Guidoune politique

Il y a un numéro de téléphone dans le 514 qui m’appelait depuis deux semaines à pas mal toute heure du jour.

C’est peut-être un réflexe de gars qui a eu des problèmes d’argent, mais j’ai ben de la misère à répondre au téléphone quand je ne sais pas qui appelle. On dirait que ça peut seulement être des problèmes. Ils n’ont qu’à laisser un message.

Mais bon, je marchais dehors et à ce que je sache, je suis à jour dans mes comptes alors la curiosité du numéro insistant l’a emporté.

– Oui allô?
– Bonjour, j’appelle de la part du Parti Québécois! (Aaaaah! Ben oui, ça fait du sens.) On est en période de financement et…
– Ouf, je n’ai vraiment pas d’argent, monsieur.
– D’accord! On voit que vous étiez membre et que vous ne l’êtes plus depuis…
– Ouais. C’est quand la prochaine course à la chefferie? C’est là que je m’abonne à des partis politiques, d’habitude.
– Bonne question. Autour du mois de mai.
– Je vais sûrement me réinscrire dans ce bout-là.
– Et est-ce que vous soutenez toujours le Parti Québécois?
– En fait, je vous avoue que je suis assez guidoune dans mes partis politiques.
– Oh, intéressant.
– J’ai été membre de tous les partis indépendantistes dans la dernière décennie. En fait, le seul parti qui m’ait vraiment rejoint est celui d’Option nationale et présentement, je suis super intéressé par la démarche de Catherine Fournier parce que je pense que les indépendantistes se font mal en se divisant autant.
– Très très intéressant, monsieur. Merci pour votre franchise!
– Ça m’a fait plaisir.

Même si la fille au coin de la rue m’a trouvé louche au mot « guidoune ».

Le problème avec The Irishman

(Je vais essayer de ne pas spoiler grand-chose.)

Tout d’abord, bravo à Scorcese d’avoir créé une guéguerre avec les films de Marvel pour mousser la promotion de son film. C’était du génie de marketing. Pendant un bon mois, il n’y a pas une journée qui a passé sans que cette histoire rebondisse d’une manière ou d’une autre dans tous les journaux artistiques.

C’était aussi du génie parce que ça positionnait le film du bord des « vrais fans de cinéma », alors que le film avait signé un pacte avec le diable du streaming : Netflix. Ce pacte a fait qu’il n’était pas disponible dans les grosses chaines de cinéma tels que Cineplex et Guzzo.

Pour le voir au cinéma, il fallait donc opter pour les autres cinéma comme le Cinéma Moderne qui était booké deux semaines d’avance, rien de moins, ou des cinémas louches comme le Cinéma Dollars dont je ne connaissais même pas l’existence avant ce film.

Perso, j’étais supposé d’aller le voir au Cinéma Moderne, mais comme c’était déjà sold-out, je me suis rabattu sur Netflix. Je n’étais pas tant déçu parce que des films avec autant de dialogues, d’histoires et de noms, je préfère souvent avoir les sous-titre.

Et aussi, le film est quand même 3h30, ce qui nous amène au prochain point qui a beaucoup fait jaser dans la dernière semaine : la longue durée du film. Encore une occasion d’opposer l’élite du vrai cinéma avec les abrutis qui regarde leur cinéma avec du pop corn de micro-onde sur un iPad.

Est-ce que les 3h30 du film sont justifiés? Je dirais que oui. En fait, comme scénariste, je dirais que plusieurs films gagnerais à être plus long, mais seuls les puissants comme Scorcese, Tarantino ou Nolan peuvent se permettre de le faire.

C’est sûr qu’après 3h30 de film, on est plus attachés aux personnages. C’est pour ça que les séries télé sont si puissantes. On a le temps de mieux connaitre et de s’attacher davantage aux personnages.

Bref, tout ça, c’est tout le bla-bla avant de voir le film.

Pour ce qui est du film en tant que tel, j’ai trouvé ça très bon. Autant au niveau du scénario que de la réalisation que des performances que des effets spéciaux, c’est très très bien fait, mais je mentirais si je ne disais pas que j’ai été un peu déçu.

Ce qui m’a surpris, c’est à quel point j’avais cette impression de déjà vu. Les meurtres mafieux. Les double sens mafieux. Le code d’honneur mafieux. Les mêmes comédiens mafieux. Bon, Scorcese a décidé de faire un film sur la vie d’un mafieux alors il n’allait pas faire un film non-mafieux, mais ça m’a quand même donné un petit feeling de Rocky 27.

(Sans compter le propos du film qui est IDENTIQUE à un autre classique du même genre.)

J’ai noté deux trucs d’originaux dans ce film :

  1. Les perruques et les effets spéciaux de rajeunissement qui, ironiquement, clenchent ceux de Captain Marvel.
  2. Les relations avec le personnage de Peggy qui sont DE LOIN ce qu’il y a de plus puissant dans ce film. (D’ailleurs, toute personne qui se plaint de son manque de dialogue n’a pas vu le même film que moi.)

Les fameux effets spéciaux sont super réussis au repos (même s’il y a des crime de limites à faire passer De Niro pour un semi-jeune géant). Le pire, c’était vraiment en mouvement.

Je n’ai vu personne remarquer la scène où il va sacrer une volée au fruitier qui a poussé sa fille, mais ça m’a semblé tellement aberrant à quel point il bougeait comme un papi. En fait, dès qu’il était en mouvement dans les scènes d’action, j’avais l’impression que le mot papi se mettait à clignoter en gros dans l’écran.

Bref, je ne veux pas donner l’impression que c’est un mauvais film. Comme j’ai déjà dit, c’est un très bon film.

Surtout pour quelqu’un de jeune qui n’a jamais vu Casino ou The Godfather, tu vas pogner de quoi. Ou bien pour plaire à un public qui avait besoin d’une version plus propre avec la technologie d’aujourd’hui. En tout cas, ça montre que Scorcese est encore au sommet de son art.

Jasons marketing, gang (ahah!)

J’en ai parlé un peu hier en audio sur le Patreon, mais je me suis commandé à Noël (avec un budget dans les deux chiffres) un peu d’éclairage pour me faire un studio maison.

J’ai envie d’expérimenter avec tout ça.

C’est un peu un coup de tête parce que j’y réfléchis depuis que mon podcast de MMA est mort et ça fait un bout que j’expérimente avec les podcasts en solo. Un des irritants avec le mode duo ou entrevues, c’est de setter des rendez-vous alors que je pourrais créer beaucoup plus et plus souvent si ça pouvait se faire de façon spontanée à temps perdu.

Je suis en réflexion sur quelques trucs. Comme artiste indépendant, je dois réfléchir un peu mieux à ce que ce que je fais au niveau du marketing ou branding. Par exemple, les grosses années de 10putes se sont faites avec mon pseudo tchendoh et alors que les réseaux sociaux n’existaient pas. Ensuite, Victime de la porn est arrivée où d’autres gens m’ont connu, mais j’ai dissocié les deux, et j’ai aussi essayé de garder ça à l’écart de mon Facebook perso parce que c’était pas mal hardcore. J’ai pris super gros de temps à me partir une page Facebook d’auteur et encore là, il n’y a jamais eu de moment où Nightlife ploguait ma page d’auteur en même temps qu’un article, par exemple, ce qui m’aurait attiré beaucoup plus de monde.

Pendant ce temps-là, mes projets de séries web, radio et télé étaient aussi à l’écart de tout ça et bref, ça finit que même si j’apprécie avoir un following de 1000 likes sur Facebook (parce que ce sont des likes de qualité dont plusieurs me suivent depuis super longtemps), c’est vraiment peu si je compare à des amis humoristes, par exemple.

Bref, il y a trois trucs (moins naturels pour moi) sur lesquels je veux essayer de faire un effort prochainement, même si ça sort du côté artistique.

1. Me montrer la face

Je pense que je suis vite devenu plus à l’aise de jaser en podcast parce que je m’y suis habitué, et je pense que ce sera la même chose en vidéo. Ça s’en vient maladif mes complexes physiques et je veux combattre ça. Aussi, au niveau marketing, je pense que ce sera plus facile de reconnaitre quelqu’un quand on peut associer sa face à sa personnalité.

2. Tout faire sous le même nom

Je sais que c’est rare dans mon following les gens qui trippent à la fois sur les MMA que sur Clandestino que sur mes posts politiques, mais moi, j’ai besoin d’exprimer tout ça. J’ai essayé pendant des années de partir des pages Facebook différentes et des chaines différentes et des podcasts différents pour ne pas déranger personne dans mon lectorat, mais c’est tellement de travail de repartir à zéro à chaque fois et je ne pense pas que ce soit intelligent. Je pense qu’en identifiant bien chaque vidéo avec la bonne catégorie, il y aura moyen que tout le monde y trouve son compte plutôt que j’aie l’impression d’avoir 14 tribunes où je parle à trois personnes.

Je pense m’inspirer du gars d’EmergencyAwesome qui identifie bien ses trucs.

3. Me proposer pour faire des trucs

Celui-là est sûrement le plus gênant et j’y réfléchis encore parce que mon égo grafigne. T’sais, les artistes dans la machine ont genre des agents de presse (j’ai comme un doute sur le nom en l’écrivant) qui les ploguent dans différentes émissions ou podcast pour promouvoir leurs trucs. Genre, quand Nathalie Petrowski a sorti son livre en novembre, elle était PARTOUT pour en parler et ce n’est pas elle qui a fait les téléphones. Elle a quelqu’un dans son équipe qui s’est arrangé pour que ça arrive. Moi, comme je suis seul et que je ne suis pas une star, je pourrais faire des efforts pour me proposer un peu. Mais bon, j’y réfléchis encore parce que c’est dur sur mon égo.

T’sais, quand tu veux devenir artiste, tu ne t’imagines pas à avoir à quémander l’attention des gens. :) Tu t’imagines faire ton art et que quelqu’un d’autre aura à gérer ces trucs-là et que toi t’auras à accepter et refuser ce qui te tente ou pas.

« Tout le monde en parle? Meh. Est-ce que je serais le premier invité? »

Mais là, avec 1000 likes Facebook, à moins que 100% des gens embarquent sur le Patreon (ahah!), je ne m’en sortirai pas. En fait, selon Patreon, il parait qu’en moyenne 2% de ton public est prêt à payer pour tes trucs, et moi, je suis déjà bien au-delà de cette moyenne-là!

C’est clair qu’une grosse partie de la game de nos jours est de se faire connaitre. Je ne pense jamais créer un hype à la Julien Lacroix. J’aimerais juste trouver une façon le fun pour moi de continuer à croitre, tout en expérimentant.

Si tu ne comprends pas Clandestino

Je jasais hier avec une lectrice qui me suit depuis 2012 et dans sa tête, Clandestino était un podcast, donc je me suis dit que je devais peut-être clarifier un peu au risque d’être redondant pour certains. :)

En gros, Clandestino est un projet d’écriture sur Patreon, une plateforme de socio-financement où je publie un chapitre par mois d’une histoire. Ça commençait en septembre alors il y a déjà trois chapitres de publiés.

Dans Clandestino, on suit l’histoire de quatre duos en parallèle :

Chaque duo est composé d’un client avec une travailleuse du sexe et chaque client rush avec sa masculinité.

Le projet Clandestino est sur Patreon qui permet de m’encourager financièrement! Il y a différents « tiers » d’abonnement.

  • Lecteur Stalkeur à 2$ par mois qui a accès aux textes
  • Membres du Focus Groupe à 4$ par mois (de loin le plus populaire) qui a accès aux textes et est invité à me donner du feedback
  • Autres tiers super généreux de mécènes hyper smattes qui veulent m’encourager encore plus à 10, 20 et 50$

On s’entend, si t’en veux pour ton argent, t’es mieux avec Netflix ou Disney+. Ici, c’est plus de participer à la démarche d’un artiste que t’apprécie et que tu veux encourager. :)

D’ailleurs, c’est ça que j’affiche sur le bord de mon blogue. Le nombre de mécènes (patrons en anglais) et le montant total par mois (moins les frais bancaires).

Si t’as vu la Balado Clandestino passer, c’est que j’ai décidé de faire une balado en bonus pour les mécènes de Clandestino, mais pour l’instant, j’ai choisi d’aussi la partager à tout le monde. Voici le joli logo.

Donc voilà! J’espère que c’est plus clair pour tout le monde!

Si tu veux t’abonner, c’est par ici : https://www.patreon.com/tchendoh

Si t’as d’autres questions, n’hésite pas à m’écrire via ma page Facebook : https://www.facebook.com/echandonnet

Je m’en sors mieux à la radio

C’était la 2e fois dans le dernier mois où j’étais invité à aller jaser de porn sur les ondes. La dernière fois, c’était à Zone Franche, là, c’était à l’émission d’Isabelle Maréchal chez Cogeco au 98.5FM.

Je lui avais laissé mon livre quand j’étais allé à Zone Franche et quelques jours après, un de ses recherchistes m’a contacté. J’étais pas mal enthousiaste. J’allais passer mercredi dans la case horaire de 11 à 11h30.

Quand j’ai jasé avec lui au téléphone, ça ressemblait pas mal aux questions de Zone Franche. J’ai dû préciser que je ne suis PAS un expert de porn et que la porn de Victime de la porn est surtout un angle humoristique. Sauf qu’à un moment donné en cours de conversation, j’ai commencé à avoir peur de me ramasser avec le casting du perv de service.

Je comprends que ce n’est pas tout le monde qui est game de dire publiquement qu’il consomme de la porn, mais là, mon trip dans tout ça, c’est de venir jaser de mes projets et de sujets qui me passionnent, pas de dire à quelle fréquence je me crosse juste pour le trip de passer à la radio.

Pis plus que ça allait et moins les questions portaient sur mon bouquin. Genre, depuis combien de temps je suis célibataire? Est-ce que je me crosse le matin, le midi, le soir? Ma préférait de la gang, c’était…

– Donc, si je comprends bien, vous consommez de la porno pour subvenir à un besoin?
– Ben… oui. Est-ce qu’il y a d’autres raisons?

Ce n’est quand même pas pour laisser un bruit de fond quand je dors. Pis là, à la toute fin de notre conversation, il finit par me dire que je vais partager ma demi-heure avec quelqu’un d’autre (Jean-François Guay) qui supposément, ne pense pas trop comme moi, et on va prendre des appels durant le segment pour que ce soit plus dynamique.

Vive le dynamisme, mais crime, c’était tough de cacher ma déception.

– OK faque finalement, on ne parlera pas tant de mon livre.
– Oui, oui. Isabelle a ton livre!

Ça ne répondait pas trop à la question, mais bon… Ce soir-là, j’étais pas mal déçu, mais j’étais content de vivre ça la journée d’avant pis d’avoir les bonnes attentes le lendemain. J’aurais pas aimé réaliser tout ça une fois là-bas ou en onde.

Je m’étais quand même préparé à ploguer des trucs en onde. Genre, j’aurais beaucoup aimé réussir à ploguer que Clandestino est la suite logique et plus mature de Victime de la porn ou au moins ploguer ma page Facebook, mais ça n’a juste pas adonné. Ça roule tellement vite. Isabelle est une machine.

Je suis arrivé flush à l’heure parce que je me suis perdu dans le building à travers un paquet de kids qui allaient au Salon du livre. C’est le recherchiste qui m’a accueilli et il y avait Jean-François qui était déjà là. On a jasé un peu. Il a écrit trois livres de nouvelles érotiques. Ça m’a surpris parce qu’on m’avait dit qu’on ne serait pas d’accord. Pourtant, à première vue, le gars semblait cool et je ne voyais pas trop comment on aurait de grands désaccords.

On va s’assoir sur des divans à côté du studio et c’est là que je réalise combien ça roule en radio comparé à la télé d’il y a quelques semaines. Il n’y a pas de préparation ou rien. Là, ils jasent de RONA, quand ce sera notre tour dans quelques minutes, on va jaser de porn, pis dès qu’on va sortir du studio, ils vont enchainer avec Sylvain Cossette (que je vais retarder en ramassant mes 1000 affaires).

Bernard Drainville passe et Jean-François essaie de lui rappeler qu’ils se connaissent. Ça me fait rire parce que ça me rappelle Jean Lapierre et le truc que les politiciens font lorsqu’ils doivent se rappeler le nom de quelqu’un. Moi, je lui fais une face de « tu ne me connais pas! » À moins qu’il ait retenu un de mes tweets où je lui disait de lâcher le PQ après avoir tout scrapé avec sa Charte. :)

C’est maintenant notre tour et comme je disais, ça roule! Je suis content de voir que je suis super relax. Tout le monde se connait sauf moi. J’écoute Isabelle et Jean-François se jaser de leurs duplex, triplex et maisons à travers le monde. La tech (réalisatrice?) vient me demander de jaser un peu pour tester mon micro alors je parle de mes 8 maisons que j’ai spinné aux States pour essayer d’être compétitif, mais je ne berne personne.

Très rapidement, on commence ça et je suis content de voir que je suis dans un bon mood. Ne pas parler de mon livre a au moins ça de positif, j’ai juste à y réagir et être de bonne humeur.

Si tu veux entendre ce que ça donne, voici un lien :

https://www.985fm.ca/extraits-audios/art-de-vivre/265592/est-ce-tabou-de-consommer-de-la-pornographie

En partant, j’ai profité de la première occasion pour ploguer que c’est pas mon trip d’aller dire publiquement que je me crosse. :) C’est beaucoup plus facile de jaser à la radio qu’à la télé où l’on était 7-8 en même temps. Là, je peux voir les yeux d’Isabelle quand elle est sur le bord de m’envoyer la puck pis elle peut voir quand j’ai envie de parler. C’est vraiment plus facile et l’fun.

Quand on se met à recevoir des appels, je me rends compte que mes headphones ne sont pas plogués dans rien.

J’aurais dû voir ça comme un signe! :)

D’ailleurs, j’aurais aimé ploguer mes projets, mais comme je disais, je n’ai juste pas eu l’occasion et c’était pas trop le segment pour ça. Si c’était à refaire, j’aurais dit au recherchiste lors de notre téléphone de ploguer ma page Facebook.

Mais encore là, j’ai un nom bâtard! D’ailleurs, check ben l’anecdote! C’est magique!

En sortant, je voulais partager le lien de l’entrevue sur mes réseaux sociaux, mais quand j’ouvre l’app de Cogeco, je me rends compte qu’ils ont scrappé mon nom solide.

Je décide donc d’écrire au recherchiste (mon seul contact) en espérant pouvoir changer ça sans avoir l’air trop princesse. Je lui envoie un screenshot et un petit mot.

Yessss! Faque là, j’attends et je refresh de temps en temps. Je me dis que peut-être qu’à la mise à jour de la prochaine entrevue, ça va recharger tout le système. Nope. Peut-être après la première entrevue de Drainville? Non plus. Bref, après une heure, je le relance et je me sens mal.

Faque je refresh mon app, pis check ça! C’est parfait! :)

On a juste flushé nos noms! Ahahahaha! Bref, la morale du jour : quand t’es pas dû pour être plogué, il n’y a rien à faire, ça n’arrivera juste pas. :)

Mais c’était le fun!

J’aimerais ça faire plus de radio.

La fois où je suis allé jaser de porn à Zone Franche (ce soir à Télé-Québec)

Je me suis fait contacter une semaine avant l’émission pour savoir si j’étais intéressé de participer à un débat sur la pornographie à Zone Franche. La question étant : pensez-vous qu’on banalise trop la pornographie? Moi, j’ai écrit des centaines de chroniques en racontant qu’au contraire, bien souvent, on la diabolise. Je n’étais pas certain de vouloir passer à la télé parce que je n’ai pas une super relation avec mon apparence ces temps-ci, mais après avoir jasé une demi-heure avec la sympathique recherchiste, j’étais crinqué!

Mais bon, ce n’était pas dans la poche puisqu’ils appellent environ 30 personnes et n’en gardent que six. Finalement, j’ai su en début de semaine que j’étais pris et qu’on allait tourner le jeudi soir. 

Le jeudi, c’était le 31 octobre, t’sais la journée de l’Halloween annulée où il pleuvait à Montréal et les métro étaient en retard. Je suis arrivé pas si pire à l’heure, mais pas mal trempe. Je voulais mettre ma chemise verte usée que je mets partout depuis 15 ans, mais finalement, elle n’était pas caméra-friendly alors je me suis rabattu sur mon autre gilet semi-tight qui met en valeur ma bédaine que j’essaie de cacher pas subtilement avec mes bras. 

Une chance que ma chummey au grand coeur m’avait coupé les cheveux pro bono le mardi parce que côté vêtement, j’arrivais à faire paraitre chic Catherine Dorion.

Pour le reste, j’étais bizarrement pas trop nerveux. On dirait que je me suis habitué à m’exprimer et que ça me gêne moins. En plus, ce sont tellement des sujets dont j’ai discuté à outrance que j’assume bien mes positions. Et ce n’est pas un sujet chaud comme la laïcité ou l’immigration, genre.

En arrivant là-bas, on devait aller se faire maquiller et coiffer et tout le monde était vraiment cool. En fait, je ne sais pas qui produit ça (ah je pense que c’est Urbania?), mais crime que toute l’équipe était super smatte toute la crime de soirée! Ça m’a vraiment frappé.

T’sais, je suis assez timide avec les inconnus alors je ne vais pas foncer vers les gens, mais on dirait que là, tout le monde prenait les devants et chaque personne était beaucoup plus gentille que la moyenne. Bref, je me suis fait arranger en rotation sur 3-4 chaises en vitesse, pis un moment donné, le co-animateur Raed Hammoud est venu se présenter à moi, pis moi, en voulant savoir si je l’appelle par son prénom durant l’émission, je lui dis « Faque je t’appelle Raël? » 

Criss de cave.

Il me corrige en disant « avec un d! » J’étais en criss d’avoir l’air tata parce que je sais que son nom n’est pas fuckin’ Raël! Je l’écoute à Zone Franche pis surtout à Dans les médias que j’adore, c’est juste que là, en me faisant beurrer la face, mon cerveau a bogué. Mais bon, ça ne l’a pas vexé du tout puisque ça lui arrive depuis l’enfance, parait-il. C’était quand même une grosse première impression de champion.

Une fois bien coquet, je suis remonté pour profiter du buffet, mais encore là, je ne voulais pas trop manger question de garder ma taille de baquet à son statut de « moins pire ». J’ai quand même pris quelques brownies question de me donner un petit rush et que j’avais jeûné toute la journée. 

C’est cool parce que pas mal tous les débatteurs se sont jasés devant le buffet avant l’émission. Bonne nouvelle : tout le monde semblait relaxe et cool. J’avais déjà appris les prénoms par coeur dans le transport en commun alors j’ai pu associer les noms avec leurs faces. On était six à débattre + deux invités pour des entrevues.

Trois débatteurs qui disent qu’on banalise la porno :

  • Cathy qui est derrière Cyber-Aide
  • Lawrence qui a réalisé la série Classé XXX
  • Pierre qui chapeaute des groupes d’ex addict de porn

Trois débatteurs qui disent que non, on ne la banalise pas :

  • Anne-Marie Losique qui diffuse de la porn sur ses chaines
  • Éric Falardeau qui a étudié en porn studies
  • Eric Chandonnet, le branleur déviant

Lawrence se demandait si combien on pouvait être vulgaire en onde et pendant que je lui disais que je préférais ne pas le demander à personne pour pouvoir être libre durant le show, une femme de l’équipe est intervenue pour nous dire d’y aller crunchy en masse et de ne pas hésiter à s’interrompre entre nous pour que ça donne un vrai débat comme en France. (Je vous le dis, l’équipe était vraiment sur la coche!)

J’étais super content du cue, mais en y repensant, je ne pense pas avoir dit grand-chose de crunchy. En fait, c’était quand même assez tough de prendre la parole avec tout le monde qui veut parler en même temps. C’est ça que j’ai remarqué : même si je n’étais pas tant nerveux, prendre la parole avec 5 autres débatteurs et 2 animateurs, c’est pas si évident que ça pour quelqu’un qui est habitué de passer sa semaine tout seul avec son laptop. 

En arrivant près du plateau, on dirait que c’est là que mon cerveau s’est rappelé que c’était devant public, et de l’extérieur, crime que le public semblait vieux! Ahahah! C’était moins pire une fois sur place, mais de l’extérieur, crime que ç’avait l’air d’un club de l’âge d’or! En plus, le public vient assister à deux émissions et ils ne connaissent pas les sujets à l’avance. Je me disais que ce n’était pas le public idéal pour m’appuyer dans mes élans pro-porn, mais bon, je savais qu’une fois dans le débat, j’allais vite oublier tout ce qui se passe autour.

Quand on est arrivé sur le plateau, l’animateur de foule crinquait le public et c’est là qu’Anne-Marie Losique s’est ajoutée à ma droite. J’imagine qu’elle est une pro alors elle skipait tout le début pour les recrues. :)

Je sais que tout le monde aime se moquer de cette femme-là, mais moi je l’ai toujours trouvé cool et je trouve qu’elle amène quelque chose qui nous manque au Québec depuis toujours. Je voulais lui dire ça pis que je trippais fort sur Box Office dans le temps à Musique Plus, mais j’ai choké même si on était toujours un à côté de l’autre durant chaque pause.

Typiquement moi.

La seule chose qu’on avait à préparer pour le show, c’est notre toute première intervention où l’on allait devoir résumer notre position en une seule phrase. C’était pas évident, mais je m’étais placé quelque chose dans ma tête qui ressemblait à…

« En tant que société, on a refusé de se donner une éducation sexuelle de qualité, pis après, dès que quelque chose tourne mal, on blâme la pornographie. »

Eric Chandonnet, grand penseur

C’est là que j’étais le plus nerveux parce que c’est là que :

  1. je savais qu’on allait bientôt m’envoyer la puck
  2. j’allais faire ma première impression.

J’essayais donc de prévoir quand ça allait être mon tour. Si t’as jamais vu l’émission, les débatteurs sont en cercle. Comme c’est parti à ma gauche et que ça continuait dans ce sens-là, j’étais certain que j’allais être le dernier à parler. Sauf que non, une fois au demi-cercle, Maréchal m’a lancé quelque chose comme « Et vous, monsieur Chandonnet, vous consommez de la pornographie quotidiennement. »

Ahaha WTF!

Crime que ça m’a surpris! Non seulement j’étais surpris que ce soit déjà à mon tour, mais elle ne me demandait pantoute ma petite ligne appris par coeur! Si tu regardes l’émission, tu vas voir que je bogue solide à cause de ça! J’ai hâte de me voir la face.

Pour l’émission, vous pourrez regarder. Je vais ajouter le lien web quand il sera disponible (ici : https://zonevideo.telequebec.tv/media/49869/est-ce-que-la-pornographie-est-trop-banalisee/zone-franche ), mais ça passe ce soir à Télé-Québec. Je ne vais pas tout raconter avant la diffusion, mais dans le premier 15 minutes, je pouvais déjà cerner pas mal le profil des autres débatteurs. 

Anne-Marie Losique s’est vraiment présentée comme businesswoman qui venait prêcher pour sa paroisse. Elle, elle diffuse de la porn sur le câble alors elle venait dénoncer le streaming illégal et gratuit.

Cathy donne des cours d’éducation sexuelle dans les écoles alors ses interventions étaient presque toujours dans l’optique où l’on parle à un auditoire d’enfants ou d’adolescents.

Elle et Losique ont eu les quelques rares cat fights.

Lawrence a réalisé une série sur les dessous de la porn québécoise donc elle a une vision vraiment cheap du milieu pis elle la vision cliché des gens qui n’aime pas la porn. « Dans la vraie vie, ça ne marche pas comme ça! » Cela dit, je l’ai félicité plusieurs fois parce que c’est elle qui utilisait le mieux son espace et qui donnait un bon show. 

Éric Falardeau était clairement l’intellectuel du groupe qui avait toujours les bons mots pour jaser de toute. Souvent, il ne s’en mêlait pas trop durant les débats, mais c’est lui qui amenait de temps en temps une bonne synthèse intelligente qui closait le segment. 

Pierre est un monsieur de 64 ans qui n’aime pas la porn pis il aime pas ce que ça fait à son couple faque non seulement il préfère s’en passer, mais il aimerait aussi qu’on la contrôle pour éviter que ça tombe sur des gens vulnérables qui risquent de devenir dépendants. 

Il y avait aussi deux entrevues en cours d’émission. La première était avec un gars super smatte, sensible et articulé dont j’ai oublié le nom, mais qui venait parler de son addiction à la pornographie. (ll a arrêté depuis.) Il s’exprimait vraiment bien et ça m’a touché parce qu’avec ma chronique et différents autres adons, je suis tombé sur pas mal de gars avec ce profil-là, pis à chaque fois, ça m’arrache le coeur de voir que des gars qui souffrent n’en parlent pas et endurent leurs problèmes durant des années et des années.

Quand ils finissent par en parler, c’est un poids énorme qui s’enlèvent de leurs épaules.

Lui, c’est sept ans qu’il a perdu à gérer ça tout seul avant d’aller consulter. Tout ça à cause de la stigmatisation de la pornographie qui font qu’on n’ose pas en parler ni à nos parents, ni à nos amis.

La deuxième entrevue était avec la pornstar/entrepreneure Ariel Rebel que je connaissais de nom et qui a depuis quelques années son propre site et qui est propriétaire de tous ses trucs. Est-ce que j’ai besoin de dire qu’elle est belle? (CRIME qu’elle est BELLE!) Elle ne nous a pas parlé avant l’émission et j’étais semi-content parce que je pense que ça m’aurait rendu plus nerveux que l’émission.

Je trouvais qu’elle était un exemple cool à présenter parce que trop souvent, on résume le travail du sexe ou la pornographie à de l’exploitation, mais là, on voyait bien dans son cas, il n’y a pas d’exploitation. 

Elle s’amuse. Elle a le contrôle. Elle fait de l’argent. 

Tout de suite après l’entrevue, et c’était un peu prévisible, Cathy a insisté pour dire qu’Ariel représente vraiment une exception. Encore une fois, elle réagissait comme si Ariel Rebel venait de faire un pitch de carrière devant une classe d’école pour recruter des nouvelles babes de secondaire 4. Et même si je comprends ses craintes, ça me gosse qu’on soit juste incapable de nuances sur ce sujet-là.

Ça fait depuis super longtemps que des gens conservateurs prétendent de façon condescendantes que les travailleuses du sexe, ce sont à 100% des victimes qui sont forcées de faire ce qu’elles font et qu’aucune n’est vraiment apte à choisir ce métier-là de façon éclairée. Bref, le travail du sexe serait systématiquement synonyme d’exploitation sexuelle. Mais même si ça fait peur, on ne peut plus faire semblant que ces femmes qui aiment ce qu’elles font n’existent pas. Elles existent. Surtout avec l’internet qui permet de nouveaux modèles d’affaires et Ariel Rebel représente bien ça.

Bref, vous verrez ce que ça donne!

Après l’émission, à part de vider la moitié du buffet, j’ai aussi laissé une copie de mon livre pour Isabelle Maréchal. Pas en main propre parce qu’elle enregistrait une autre émission juste après. Je lui ai dédicacé que je la suis depuis La Fin du monde est à 7 heures et qu’elle domine dans sa gestion de ligne ouverte. (Ça m’impression comme elle pogne jamais les nerfs et ne traite jamais personne d’épais.) Je sais pas si elle va porter attention au bouquin parce qu’elle en reçoit une montagne. Je me disais juste que le livre avait plusieurs sujets qui fitteraient pour son show de radio. 

Tous les débatteurs étaient tout aussi cool après le show que juste avant. Personne n’était en colère ou rien. En gros, ça s’est vraiment bien passé.

J’ai friendé quelques personnes sur Facebook. Avant que je parte, Cathy m’a même dit qu’elle serait plus nuancée sur sa vision des travailleuses du sexe! La très cool et drôle Lawrence m’a donné un lift pis on s’est échangé quelques unes de nos oeuvres culturelles.

Bref, une veillée trippante qui détonnait pas mal de mon automne tranquille.

Mise à jour : L’émission est en ligne https://zonevideo.telequebec.tv/media/49869/est-ce-que-la-pornographie-est-trop-banalisee/zone-franche

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