(ce post n’a aucun but et/ou conclusion, je raconte 15 minutes d’attente)
Je ne pensais pas me rendre autant en avance que ça. Tous les bus et métros étaient synchro. J’aurais bien aimé avoir autant de timing à mon réveil, ça m’aurait permis de déjeuner. Là, je me retrouve l’estomac vide en fin d’après-midi. En fait non, j’ai mangé une barre de chocolat à 2$ d’organisme quelconque qui trainait dans mon sac. Merci Organisme Quelconque!
Il est 16:30, j’ai rendez-vous à 16:45. Je le sais parce que j’ai mon iPod. Mon iPod qui marche une fois par mois et que je dois traiter avec le plus grand soin. C’est sa première sortie cette automne et je le traine à deux mains. Il est reconnaissant puisqu’une petite babe vient justement me demander l’heure! On pourrait penser que c’est un hasard mais non, c’est la magie du iPod.
Bon, ok, ça fait aussi que je parle comme un sourd et muet parce que je ne m’entend pas avec mes headphones. Est-ce que c’est une façon de m’aborder? J’enlève mes écouteurs en la faisant répéter. Super accent français, c’est à ronronner. J’ai beaucoup trop de chose dans les mains, mes (osti) de lunettes sont aussi croches que sales et mon iPod se laisse désirer parce qu’il prend toujours 5 secondes à donner l’heure. Je fais un sourire poli sans être capable de lire ses intentions. De toute façon, la plate réalité rejoint ma tête: ça arrive qu’il y a des filles qui veulent juste savoir l’heure.
De toute façon, mon deuil se fait rapidement, je suis à côté d’un pavillon de l’Université de Montréal et ça donne l’envie d’un retour à l’école. Crime que les filles d’Université, c’est imbattable. Je suis là pour rencontrer une étudiante que je n’ai jamais vu. Une grande brune aux cheveux courts. Ça me semble pas très précis comme description. Déjà, je n’aime pas les rendez-vous par je me demande toujours si je suis à la bonne heure, à la bonne place, la bonne journée, etc. Là, j’en rajoute, je ne sais même pas c’est avec qui. Au moins, je suis en avance, donc j’ai pas de raison de stresser pour l’instant.
Il est 16h35 et je tombe amoureux une deuxième fois. J’ai envie de la suivre mais j’ai une bonne raison de choker, je dois rester ici, à la sortie. Je me demande un instant si je suis au bon endroit. Peut-être que je dois attendre dehors? Je me mets à stresser qu’elle puisse me manquer. C’est complètement stupide, je peux pas être plus à la sortie que ça. Je suis à côté de la porte, accoté le long d’une fenêtre parce il y a juste ça des fenêtres. « Désolé on s’est manqué, c’était tough de me voir entouré de toutes ces fenêtres transparentres » Je suis immanquable. Tout le monde bouge sauf moi, qui détonne des passants, en écrivant des trucs sur mon pad. Quelqu’un qui prend des notes en regardant les gens, ça fait toujours suspect.
Il est 16h40 et je tombe amoureux une troisième fois. C’est vraiment malade ici. Je considère revenir occasionnellement pour faire semblant d’attendre quelqu’un. Une chance que je ne suis pas ici pour une date, ça serait le pire spot du monde!
Je commence à relever plus la tête pour être sûr de ne pas la manquer. À chaque fille qui arrive, c’est con mais le coeur m’arrête par nervosité que peut-être c’est elle et qu’elle ne reconnait pas. Comme si c’était l’apocalypse. Je trouve le moyen de tomber amoureux une quatrième fois mais cette fois-ci, c’est sérieusement sérieux. WOW. Elle est juste trop belle. Cet endroit est magique. Elle doit être mariée à 4 gars en même temps.
Reste que je suis ici pour rencontrer quelqu’un et selon les stats que j’ai ramassé, les grandes brunes aux cheveux courts sont vraiment pas nombreuses. Ah, est-ce que c’est elle? Elle a pas l’air très grande. C’est quoi être grande anyway? Peut-être que je devrais plutôt spotter une fille qui a l’air de se trouver grande. Bon, finalement elle fait pas cinq pieds. Je suis nul.
Ok, bon, là il est 16h45. Je commence à stresser… ah non.
Grande brune aux cheveux courts, à 16h45, qui vient me demander si je suis bien Eric.
Yup.
Et je suis un épais.