8 juin – l’alarme de feu
Vendredi totalement vedge où je veux récupérer un peu. J’aimerais bien aller lire la bio de Craig Ferguson dans le parc de la Tour Eiffel, mais on dirait qu’il y a toujours quelque chose à faire ou la pluie qui s’en mêle.
D’ailleurs, je n’aurai vraisembablement pas eu une seule belle journée durant mon séjour. Ils annoncent encore de la pluie toute la semaine. Pas chanceux de ce côté-là pantoute.
J’ai quelques commissions à faire et du lavage. Après tout, quand t’es parti pour 15 jours, il faut faire des tâches ménagères plates un moment donné. En revenant chez nous, j’ai découvert qu’il y un Picard juste à côté.
Picard, c’est l’épicerie qui manquait à ma vie depuis toujours!
C’est seulement du surgelé, mais du surgelé de qualité. Les Français semblent accorder plus d’importance à la bonne bouffe que nous. Les produits sont bons et l’épicerie est classe. Tout est simple et bien fait. Il nous faut clairement ça au Québec.
Alors que je m’apprête à sortir pour aller lire, un chummey m’écrit pour savoir si je veux aller souper avec lui. Bien sûr. Tant qu’à être à Paris. C’est drôle parce que c’est un gars que j’ai rencontré une seule autre fois, et c’était au Barouf à Montréal, un bar français.
Pendant que j’étends mon linge sur le rack à linge, j’entends une alarme sonner. Je n’en fais pas de cas parce qu’il y 30 apparts autour. C’est sûrement juste quelqu’un qui a oublié ses toasts ou whatever. Après 10 minutes, je check un peu plus mais c’est très difficile de savoir d’où ça vient.
Après 20 minutes, j’arrive pour sortir de chez moi, et je réalise que le son est beaucoup plus fort. En fait, ça semble provenir du voisin. T’sais, le voisin chez qui il y a l’internet. T’sais, le voisin lunatique qui est parti pour la fin de semaine au complet.
Gééééénial!
Là, je me demande si le feu est pris et si je devrais donc appeler les pompiers. Mais ça sonne quand même depuis longtemps. Je ne vois ou ne sens aucune fumée. Et me semble que le bloc serait déjà à terre.
J’aurais tellement aimé que ce soit n’importe quel autre appart autour. Pas le seul autre qui appartient à ma proprio, et le seul autre où je sais que le locataire est parti pour la fin de semaine! Dans une twist du destin cruel, je me sens responsable du criss de problème sale.
J’appelle donc les trois personnes ressources…
- La proprio en vacances à Montréal : répond pas.
- Le voisin parti pour la fin de semaine : répond pas.
- Ma concierge qui fait des clins d’oeil : répond pas.
Super. C’est ça que je voulais faire avec mon vendredi soir, justement.
Je jase avec des amis sur Facebook pour essayer de voir ce qu’ils feraient dans ma situation. C’est assez unanyme : ma situation SUCK. Je finis par contacter le voisin qui confirme que c’est l’avertisseur de fumée (et non pas une alarme), mais c’est sûrement la pile qui est foutu.
Ça ne me fait aucun sens, mais bon. Il dit de le rappeler parce qu’il va appeler le père de la proprio pour savoir où est le double de clés. (C’est moi qui doit rappeler parce que j’appelle tout le monde sur Skype et je ne suis pas rejoignable.)
Il est passé 22h et je suis en retard à mon rendez-vous. Je lui dis donc de venir me rejoindre, des fois qu’il pourrait m’aider.
Je rappelle le voisin qui me dit de vérifier à deux endroits s’il y a des clés. C’est deux places que j’avais déjà vérifié. Et évidemment, il n’y a pas plus de clés. Je me rappelle aussi que ma proprio m’avait dit de ne pas perdre mes clés, parce qu’elle n’a pas de double. C’est là que voisin-pas-futé me dit que la serrure est pas si grosse que ça et que j’ai juste à défaire ça avec un tournevis.
Là, j’ai envie de dire « J’ai tu l’air d’un ostie de MacGyver, moi, criss? »
En plus, j’en ai pas d’ostie de tournevis. J’apporte pas mon set d’outils en vacance, imagine-toi don’. Mais je ne dis rien de ça. Je dis ok pis je raccroche.
Mais NO WAY que je vais scrapper une porte qui ne m’appartient pas pendant que je loue l’appart d’en-dessous. Je ne veux rien savoir d’avoir cette responsabilité-là. Je ne serais même pas supposé être mêlé à toute cette histoire, merde!
Il est maintenant 22h30. On entend la sonnerie partout. C’est infernal et j’imagine l’impatience de tout le monde autour.
Je rappelle encore la proprio mais toujours pas de réponse. Au moins, je rejoins la concierge, qui s’en vient avec des outils. Cette fois-ci, je ne chialerai pas si elle amène son chum. Je veux juste que quelqu’un arrive pour s’occuper de la situation et prendre le poids que j’ai sur les épaules afin de pouvoir partir et oublier toute cette histoire et retomber en mode vacances reposantes.
Mon chummey arrive et confirme qu’on entend la sonnerie de très très loin. Colisse. Dans le positif, c’est très difficile de savoir d’où ça provient. Il teste un peu la porte et confirme comme moi que ça ne s’ouvre/défonce pas facilement avec un tournevis et de la ficelle. C’est une bonne serrure, ce n’est pas le cadenas d’un journal intime de fillette.
Il est maintenant 23h et la proprio n’est toujours pas rejoignable. C’était ma barrière psychologique en me disant qu’à 23h, il faut arrêter de faire du bruit. La concierge et son homme arrivent et j’aime vraiment leur attitude. Ils me disent exactement ce que je veux entendre : « On s’en occupe, va t’amuser! »
ENFIN! Je me sens comme le client que je suis.
Je vais manger un excellent tartare de boeuf avec mon chummey. Chummey avocat qui sort de la job et qui est habillé en champion comme tout le monde autour, alors que moi… eh bien je l’ai déjà dit : c’est ma journée de lavage.
Je reçois un texto pour dire que tout est beau. Cool. Quand je reviens vers 1h du matin, je constate qu’ils ont trashé la porte. Je vois aussi que la proprio vient juste de m’écrire pour dire où se trouve les clés. Trop tard, bébé.
Trop tard, mais je file quand même cheap. Et je m’énerve de feeler cheap.
Dans son message facebook, elle n’a pas l’air contente qu’on ait forcé la porte. Même qu’elle a l’air d’être un peu en colère contre moi. Je lui réécris pour expliquer la situation et me justifier. J’ai fait tout ce que je pouvais, mais elle ne répondait pas. Et là, encore, elle ne répond pas à mon long message explicatif. Et moi, pendant ce temps-là, je stresse.
Je me dis qu’elle est peut-être en colère. Elle avait l’air en colère, non? Est-ce que je suis parano? Ce serait pas la première fois. Je sais pas. Je sais pas. Mon côté logique me dit que je ne devrais pas me sentir mal. Je n’étais pas responsable. Je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai rien touché. J’ai appelé tout le monde comme il fallait. Mais je stresse.
Et alors que j’aurais normalement tombé comme une roche à 2h du matin. Je stresse jusqu’à 5h30 où elle me répond enfin qu’elle n’est pas du tout frustrée contre moi et me remercie d’avoir fait tout ça.
BON! Enfin…
Je peux maintenant dormir. Presque relaxe. Mais je me couche à 6h, encore une maudite fois.
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Ne change rien à tes heures de sommeil. Tu vas être ben correct en revenant!
Emmy / 10-06-2012 / 14:44
Cocasse.
Savais-tu que l’accès a ton blog est bloqué sur le campus Notre-Dame-De-Foy? Je me suis dit que ça te ferait plaisir d’entendre ça.
Kaori / 10-06-2012 / 18:47