Mes interactions de la semaine

Je n’ai plus d’apps de rencontre depuis quelques semaines, mais ça ne m’empêche pas d’avoir plein d’action et de flirt avec la gente féminine!

(Oui, c’est dit avec beaucoup d’ironie.)

Je marchais sur ma rue cette semaine en écoutant le match de hockey dans mes écouteurs et cette jolie fille sur la piste cyclable ralentissait à l’intersection avec son bixi qui faisait un bruit louche. C’est que quelque chose du vélo accrochait une roue et ça créait une espèce de trame sonore dramatique à la Jaws dont le rythme ralentissait en même temps que le vélo. Alors j’ai essayé d’accuser le moment dramatique funné.

Je lui ai juste lancé à partir du trottoir « pas facile » avec le sourire avant de commencer à tourner mon coin de rue, pas certain qu’elle va m’entendre ou comprendre ou trouver que j’ai rapport. Mais au contraire, elle me répond tout de suite avec plein de bonne humeur « non, il s’exprime, hein! ». En plus, elle avait un accent super cute! Et là, j’étais comme sous le choc que ça se passe si bien que j’ai rien trouvé à répliquer et j’étais déjà parti dans la mauvaise direction faque c’est juste mort avec moi qui a bogué en me demandait ce qu’il aurait fallu que je fasse.

????

Ma deuxième interaction est arrivée parce que je cherchais un bouquin de David Foenkinos. C’est que je me cherche des modèles d’écrivain pour Clandestino, et c’est lui que je trouve le plus inspirant côté style qui pourrait m’aider. J’ai déjà ses bouquins en format numérique, mais je me disais que ce serait pratique d’avoir une version papier pour que je puisse écrire dedans et noter ou surligner des trucs.

Bref, quand j’ai vu que le petit format de poche se vendait 16$, je trouvais ça beaucoup trop cher pour mon plan, mais coup de chance, une fille vendait ses trois meilleurs livres sur Marketplace 4$ chacun. Yessss! Je la contacte et on se fixe rendez-vous.

Je suis arrivé un peu d’avance alors je lui ai texté pour dire que j’attendais au petit parc d’à côté et qu’elle a juste à me donner le ok si elle est déjà dispo. Mais comme elle ne regardait jamais ses textos, j’ai fini par aller sonner chez elle quand même.

C’est cool de rencontrer une fille alors que tu sais déjà qu’elle aime David Foenkinos. C’est comme un gage d’une certaine compatibilité. Quand je l’ai vu et que j’ai entendu sa voix, c’était encore plus cool. J’ai essayé de créer un peu de conversation en lui demandant son préféré dans les trois. Ensuite, elle m’a demandé si j’étais intéressé à acheter d’autres livres et j’ai rapidement dit non, ce qui était peut-être un faux-pas, même si c’était honnête.

Bref, ç’a dû durer que 45 secondes. Je lui ai dit de tremper l’argent comptant dans le Purell et je suis parti.

Quand elle a vu mes textos en retard, elle s’en est excusée. Je lui ai texté que c’était ben correct et que je lui avait donné plein d’étoiles quand même.

Mais ça aussi, c’est mort là après quelques émojis de bonhommes sourire.

J’ai aussi rencontré les jumelles canon de mon bloc qui sont TOUJOURS ensembles. C’est weird parce que c’est impossible d’aborder des jumelles ensemble. Déjà, tu fais pas trop la différence entre les deux, et une va se sentir exclue. À moins d’être assez arrogant pour essayer les deux en même temps? Je sais pas.

Et là, je viens de recevoir une notif de nulle autre que Gina Gerson (!!!) qui a highlighté mon commentaire sur son vidéo YouTube faque t’sais! Ahah! Je trouvais ça drôle de lui écrire ça (la photo du post) parce qu’elle disait que les gens nous trouvent cute pour notre énergie.

Je n’écris tellement jamais de commentaire YouTube, encore moins à des pornstars russes. Mais on ne sait jamais! Elle parle un peu français. Peut-être qu’elle va finir par passer à Montréal… pis googler tchendoh… pis… ouin, ok.

Isolement et réseaux sociaux

J’avais une discussion ce matin sur mon Facebook sur mon isolement et le rôle des réseaux sociaux. Je pense que c’est difficile pour certaines personnes de comprendre l’isolement. Il y a des gens à qui t’essaies de raconter que ça rend fou de rester seul et ils vont te dire que ça leur ferait un bien fou d’avoir enfin une journée tranquille. Et ils ont raison. C’est juste qu’on ne part pas du même point. C’est ça qu’il y a à comprendre.

Quand t’es en couple, que t’as des enfants, un horaire chargé avec du sport, des amis et tout ça. Ce n’est pas nécessairement facile d’imaginer quelqu’un dans ma situation. 

La question qui résultait de la discussion Facebook, c’était de savoir si les réseaux sociaux créent mon isolement. Ça semblait la théorie populaire alors que la mienne est plus que mon utilisation abusive des réseaux sociaux est le résultat de mon isolement.

 Je le constate plusieurs fois par jour. Je me vois aller. 

Quand je m’obstine avec une vieille madame folle qui capote parce qu’Arruda tergiverse sur le port du masque, je me le dis dans ma tête : je suis en train de jaser avec cette femme parce que ma vie est vide. Avec une vie mieux remplie, je ne le ferais pas. 

C’est exactement comme de la drogue. La drogue est un problème en soi et ce serait mieux de vivre sans. Mais le vrai problème, c’est pourquoi on consomme la drogue. Pourquoi on en a besoin. Croire que le problème va se régler en arrêtant de prendre la drogue, c’est une erreur.

Une amie défendait que ça me ferait possiblement sortir de mon isolement de délaisser le virtuel. Genre, je me mettrais à sortir de ma coquille et appeler de vieux amis, mais j’ai l’impression que c’est un point de vue de femme privilégiée. Elle est une belle femme, sociale, en couple. Je peux sonner comme quelqu’un qui se trouve des excuses, mais on ne part juste pas avec les mêmes cartes dans les mains. 

Quand tu remplaces ses cartes par celles d’un gars à la shape bof, dépressif et pauvre. Avec des amis qui ont des familles et qui sont éparpillés dans d’autres villes. Ça limite les ambitions de sociabilité. 

D’ailleurs, un bel exemple de tout ça, il y a quelques semaines, j’ai désinstallé toutes mes apps de rencontres parce que ça me faisait filer bouette. 

Là, j’ai arrêté de filer bouette, mais j’ai aussi perdu l’espoir de trouver quelqu’un avec ce moyen-là. Je ne me suis pas magiquement développé de game de cruise à l’épicerie parce que j’avais abandonné le virtuel. 

Non. C’est juste le deal que j’ai fait : j’arrête de filer bouette sporadiquement, mais je m’assure de rester célibataire.

Cela dit, je ne dis pas qu’il n’y a rien à faire. Je dis juste que si j’arrête les réseaux sociaux demain matin, ça risque plus de contribuer à mon isolement que de m’en débarrasser. Et ce serait possiblement dangereux dans ma situation.

Mais je préférerais avoir tort.

Classe de maitre accélérée sur comment être authentique plutôt que moralisateur

(Ahah, oui, je suis conscient de toute l’ironie que comporte ce titre.)

Un des problèmes que je vois chez plusieurs militants, artistes, humoristes influenceurs et autres intervenants du débat public, c’est qu’ils aimeraient changer le monde, mais la seule façon qu’ils trouvent pour le faire, c’est d’utiliser un ton moralisateur. 

Et le ton moralisateur, c’est bon pour aller chercher des likes et de l’amour chez les déjà-convaincus, mais ça ne convainc que très peu de pas-encore-convaincus. 

La grande différence entre le ton moralisateur et l’authenticité, c’est la posture. Même sans y réfléchir, le public le ressent toujours lorsqu’on lui parle d’une posture d’un autre être humain avec des failles ou d’une posture supérieure de pseudo perfection. 

Et c’est là que ça se passe : est-ce que tu veux te présenter comme tu es, avec tes doutes, tes contradictions, tes imperfections, ou tu préfères essayer de te la jouer comme le nouvel élu qui est vraiment capable d’être à la hauteur de toutes ses valeurs.

Juste en exemple très caricaturé, vite-vite. ‘Mettons qu’on jase de l’utilité de faire son stop en société. 

Version pure : « Je fais toujours mes stops avec l’arrêt complet des quatre pneus parce que j’ai compris que je sauve des vies et personnellement, je ne veux pas faire partie du camp des tueurs au volant. Trump fait-il ses stops, lui? ‘Nuff said. »

Version authentique : « Est-ce que j’ai parfois l’impression de faire mes stops calicement pour rien quand je suis au milieu de nulle part en pleine nuit? Mets-en. Pour le monde qui chiale qu’on est mouton, c’est un méchant bon exemple. Mais bon, l’option contraire serait assez marde et c’est pas un si gros effort à faire alors… J’essaie de les faire… presque au complet. »

*Ovation passionnée qui ne respecte pas pantoute le deux mètres*

Les avantages de se présenter comme une personne pure et parfaite :

  • Ça te donne une supériorité morale sur les autres intervenants
  • Personne ne peut te dire que tes bottines ne suivent pas tes babines 
  • Tu ne concèdes pas la moindre nuance au camp idéologique adverse

Les désavantages, maintenant :

  • Humainement, c’est très lourd à porter parce que tu n’es pas toi-même
  • Plein de monde attend seulement le moment où tu vas trébucher pour te traiter d’hypocrite
  • Quand on va te prendre en défaut (et ce n’est qu’une question de temps), tout ce que tu vas avoir prôné va prendre le bord en même temps que ta posture de supériorité morale

Même si je comprends pourquoi on le fait, c’est important de comprendre que se présenter comme quelqu’un de supra-vertueux, c’est un château de cartes qui est facile à commencer, mais qui n’est vraiment pas le fun à maintenir et protéger. 

Si tu veux convaincre le monde, fais appel à leur expérience humaine, en te rappelant qu’un humain, c’est loin d’être parfait. Et ce qui est cool, c’est que tu seras plus à l’aise le soir quand viendra le temps de te regarder dans le miroir. Même sans petit filtre Instagram.

Dérangé

J’attendais de bien filer (ou pas filer trop mal) pour mettre des mots sur un sujet super difficile pour moi.

C’est une problématique reliée à mon insécurité et ma mauvaise estime personnelle et qui empire selon combien je suis dépressif. 

En gros, j’ai parfois cette impression que je dérange mes proches. 

Le meilleur exemple, c’est avec mon meilleur ami. Dans un comportement parfaitement toxique, je peux commencer à avoir l’impression que je vais trop souvent le visiter lui et sa famille, alors je vais commencer à y aller moins. Et là, s’il ne me contacte pas durant la période où je n’y vais pas, je me dis que ça confirme le feeling que j’avais, et ça devient comme un poison que je me shoot dans l’aorte. 

Par chance, cette dynamique destructrice s’est beaucoup améliorée avec les années. Mon ami n’est pas le plus expressif, mais sa blonde compense, et avec beaucoup de discussions et de renforcement et de communication et tout ça, je me sens beaucoup plus à l’aise de débarquer à pas mal tout moment et ils sont bons pour me faire sentir à l’aise. 

Évidemment, ça leur a demandé beaucoup d’amour à travers les années parce que tout ça, ça demande de l’énergie. Et je me sens encore super gossant quand j’ai besoin d’une mise au point parce que j’ai une incertitude que j’ai besoin de vérifier pour la tuer dans l’oeuf. 

En même temps, c’est un peu tout ce que je peux faire : communiquer. Sinon, même si ça ne paraitra pas nécessairement au début, ça va me trotter dans la tête et tranquillement contribuer à me faire sentir plus bouette et à m’isoler un peu plus. 

C’est spécial parce que j’ai l’impression qu’il y a deux parties de moi qui s’affrontent. Mon côté logique et confiant qui peut se dire que mes proches m’aiment, et mon côté insécure qui est toujours dans le doute.

Et c’est drôle parce que ça fait une semaine que je veux écrire sur ce sujet, et ça me faisait penser à ma mère que c’est non seulement toujours moi qui l’appelle, mais c’est aussi toujours elle qui se tanne et qui veut raccrocher en premier. Alors évidemment, j’ai parfois cette impression d’être gossant. Bon, je sais que je peux être gossant pour ma mère (et plein d’autre monde), mais le feeling peut aller jusqu’à me dire qu’elle ne m’aime pas vraiment, et c’est là que ça devient bad. 

Mais hier, elle m’a appelé et c’était parce qu’elle trouvait que ça faisait longtemps que je ne l’avais pas appelé alors que ça faisait seulement quelques jours. Je ne me souviens même pas de la dernière fois où c’était arrivé. Et là, j’avais la partie de moi normale qui n’était pas étonnée, mais l’autre partie insécure est encore fuckée parce que ça scrap toutes ses théories d’aplomb. 

Mais même si j’ai toujours ces combats intérieurs dans ma tête qui sont énergivores, je n’en parle pas tout le temps parce que je serais lourd pour tout le monde.

Il y a des amitiés où je dois essayer de me parler pour ne pas tout saboter en étant trop lourd trop souvent. Il y a d’autres amitiés où les gens ne sont pas outillés pour gérer ce genre de truc. 

J’ai une amie que je trouve souvent distante sur les réseaux sociaux et que ça met en colère dès que je veux vérifier avec elle si je la dérange parce qu’elle voit ça comme si je doute d’elle. Elle ressent ça immédiatement comme une confrontation, alors sa colère embarque et à partir de là,, il n’y a plus rien à faire.

L’idée est de désamorcer la situation alors que ça fait juste tout exploser.

Je ne sais pas encore si j’aurais une façon de le formuler pour ne pas qu’elle se sente confrontée ou si c’est juste impossible parce qu’on est incompatibles. Genre, elle n’est pas apte à gérer ce dont j’ai besoin ou qu’elle me trouve juste trop lourd.

Elle, elle aimerait que je ne doute pas de son intérêt et que j’arrête de la gosser avec ça, mais malheureusement, ce n’est pas dans mes options. Bien sûr, je peux arrêter de la gosser avec ça, mais ce ne sera pas sain pour moi.

Avec une connaissance, je peux le faire. Mais avec une vraie bonne amie, ça ne fait pas de sens. J’en suis donc à me demander si c’est le deuil de relation que j’en suis à faire. 

Et c’est triste parce que se faire de nouveaux amis, je trouve ça de plus en plus difficile avec le temps, mais c’est plus important que jamais pour moi de bien entretenir les rares relations que j’aie et que ce soit un désir réciproque.

Même si je suis tout à fait conscient que pour plein de monde, je serai toujours beauuuuuuucoup trop de trouble, je pense vraiment qu’à plus long terme, communiquer et éclaircir ces irritants, ça simplifie grandement les relations, en plus de les rendre beaucoup plus fortes et significatives. Mais en entendant, je me sens quand même juste comme un paquet de trouble lourd. Ou peut-être que c’est encore les deux parties de moi qui s’affrontent.

Bref.

Top 5 du cinéma confort de Fabrice Luchini

J’ai découvert Luchini sur le tard et au grand écran, mais c’est devenu depuis une de mes valeurs refuges pour du « confort cinéma » qui ne réinvente rien, mais qui reste efficace.

Voici cinq films avec des structures/formules très semblables, mais qui font non seulement qu’on passe un bon moment, mais qui font aussi qu’on se sent mieux après. Évidemment, il faut aimer la personnalité de Luchini et son amour des mots et de la diction.

(C’est un top 5 mais les films sont pas mal tous équivalents.)

5. Un Homme pressé (2018)

4. Le Mystère Henri Pick (2019)

3. L’Hermine (2015)

2. Alice et le maire (2019)

1. Les Femmes du 6e étage (2010)

Pour les gens intéressés à la formule, ça ressemble toujours à quelque chose comme :

(J’écris ça vite-vite sans grande analyse.)

Le personnage de Luchini est bête et déplaisant en début de film parce qu’il est déconnecté de son vrai soi et du réel. Au cours du film, il reconnecte sur ses vraies valeurs et tombe en amour (avec une femme plus jeune que lui), et à la fin, il est recentré sur ses valeurs et grâce au processus, il est maintenant une meilleure personne et tout le monde danse.

La force du nombre

Je lisais une amie Facebook cette semaine qui demandait pourquoi elle voyait si peu de gars réagir à la nouvelle vague de dénonciations. C’est vrai que les rares gars qu’on voit sur les réseaux sociaux ces temps-ci sont surtout des alliés semi white knights ou les épais louches qui crient à la chasse aux sorcières. 

Il faut dire que les gars problématiques doivent préférer rester tranquilles et les autres, pour en avoir parler à quelques amis, comme on ne sait plus trop ce qui fait qu’on se ramasse sur ces listes, plusieurs ont aussi la chienne d’être callé out pour un peu n’importe quoi.

Perso, même si j’ai toujours assez bien assumé mes comportements, je comprends et partage à un certain degré cette crainte d’être nommé pour une fois où j’aurais fait une niaiserie. Après tout, personne n’est parfait et si on essaie de se rappeler nos pires moments dans notre vie amoureuse ou autres situations relationnelles, on a tous des moments où on n’est pas fier. 

(Si t’en as pas, c’est que tu manques d’introspection.)

T’entends parler de quelqu’un qui se fait caller out pour un truc qui n’a pas l’air si grave et qui ressemble à quelque chose que t’aurais pu faire et là, t’as peur de te ramasser associé à des gars qui sont des cruiseurs d’adolescentes, des agresseurs en séries et divers poster boys de masculinité toxique.

Mais je pense que ce sont des peurs qui ne sont pas fondées parce qu’en regardant les listes, pour les noms que je reconnaissais, il était question de récidivistes. Et je pense que c’est un truc qui a échappé au grand public. 

D’ailleurs, pour le cas de Morin-Nolin qui est parti un peu tout croche parce que le public n’aimait déjà pas full Safia Nolin à la base. Je pense qu’une fois que les histoires sur Morin vont commencer à sortir et s’accumuler, les gens vont mieux comprendre les conséquences avec ses commanditaires et son retrait de la vie publique. 

***

S’il y a quelque chose de positif qui est sorti de ce mouvement dans les dernières années, c’est que la population comprend de mieux en mieux pourquoi les victimes ne peuvent pas toutes aller à la police. S’il y a quelque chose de négatif, c’est qu’il y a encore beaucoup de monde qui ne comprend toujours pas.

Trop de gens pensent encore qu’on va régler nos problèmes de culture et de société en envoyant plein de monde en prison. Mais t’sais, le gars louche qui taponne des filles dans le métro ou l’autre qui envoie des obscénités en ligne en étant super insistant, ce serait irréaliste de penser qu’on va régler ces cas-là avec des peines de pénitencier.

***

Un autre problème relié à ça, c’est qu’il y a encore trop de gens qui pensent que si tu n’a pas été reconnu coupable, c’est que ton comportement devait être acceptable, alors que ça n’a souvent rien à voir. Tu peux très bien être une personne horrible, tu peux très bien être une vraie criss de vidange et ne commettre aucun crime condamné ou condamnable. Pis c’est une grande partie du problème en ce moment. Oui, il y a des gens qui commettent des crimes, et le système doit mieux gérer ces cas-là, mais il y a aussi trop de gens qui ont des comportements de marde sans être de grands criminels au sens de la loi.

***

Depuis l’adolescence, j’ai toujours eu beaucoup d’amies filles. Je ne dis pas ça pour me vanter. C’est arrivé comme ça. Mais j’en parle parce qu’en plus des cours d’éducation sexuelle, je me demande si ce n’est pas une partie de la solution : se faire des amies filles. J’ai aussi une soeur plus vieille et une soeur plus jeune. Peut-être que ça m’a aidé à voir leur côté? En tout cas, pour n’importe qui ayant vraiment échangé avec des filles, on se rend vite compte que des histoires d’horreur, elles en ont presque toutes un méchant paquet.

Juste un petit baromètre de la situation : Si t’apprends seulement sur ces histoires d’horreur lors des vagues #metoo, t’échoues comme citoyen. T’as trop de blind spots. T’as besoin d’élargir ton réseau. T’as besoin de poser plus de questions et de mieux te renseigner sur ce qui se passe à ton insu.

Et des fois, on fait juste accepter trucs sans s’en rendre compte. Genre, t’acceptes qu’un gars qui se promène la nuit, c’est moins dangereux et on voit ça comme normal. Tu ne le remets pas en question parce que ç’a toujours été comme ça. Même si en y repensant, c’est injuste. Et il y a 10 000 trucs comme ça.  

***

Une fille dans mon Facebook dénonçait cette semaine le comportement d’un gars et un dude lui a dit, avec toute l’arrogance du gars qui en connait trop peu pour savoir qu’il ne connait rien, qu’elle avait juste à le bloquer. 

Évidemment, tout le monde est tombé dans la face du twit, mais ces dudes-là, ils existent. Pis ils se jasent entre dudes, pis ils se disent que les filles capotent pour rien parce qu’eux, ils en ont des solutions faciles. 

Ça m’a rappelé une histoire avec une amie qui était aux prises avec un stalker super intense. Ce n’est rien d’exceptionnel. En général, pas mal toutes les filles vivent ça et plus elles sont belles et/ou populaires, plus les dudes lourds et insistants sont nombreux. Des fois, ils comprennent le message assez vite. D’autres fois, ils insistent. D’autres fois, ils sont déplacés. D’autres fois, ils prennent mal le rejet et se vengent. D’autres fois, ils n’arrêtent jamais. 

Cette fois-là, j’étais content parce que dans les histoires du genre, on en entend souvent parler, mais on peut rarement faire quelque chose de l’extérieur. 

D’ailleurs, j’avais fait une chronique VDLP sur deux gars qui avait cat-callé une fille sur la Plaza et j’avais choké parce que l’événement avait duré deux secondes et j’ai juste manqué de courage parce que je me serais sûrement fait crisser une volée par les deux caves plus imposants que moi. Alors j’ai juste fermé ma gueule et je suis resté là à m’en vouloir sur le trottoir.

(Yup. Je suis ben bon pour faire la morale sur Facebook, mais quand vient le temps d’agir, je fais rien fuck all.)

Mais là, mon amie me parlait de ce stalker intense parce qu’il était mon ami Facebook. En tant que keyboard warrior niveau expert qui a géré des trolls depuis l’invention de l’internet, j’avais déjà plein de solutions, presque comme l’épais dans l’histoire plus haut. 

Bon, le stalker n’était pas un grand ami. C’était mon ami Facebook parce qu’il était un de mes lecteurs. On avait déjà jasé une fois ou deux. Évidemment, avec moi il avait été correct. 

L’autre dude plus haut qui parlait de juste bloquer quelqu’un qui te dérange. Eh bien, juste pour te donner une idée, ce stalker-là, il était rendu à s’être créé un compte Instagram juste pour écrire des messages à mon amie. Il n’écrivait pas des commentaires ou des messages privés. Nonon, chaque publication de son compte était un message pour mon amie. Des longs messages, là.  Bon, encore là, sûrement plein de monde dirait que t’as juste à ne pas aller voir le compte Instagram, mais même sans le regarder, tu sais quand même que t’as un stalker qui t’écrit tous les jours des longs messages et qui parlent qu’il va te rencontrer à telle place et qu’il aime quand tu fais tel truc avec ta bouche et qui parle de tout ce que tu dis sur les réseaux sociaux et bla bla bla. 

Et peut-être que certains gars ne comprennent pas la peur associée à ça. Peut-être qu’ils sont trop habitués comme homme de savoir se défendre physiquement alors ils n’arrivent pas à s’imaginer être vulnérable. Mais à un certain point, c’est vraiment un manque d’empathie qui devient difficile à expliquer. T’es pas un putain de robot non plus.

Mais bon, ma première idée pour gérer le stalker, et j’étais sûr que ça suffirait, c’était de confronter le gars en lui écrivant directement. Je lui compose donc un texte super réfléchi où j’explique que son comportement est inacceptable et que ça fait peur et qu’il dérange et qu’il n’a pas l’air de réaliser que ça ne se fait pas et que ça n’a juste pas de bon sens.

Je lui envoie ça, pas mal fier de mon wording et j’attends. 

Eh ben le stalker, il ne m’a juste jamais répondu, pis à partir de là, toutes mes belles solutions ont un peu pris le bord. Bon, je l’ai unfriendé par après, mais je ne pense pas que ç’ait crissé grand-chose dans l’histoire. En fait, si ça se trouve, je perdais un peu mon seul lien pour intervenir.

Bon, je vais conclure ce texte interminable qui va un peu dans tous les sens.

Ce que j’aimerais qu’on retienne, c’est qu’on doit changer la culture. Et que la culture, ça ne se change pas seulement avec des appels à la police. Ça demande l’effort de tout le monde. Tout le monde doit faire son possible pour changer ce qu’on ne tolère plus. Oui, l’éducation doit faire sa part, mais au quotidien, on doit aussi tous avoir un peu plus d’empathie et de courage. Et peut-être qu’en étant plus nombreux à faire partie du changement, ça amortira la charge, et ça deviendra un peu moins intimidant d’intervenir.

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