Pas de bébé

Ces derniers mois, j’essaie d’évoluer. Plus précisément dans mon quotidien. Il n’y a pas de façon non-quétaine de le dire, mais le concept revient un peu à « mieux m’occuper de moi ».

Je fais pas mal d’efforts sur la bouffe en mangeant plus santé et en coupant le resto. Je consomme plus de légumes, fruits et de trucs frais et bio en évitant le modifié, processé, bla bla bla. Je n’ai pas encore le goût de participer à des reality shows de cuisine, mais j’accomplie enfin des trucs plutôt simples que je devrais exécuter depuis une éternité si on tient compte que je suis fils de cuisinière. Ça améliore un peu ma super silhouette, mais les résultats paraissent surtout au niveau de l’énergie. Je termine mes courses sans frôler l’embolie cérébrale et je me sens moins fatigué qu’avant.

Mais bon, toutes ces belles habitudes n’empêchent jamais à ma tête d’y aller beaucoup trop à fond dans l’introspection.

Je me demande entre autre si je pourrai un jour redevenir quelqu’un qui a le potentiel d’être un vrai chum. Chum dans le sens d’avoir une blonde. Je suis ok comme chummey, mais faire partie d’un vrai couple en amour et tout? Je suis tellement habitué de vivre seul. Je passe ma journée avec des écouteurs sur la tête. Je mange et regarde mes séries quand ça me tente. Ce sont des détails cons mais ça me fait me poser des questions. J’ai pas mal fait mon deuil du couple en mode ordinaire, je me demande juste si je finirai par fitter dans autre chose que juste moi et mes écouteurs.

Je ne sais pas. Je me sens en transition. Peut-être que ça joue sur ce que je projette.

Souvent, j’ai des filles (surtout des lectrices) qui m’écrivent pour me confier qu’elles ont rêvé à moi. Chaque fois je présume que c’est un rêve de cul (sinon c’est plate) et je demande si mes performances avaient du bon sens. Là, la dernière fois, la fille m’a raconté que dans son rêve, on sortait ensemble. (!!!)

Gros changement de casting.

D’habitude, je demande si j’étais performant et si ça brassait suffisamment. Là, j’ai juste demandé si on était heureux. Belle évolution, non? Bon, pour l’instant ça arrive seulement dans le rêve de quelqu’un, mais il faut bien commencer quelque part. Peut-être que je deviens tranquillement un adulte. Ou juste vieux.

Avant, quand je me faisais ignorer par une fille canon sur le trottoir, je me disais que c’était parce que j’avais une gueule bof. Maintenant, je me dis que ça doit être parce que je suis trop vieux. J’imagine que les gens confiants se disent juste que la fille était distraite ou dans sa tête ou qu’elle ne sait pas tout ce qu’elle manque.

Ah, j’essaie aussi de débarquer de ce profil de loser. (Gros fail dans le paragraphe précédent.) C’est fou comme je trouve toujours le moyen de me diminuer et me voir comme quelqu’un de nul. C’est un réflexe que j’ai depuis toujours. C’est instinctif. Ça peut donner des bons textes, mais ça ne donne pas une super vie. Idéalement, j’arriverais à séparer les deux. Jolis textes, vie épanouie. Un jour…

Quand même, en regardant en arrière, je suis impressionné de combien j’en suis toujours arrivé à évoluer. C’était souvent tout croche et j’ai choisi des bizarres de spécialités mais ça avance. Mais bon, autant je peux être bon et mature pour plein de trucs, il reste que pour m’occuper de moi, j’en suis encore autour du secondaire trois.

Avec plusieurs langues en même temps

Dès que j’ai une chronique qui score sur Nightlife, j’ai droit à quelques commenteux qui viennent se plaindre du trop haut nombre d’anglicismes ou d’emprunts à l’anglais dans mes textes. Je n’ai pas grand-chose à répondre contre ça. Ils ont raison. Si on n’aime pas ça, ça doit être gossant.

Bon, je ne change pas pour autant. C’est le style que j’ai choisi pour cette tribune-là. J’écris comme je parle. Pour moi, ce n’est pas d’être cool, juste d’être authentique. Ça n’empêche pas que ce soit un enjeu qui me tienne à coeur.

Je regardais l’émission de Christiane Charette la semaine passée où il y avait les Dead Obies en prestation musicale.

Lors de son entrevue, Rebecca Makonnen a profité de la tribune pour défendre le hip hop en disant que c’est là pour rester et j’étais bien d’accord. Tout allait bien, jusqu’à ce qu’elle se mette à chialer que les Dead Obies se sont fait critiquer aux Francouvertes parce qu’ils ont un nom et des paroles en anglais.

Et là, elle prônait qu’on est maintenant en 2014 donc il faudrait bien être moderne et ouvert d’esprit et « c’est ça le Québec » et bla bla bla…

Perso, le nom du band, je m’en fous pas mal. Mais si tes paroles sont souvent en anglais, est-ce qu’on peut dire que ta présence aux Francouvertes est contestable sans être fermé d’esprit ou rétrograde? En fait, qu’est-ce que tu crisses là à la base? Le nom du concours est quand même assez clair.

Le français en Amérique est une langue fragile et il y a des concours pour l’aider à se défendre contre l’omniprésence de l’anglais. Si tu veux écrire dans une langue qui te tente ou y aller carrément en mode I want to pogne, il y a zéro problème. C’est ton choix et je respecte la démarche. C’est ce que je fais moi-même dans plein de projets. Mais la moindre des choses, c’est de laisser ce genre de concours aux artistes qui essaient de faire un réel effort pour la langue.

(Et for the record, je comme le feeling que Velvet Underground s’en serait torché solide de ne rien gagner aux Francouvertes.)

S’assurer de ne rien manquer

Il n’y a pas grand-chose que je fais plus souvent que de mater les filles. Un vrai vieux monsieur creepy in the making. Je ne me tanne pas. Je peux marcher ou m’assoir dans un endroit passant juste pour regarder. Bon, ce n’est rien d’abusif. Je suis subtil et tout. Ça demeure un exercice un peu vide.

Ça ne mène jamais à rien d’autre que quelques frustrations. La plupart des spottées ne doivent même pas me remarquer. Ça ne se passe que dans mon imaginaire. Je me crée des scénarios. Quel genre de fille elle doit être. Si on fitterait ensemble. Bizarrement, je cherche toujours une raison pour laquelle ça ne fonctionnerait pas.

J’ai besoin de lui trouver un défaut quelconque. Un deal-breaker. Si c’est une fille avec un cul incroyable, j’ai besoin de confirmer que sa face est bof. Ça devient une micro-obsession en quelques secondes. Obsession dangereuse quand on se trouve à vélo.

C’est important parce que sinon, je vais m’imaginer qu’elle était parfaite et la garder en tête pendant toute la journée. La nature humaine a tendance à nous faire idéaliser ce qu’on ne voit pas. C’est comme avec ces grosses lunettes de soleil qui cachent toute la face. Notre cerveau s’imagine toujours qu’il y a un joli visage harmonieux derrière tout ça.

Cerveau stupide.

Au moins, ce matin, j’ai enfin réussi à désamorcer mon obsession pour Emily Ratajkowski grâce à cet article dans le GQ. Sa personnalité me laisse plutôt froid. Dans le vidéo unrated de Robin Thicke, elle était irrésistible, mais là, je suis OK. Bon, si on passe trois semaines sur la même croisière et qu’elle se lance comme défi de me conquérir, je finirai peut-être par céder, mais en attendant, je gère mieux la distance qui nous sépare.

Mais bon, même si j’arrive à désamorcer quelques unes de mes obsessions en me convaincant que ça ne fonctionnerait pas de toute façon, je ne règle pas grand-chose au vrai problème de fond.

Ma nouvelle spécialité : pleurer devant la télé

J’ai été soufflé par la série Derek de Ricky Gervais. Dans ses séries, Gervais est reconnu pour son humour british de malaise intense alors que sur scène, il est reconnu comme un franc-tireur qui décrisse toute.

Il sort quoi quand il est au top de sa carrière et qu’il peut faire absolument ce qu’il veut? Exactement le contraire de ce qu’on s’attend.

Derek est une des meilleurs séries ever de par son efficacité dramatique. Oui, dramatique. On s’attendait à une comédie pure, mais j’ai rarement pleuré autant en regardant un show qu’en regardant Derek. Ça a tellement de coeur.

Les deux très courtes saisons (six demi-heures chacune) sont disponibles sur Netflix.

Aussi, présentement, j’écoute la série Louie de Louis CK qui vient de terminer sa quatrième saison. Encore là, CK est au sommet de son art. Même si j’ai souvent trouvé l’écriture paresseuse au cours de la majeure partie des trois premières saisons, la série a vraiment atteint un nouveau plateau. La fin de la trois est incroyable et toute la quatrième saison est vraiment venu me chercher. Quel talent.

Autant dans le cas de Gervais que de CK, les deux auteurs/réalisateurs/acteurs sont à leur meilleur et jouissent d’une liberté très rare. Et crime qu’ils en profitent. Pas besoin de tout boucler. Pas besoin de suivre un moule avec des quêtes secondaires claires. Pas besoin d’être juste drôle ou juste dramatique ou que chaque épisode t’apporte le même genre d’émotion. Pas besoin que tous les gags aient rapport. C’est juste de la belle histoire avec beaucoup de niaiseries et beaucoup d’intelligence par des personnes avec beaucoup de talent qu’on laisse travailler.

Il y a de quoi être jaloux.

D’ailleurs, je vais bientôt commencer à répertorier toutes les séries que j’ai écouté dans un blogue spécialisé. Je prévois présenter une série par semaine. Je vous pluggerai ça ici quand ce sera prêt.