Interfessier

Aujourd’hui, en plus de me faire vacciner comme un grand,  j’allais à l’hôpital pour une chirurgie mineure : me faire enlever un acrochordon que j’aie à l’intérieur de la fesse droite. Sexy, hein? Encore plus sexy, un acrochordon, c’est ce qu’on appelle souvent une tétine. 

Je pensais avoir ce rendez-vous là quelque part en 2043 considérant que la covid doit repousser un paquet de trucs à l’agenda, mais non, j’aurai attendu que quelques mois.

C’est une opération super simple, mais là, on parle quand même d’interfessier (mon nouveau mot préféré), ce qui occasionne quelques malaises. 

Déjà, je stressais parce que mon bloc changeait les chauffe-eau aujourd’hui et j’avais peur de ne pas pouvoir prendre ma douche juste avant mon rendez-vous, mais j’ai évité cette crise-là. Il reste qu’une fois sur place, c’était quand même gênant. Au moins, nous n’étions que moi et le doc. 

Un doc qui voulait y aller pour du small talk. D’habitude, je snobe le small talk. Genre, avec une coiffeuse que je ne connais pas, j’ai tendance à répondre des trucs courts qui vont la décourager assez vite, mais là, comme la situation était quand même assez gênante, j’ai décidé d’embarquer. 

D’ailleurs, bravo au gars pour les efforts qu’il a fait pour que je garde mes boxers afin de préserver ma pudeur (ou pour pas travailler la face dans mon cul), mais c’était assez loufoque. Je commence à plat ventre sur l’espèce de longue chaise de dentiste, mais… un peu sur le côté, ensuite un genou à l’extérieur pour donner un angle et finalement, non. Va falloir faire ça tout nu.

Ahahah!

All right.

C’est ce à quoi je m’attendais anyway. J’étais juste content de pas avoir à aller mettre un des petits sarrau/chemise d’hôpital.

Je me replace donc en coquette avec le même bel angle, mais ce n’est plus nécessaire. La honte. Il me met un genre de gel truc dans la fourche qui est là pour me désinfecter, mais ça désinfecte à un niveau que je n’ai jamais été désinfecté. Genre, ça brûle en chien et ça coule alors je brise le small talk de ski-doo en Abitibi le temps de lui demander « si c’est normal si j’ai l’impression qu’une partie de mon scrotum est en train de fondre ». Il me confirme que c’est normal.

All right.

Après, c’est le temps de la piqûre pour me geler et man, elle n’était pas le fun, celle-là. Je prends une piqûre de dentiste sur celle-là n’importe quand, et je ne me ferai jamais faire de buttjob. 

Ensuite, il a coupé ça au scalpel et soudé tout ça avec le truc qui envoie des chocs électriques, mais à ce point-là, je ne sentais plus rien alors c’était ben correct. Ensuite, je me suis relevé de la chaise en position push-up, regardant l’espèce de désinfectant rose un peu partout sur la chaise, avant d’aller me rhabiller. Il m’a ensuite montré le monstre, que je n’avais jamais vu (faute de souplesse).

Là, j’en ai pour 48h à ne pas pouvoir prendre de douche faque vous pouvez attendre à dimanche avant les invitations de gros party. :P

J’ai écrit à la fille que j’avais bullyée en secondaire un

(Ou peut-être en sixième année? Peu importe.)

Cette fille-là était déjà victime de beaucoup de monde et il y a une fois où j’avais moi-même leadé une initiative pour en rajouter sur son cas pis je m’en suis toujours voulu.

On a tous été asshole dans nos vies et j’ai été baveux eeeeen masse, mais quand on participe à l’acharnement sur quelqu’un de vulnérable, je classe ça dans une catégorie à part. Et ce geste-là est l’un de ceux qui m’est toujours resté sur la conscience.

Déjà que dans le temps, j’étais moi-même victime de bullying vu que j’étais pas mal petit (et baveux, comme je disais). Et avec l’âge, et plus que j’ai été en mesure de réaliser l’impact que ces comportements ont eu sur mon estime personnelle, plus j’ai continué de feeler cheap pour mon geste avec cette fille en secondaire un.

Je pense périodiquement de lui écrire pour m’excuser depuis qu’elle m’a ajouté sur Facebook il y a plusieurs années, mais je choke tout le temps en me disant qu’elle a sûrement oublié tout ça et que je vais juste lui rappeler de mauvais souvenirs, mais en parlant de ça avec mon psy, il m’a dit qu’elle n’aurait sûrement pas oublié.

Je l’ai donc fait. Je lui ai écrit un long message de plus d’une page de Google Doc pour lui rappeler le truc et m’en excuser, en espérant que ça n’a pas trop eu de dommage dans sa vie.

C’était stressant à envoyer vu qu’on ne se parle jamais et là, je lui envoie un message random d’une page, mais finalement, c’était super cool. Beaucoup plus cool que j’aurais pensé, en fait. Pas que je m’attendais à un résultat négatif, mais non seulement elle l’a apprécié plus que je pensais, mais ç’a aussi donné une conversation super intéressante.

Elle ne se rappelait pas de l’évènement en particulier, mais elle se rappelait du type d’insulte qu’elle recevait constamment et combien le primaire et le secondaire ont été pénibles pour elle. Ça, c’est le bout auquel je m’attendais, mais ensuite, on a parlé de plus que ça.

Combien l’école primaire/secondaire, c’est une jungle. Les traces que ça laisse et combien ça nous affecte comme adultes . Ce qu’on vivait à la maison pendant ces années-là. (On avait plusieurs trucs en commun là-dessus, d’ailleurs.) L’absence totale de ressources dans ces années-là.

Et c’était vraiment cool de voir le chemin qu’elle avait parcouru alors que ses enfants en sont là où en était.

Bref, c’est peut-être plate à lire parce que je ne dévoile pas grand-chose pour garder ça relativement privé, mais si vous hésitez d’écrire à quelqu’un pour un truc du genre, je vous le recommande. Ça fait vraiment du bien des deux côtés.

Le sujet sexy du poids démographique

J’apprenais lors de la chronique de Drainville à Arcand ce matin qu’Ottawa prévoit accueillir 411 000 immigrants au Canada l’an prochain.

Pour maintenir notre poids démographique (22.5%) dans le Canada, le Québec aurait besoin de prendre 92 000 immigrants. Un pourcentage qui s’égraine déjà chaque année depuis un bon bout et qui fait que le Québec perd toujours un peu plus de pouvoir dans le Canada.

En ce moment, le Québec reçoit déjà 50 000 immigrants par année, et n’arrive ni à les franciser, ni à les intégrer adéquatement. Est-ce réaliste de penser qu’on pourrait doubler ce nombre? Pas vraiment.

Dans les prochaines années, la population du Québec est vouée à se noyer dans celle du Canada. À cause de l’immigration, mais aussi parce qu’on fait moins d’enfants. Deux trucs qui ne devraient pas changer.

Considérant cela, pourquoi l’option de l’indépendance reste-t-elle aussi impopulaire? Est-ce parce qu’on ignore notre assimilation prochaine ou est-ce parce qu’on l’a déjà acceptée?

J’aimerais comprendre.

Ma petite psychanalyse

Je progresse de façon pas mal encourageante avec le psy que je vois depuis une dizaine de semaines.

T’sais, ça fait depuis depuis à peu près 2007 que je retombe constamment en dépression. Un évènement est survenu pis depuis ce temps-là, je ne me relève jamais complètement. Depuis, j’ai fait un paquet de thérapies différentes, mais rien n’est arrivé à coller.

Pour une fois, on travaille vraiment sur le problème de fond. Ma jeunesse, ma dynamique familiale, tout ça. Je pensais avoir déjà pas mal tout compris ce qu’il y avait à comprendre par moi-même parce que je me crois assez introspectif et tout ça, mais il y a des trucs qui m’avaient échappé et qui débloquent plein d’affaires.

Je comprends aussi beaucoup mieux plein de relations que j’ai eues. Pourquoi je suis mystérieusement attiré par les filles qui ne vont pas bien, par exemple, et que souvent, je perds curieusement intérêt lorsqu’elles vont mieux. C’est un exemple parmi tant d’autres. Mais c’est toute connecté à ma mère bipolaire qui a souvent été suicidaire alors que j’étais jeune et que je voulais tant sauver.

Ça parait super simple une fois dit clairement comme ça, hein?

Ce n’est qu’un petit exemple, duquel il y a d’autres répercussions (comme ma grande peur d’être abandonné) et j’ai encore beaucoup de travail sur d’autres trucs tout aussi importants.

Mais ça progresse. Ça progresse.

Petit quiz (et moyenne réflexion) pour les fans des Canadiens

J’en suis bien conscient, on risque de m’étiqueter comme un dinosaure, mais pour moi, les Canadiens de Montréal représentent plus qu’une équipe de hockey. Je dis que j’en suis conscient parce que c’est clair en lisant les commentaires sous les publications des chaines sportives que le CH est de plus en plus perçu comme une équipe comme les autres où seule la victoire compte. 

Ces fans ont dû se réjouir lorsque Geoff Molson a annoncé l’embauche de Jeff Gorton. Une révolution dans le marché montréalais. Un nouveau patron unilingue anglophone qui embauchera dans les prochains mois ce qui semble de plus en plus avoir l’air d’un stagiaire francophone qui sera là pour affronter la presse à sa place.

La tradition des dernières décennies voulait pourtant que l’entraineur et le directeur général des Canadiens soient bilingues. Une tradition de plus en plus contestée par des gens qui revendiquent « le meilleur candidat disponible ». 

Ça se comprend. Et il faut dire que Molson défend très mal sa patente de bilinguisme. Pour lui, c’est important d’avoir des gens qui peuvent s’exprimer en français afin de pouvoir parler au marché francophone. 

That’s it? Rien sur ce que l’équipe représente pour les Canadiens français? Rien sur ce que cette institution symbolise pour le peuple? Désolé, Geoff, mais si ce n’était qu’une question de pouvoir parler aux fans, un simple traducteur pourrait faire l’affaire. Comme avec Felipe Alou.

Et j’imagine que c’est normal que ça échappe à Molson. C’est difficile pour les anglos de saisir ce que l’équipe représente pour les francophones. D’ailleurs, c’est un peu comme ça qu’on en arrive à la situation actuelle. Avec les fans qui s’informent de plus en plus via des médias anglophones, ils sont contaminés par cette même incompréhension. 

« What’s wrong with Montreal? Pourquoi ne veulent-ils pas juste gagner avec les meilleurs? »

Et c’est triste de voir certains fans se retourner vers les leurs. J’ai même vu des fafans sur Twitter se vanter d’être nostalgiques des années où les anglos étaient les boss au Québec et que les Canadiens français se contentaient des rôles secondaires. 

« On gagnait dans ce temps-là! »

Bon, on s’entend, ça ne vient pas des plus brillants. Le genre de fan qui lorsque le CH a repêché Logan Mailloux, malgré ses frasques hors de la patinoire, étaient les premiers à dire que le gars avait quand même toute une première passe. Les mêmes fans qui disent que la place des Québécois ou du français sont des débats qui n’intéressent que les journalistes et les médias quand en fait, non, ça intéresse les gens qui sont… capables de réflexion.

Sincèrement, je pense que la plupart des partisans du « moi, je veux juste qu’ON gagne » ne réalise simplement pas ce que le « ON » représente. C’est pourquoi j’ai cru bon créer un petit quiz simple.

(Je peux te tutoyer? Cool.)

Je vais poser des questions et dis-moi à partir de quel chiffre, comme fan, tu commences à sentir que ça affecte ton sentiment d’appartenance et que tu risques de moins apprécier la précieuse victoire. 

Est-ce que ça te dérange siiiiii… 

1) Si l’équipe appartient à un Américain?

Ça, on l’a déjà vécu et ce n’était pas si pire, non? On était bien tombé. Il était d’adon. On continue.

2) Si le CH ne présente aucun joueur québécois dans ses rangs?

Ça aussi, c’est arrivé. L’année passée. C’est de plus en plus accepté. On continue.

3) Si l’équipe change son logo mythique pour l’image d’un Big Mac? 

Ça va rapporter plus d’argent, donc de meilleures infrastructures et tout ça. Trippes-tu encore? Curieusement, j’ai l’impression que toucher au logo risquerait de brusquer plus les fans, mais ce n’est qu’un symbole, non? C’est la victoire qui compte!

4) Si les Habs changent de nom pour s’appeler Hockey Club?

Ça va faire plus international pour que les fans de partout se reconnaissent dans l’équipe. Toujours rien? OK, la dernière. 

5) Si l’équipe déménage à Houston?

Moins d’impôt, moins de pression, tout ça. Ce sera mieux pour les joueurs et le staff. 

Alors, tu te situes où dans tout ça? 

As-tu réalisé des choses? Est-ce qu’il y a un niveau là-dedans où t’as commencé à être dérangé dans ton sentiment d’appartenance? 

Non? Eh bien, si rien de tout ça n’a d’importance et que seule la victoire compte, qu’est-ce qui t’empêche de juste prendre dès maintenant pour Washington, Tampa Bay ou Colorado?

Ça se passe tard, dans un bus de St-Michel

Une fille de 17 ans est assise seule au fond et il y a trois gars qui viennent s’asseoir autour d’elle. Ils sont les seuls clients à bord. La fille ne sait pas trop quoi faire alors elle se concentre sur son cell quand tout à coup, une notification Airdrop pop sur son écran.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, Airdrop est une fonctionnalité iPhone pour quand quelqu’un veut t’envoyer un fichier à proximité. En gros, la demande Airdrop ne peut venir que d’un des trois gars. Et ça ne s’arrête pas là, une deuxième notif Airdrop arrive tout de suite après, puis une autre, et une autre, et une autre. Tellement rapidement que le cell de la fille devient vite inutilisable.

À ce moment-ci, tu peux te demander comment toi t’aurais réagi. Peut-être que ta réaction aurait été meilleure que celle d’une fille de 17 ans en panique, mais dans cette histoire-ci, la fille décide de la jouer cool et de ranger son cell dans sa poche.

Mal à l’aise, elle va sonner l’alarme pour descendre du bus.

Lorsque le bus s’arrête, les trois gars descendent, mais la fille a la présence d’esprit de rester dans le bus où elle a pu appeler sa mère.

Malheur évité.

Il reste qu’un des gars a quand même couru après le bus en espérant qu’elle débarque à l’un des arrêts suivants.

Maintenant que l’histoire est terminée, après s’être demander ce que la fille aurait pu faire de mieux dans sa situation, comme parler au chauffeur ou bien savoir que refuser trois fois une commande Airdrop bloque l’utilisateur qui t’en envoie, moi j’aimerais qu’on parle de ces trois gars-là.

Qu’est-ce qui crée ces gars-là? T’sais, j’arrive à m’imaginer (sans le justifier) une pomme pourrie quelque part qui se comporte comme un freak en solo. Mais TROIS gars ensemble qui délibérément décident de faire subir ça à quelqu’un, collectivement, on l’échappe quelque part. Ça veut dire que les trois sont à l’aise avec leur comportement face aux deux autres. Ça veut dire qu’aucun des trois n’a reçu l’éducation adéquate pour remettre en doute ce plan à la con. Ça veut dire qu’aucun des trois n’a développé l’empathie nécessaire pour catcher que ça n’a pas de bon sens de faire vivre ça à la fille?

Et on ne sait pas jusqu’où ils étaient prêts à aller. Au mieux, ils ne voulaient que lui faire peur. Au pire… Aussi bien ne pas s’imaginer le pire. Mais là, juste avec cette expérience, t’as une adolescente (et plusieurs de ses amies) qui sera traumatisée pour un bon moment et qui en verra son expérience de vie crissement diminuée.

Ce genre d’histoire me met tellement en colère. Comment, en tant que société, peut-on encore créer ce genre de jeunes? Ça m’enrage, pis ça me décourage.

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