Criss que je suis rough

Pour une raison dont je ne me rappelle même plus, je me suis ramassé creux dans mes archives de blogue ce soir, et j’en suis un peu sous le choc.

Constats :
1. Criss que je suis rough.
2. Je change tellement.

On m’a souvent accusé d’être rough quand j’argumente, et je ne suis à peu près jamais d’accord. En relisant certains de mes posts et commentaires, je m’obstinerais moins. Je me suis étonné moi-même. Je relisais des débats/engueulades et des fois, j’étais right on, mais d’autres fois, je voyais tellement mieux le point de vue de l’autre et je me trouvais tellement trop sec pour rien. Beaucoup plus fendant que nécessaire.

Aussi, mes vieux textes manquent tellement de nuances. Je coupe les coins ronds comme si tout le monde avait lu tout le reste de ma vie. Je dis des conneries avec l’air de me dire « Ils vont savoir que je niaise! ». D’ailleurs, il faudrait que j’arrête de plugger mes « top » posts des archives pré-2010. Ça ne me fait pas bien paraitre comme writer pantoute!

Toutes les archives, c’est du gros apprentissage d’écriture et de communication. Si j’arrive maintenant à m’en sortir en écrivant sur des thèmes explosifs, c’est beaucoup à cause de toutes les conneries que j’ai raconté ici. Chaque fois que j’avais un commentaire qui ne fittait pas avec ce que j’essayais de dire, je prenais note d’où partait la confusion. Je remarquais le bout dans mon texte où l’on se perdait et la fois d’après, je rectifiais ça.

8500 textes d’essais-erreurs, ça fait beaucoup d’erreurs.

C’est fou comme en regardant en arrière, je me trouve méconnaissable à chaque tranche de deux ans. Je me trouve toujours tellement cave. C’est bizarre de pouvoir me regarder comme ça. Ça a toujours été constant. Il suffit que je recule de deux ans pour me trouver cave. C’est poche de toujours me trouver poche, mais c’est quand même mieux que les années où je me dirai que j’étais don’ meilleur dans le temps.

Ces relations qui éclatent et qui trainent

Des fois, j’aimerais avoir les stats sur le nombre de relations mal terminées que j’ai laissé trainé dans toute ma vie jusqu’à maintenant. Parfois, c’est très anodin. Un texte ou un commentaire un peu vifs qui ont vexé quelqu’un sans ne jasais se régler. D’autres fois, ce sont des relations plus approfondies qui se terminent mal. Ça va du gros drama au tout petit. Toujours assez pour être mal à l’aise si on se tombe dessus dans une veillée. Toujours assez pour avoir un mauvais feeling quand tu vois passer leurs noms dans ta timeline.

Il y a des moments où c’est plus lourd que d’autres.

Je ne sais pas combien d’énergie je perds avec tout ça. Ce n’est peut-être pas tant que ça, mais j’ai souvent l’impression que c’est trop. J’ai cette culpabilité qui traine en arrière-plan. Ce gossage d’histoire pas réglé. L’idée que quelqu’un ne m’aime pas pour un malentendu, une gaffe ou une autre niaiserie que je regrette.

Ces temps-ci, je tente quelques premiers pas pour régler ça. Je ne sais pas si c’est une démarche égoïste. Peut-être que certains préfèrent juste qu’on oublie tout. Mais est-ce qu’on oublie vraiment? Ou c’est juste des trucs qu’on fout sous le proverbial tapis? Ça doit dépendre des gens. Ce ne serait pas la première où je suis trop sensible pour rien.

Peut-être que j’essaie trop fort. Peut-être que je devrais me dire « j’ai fait mon bout », mais j’ai de la misère à être zen avec ça. Il faut dire que je ne file pas. Tout semble pire dans ces passes-là.

Peut-être qu’avec une vie plus remplie, je serais plus serein avec tout ça. Ça laisse moins de temps pour penser. Ça laisse aux autres le temps de respirer. Ou ça fait juste moins te déranger quand t’as l’impression d’être ignoré.

La langue française aurait vraiment besoin du mot « closure ». Ça manque. Et ma vie en manque aussi.

Rechute de Tinder et un peu d’introspection

Argh, moment de faiblesse vendredi où je suis retourné sur… Tinder. Bon, ce n’est pas un gros punch, considérant que je le dis dans le titre.

Un chummey me jasait des super dates qu’il se dégotait là-dessus et j’ai fini par céder par un moment de solitude. Il y a quelque chose de l’fun et addictif à noter une liste de filles pour spotter les plus hawt. Je ne sais pas combien de fois je peux me faire avoir à cause de ça. C’est toujours un échec. Ça finit toujours que je me sens encore plus poche qu’avant l’inscription.

Pourtant, je le sais. Je n’ai pas le profil pour ce genre d’affaire-là. Bon, on pourrait arguer que je n’ai pas le profil pour grand-chose, mais je score particulièrement mal avec ce setup-là. C’est comme une malédiction. Si je compare aux rencontres via le blog ou des lectrices d’ailleurs, c’est juste ridicule. On dirait que je retourne au sex-appeal que j’avais à 13 ans pré-puberté.

En plus, ce n’est pas vraiment la place pour trouver une relation atypique. Et j’ai l’impression que c’est de ça dont j’aurais besoin, une relation atypique.

En fait, je suis un peu dans les limbes au niveau relationnel. Je ne sais pas si je suis vraiment prêt pour du long terme, mais en même temps, il y a plein de trucs que je n’aime pas du court terme. En fait, je pense que j’apprécie le court terme du moment que je suis assuré de quitter le premier. C’est un peu cave.

Quand la fille se pousse pour quelque chose de plus sérieux, je trouve ça difficile. C’est normal, j’imagine. Je supporterais mieux si j’avais d’autres options en banque, mais je n’aime pas ça tant que ça, courir plusieurs lapines en même temps. Ou de me protéger en les accumulant.

Il faut dire que je suis dans une passe tough où ma solitude me semble pire. Ce n’est pas un super pitch pour Tinder. J’aurais juste envie d’avoir un petit body le soir avec qui me coller. Quelqu’un de l’fun à tâter et jaser. C’est rare que les filles veulent être cette fille-là. Le fantasme de la fausse psy avec qui tu couches, c’est pas dans les plus populaire. C’est plus tentant d’être désirée par l’amant fringant qui a du bonheur et de la joie de vivre qui débordent de partout.

C’est un pitch plus convaincant quand tu te cherches un amant.

De mon bord, je suis encore en quête de ces fameuses relations vraies. Peut-être que c’est plus tough de rester vrai avec le court terme. Peut-être que la profondeur n’a pas sa place. Que tôt ou tard, la relation va finir par se morpionner. (C’est une image.) Que la bullshit va s’en mêler tranquillement. (C’est encore une image.) Peut-être que c’est impossible d’avoir une relation profonde et vraie sans se compromettre pour toute la vie.

Pourtant, ça peut être génial des relations temporaires. On peut vivre de bons moments. Des moments importants. Deux personnes un peu brisées qui se voient le temps d’une reconstruction, ça peut avoir du bon. Ça peut même donner de bonnes discussions. Ça aide de plein de façons. C’est peut-être utopique.

Plusieurs disent qu’on ne peut pas être bien matché tant qu’on n’est pas bien tout seul. Je veux bien, et je comprends l’idée, mais en attendant, est-ce qu’il faut vraiment se démerder tout seul? Ça peut être long longtemps. Il y a des fins de soirée plus tough que d’autre. Et bien sûr, il y a ce manque de peau. De sexe, mais aussi d’affection. Même si ça sonne toujours un peu bizarre quand un gars parle d’affection.

Pour une raison que j’ignore, ces temps-ci, je rush surtout les samedis soirs. On dirait que toute ma solitude se concentre à ce moment-là. Le moment où j’ai l’impression que tout le monde a une vie sauf moi. Même si je vois du monde durant la veillée, c’est pire quand je reviens à la maison. Tout le monde retourne avec quelqu’un, alors que moi, je retourne vers rien.

Les relations temporaires, c’est loin d’être parfait et ç’a certainement une date de péremption, mais c’est beaucoup mieux que rien.

Raqué solide au haut du corps

Sacrament.

J’ai enfin suivi mon tout premier cours de jiu-jitsu. Pour ceux qui n’ont aucune idée de ce que c’est, imaginez-vous un art martial qui se passe surtout au sol et où l’on tente de prendre son adversaire dans une prise de soumission. Clés de bras, étranglement, ce genre de truc.

En résumé : tu ne reçois pas de coups sur la gueule. (Ce que j’apprécie.) Mais on s’entend, ça n’empêche en rien de se faire rincer solide. En fait, je me sentais un peu comme un enfant de huit ans. Crime que je me suis fait botter le cul!

Ce qui est cool, c’est que quand t’es le plus poche de la classe, t’es matché avec le meilleur pour pratiquer les exercices. C’était VRAIMENT tripant. Le gars était pas juste doué et cool, il était génial pour expliquer. C’était trop cool d’apprendre à faire des prises que j’ai vu 1000 fois, mais dont je ne connais à peu près rien de toutes les subtilités techniques que ça implique.

Les trois gars avec qui j’ai « roulé » étaient très cool. Personne n’était là pour me torcher en deux secondes. (Mais criss qu’ils auraient pu.) Des gentlemen qui étaient assez sympa pour me laisser me mettre dans la marde touuuuut seul en profitant de mes nombreuses erreurs. Et tout ça, avec un petit sourire en coin.

Pour ceux qui en doutaient encore, je le confirme : je ne suis officiellement pas un mâle alpha! Complètement dominé. C’est clair qu’en prison, je suis la bitch qui se fait violer à répétition.

Et aujourd’hui, je suis raqué comme jamais de tout le haut de mon corps. Surtout le cou et les pecs. C’est cool étant donné que ça travaille plein de trucs que le jogging ne touche pas pantoute.

Bref.

Je suis content de l’avoir fait. C’est vraiment un truc qui est à deux-trois planètes de ma zone de confort. J’espère persévérer assez longtemps pour devenir respectable.

« I like sad men. »

Je regardais une série tout à l’heure et il y avait cette fille qui abordait un homme mélancolique assis tout seul au bar. Pour essayer de provoquer un rapprochement, elle confie à l’homme qu’elle aime ça, les hommes tristes.

Ça m’a rejoint de deux façons.

Premièrement, j’ai depuis ma première dépression cette attirance pour les gens tristes. C’est bizarre et peut-être malsain, mais quand quelqu’un vient de vivre un break-up difficile ou est tanné de la vie pour une raison ou une autre, je me sens plus proche. Plus connecté. Même si ç’en est un laid, c’est un point en commun qui m’attire.

La deuxième façon que sa phrase m’a rejoint, c’est que ça doit faire tellement de bien de se faire dire ça dans cet état-là. Ça doit enlever tant de pression. Plus besoin de faire semblant. Plus besoin d’essayer de jouer au gars qui va bien pour ne pas être lourd. Plus besoin d’expliquer pourquoi parfois quand t’es fatigué ou drunk, tout le côté sombre ressort en triple.

Pas étonnant que le gars ait été séduit si rapidement. Ça devait être si attirant.

Et encore moins étonnant, on réalise dès la scène suivante que la fille était en fait une espionne evil. C’est d’valeur. J’aurais aimé y croire.

Top 5 des gens dont j’envie la vie

(On s’entend que c’est juste basé sur mes perceptions de leur vie. Je n’ai jamais rencontré personne là-dedans et je n’ai aucune idée de leur vraie vie au quotidien.)

5. Bill Murray – Est-ce qu’il y a quelqu’un qui n’aime pas Bill Murray? Je rectifie : est-ce qu’il y a quelqu’un d’intéressant qui n’aime pas Bill Murray? Ce gars-là est la définition d’être cool. Le web est remplit d’anecdotes où Bill a fait des conneries improvisées et ça sonne toujours comme du gros fun avec plein de bonheur. La vie d’acteur à succès, c’est une vie relaxe. Ni laid, ni beau, il est Bill Murray. Il ne ressemble qu’à lui et il fait bien, puisqu’il est génial.

4. Louis CK – Ce gars-là déborde d’intelligence et de sagesse. Il fait plein de trucs que j’aime. Il y a une partie de moi qui aurait aimé faire du stand-up, et ça doit être tripant d’avoir le luxe de pouvoir jouer son rôle dans sa propre auto-fiction. Ce que j’apprécie de son parcours, c’est qu’il arrive d’une place dark. Ses numéros d’il y a quelques années démontraient une tristesse de fond, et il semble avoir trouvé le moyen de gérer ses démons. Le gars a deux petites filles qu’il élève à sa façon et avoir beaucoup de moyen et c’est quelque chose qui ajoute à la valeur de ton existence.

3. Joss Whedon – Né dans une famille de writers, Joss avait une méchante longueur d’avance pour devenir le maitre de l’écriture qu’il est aujourd’hui, et je suis jaloux. Juste avec une série culte comme Buffy, le gars était déjà sur-gâté par la vie. Je respecte vraiment son talent et ce qu’il en fait. Il ne whore jamais. Depuis le début de sa carrière, il n’est jamais embarqué sur des projets qu’il n’aimait pas juste pour faire de l’argent. Il a l’air un peu stressé, mais j’imagine que ça vient avec la taille des gigs. Tous les acteurs et actrices veulent travailler avec lui. Tout le monde veut être son ami. Lui, il a juste l’air fou amoureux de sa blonde qui le comprend mieux que quiconque.

2. Dana White – Le président de la UFC voit la vie comme un combat et j’envie beaucoup ça. Il n’est jamais à plat. Jamais déprimé. Il passe ses journées à régler tous les problèmes du monde et il adore ça. Toujours dans un jet privé. Toujours dans une nouvelle ville pour percer un nouveau marché où tout le monde est content de le voir arriver. Le gars dort trois heures max par nuit et il est aussi vif d’esprit que n’importe qui. Multi-millionnaire, il paye la traite à tout le monde à longueur d’année sans jamais être hangover et dit tout ce qu’il pense en se foutant bien d’être controversé. Ça, c’est la vie.

1. Ricky Gervais – Je l’ai mis #1 parce que dans la liste, c’est sûrement celui qui ressemble le plus à un vrai humain. C’est peut-être parce que son succès est arrivé tard. Il est arrogant, mais authentique. Non seulement il a du « fuck You Money », mais il en profite. Il écrit des séries, mais il joue aussi dedans, et il y a assez d’impro pour que ce soit des trips de gang le fun à tourner. Ses projets sont toujours assez courts (deux saisons de six épisodes + un spécial) pour être certain de rester bon et de ne pas se tanner. Il y met beaucoup de coeur. Il fait aussi du stand-up. Il connait le côté business. Il fait de tout, tout ce que j’aimerais, et s’en sort tout le temps bien. Ce gars-là a compris la vie, et y domine.