Mal-être
Vous connaissez ce feeling désagréable de bas de ventre?
Parfois, il prend aussi au coeur.
Ton esprit s’arrête sur une image, un mot, un nom et paf. Ça te rappelle un truc et ça te prend. À chaque fois que tu te rappelles le même déclencheur, ça te reprend. À chaque fois, ce même malaise. Pour le même unique souvenir, une douleur renouvelable à l’infini. Ce même serrement d’une seule seconde. Une seule seconde pour perdre le souffle. Une seule seconde amplement suffisante pour épuiser complètement. Qui vient casser l’humeur accumulée.
Vous le connaissez ce feeling? Une droite qui ébranle. Qui fait courber le dos.
En dépression, ce feeling, je me levais avec. Je le transportais partout. C’était insupportable. C’est quand même bon que maintenant je ne l’aie que quelques fois par jour. Même que dans les bonnes séquences, je peux passer quelques jours sans l’avoir. Le corps s’habitue rapidement à ne plus le ressentir. Je pense que c’est parce que ce feeling-là ne devrait pas exister.
Je viens qu’à l’oublier jusqu’au prochain déclencheur. La prochaine fois où ma tête va faire malgré elle un lien tordu avec une histoire d’horreur à oublier. Un lien vers ce choc dont je n’arrive pas à me débarasser. Qui vient me tordre l’intérieur. Ce feeling qui me rappelle ma vulnérabilité. Cette blessûre de l’âme tellement viscérale qu’elle réussi à atteindre mon corps.
Cette douleur au creux du ventre, pour un petit instant.
Le temps d’un moment, elle te vide à zéro pour te laisser seul à seul avec cette peur toute simple et pourtant si puissante de la prochaine secousse.
tchendoh / lien / 18 commentaires





Mouaip’, ça aussi je connais bien. La sensation désagréable, l’appréhension de la prochaine fois… Et quand on a “oublié” ce truc, ça fait encore plus mal. J’veux dire, quand on l’a en permanence, on finit par s’y faire, plus ou moins. Mais quand on passe des mois sans y penser, et que ça reprend d’un coup… Ça fait froid dans le dos.
[SiMON] / 12-05-2008 / 22:42
Le pire, c’est quand elle te dit: “je vais m’emparer de toi et te mettre à terre comme jamais, mais pas tout de suite, je vais voler au dessus de ta tête et te prendre uniquement quand j’en aurai envie, quand je verrai un petit moment de faiblesse et je saurai que tu ne pourras pas lutter assez fort. Repose toi en attendant, et ne m’oublie surtout pas, parce que moi je ne t’oublierai pas”
Et puis on y pense constamment, on en a peur et ça la fait sourire et ça lui donne envie de faire sauter chacunes de nos vertèbres et les nerfs qui y logent et régissent nos organes.
Panique / 12-05-2008 / 23:08
C’est un évenement en particulier qui explique l’état dans lequelle tu te trouve?
Le wannabe / 12-05-2008 / 23:28
Tu fais chier Tchendoh, je voulais m’éloigner, prendre mes distances par rapport à ce blog car pour d’obscures raisons, celà me remplit d’angoisse et voilà ce post… J’ai si peu de contact avec les autres que je passe un temps fou à converser avec mon propre système nerveux. Ne choisit pas l’angoisse, quand elle vient à l’improviste ne reste pas dans ses bras, c’est une bien trop mauvaise maitresse. Pourquoi je tente de te convaincre… vois-tu, je suis une étrangère, je ne fais que passer très brièvement dans ton existence, mais je sens que tu peux transformé ta détresse en quelquechose de beau, et c’est en cela que je t’aime. Je suis un peu une imposture ici, car tout en moi n’est que chaos mais ce que je vois me fait mal. J’ai si peu appris à être utile aux autres. j’erre anxieuse, car je ne peux trouver en autrui ce dont j’ai besoin et je ne sais pas trop comment les réconforter, alors il ne me reste que la solitude et l’angoisse. Ce long message ne veut pas dire grand chose, il est long et chaotique, mais je voulais simplement te dire de résister, de te défendre de tout côté contre l’angoisse enfin…. tu sais dans les arts martiaux, ils disent que le roseau qui plit gagne contre le chêne puissant qui casse, esquive, ne répond pas à son appel tout simplement…. bon, maintenant je ne sais plus quoi dire, je t’embrasse et je prend un verre de scotch en pensant à toi…..
Minima Moralia / 13-05-2008 / 1:46
“renouvlable à l’infini”…
Les mots de ce texte sont d’une justesse.
Très touchant.
Dom / 13-05-2008 / 7:16
Tu explique vraiment bien le sentiment d’angoisse / peine / rage / peur qu’on trimbale partout quand on est en dépression… Ça revient tout le temps ce feeling là…
Il va revenir toute ta vie, c’est juste que ses manifestations vont s’espacer… mais quand il se pointe là, on fait toujours le saut!
Les gens qui ne l’ont jamais vécu ne peuvent pas comprendre…
KattyKane / 13-05-2008 / 9:41
Je ne me rappelle plus comment je feelais quand je feelais de même. Thank you Effexor!
brem / 13-05-2008 / 11:09
des mots magnifiques.
il arrive aussi que l’on brise la chaîne entre le déclencheur et la douleur.
libertés.
peace:)
kayenne / 13-05-2008 / 12:17
S’il y a une seule bonne chose positive, c’est que ça te fais pondre de très bons posts ;)
LoupDogg / 13-05-2008 / 13:11
L’exactitude a maintenant un post !
Si un jour des etudiants(tes) en psycho de tes lecteurs(trices)doivent mettre en mots un sentiment,je leurs conseille vivement de relire ces mots-ci 400 fois en ligne,histoires qu’ils comprennent ce que les gens devant eux dans leurs petits cabinets ressentent,cabinets régis par des codes deontologiques tranchants,et qu’enfin l’humain l’emporte sur les gros livres pleins de choses à apprendre par coeur mais qui ommettent les passages sur l’âme meurtrie d’une bibitte appelée humain qui dans sa souffrance,peut dire ou faire des choses si triste.
Merci Tchen d’avoir le courage de l’écrire ici,de le donner à lire à tous et d’esperer la compassion et l’écoute de nos pairs.
Tu m’as fait pleurer p’tit criss!
Tendresses
Soit fort
matante porn / 13-05-2008 / 18:33
Ça doit faire au moins dix minutes que je suis là. 4 fois que je relis ton post. Et comme à chaque fois que je suis touchée, j’ai bien de la difficulté à trouver les bons mots.
Alors je te dirai seulement que je te souhaite sincèrement que ce feeling finisse par disparaître. En fait, il ne disparaîtra jamais, mais que du moins il devienne un peu plus doux avec le temps …
vegekat / 13-05-2008 / 21:44
Nouvelle sur ce blog, je suis troublée par tous ces cris de désespoir, si jeunes… Et pourtant, c’est ce post qui m’a attirée en premier, le premier que j’ai lu de toi. J’ai bien l’impression que l’histoire, celle avec un grand H, se souviendra de la génération, des 25-40 ans, comme d’une génération de jeunes perdus, cherchant sans cesse des réponses à leurs multiples questions en se psychanalysant et en se « psychothérapant ». Comment la dépression peut-elle guetter et attaquer tant de jeunes? C’est totalement fou… au propre comme au figuré…
Fanfan / 07-07-2008 / 0:19
Moi je vois une grande condescendance dans ce commentaire… comme si le malheur de qqn de plus jeune était pas crédible pcq ils devraient être dont heureux…
tchendoh / 07-07-2008 / 0:31
Non, non, tu me comprends vraiment mal…
Je dis simplement que je trouve qu’on est fucking nombreux à vivre ce mal-être et de plus en plus jeunes.
Wow, il faut que je fasse attention à comment je m’exprime ici… On est un peu susceptible… ce me semble. ;-P
Fanfan / 07-07-2008 / 0:38
ouin un peu ;)
tchendoh / 07-07-2008 / 0:41
C’est noté!
Fanfan / 07-07-2008 / 0:46
Fanfan: tu viens d’être tagué et catégorisé! ;)
brem / 07-07-2008 / 10:44
“Comme si le malheur de qqn de plus jeune était pas crédible pcq ils devraient être dont heureux…”
C’est plate, mais c’est tellement vrai… je ne sais plus combien de Docs et de gens de la génération de mon père ne m’ont pas pris au sérieux quand je disais à 16 ans que j’étais dépressive…
C’est pas parce qu’eux n’étaient pas comme ça à notre âge que nous on ne l’est pas…
KattyKane / 07-07-2008 / 11:13