7 juin – LJH
C’était un peu de la pensée magique, mais je me disais que peut-être que le web allait être revenu à mon réveil. Oh no. Et c’est chiant parce que le routeur est chez le voisin. Le voisin qui n’arrive qu’à 19h le soir. Au moins on est jeudi, si ça avait été vendredi, le voisin aurait été parti pour toute la fin de semaine.
Mais le jeudi, c’est aussi le jour de ma chronique Nightlife. Et si c’était un petit texte comme d’habitude, je pourrais l’écrire tranquillement et trouver du wifi à la toute fin pour envoyer ça. Mais là, j’ai 1000 photos à ajouter, j’ai des questions à poser à ma boss, et je sais que les wifi sont chiants à trouver ici.
En fait, travailler dans un café avec un laptop, c’est beaucoup moins dans leur culture qu’à Montréal. Donc voilà, je dois trouver un endroit pour faire ça, mais évidemment, c’est l’orage apocalyptique dehors. Il pleut à boire debout et je dois quand même passer d’un café à l’autre pour demander s’ils ont le wifi (qu’ils prononocent en français).
Près de chez moi, c’est très riche donc non seulement ils me disent qu’ils ont pas le wifi, mais ils m’ajoutent une face de mépris en même temps.
Finalement, j’ai fini par tomber dans un café qui a parfaitement fait l’affaire. J’ai vraiment été chanceux. Le serveur m’a placé dans un coin tranquille où il y avait une prise et tout. C’était comme un bureau. Je lui ai laissé 3 euros de pourboire. (En plus du 15 euros pour le saumon.)
Jeudi, c’était aussi la seule journée à laquelle j’avais prévu une activité avant d’arriver à Paris. Un spectacle de Louis-José Houde dans une mini-salle de 60 personnes. Une chummey avait eu l’idée de m’offrir des billets. Quelle idée géniale. Je trouve ça très drôle comme setup. J’avais invité la seule fille que j’avais planifié voir durant mon voyage à Paris.
Finalement, à cause de problèmes chez elle, elle ne pouvait pas venir cette semaine. Donc je devais trouver quelqu’un d’autre. J’aurais pu facilement trouver une lectrice québécoise qui est de passage à Paris et qui trip déjà sur LJH, mais j’avais envie d’y aller avec une Parisienne afin de voir ses réactions. Sinon, ça devient un show de LJH ordinaire.
Je demande à ma concierge pour voir si ça lui tente. Ce n’est pas une vraie concierge. C’est une copine à la fille qui me loue l’appart, et c’est ma personne ressource s’il arrive quelque chose. Elle est belle, sympa et Parisienne donc c’est le parfait plan B. Elle me répond très tard mais elle accepte donc j’annule mes autres invitations (que j’avais fait pour ne pas être pogné seul).
Quelques heures avant le spectacle, elle m’écrit pour dire qu’elle va amener son copain. Comme je disais dans ma chronique Nightlife : awkward. Sur NL, je fais comme si j’avais prévu la fourrer, mais c’est un peu malhonnête. C’était pas ça le but. Moi et ma concierge, on s’est rencontré 20 minutes après mon arrivée à Paris où j’étais zombie et tout. Elle est arrivé alors qu’on déconnait à dire que je venais à Paris pour me marier. Et on déconnait tellement qu’elle avait finit par préciser qu’elle avait un copain. (Si j’étais arrogant, j’ajouterais qu’elle ne l’a pas dit avec grande conviction.)
Donc qu’elle ait un copain, ce n’est rien de nouveau ou surprenant et je respecte ça. C’est juste que si j’avais su que je serais le chaperon avec un couple, j’aurais juste invité quelqu’un d’autre. Là, ça va juste être weird. Mais bon, je la joue cool sinon j’aurais vraiment l’air du gars qui veut juste la défoncer fort. Pis c’était pas ça le plan, à la base, même si c’est une fille vraiment belle (mais de six pieds, calvaire!).
Mais là, avant d’aller au show, je dois récupérer mon accès internet. Donc j’attends avec ma porte ouverte que le voisin arrive chez lui. Évidemment, il arrive beaucoup plus tard que 19h (20h15), et je dois rejoindre les autres à 20h45. Je saute dans un bus pour la première fois.
Le trajet s’est vraiment bien passer. Le système est mêlant au départ parce que tu ne sais rien, mais une fois que t’es dans le bus, c’est très clair. T’as une grande carte qui montre tous les arrêts, et t’as un tableau numérique qui te dit où t’es rendu et les prochains arrêts. Bien joué, les Français!
J’arrive juste un peu en retard, ce qui est un exploit dans les circonstances. Finalement, dans le positif, on sera quatre. Ils ont invité un autre pote. Je préfère vraiment ce setup-là. La concierge me présente son copain et j’aurais aimé prendre une photo de sa gueule. Il m’aime CLAIREMENT pas. Même sa poignée de main a un sous-texte de haine. Je vois dans ses yeux que je suis le touriste fucker qui vient au pays pour voler sa meuf.
Je trouve ça complètement ridicule et immature. Et honnêtement, les filles matchées, j’ai arrêté ça depuis un moment. Mais là, il me donne vraiment le goût de faire une rechute. La concierge semble être une fille extra et super sweet. Elle fait toujours des clins d’oeil craquants et elle mérite mieux que ce que ce gars-là me projette (sur un préjugé basé sur 4 secondes, on s’entend).
Donc on parle un peu mais l’ambiance est bizarre. Ce n’est pas si surprenant si on considère que je suis celui qui fait qu’on est à ce show-là mais je ne connais personne. (Si LJH ne marche pas en France, j’aurai fait mon effort en lui amenant trois Français.)
On entre et même si j’imaginais une petite salle, c’est encore plus petit que je pensais. J’ai cherché une photo de la salle sur google, mais il y a seulement des photos de la salle principale, pis on était dans une salle beaucoup plus petite. Si on est 60, c’est beau. On est cordé solide. Je n’ai jamais été dans une salle aussi petite. Nous, on est au balcon, mes pieds arrivent à la hauteur du front de Louis-José. Et il se trouve à 2 mètres devant moi. J’aurais VRAIMENT dû prendre des photos durant le spectacle, mais c’était tellement intime que j’avais peur de déranger. Mais ça se décrit mal en texte, désolé.
J’adore Louis-José Houde. Ce ne serait pas le premier show que j’irais voir, mais le gars a un talent incroyable. Et c’est ce qui m’intéresse le plus dans son show. Qu’est-ce qu’il va adapter? Qu’est-ce qu’il va changer? Comment va-t-il parler?
Je vous résume ça. J’étais vraiment très content de voir qu’il n’a absolument pas changé son accent du tout. Après tout, si chaque fois qu’on vient en France, on imite leur accent, ils ne seront jamais capables de nous comprendre. Ensuite, pour le style, il était beaucoup plus stand-up qu’à l’habitude. Presque pas de monologue. Seulement à la fin où il a fait son anecdote sur son voyage dans le sud et son coup de soleil.
Pour le vocabulaire, il a changé quelques mots pour être compris des deux côtés. Donc moi je comprenais tout, et les Français aussi. Il a vraiment fait une job parfaite d’adaptation, à mon avis. Même qu’il jouait avec la foule pour nos différences. Pour des mots comme « rêves » ou « Pâques », on ne prononce pas de la même façon. Mais il faisait juste l’expliquer et il passait à autre chose avec une attitude genre « Envoyez, suivez, vous ralentissez le groupe! »
Et ça passait très bien.
Pour les références, c’était des références françaises où c’est moi qui étais le plus perdu. Mais bon, je ne suis pas si pire que ça. Je sais que Canal+ est un poste payant et je sais que Orange est une compagnie de cellulaire. Souvent, c’était les plus gros rires.
Bon, je détaille BEAUCOUP TROP mon expérience. Déformation professionnelle, j’imagine. Mais c’était vraiment ce qui m’intéressait le plus dans tout ça. Ça, et comment ma concierge allait apprécier. Résultat? J’adoooore son rire. On dirait un rire de doublage de film. Je trouve ça d’un charme absolu.
Donc on sort et même si tout le monde a passé un bon moment, ça ressemblait un peu à « Il est bon, mais connais-tu [insérer d'autres humoristes français]? » Et là, ce gars-là est supposément bien meilleur. Mais bon, je n’ai pas envie d’embarquer là-dedans vu que la bataille n’est pas fair. Et honnêtement, on le sait tous déjà très bien que les humoristes français sont NULS!
On décide d’aller prendre une bière quelque part et les deux insistent vraiment pour sortir du Marais parce que c’est le quartier gai. Et honnêtement, ils font des gags mais je sens un fond d’homophobie que je n’apprécie pas. En tout cas, comme première impression, ce n’est pas génial. Ils me demandent si je suis gai et j’ai envie de dire oui pour voir leurs réactions, mais je décide de rester hétéro pour que l’autre ait encore peur que je grimpe sa copine.
On va sur une terrasse dont j’oublie le nom, mais ici, il ya des terrasses PARTOUT et elles sont à peu près toutes pareilles pour un touriste comme moi. C’est vraiment culturellement fort chez eux. C’est leur mode de vie, et j’adore ça. On s’écrase donc et on se commande des verres.
Je passe vraiment un bon moment. Je n’ai pas jasé en groupe comme ça depuis une éternité, on dirait. Je plug qu’au Québec, on dit que tous les Français sont à 2 bières d’être gais et je savoure la réaction des deux mecs. Mais honnêtement, mes préjugés négatifs s’en vont un peu. On a du fun. On jase de toutes les différences entre nos peuples. On parle de nos jurons, de qui a raison sur la prononciation, des préjugés qu’il y a entre nos nations.
L’ami du couple est cool. Je parle un peu plus avec lui. Et après la première bière où c’est clair qu’on va tous reprendre un autre verre, le chum jaloux nous fait le coup du « Je suis fatigué, on y va, chérie. » C’est clair dans les yeux de chérie qu’elle n’a pas envie de partir, mais elle suit. Je crois que la veillée est terminé mais mon nouveau BFF est encore partant. SUPER!
On enfile quelques pintes et on poursuit la discussion qui demeure fondamentalement sur les mêmes sujets, mais en plus calée avec nos problèmes de société au niveau politique, économique ou éducationnel. C’est très intéressant mais ici, ça ferme tôt. À 1h, on doit quitter, mais on ne fait que se déplacer un peu plus au sud où ça ferme à 2h. C’est drôle parce que les bars restent en mode fermeture longtemps et on peut rester à boire (et aller pisser) quand même.
Vers la toute fin, un gars reconnait mon accent et vient me donner son appuie aux étudiants. Ici, c’est dans leur sang de faire des manifs. Ajouter des lois pour freiner ça, ça ne compute pas.
Donc voilà, c’était cool et peut-être qu’on se reverra cette semaine.
Pour rentrer, j’ai décidé de prendre un taxi. Ici, ils ont des pancartes où c’est écrit « TAXI » et les gens font la file en attendant que des taxis passent les ramasser. Je me trouve à attendre à côté d’une femme incroyable. Imaginez la chick dans Drive, en plus petite, plus cute, et avec un accent british. (!!!) Parce que oui, je lui ai parlé.
Elle avait l’air de pleurer et je lui ai demandé si elle était ok. Elle me raconte que c’est le bordel à son travail. Histoire classique pour une belle fille à l’heure du close : c’est une serveuse et son boss est un enculé. Je suis complètement sous le charme et je lui partage ça ouvertement avec une candeur de gars qui a pris quelques pintes dans un autre pays que le sien. Elle prend tout ça bien. Dire que c’est réciproque serait malhonnête, mais pour un gars qui aborde une fille dans une file de taxi à deux heures et demi en anglais, je m’en sors bien.
Je pense que je n’ai jamais été aussi charmé en si peu de temps par quelqu’un. Tellement irristible avec sa beauté et son fuckin’ accent foudroyant.
Je suis fier de tout ça, mais quand elle quitte dans son taxi, je me dis que j’aurais pu au moins lui donner ma carte ou quelque chose. Juste qu’il y ait une mince chance qu’un lien existe un moment donné. Là, c’est sûr que je ne le reverrai jamais.
Donc, je prends un taxi qui sont beaucoup moins chers ici, mais comme le chauffeur m’expliquait, ici ils font plus d’argent parce que ça n’arrête jamais. Il me raconte aussi que son oncle sort avec une des chicks de la famille Bombardier. Donc ils sont complètement riches et souvent, ils l’invitent à aller au Québec. Je trouve ça drôle comme coïncidence et on a du fun durant la run. Et même si j’ai zéro scoré avec les femmes incroyables qui ont croisé mon chemin, ça reste une bonne journée qui se termine bien.
tchendoh / lien / Tweeter / 7 commentaires






ce que tu écris bien, un bonheur!
Emmy / 08-06-2012 / 23:31
Avant ton départ, pourquoi ne pas retourner dans le même coin vers la fermeture des bars pour voir si la British n’y seraitpas “par hasard”?
Jonathan / 09-06-2012 / 0:07
Tes récits parisiens sont tout à fait excellents. Bien content que tu aies décidé de les continuer.
Martin / 09-06-2012 / 2:10
“Près de chez moi, c’est très riche donc non seulement ils me disent qu’ils ont pas le wifi…”
Donc riche et plutôt pauvre en même temps :)
Hunter Jones / 09-06-2012 / 9:51
eheh si t’es riche, tu peux toujours être en 3G partout, j’imagine.
tchendoh / 09-06-2012 / 9:51
Juste un petit com’ un peu gnangnan, en tant que parisienne ça me fait hyper plaisir que t’ai passé une bonne journée, un bon moment avec des gens, que t’ai fait de belles rencontres et tout et tout dans ma ville. Bonne suite de voyage !
poneyland / 10-06-2012 / 7:11
Je lis ton voyage à l’envers, c’est génial haha :) J’avais hâte d’arriver au passage sur la concierge.
Je t’envie Eric, profite bien. (un plaisir à lire)
jouwa / 12-06-2012 / 11:49