Ma victoire morale : les 6-7% de Paul St-Pierre Plamondon

« J’ai lâché le PQ il y a longtemps parce que c’est un parti de vieux! »
– Un jeune

Je suis toujours surpris de l’importance de la coquille en politique. Du contenant. Comme si les gens ne réalisaient pas que ce qui forme un parti, ce sont les gens qui a dedans. Si les plus à gauche quittent le navire, le parti devient plus à droite. Si les plus jeunes s’en vont, le parti devient plus vieux. Et à l’inverse, si un gars comme Paul St-Pierre Plamondon décide d’y amener ses valeurs progressistes, ça amène le parti à devenir plus progressiste.

Et c’était ça la bonne nouvelle dans la soirée d’hier : PSPP n’a pas babouné dans son coin en reprochant au PQ d’être un trip de baby-boomer, il s’est impliqué. Et au-delà des 6-7% de votes, il a amené du sang neuf qui était bien nécessaire dans le mouvement indépendantiste.

Avec PSPP, Véronique Hivon, Jean-Martin Aussant, Gabriel, Nadeau-dubois, Alexandre Cloutier, etc. Ça commence à donner une relève qui a du bon sens avec plein de monde qui a le coeur à la bonne place.

Pour Cloutier, il n’a vraiment pas eu une bonne course. C’est dur d’être le grand favori qui perd du terrain chaque semaine. Son ton de faux-entrain sonnait de plus en plus faux. Je pense que Lisée l’a mis KO lorsqu’il a parlé de le placer ministre de l’éducation. C’est tellement sa chaise. Il serait à son meilleur dans ce rôle-là.

De toute façon, pour être chef du PQ en ce moment, ça ne prend pas un Justin Trudeau qui veut se faire aimer de tout le monde, ça prend quelqu’un qui vit bien avec les attaques sournoises. D’ailleurs, Couillard a déjà commencé à traiter Lisée de Le Pen québécois.

Quand t’es chef du Parti Québécois, ça vient avec.

Pourtant, Le Pen est une xénophobe de droite alors que Lisée est le gars qui a écrit Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Lisée n’est pas non plus xénophobe, mais il connait assez l’électorat pour jouer cette carte-là politiquement. La réplique à Cloutier où il s’est servi de Charkaoui est un parfait exemple de ça.

Est-ce que c’est une attaque noble et pleine de hauteur? Pas du tout. Mais accuser Lisée d’être raciste ou xénophobe à la base est un geste tout aussi bas. Lisée est un tacticien d’élite qui est prêt à dire ce qu’il faut pour gagner. Il est capable d’être intelligent et d’élever le débat, mais il est aussi capable de jouer cochon.

C’est pour ça qu’il était le meilleur candidat possible pour le choix d’hier.

Pour 2018, les Québécois auront le choix entre Philippe Couillard, cette image patriarcale du bon père de famille entouré de requins qui n’ont pas du tout à coeur l’intérêt des Québécois, et Jean-François Lisée, un stratège machiavélique entouré de bonnes personnes progressistes qui veulent donner le meilleur aux Québécois.

On verra bien ce que ça donne.

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