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La quête de l’asphalte, la fin d’une époque

02-08-2008, 2:30 / perso

Hier, j’ai pris une bière avec une fille que j’avais pas vu depuis une éternité (pour ceux qui ne savent pas, une éternité, c’est six ans) et on a reparlé du passé. Le passé étant une autre éternité plus tôt (colisse que je m’en vieux, une chance je reste trop séduisant) dans mes 18-20 ans.

C’est ça qui est chiant quand tu viens d’un trou comme moi et pour qui l’important est d’avoir ses amis proches. À la fin de ton secondaire à 17 ans, il y un tier des chummeys qui part à Montréal, un tier qui s’en va à Québec (« Parce que le monde est plus sociable! ») et le dernier tier reste dans son trou.

Moi je suis resté deux ans dans mon trou parce que je ne savais pas quoi faire. Longue histoire pour un autre jour mais en gros, mes deux meilleurs amis sont partis à Montréal dans le milieu de ces deux ans là ce qui me poussait à l’inévitable, j’allais devoir déménager. C’est d’ailleurs encore à ce jour le seul déménagement que j’ai subis. L’année suivante, je quittais pour ma belle Montréal.

C’est de ça qu’on a parlé hier. Du moi de cette période là. Du début de la vingtaine.

C’était drôle parce que je me reconnaissais pas avec les souvenirs et c’est weird de me décrire autrement que maintenant. Mais ‘mettons que j’essaie, en gros, ça ressemblait à quelqu’un avec pas mal plus de joie de vivre, moins sauvage et beaaaaucoup plus baveux. Je me souviens d’ailleurs d’avoir reçu un conseil du grand frère d’un ami qui m’avait dit qu’à Montréal, t’écoeurais pas les gens sur la rue parce que tu savais jamais sur qui tu tombais.

C’est pourquoi je gardais toute en dedans jusqu’aux nombreux party chez Vince. Où on jouait aux bouchons et au three-man! Le meilleur drinking game ever pis même si vous avez déjà joué, nos règlements étaient différents et beaucoup mieux. En gros, ma job à moi, c’était le trash-talk. Vince était à Ahuntsic pis invitait toujours du nouveau monde qui faisait toujours des nouvelles cibles trippantes. « Criss que t’es baveux! » est sûrement la phrase que j’ai entendu le plus. À la bière hier, on parlait de gens que j’ai oublié que j’avais « pas lâché de la veillée ». On parlait vraiment d’une autre personne.

Je me sens ridicule de me vanter de ça mais quand on en reparle, c’est toujours ça qui ressort. Maintenant je suis beaucoup plus tranquille, moins peste et plus sauvage. Ce qui me frappe c’est le nombre de soirées où je pouvais être avec quelques amis dans une foule de gens que je connais pas et être bien et finir la veillée que j’ai parlé à tout le monde. Ça ne m’arrive pratiquement plus.

Hier, j’essayais de voir où l’ère de ma grande gueule en était venu à sa fin. Si j’avais à déterminer un jour précis, ça serait le premier jour de mes 24 ans. J’étais déçu de ma trouvaille parce que je pensais que j’avais maturé pas mal avant ça. C’est une très longue histoire et je sens que ça va être mal raconté parce que mon esprit de synthèse est pu là pour aujourd’hui donc préparez-vous.

C’était une fête typique du temps où je passe mes étés à Amos. Étant donné que c’est le 23 juin, tout le monde fait des party pour la St-Jean. J’étais avec un de mes meilleurs chum, Ben, avec qui j’ai passé plusieurs fête vu que les party de St-Jean de mon enfant ont presque tous été chez lui. Nos familles sont très proche donc c’est comme un cousin très proche. Ça faisait longtemps qu’on avait pas veillée ensemble parce il revenait de l’ouest canadien où il avait passé quelques années et moi ben j’étais à Montréal.

On commençait donc en après-midi chez Lovely Nathalie où on avait une épluchette de blé-d’inde. J’étais déjà sur le party en fin d’après-midi. Il me semble qu’on est allé prendre quelques verres en ville. Je dis me semble parce que je commençais déjà à être beaucoup trop chaudasse. Je sais boire d’habitude mais cette journée-là, j’avais vraiment pas beaucoup dormi et en ajoutant le gros soleil d’après-midi : j’étais scrap.

Finalement, on a trouvé un lift pour aller au meilleur party idéal pour finir la veillée : le méchoui du Frid (Taverne la plus hawt de la ville) qui se déroule dans un chalet au Lac Beauchamp qui se trouve à 15-20 minutes d’Amos dans le fin fond d’un bois au bout d’une multitude de chemins très compliqués où l’asphalte arrête en cours de route.

On est arrivé vers 1-2h à peu près où j’ai été salué un peu tout le monde. Je pense que j’ai tappé sur les nerfs de chacune des personnes présentes. Autant mes amis que mes ennemis. Parce que ce soir-là, j’en avais en masse des ennemis. Il y avait deux gars qui voulaient déjà me casser la gueule depuis toujours, moi j’avais décidé que je me pognais avec un autre gars que je ne trouvais pas parce qu’il dormait dans un char pis en fin de veillée, il y avait un autre gars qui voulait m’arranger la gueule égale. Je comprends pas que j’aie pas vomit ce soir-là parce que c’est vraiment dans les fois où j’ai été le plus fini.

Ça sert un peu à ça vomir, ton corps te dit « Ok, that’s it for tonight buddy, on te laissera pas te faire faire le cave plus que ça. »

La seule raison pourquoi je me faisais pas défaire la face à Amos, c’est que j’avais des amis imposants. Pas que je les choisissais, ça a toujours été comme ça. Ce soir là, je leur tapais sur les nerfs à mes amis imposants. Et grave. J’ai vraiment dit des trucs poches et sous la ceinture à tout le monde qui m’accompagnait. Je trouvais tellement tout le monde stuck-up. Encore à ce jour, je me souviens pas ce que j’ai dit mais je comprenais pas que ça rentrait pas comme d’habitude. Quand j’en reparle à Ben, avec qui j’ai passé toute la journée de A à Z, c’est assez convaincant; j’étais pas endurable et mean.

Alors on s’est un peu fait sacrer dehors du party. En fait, JE me suis fait sacrer dehors et Ben a eu pitié de m’abandonner seul en plein milieu du bois à la grosse noirceur. Et on oublie pas qu’on est à pied comme des cassés, complètement perdu et qu’il fait noir comme dans le cul d’un ours. Sérieusement, j’ai jamais été autant à la noirceur que ça à l’extérieur. Il y avait pas de lune. On voyait pas deux pieds en avant de nous autres. Pogné dans le chemin de garnotte pis je suis vraiment pas content.

Je pique une crise à Ben parce que selon ma version des choses, il ne m’a pas défendu dans ma dernière engueulade où j’ai eu l’air vraiment d’un épais. Je suis tellement déçu de sa trahison que je m’en met à pleurer. Oh yes, je braillais, dans le milieu d’un bois, à 24 ans, perdu dans le noir, le jour de ma fête. Il m’explique avec beaucoup de délicatesse que j’étais juste pas défendable.

Ben est vraiment un bon gars pis je le sais ben dans le fond que s’il ne m’a pas défendu, c’est qu’il n’y avait rien à faire. Donc, on se réconcilie alors que j’ai encore ma voix de gars qui vient de brailler et on réalise qu’on est crissement dans marde. On marche depuis t’à l’heure mais on a aucune idée des chemins qu’on prend, on sait pas il est quelle heure, on a pas de cellulaire pis on est dans l’osti de garnotte. Ça, c’est très mauvais signe parce qu’on sait que pour sortir de là, on doit retrouver le chemin avec l’asphalte. C’est un peu comme le chemin aux briques jaunes du Magicien d’Oz.

Au moins, ça permet de jaser et que je dégrise un peu. On se raconte nos vies pis c’est vraiment trippant, c’est ça qui fait que je ne regrette pas cette journée-là. Et toute cette discussion-là, on l’a eu en anglais. Je voulais pratiquer pis Ben revenait de l’autre bout du pays et était donc maintenant bilingue. Et sérieusement, pour confier ses trucs, l’anglais rend ça moins compromettant on dirait. Un peu comme msn.

Après une bonne heure à marcher dans tous les sens, je m’enfarge dans ce qui pourrait bien être … OUI! De l’asphalte!! Je vous jure, le bonheur nous a foudroyé. On s’est mis à danser en festoyant pis en criant de joie. On aurait dit qu’on était sur une île déserte depuis des mois pis qu’un bateau nous avait enfin spotté. La grosse affaire! Ça devait être de toute beauté, il aurait fallu filmer la scène en infrarouge.

On s’est finalement rendu sur le bord de la grande route où on était encore à 15 minutes en char de la ville. Ben crime, on l’a marché. Pendant ce temps-là, en plus de complètement dégrisé, on a continué à jaser en anglais même si ce n’était pas ben ben patriotique en ce maintenant 24 juin. Et on dira ce qu’on voudra, si t’es pour annoncer à un chummey que la babe qu’il saute de ce temps-là a l’herpès, aussi ben le faire en anglais. (Finalement, il s’en est sorti indemme, lucky him!) Mon scoop aura un peu compensé pour ce que je lui aurai fait endûrer. ;)

Alors voilà, le texte doit pas être super parce que c’est vraiment trop long à relire et à réajuster. Je repasserai le pimper un de ces jours. Mais bref voilà, je pense que c’est ce soir-là que j’ai commencé à me calmer un peu.

Ce tchendoh peste est disparu, et ressort encore une fois de temps en temps quand je suis sur la brosse.

tchendoh / lien / 8 commentaires

8 commentaires

  1. Sacré bon post Tchendoh!

    Redge / 02-08-2008 / 5:05

  2. Effectivement, un super post, et j’aime beaucoup ton titre, “La quête de l’asphalte”.

    Emilie / 02-08-2008 / 9:06

  3. Et tu dis que mes posts sont longs!?! Nice. Belle prise de conscience ici.

    Mlle V / 02-08-2008 / 11:59

  4. J’adore les post long avec une belle histoire en prime.
    La fois que t’as vu la lumiere dans le noir …
    Hot !

    Matante Catoo / 02-08-2008 / 12:38

  5. Crime merci, m’attendais pas à ce que les gens aiment ça.

    tchendoh / 02-08-2008 / 12:38

  6. T’aurais pas passé autant de temps à écrire ça si t’avais pas un peu d’espoir que ça pogne! Aille… j’ai tu une poignée dans le dos moé là? :)

    brem / 02-08-2008 / 14:02

  7. brem, ouin ben c’est toi qui doit savoir vraiment ce que je pense vu qu’on est tellement pareil.

    Je savais que c’était une histoire longue et j’avais pas envie d’y donner la rigueur qu’elle avait besoin, si ça plait quand même, je suis ben content.

    tchendoh / 02-08-2008 / 14:05

  8. Ouin bin ça ressemble pas mal à ça. Mais je t’ai défendu au mois 3 fois. Une fois le 1er gars qui voulait de défaire je lui ai parlé, une 2e fois le 1er gars avec un de ses chums qui voulaient vraiment te planté mais on n’avait juste pas de chance contre eux, surtout qu’il se relancaient de plus en plus, je leur ai reparlé et la dernière fois… ouin c’est vrai. C’est cette fois la que j’ai vraiment pas pu faire quelque chose. héhé tu m’as même pris par surprise. Je ne savais pas quoi faire mais vraiment pas. C’est la que nous sommes parti. héhé
    En passant, moi aussi j’ai appris dans notre discution. Pu jamais je vais me fier au autre pour aller avec une fille qui supposé aurait du être une bête. héhé
    Toute une soirée et il y avait vraiment quelque chose de magique dans tout ça!!Quqleu chose que j’ai toujours pas eu la chance de revivre.

    Ben / 05-08-2008 / 10:31


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