Petit suivi avec plein de hashtags – deuxième partie

(2e partie de la série suivi)

Ça fait déjà plus de deux semaines que j’ai écrit mon pseudo-coming out de dépression. Les réactions ont été très très cool. Plein de monde m’a écrit personnellement. Plusieurs pour m’encourager et plusieurs qui vivent la même chose. Malgré le stress que ça implique, ça fait du bien de pouvoir parler de ce genre de truc ouvertement. En plus, quand du monde me demande qu’est-ce qui se passe avec moi, je peux juste leur envoyer le texte. ;)

J’avais envie de faire un suivi vu que je suis encore là-dedans à fond. Et je vais mettre des petits #hashtags pour camoufler le fait que ce texte manque cruellement de structure. :)

#médication

J’ai revu ma doc il y a une dizaine de jours et j’ai encore augmenté ma dose d’Effexor. J’étais surpris étant donné que j’allais bien, mais ç’a l’air que c’était l’objectif depuis le début. J’étais à 150mg depuis le début janvier et là je viens d’arriver à 225 depuis quelques jours. J’avoue que je ne vois pas trop de différences. Je n’ai même pas été si zombie que ça. J’imagine que passer de 0 à 37 ou de 37 à 75, ça chamboule plus le cerveau que de passer de 187 à 225.

#carrière

J’ai même réussi à travers tout ça à être pas mal productif. J’ai eu ma plus grosse semaine de travail depuis un bout de temps et ça s’est bien passé. Il faut dire que c’était de la job inspirante, l’fun et avec du monde trippant. J’ai continué une petite job de rédaction à faire à temps perdu, mais j’ai surtout eu un cool brainstrom + deux two-pagers de webséries à penser et écrire. Souvent, les débuts de projets sont faits bénévolement, mais là, j’ai même été compensé pis toute. Vraiment le genre de semaine que je prendrais plus souvent.

#bouffe

Il y a deux semaines, j’ai une amie qui est venue me donner un cours de cuisine. On a jasé sur Facebook chat de quel genre de bouffe je pourrais intégrer à mes habitudes. En gros, j’aimerais bien manger sans passer trop de temps dans la cuisine. Évidemment, je voudrais aussi faire des économies, mais c’est sûr que si je me fais à manger au lieu d’acheter de la junk, je vais sauver plein d’argent.

Mon amie a déjà donné des cours de cuisine à des déficients intellectuels donc je n’étais pas trop gêné de poser mes questions stupides de gars parfaitement nul. Notre plan pour la première rencontre : une salade repas super simple avec du quinoa pis plein de légumes. Ç’a vraiment été un hit. Ça m’a fait quatre grosses portions et au niveau physique, c’est la période où je me suis senti le mieux. C’est tellement cool d’avoir toujours des bons repas santé dans le frigo. J’aimerais que ce soit comme ça tout le temps. Mais bon, j’ai choké quand il a été le temps de faire tout ça tout seul.

#money

Même s’il y a des trucs qui avancent, j’ai quand même vu la semaine passée que ma petite période de stabilité financière achevait déjà. Je vais recommencer à être dans le trouble vers la fin février alors je dois continuer de faire des démarches et espérer que quelque chose débloque. Idéalement, quelque chose d’aussi créatif et inspirant que cette semaine. Je vois vraiment combien ça joue sur mon moral quand ce que je fais a un sens pour moi.

Mais avant de reprendre conscience de ce stress-là qui s’en vient, j’allais vraiment bien. Je souriais plus. Je riais beaucoup plus. Je dansais plus. Bon, j’ai pas dansé tant que ça, mais t’sais, j’avais plus d’entrain en écoutant de la musique, ‘mettons. Les épaules plus game. Le karaoké plus facile. J’ai même remarqué que mes rêves sont beaucoup plus positifs. J’entreprends aussi plus de trucs. Mon appart est encore une dompe, mais la situation s’améliore.

#shape

Dans le négatif, j’ai arrêté de m’entrainer quelque part à la fin janvier. Je pense que c’est quand j’ai fini ma batch de bouffe santé et que j’ai recommencé à stresser sur l’argent. J’ai un pattern qui se répète : j’ai moins d’argent pour manger alors je bouffe moins bien et je finis par sentir que m’entrainer va m’enlever le peu d’énergie que j’ai pour travailler et la chaine des bonnes habitudes débarque.

Ma doc me rappelait qu’au contraire, l’entrainement va m’amener de l’énergie. C’est vrai à moyen terme, mais j’ai l’impression que quand tu recommences à t’entrainer et que t’es pas encore tant en forme, ça te vide plus qu’autre chose. Quand j’ai peur de manquer d’énergie pour écrire, je skip ça et je tombe tranquillement en léthargie. Ça reste un combat, mais je veux recommencer bientôt parce que je voyais déjà un impact cool sur ma shape.

#tremblement

L’effet qui me dérange le plus des Effexor, ce sont mes mains qui tremblent. J’ai toujours eu ce que les docs appellent un tremblement « essentiel ». C’est un genre de tremblement inexplicable qui n’est apparemment pas grave. Ça parait surtout quand je suis faible, que je n’ai pas mangé ou que je suis nerveux, sauf que là, les Effexor empirent le phénomène. Ce n’est pas un tremblement constant, c’est plus que mes doigts glitchent. Genre si j’essaie de prendre un petit truc comme une frite ou de prendre un verre d’eau, on peut voir mes doigts glitcher pendant la contraction de ma main. Même si les docs disent que ce n’est rien de grave, c’est quand même stressant à voir. Je freakerais out si ça commençait à me nuire quand je tape au clavier.

#social

Dans le bout de janvier où j’allais vraiment bien sans trop subir de stress, c’est là que mon manque affectif et social a été mis le plus en évidence. Il y a clairement un vide qui reste là, même avec la super médication. Ça fait partie de mon problème de fond. Ma vie affective n’est pas complètement vide parce que j’ai des bons amis et quelques trucs, mais ce n’est clairement pas satisfaisant. Ça manque de relations significatives et… profondes.

#sexe

Parlant de relations profondes (poudoum kischhh!), je discutais de sexe avec ma doc qui garde toujours un air super sérieux malgré ses propos funny. Je parlais de combien les antidéps rendaient ça tough d’atteindre l’orgasme. C’est vraiment spécial à vivre. Tu penses que t’approches cette fameuse ligne de non-retour où t’atteins l’orgasme, mais c’est comme si tu restes stuck à 99%. C’est vraiment agace. Là, tu donnes un effort de plus en te disant qu’il ne manque vraiment pas grand-chose, mais le dernier 1% est vraiment tough à aller chercher. Et c’est de la job de maintenir ça là!

Elle me racontait qu’ils donnent justement ce genre de drogue aux éjaculateurs précoces. « D’habitude, les madames aiment beaucoup ça. » Ahah, les madames! J’imagine bien, mais là, je vais me taper une crise de coeur.

Toujours aussi calme, elle ajoute : « Une autre bonne raison pour reprendre l’entrainement. »

En effet. Je l’adore, cette doc.

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