Si t’as envie de connaitre ma réflexion sur qui je vais voter

C’est une élection compliquée parce que le Canada est un pays compliqué. C’est la plupart du temps l’Ontario qui finit par décider, pis l’Ontario ne pense jamais comme moi.

Dans mon hood montréalais de Rosemont-Petite-Patrie, ça penche vers un des seuls candidat NPD qui a encore une chance au Québec (Boulerice) à 36%, le Bloc est à 29 pis le PLC à 22.

Je pense voter Bloc, mais je veux d’abord m’assurer que le candidat bloquiste n’est pas dans les quatre tatas qui ont tweeté des trucs islamophobes.

Boulerice n’est pas mauvais. Il n’a jamais l’air fou pis il a l’air d’avoir le coeur à la bonne place, mais tant qu’à avoir quelqu’un qui reste dans l’opposition, je préfère le Bloc. J’ai aussi un petit côté revanchard qui se rappelle que Boulerice était souverainiste à la base pis il a choisi d’aller au NPD. :P

Ce qui me fait peur dans cette élection-ci, c’est surtout en ce qui concerne la culture. Dans le ROC, on pourrait élire assez de Conservateurs pour les mettre au pouvoir, pis les Conservateurs, ils s’en torchent de la culture.

Ils se torchent un peu de tout le monde, en fait. On ne partage pas du tout les mêmes valeurs. Ils ne me rejoignent pas à aucun niveau.

J’ai commencé ma carrière d’artiste dès que Harper est arrivé au pouvoir, pis de ce côté-là, on a juste vécu des coupures. Les Libéraux ont ramené ça un petit peu (TRÈS maladroitement), mais bref, si j’avais le choix entre Conservateurs et Libéraux dans mon comté, je voterais Libéral.

En fait, si j’avais le choix entre NPD et Libéral dans mon comté, je pense aussi que j’opterais pour les Libéraux en me bouchant le nez.

J’essayerais d’oublier le premier mandat désastreux où ils ont renié leur promesse de réforme du scrutin. Où ils ont paraphé leur entente Netflix horrible qui n’a ABSOLUMENT rien donné. J’essayerais de me convaincre que Steven Guilbeault aura l’impact nécessaire pour s’attarder enfin aux enjeux climatiques. Tant qu’à dépenser sans compter en débile, ils pourraient mettre l’argent à des places utiles.

Pis là, ils promettent enfin de taxer les diffuseurs numériques pour donner une redevance aux productions d’ici. Si ça, ça n’arrive pas dans la prochaine année, je vais vraiment être déçu.

Je ne voterai pas Vert parce qu’ils ne m’ont jamais démontré qu’ils ont une vision d’ensemble qui a du bon sens. Je ne voterai pas Bernier non plus parce que je ne suis pas un adolescent en colère de 14 ans. J’ambitionne trop d’avoir une société qui s’entraide et qui partage un projet collectif.

En conclusion, j’ai pas mal peur que les Conservateurs reviennent au pouvoir, mais dans mon comté, je n’y peux rien. J’espère juste qu’au lendemain du vote, si le PLC peut prendre le pouvoir avec l’appui du Bloc, ils ne seront pas trop snob pour voter des trucs cool ensemble.

Pis toi?

C’est rare que j’ai de la misère à expliquer ça

Je file particulièrement down ces temps-ci, mais il ne s’est rien passé de tragique. Ce n’est pas en réaction à un truc récent que je pourrais pointer comme coupable. C’est juste ma situation en général. Ma situation de fond. Ma vie.

C’est le genre de moment où je constate particulièrement le côté chimique de la dépression parce que je ressens vraiment fort la déprime. Le feeling devient physique. C’est viscéral. Je ne me sens pas bien. Je ne suis pas heureux. Je rush à voir des façons où je pourrais l’être. Je perds espoir et ça se met à spiraler vers le plus creux.

Je pense que c’est mon espoir qui est back-order. À plusieurs niveaux.

J’ai désinstallé mes apps de rencontre il y a quelques semaines parce que ça me faisait filer bouette, je trouvais mes photos dépassées et je me disais que mettre mon temps ailleurs serait plus productif, mais en même temps, on dirait que j’ai effacé la seule chance que j’avais de rencontrer quelqu’un. Comme si j’avais jeté mes billets de loterie.

Et avoir une blonde, c’est sûr que ça me manque.

Je n’ai personne pour partager mes trucs. J’ai l’impression de tout vivre tout seul. Il n’y a personne avec qui je peux échanger sur les trucs au quotidien. J’ai des amis à qui je présente des parties de moi-même, mais il n’y a personne avec qui c’est l’ensemble.

Je compense avec le web, mais ç’a ses limites. Des amitiés Facebook qui disparaissent et réapparaissent selon ce qui arrive dans leur vraie vie. Ça peut être précieux par moment, mais si vide par d’autre. Surtout quand je me mets à mal aller.

Au niveau de l’écriture, j’ai été déçu d’un meeting cette semaine où j’ai l’impression qu’on saisit mal un projet dont je suis persuadé de la qualité. Ça devient frustrant d’avoir l’impression que les décideurs n’ont pas la vision que j’aimerais. C’est le genre de truc avec lequel je deal bien d’habitude, mais là, avec les autres insatisfactions qui s’accumulent, ça me décourage plus.

D’ailleurs, je déteste avoir à vendre Clandestino et de gosser le monde pour qu’ils s’abonnent. Ce n’est pas naturel pour moi. Je suce là-dedans et je trouve ça rough. Je réalise que j’ai commencé à écrire sur 10putes où je ne prenais pas la place ou l’argent de personne. C’est malaisant de proposer le Patreon à des amis que je me dis que ça pourrait intéresser, mais ils ne me répondent pas. J’en déduis que que c’est la façon la moins blessantes qu’ils avaient pour exprimer que ça ne les intéresse pas, mais ce n’est pas clair. C’est comme du micro-ghosting.

Je suis allé voir le film JOKER

Comme toujours et comme tout le monde l’a déjà dit, Joaquin Phoenix y est incroyable. Son corps maigre et la façon qu’il le présente sont creepy à souhait, sans compter sa voix et toutes les émotions qu’il réussit à faire passer dans son visage de psychopathe.

C’est un film particulièrement dur et dark. Je comprends le monde de s’inquiéter de comment certaines personnes plus vulnérables au niveau mental recevront ce film. Ayant moi-même des problèmes de santé mentale et de pauvreté, il y a plusieurs fois où je pouvais m’identifier à la frustration d’un système qui ultimement, te rejette.

Les films pour 18 ans et plus, on s’attend à de la violence ou du sexe, mais ça peut aussi être au niveau du thème ou du propos que ça requiert un public mature. Dans ce cas-ci, c’est un propos dur qui nous raconte combien notre société écrase certaines personnes vulnérables et desquelles on retire tranquillement tous leurs filets sociaux jusqu’à ce qu’éventuellement, ils en aient assez et que ça explose.

J’ai l’impression que ça va nous faire débattre sur :

  • expliquer/raconter comment un malade devient criminel/super vilain
  • justifier ce comportement violent et cinglé

Bref, il y a quelque chose de terrifiant dans ce film-là, mais l’art, c’est aussi ça : nous montrer le plus laid et le plus épeurant. Joker nous montre ce qu’on essaie d’ignorer à longueur de journée parce que c’est laid et malaisant.

Juste en sortant du film, je suis allé au McDo en parfait pauvre avec mon coupon rabais et je voyais ce dude déchu qui fixait son double cheese avec de la bave qui coule. C’était clair que ce gars-là n’était pas à grand-chose de snapper.

Top 5 des trucs que les ignorants disent sur Greta

J’ai un peu échangé sur les réseaux sociaux, pis ça m’a donné un top 5.

5. « À cet âge-là, elle devrait être à l’école! »
Curieusement, cette phrase-là vient souvent de gens qui n’ont pas l’air d’être allés à l’école très longtemps. Oui, dans une situation normale, une adolescente de 16 ans devrait être à l’école, mais quand les élites laissent la situation climatique se détériorer en se torchant des générations futures, est-ce qu’on va blâmer celle qui se lève pour dire que ça n’a pas de bon sens? D’ailleurs, est-ce que quelqu’un s’inquiète vraiment pour la suite du parcours scolaire de cette fille-là?

4. « Les jeunes devraient aller nettoyer les rues et les rivières à la place »
Oui, il y a du monde qui pense que ce dont il est question quand on parle de problèmes environnementaux, c’est qu’il y a des papiers dans les rues et des pneus dans l’eau. Même s’il est vrai que tout le monde devrait faire un effort pour garder son environnement propre, ça ne change absolument rien aux problèmes de climat dont il est question ici. D’ailleurs, ce genre de commentaire condescendant rappelle ceux qu’on entendait lors du printemps érable.

3. « Elle a voyagé en bateau pour venir aux États-Unis, mais son équipe a pris l’avion. »
Beaucoup trop de monde se trouve si drôle et perspicace avec des phrases du genre. « Oui, mais elle a un iPhone! » ou « Elle porte un t-shirt du Bangladesh! » C’est un des arguments les plus faibles que peuvent offrir les fervents du statu quo. Les gens qui ne font jamais rien sauf critiquer ceux qui font quelque chose. Comme si on ne pouvait jamais défendre une cause sans être parfait. L’évidence qui semble échapper à ces gens-là, c’est que le voyage en bateau, c’était un stunt publicitaire. Une façon de faire parler de la cause. Un symbole! Ce qui m’amène au prochain point…

2. « Ce n’est même pas une scientifique! »
Pour vrai, les gens dénoncent ça. Comme si c’était un élément nouveau ou que quelqu’un pensait à tort que la fille est une sommité en changement climatique de secondaire 4. Des gens qui ne réalisent pas que Greta est une militante et un symbole. Plusieurs fois dans ses interventions, elle répète de ne pas l’écouter elle, mais bien les experts et les rapports. Des experts et des rapports que nos leaders ont ignorés jusqu’à présent. Si nos leaders avaient écouté ces experts, on n’aurait jamais entendu parler de Greta.

1. « Greta est instrumentalisée par des lobbies milliardaires! »
De nos jours, il est impossible d’avoir un phénomène viral sans qu’elle se ramasse avec sa propre théorie de conspiration. Même si je ne doute pas qu’il y ait plein de gens qui garrochent leur argent à Greta ou à sa cause, penser que sa démarche est le fruit d’un plan machiavélique de milliardaires gauchistes qui sont allés spotter une autiste en Suède pour manipuler nos leaders, c’est profondément n’importe quoi. Si l’on cherche les gens riches avec un agenda maléfique, ils sont au pouvoir, derrière notre système capitaliste brisé qui recherche la croissance à tout prix et à l’infini. Notre système basé sur les profits des actionnaires à court terme et sans jamais tenir compte du bien commun et de l’environnement dans le processus.

Le message, ce n’est pas d’essayer de culpabiliser un monsieur qui n’a pas fait son compost mardi passé ou la madame qui a pris un sac de plastique à l’épicerie. Le message, c’est de prendre conscience que collectivement, on s’en va dans le mur. Collectivement, on a trop longtemps laissé nos leaders prendre de mauvaises décisions pour notre futur. Collectivement, on doit réformer nos systèmes pour espérer avoir une chance d’éviter le pire.

Les gestes individuels, c’est bien, mais ça ne suffit pas. On a besoin de gestes beaucoup plus grands par des leaders aux pouvoirs beaucoup plus grands. Pis pour mettre de la pression sur ces leaders, ça prend beaucoup de monde qui passent le même message fort.

Greta, c’est le fer de lance de ce message-là. C’est la figure, le symbole, qui inspire un paquet de monde à se rassembler pis à envoyer le message que les choses doivent changer et maintenant.

On a déjà attendu trop longtemps.

Toutes les tempêtes du soleil

J’ai eu la rage dans le chest toute la semaine sans comprendre pourquoi précisément. Hier, j’avais le psy alors ça m’a permis d’en jaser un peu et de mieux cerner ce que j’ai.

Je pense qu’en gros, je suis profondément idéaliste et le monde ne va pas comme je veux. Pis ç’a l’air que ça suffit pour m’enrager.

Au niveau politique, on est lent. Au niveau social, on est lent. Au niveau climatique, on est lent. Tout prend une éternité à être compris et à avancer. Sans compter toutes les fois où on recule.

J’ai beau planter un maximum d’épais qui ralentissent le groupe à longueur de journée, même le groupe est lent.

La question que je me pose, c’est si j’avais une famille cool avec deux-trois enfants et un voyage de prévu, est-ce que tout ça me dérangerait autant?

Mais bon, ce n’est pas ma vie. Ma vie à moi, c’est le gars en colère qui trouve que ça ne va pas assez vite. En tout cas, c’est là que je vois que j’ai un chroniqueur naturel en moi.

Peut-être qu’un autre facteur qui joue dans mon humeur, c’est que je continue l’histoire de Clandestino et le deuxième duo qui sortira le 10 octobre, c’est avec un personnage (Nick) qui est aussi crissement en colère. Peut-être que ça m’affecte sans m’en rendre compte. T’sais, comme ces acteurs louches de method acting.

D’ailleurs, je suis curieux de voir la réaction parce c’est un personnage qui risque de déranger. C’est ça qui est intéressant avec les séries par rapport aux chroniques. Tu ne parles pas que de ton point de vue.

D’ailleurs, je ne sais pas si ça parait de l’extérieur, mais c’est pas mal de travail ce projet de Clandestino! :) Tout ce que j’ai publié, c’est quatre-cinq pages, mais en arrière, je dois déjà savoir où je m’en vais et avoir mes quatre fins en tête.

Parce que Clandestino, c’est l’histoire de quatre clients dans quatre duos. Tu ne veux pas commencer une histoire pour te rendre compte au 5e épisode que ça ne marche pas pantoute et que tu dois recommencer. :)

Je réfléchis aussi à ce qui va faire plaisir aux Patreons actuels, et une façon d’aller chercher d’autres membres pour que ça continue à grossir. Ce que je pense faire, c’est de sortir le contenu en décalé, un peu comme Mike Ward fait avec son podcast.

Genre, les sorties de chapitres pourraient ressembler à :

  • 10 septembre 2019
    • Olivier & Monica, chapitre 1 pour les Patreons
  • 10 octobre 2019
    • Nick & Faith, chapitre 1 pour les Patreons
  • 10 novembre 2019
    • Matthew & Eugénie, chapitre 1 pour les Patreons
  • 10 décembre 2019
    • Laurent & Paula, chapitre 1 pour les Patreons
  • 10 janvier 2020
    • Olivier & Monica, chapitre 2 pour les Patreons
    • Olivier & Monica, chapitre 1 pour tout le monde
  • 10 février 2020
    • Nick & Faith, chapitre 2 pour les Patreons
    • Nick & Faith, chapitre 1 pour les Patreons

Etcétéra!

Comme ça, le public aurait les versions super tight grâce au feedback des Patreons dans les mois précédents, pis il serait teasé d’embarquer pour connaitre la suite tout de suite. À suivre.

Donner de l’amour à sa langue

Même si elle a dérangé à l’époque, on voit bien avec le recul que la loi 101 a eu un rôle crucial dans la survie du français en Amérique. Cependant, il y a un truc qu’on a gravement négligé au cours des dernières décennies : ce qui fait tomber en amour avec une langue, c’est sa culture.

C’est pour ça que je m’explique mal qu’on y accorde aussi peu d’importance.

On est présentement en campagne électorale et même si on parle de subventionner des universités francophones en Ontario ou qu’on se scandalise d’une toune de campagne mal traduite, on parle zéro d’investir en culture.

En fait, la dernière fois qu’on a parlé de culture, c’était pour décider si l’on charge ou non la TPS et la TVQ sur Netflix. C’est ça notre vision inspirante pour l’avenir?

Loin de moi l’idée de diaboliser l’anglais ou la culture anglophone. Je suis le premier à consommer toute la musique, les films et les séries télé du monde anglo. Je dirais même que la plupart de mes artistes préférées du moment (Ricky Gervais, Lana Del Rey, Quentin Tarantino) en font partie.

Ces artistes-là, ils donnent le goût de comprendre l’anglais et lui apportent tout plein de… coolness. La culture anglophone aura toujours un pouvoir d’attraction plus fort que le français, mais ce n’est pas une raison pour juste abandonner comme on le fait présentement.

Si on veut continuer d’exister, ça ne passe pas que par des lois, des contraintes et le parcours scolaire, ça passe aussi par des investissements dans la culture francophone.

Parce qu’avec des budgets similaires, nos petits Frenchies peuvent démontrer autant de savoir-faire que n’importe où sur la planète. Il n’y a qu’à remarquer tout notre talent en stand-up où le budget n’est pas un facteur. Quel autre endroit dans le monde possède un aussi haut ratio d’humoristes talentueux per capita?

Mais pour le stand-up, tu n’as besoin que d’un micro et d’un petit tabouret pour tenir ta bouteille d’eau. Pour créer des séries télé et des films de qualité, ça demande des fonds. Pour composer de la musique ou écrire des livres, ça demande d’être capable de payer son loyer pendant la création. Et avec notre population de seulement quelques millions, l’aide des gouvernements dans tout ça est essentielle.

Pourtant, le sous-financement de notre culture, on n’en parle jamais. On se compare seulement aux États-Unis, sans tenir compte qu’ils ont le plus gros marché du monde et qu’ils terminent toujours (et de loin) bon dernier dans le financement de leur diffuseur public dans les pays occidentaux.

Ce n’est pas tout d’apprendre et de protéger une langue, il faut aussi l’aimer, la valoriser et oui, le mot tabou : la subventionner. Et ce serait cool qu’on commence à en jaser.

« Older posts

© 2019 10putes.com

Theme by Anders NorenUp ↑