On avait dit qu’on ne parlerait pas

Je passerais ma vie comme ça, entre le rêve et toi.

Un des effets de la cuillère, c’est que même si la tranquillité s’étire et que les mouvements se limitent aux respirations, rien ne semble jamais empêcher une latente et soudaine rigidité. Mon bras déjà entre tes seins et ma main sur ton épaule permettent de te ramener contre moi, et de te serrer, très fort. Une idée pop : pourquoi ne pas compléter l’emboitement? Tant qu’à être là.

Parce que tu me boudes encore, je crois.

T’as dû mal prendre quand je t’ai demandé de ne pas parler. Je comprends. Tu le sais autant que moi, pourtant : on s’entend mieux lorsqu’on ne parle pas. C’est triste ou ce ne l’est pas. Avec mon truc qui se fraye un chemin quelque part entre et contre toi, j’ai beaucoup de misère à m’en navrer, là, là.

Le temps s’étire et moi aussi. Le rythme est lent, mais persévérant; chaque élan alenti par ta rancunière inertie. Le precum compatissant finit par s’en mêler, ou est-ce que c’est toi? Difficile à dire, et difficile de s’en soucier, avec le feeling ajouté. À la profondeur où j’en suis, il y avait au moins un peu de toi. Ma bouche fermée émet un son sourd et grave dans le creux de tes omoplates. Mon menton t’érafle, mes dents retrouvent ta peau.

Tu te retournes enfin face à moi, avec tes petits yeux capituleux. Ta moue m’embrasse, finalement… Même si je sais bien, presque autant que toi, que ce sera une des dernières fois.

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