Les cotes d’écoute

Je viens de lire la chronique de Cassivi.

Ce qui m’énerve avec les cotes d’écoute au Québec, c’est qu’on ne s’attarde jamais à leurs données démographiques. Je veux dire, on regarde seulement la quantité brute de personnes qui étaient devant leur téléviseur sans trop se préoccuper de qui sont ces personnes.

Je m’en fous si TVA procède comme ça, mais pour la société d’état, ce sont des données qui seraient pertinentes. Quand on crée un rare show qui vise les jeunes adultes, on ne peut pas s’attendre à défoncer le million d’auditeurs. Les 18-34 sont beaucoup plus difficiles à aller chercher que les babyboomers. Ce ne sont pas des zappeux qui vont sur la télé ou à TVA par défaut. Ils ont d’autres habitudes.

Le problème au Québec, c’est que lorsqu’on a vu que les jeunes switchaient vers le web ou d’autres plateformes que la télé conventionnelle, on les a juste abandonné. On s’est dit « Bon, aussi bien toujours viser les bons vieux baby-boomers fiables ». Encore une fois, c’est correct pour les chaines privées, mais moins pour Radio-Canada.

Quand on veut juste faire de la cote d’écoute pour de la cote d’écoute, ça donne quelque chose comme TVA. Je ne veux pas que Radio-Canada soit le TVA #2. Je veux que Radio-Canada aspire à de la qualité. Même si je suis parti à rire dans l’article de Cassivi quand ça dit qu’à Radio-Canada, on se prend pour un HBO québécois, ça demeure un objectif cool à atteindre.

Justement, comme HBO fonctionne par abonnement mensuel, ils s’attardent beaucoup moins aux cotes d’écoute d’un soir donné. Ils regardent si les abonnements restent à niveau, si les clients sont satisfaits. Ils ont à coeur leur mandat de télé novatrice en essayant de proposer des séries edgy et originales. Même Netflix essaie d’amener du prestige à son offre avec des séries originales qui osent.

Reste à voir quel est le but de Radio-Canada. En attendant, ce n’est pas avec une émission semi-edgy aux deux ans qu’ils vont pouvoir se qualifier de HBO québécois. Surtout s’ils pensent la flusher parce qu’elle ne défonce pas le million de cote d’écoute.

D’ailleurs, selon mes super calculs, 300 000 au Québec est comme 11 millions aux États-Unis. Un show super mainstream comme House allait chercher 10-12 millions. C’est quand même loin d’être mauvais ou alternatif.

Commentaires

  1. Patrick a écrit

    J’imagine que R-C sont pognés avec l’impératif de vendre de la pub plus qu’avant, étant donné que les budgets sont sans cesse coupés.

    Ça doit être moins tentant de prendre des « risques ».

  2. a écrit

    C’est clair. Du moment où ton budget est coupé et qu’on te demande de vendre de la pub, les cotes d’écoute prennent une grande importance.

    Il faut vraiment que les Québécois recommence à accorder de l’importance à leur télé et à la culture.

    (Mais bon, pour les Conservateurs, c’est surtout le ROC qui décide.)

  3. Jonathan a écrit

    Reste aussi que les cotes d’écoute ne tiennent pas compte des gens qui écoutent l’émission en différée, soit avec les enregistreurs numériques ou dans le cas de R-C, sur Tou.tv. Ça viendrait changer la donne en bout de ligne, je pense…

  4. Redge a écrit

    Je pense plus que le problème est que les jeunes sont minoritaire au Québec et que produire une émission qui s’adresse à ce public est plus risqué.

    Ya aussi le fait que les jeunes sont plus à l’aise avec l’anglais et la techno nécessaire pour se procurer des shows comme Game of Throne, The Walking Dead, Orphan Black, etc…

    Perso, je ne possède même pas le câble pour la télé et beaucoup de jeunes sont dans la même situation.

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