est extrêmement difficile de faire parler de son film.

Si on met Scarlett sur autant de projets, c’est parce qu’elle vend. Est-ce que le remplaçant trans va autant attirer? Espérons-le. Il  faut bien commencer quelque part. Mais c’est une des raisons pourquoi les changements prennent autant de temps à arriver. Quand c’est toi qui investit 20 millions de dollars sur un film, t’as moins le goût du risque. Quand on te dit qu’on va remplacer Scarlett par un inconnu, ça doit tester tes principes pour vrai. Disons que c’est le genre de changement qui s’effectue plus facilement dans un système comme au Canada où c’est l’argent public qui est en jeu.

Mais le cas décourageant, c’est la série de Joss Whedon. Le gars revient en télé après 15 ans. Il décide de créer une série de science-fiction mettant en vedette un groupe de femmes. Qu’est-ce qu’on dit en commentaire?

« Hey, HBO! Engage une femme pour les séries de femme! »

C’est là que je trouve que le retour du balancier est peut-être un peu croche. Est-ce que c’est vraiment vers un système comme ça qu’on veut aller? Un système où un gars écrit des séries de gars joués par des gars, une fille écrit des séries de fille joués par des filles, un blanc écrit une série de blanc joué par des blancs?

J’espère que non.

Ce qu’on devrait souhaiter, c’est de la diversité. Bien sûr, comme je disais, une des rares fois où il y a un rôle trans d’envergure, ce serait l’fun d’engager un trans pour passer un message. Quand on parle d’esclavage dans une ère où on se plaint constamment qu’il manque de diversité au Québec, ce serait un méchant bon moment pour engager des interprètes noirs.

Et il y a plein d’autres exemples cool.

Engager une femme pour réaliser Wonder Woman, c’était super cool (et ç’a scoré fort). La série Atlanta est une des premières séries à vraiment dépeindre la réalité des noirs par des noirs et pour les noirs et le writers room est composé que de noirs. Two thumbs up! La 2e saison de Jessica Jones était aussi écrite et réalisée par des femmes.

Ce sont des cool statements à faire.

Ce sont des premières qui ont pris trop de temps à arriver, mais l’objectif, ce n’est pas d’en arriver à ce que les noirs écrivent pour les noirs, que les hétéros écrivent pour les hétéros et que les petits écrivent pour les petits. Si on s’enferme dans des silos comme ça, ça va vite devenir ridicule et on va tous y perdre.

Est-ce qu’on va interdire à une femme d’écrire un film avec un personnage gars? Justement, la websérie que j’ai écrite l’année passée était une histoire de béguin semi-lesbien entre deux jeunes femmes. Est-ce que j’avais le droit de proposer une série comme ça? Est-ce qu’on aurait dû me tasser rendu à l’écriture? Est-ce que j’aurais dû proposer un truc de gars pour être sûr de ne pas perdre ma job? J’en ai des projets qu’on pourrait qualifié de « projets de gars », mais je n’ai pas que ça. Tout n’est pas si binaire. Mon nouveau film, c’est sur une combattante MMA. Je ne suis pas une femme et je ne me suis jamais battu de ma vie, mais j’espère que ce genre de truc peut encore exister.

Évidemment, quand le résultat est poche, on peut toujours être critique sur les choix de la production. Mais dans le cas de Joss Whedon, c’est un créateur qui amène son projet à lui qui s’adonne à mettre en vedette des femmes. Ce n’est pas HBO qui a demandé un show sur la réalité des femmes. J’ai peur qu’on confonde un peu tout.

J’espère qu’on veut encore que JK Rowling puisse écrire des Harry Potter ou que Sofia Coppola écrive des Lost in translation ou que Ryan Coogler fasse les huit prochains Rocky.

Encore une fois : l’objectif à atteindre, c’est la diversité. Pas des silos.

Sans compter qu’en télé, les writers room (lorsqu’elles sont diversifiées) permettent qu’une multitude de points de vue soient représentés autour de la table. Bon, au Québec, les writers room ne sont pas encore arrivées parce qu’on est resté dans notre vieux statu quo où un seul auteur doit tout écrire tout seul, mais ça, c’est un autre débat.

Peut-être que la vague de changement arrivera à nous faire évoluer un peu là-dessus aussi.