Escorte et libido morte – 9e partie

(9e partie de la série suivi)

J’ai toujours eu une fascination pour le métier d’escorte. Pas que j’en commande tout le temps, mais ça revient toujours dans mes trucs. Le plus près que je m’en suis approché, c’était pour cette chronique avec une danseuse du Kamasutra. Il reste que j’ai toujours eu une vision romantique et plutôt utopique de ce métier. Quelqu’un de payé pour t’amener la relation dont t’as besoin pour un petit moment tarifé. Il y a quelque chose là-dedans que je trouve touchant.

Et cette fascination se manifeste dans plusieurs de mes projets personnels. Évidemment, c’est ressorti dans Victime de la porn et j’ai quand même un blogue qui s’appelle 10putes où je racontais récemment combien je trouve ambiguë ma relation avec ma psy, mais j’ai aussi un projet de fiction dont la moitié des personnages sont carrément des escortes.

C’est pour ce projet-là que je rencontrais hier au Verre Bouteille une femme qui est escorte depuis une coupe années. J’adore ces rencontres-là! Des fois, j’ai l’impression que j’ai du mal à m’intéresser aux choses, mais je pense que c’est juste que mes intérêts sont un peu atypiques. Je ne m’émerveille pas sur des couchés de soleil ou l’architecture de Madrid ou le football de la NFL, mais aller jaser avec une escorte de son métier, ça m’intéresse full malgré l’hiver à -1000 degrés.

Ce que je trouvais drôle, c’est que c’est ma première semaine sans psy alors j’ai eu un peu le réflexe de comparer et le contraste n’aurait pas pu être plus grand. Déjà, j’étais là pour écouter plutôt que de me confier. Et aussi, je lui avais assuré qu’on n’irait dans rien de personnel. Pas que ça ne m’intéresse pas. (Au contraire!) C’est juste qu’on se rencontrait pour mieux connaitre le processus. Comment ça se passe concrètement. Comment tu bookes un client. Qu’est-ce qui se passe avant, pendant et après. J’avais besoin de détails que le monde ordinaire ne connait pas. Aussi, j’étais curieux de savoir ce qu’on pourrait changer pour révolutionner ce milieu-là et donner plus de pouvoir à ceux qui le travaillent.

Et la rencontre était vraiment cool! J’ai appris une foule de trucs qui vont aider (mais que je vais garder pour moi à ce moment-ci vu que je suis un salopard). La discussion m’a aussi provoqué plein de questionnements qui me sont restés dans la tête. Genre, si t’es payé 2-300$ de l’heure pour avoir l’air d’être en amour avec quelqu’un, est-ce que ça devient plus difficile de le faire autrement?

C’est le genre de questionnement qui peut s’appliquer à plein de jobs. Est-ce qu’un psy manque d’écoute une fois à la maison? Est-ce qu’un humoriste s’emmerde avec juste un public de un? Est-ce qu’un blogueur introspectif trouve ça dull de juste écrire dans son journal intime qui ne se partage pas sur Facebook? Je n’ai pas de réponses claires, mais comme je disais, ça m’est resté dans la tête.

Et dans la catégorie « trucs qui pouvaient me rester dans la tête après un après-midi à prendre un verre avec une experte escorte hawt », on s’entend que ces petits questionnements sont bizarrement soft. C’est là que je constate combien ma libido est morte.

Ironiquement, la veillée d’avant, je revoyais ma doc pour faire le suivi sur mes super antidépresseurs. Il parait qu’on a finalement atteint la fameuse dose dite « optimale ». Dans le positif, les dernières semaines ont fait que je me suis habitué au dosage et mes mains ont arrêté de trembler, mais dans le négatif, ma libido est pas mal morte. Ça me rend plus professionnel dans mes recherches avec des escortes, mais peut-être aussi un peu plate.

Avec la dose précédente, c’était surtout plus tough d’atteindre l’orgasme (un peu comme les cokés), mais là, je n’ai juste plus vraiment envie anyway. C’est peut-être mieux de juste pas avoir envie quand t’es au célibat, mais en même temps, je ne me vois pas trop amorcer une relation dans cet état-là. C’est déjà tough de trouver la bonne fille d’habitude donc trouver la bonne fille qui va tripper sur mon cas avec la libido à zéro, ça commence à être haut dans l’échelle d’improbabilité. Juste en dessous d’être frappé par la foudre au même moment où Richard Martineau dit quelque chose de pertinent.

Ce que je trouve bizarre en écrivant ce texte, c’est que même avec cette libido morte, ma fascination pour les escortes demeure. C’est comme si le sexe n’était qu’une partie de l’intrigue. Je m’égare.

Un autre truc que j’avais remarqué comme effet secondaire, c’est que je semble être devenu plus maladroit qu’avant. C’est con, mais d’habitude, je n’accroche rien. Je n’échappe rien. Et là, j’accumule les cas où je me pète trois orteils sur un cadre de porte ou que je me râpe un bout de pouces au lieu des carottes. Rien de grave (ou d’intéressant), mais j’étais intéressé de savoir si ç’a avait un quelconque rapport.

Finalement, selon elle, c’est fort possible qu’il y a ait un lien parce que les antidéps diminuent l’anxiété. Perso, je ne me suis jamais vu comme quelqu’un d’anxieux donc je n’étais pas certain d’être d’accord avec sa théorie, mais il parait que ça inclue « quelqu’un qui réfléchit trop » et ÇA, on me l’a dit vraiment souvent. :) Selon sa théorie, étant donné que je porte moins attention qu’avant à chaque détail et à tout contrôler dans mon environnement, ça me fait faire quelques gaffes de plus.

Je ne sais pas si j’aime ça, mais c’est intéressant de voir comment ces pilules affectent ton cerveau de 1000 façons assez complexes.

Maintenant, le principal objectif est de me mettre en forme au cours des huit prochaines semaines. Évidemment, c’est important pour chasser une dépression et la santé en général, mais ça pourrait aussi aider à me kickstarter l’entrejambe. Si le printemps peut finir par débarquer, ça devrait aider. Mais j’ai toujours eu de la misère à me mettre en forme tout seul. Je commence pour quelques semaines, mais je finis par me tanner et espacer les séances et abandonner. J’aimerais trouver une stratégie différente pour éviter de répéter ce même pattern poche. Un peu comme j’ai fait avec la bouffe où ça va vraiment bien.

Je marche déjà beaucoup et je vais me servir des bixi durant l’été, mais il me manque de trucs pour vraiment travailler mon cardio et m’ajouter un peu de… tonus. Ouais, du tonus. C’est pas mal de ça dont toute ma vie aurait besoin.

3 thoughts to “Escorte et libido morte – 9e partie”

  1. Moi jai toujours le cul plein d’marde parce que jai un colon irritable. Chacun ses petits problemes.

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