J’écris un livre que j’oublie

Je prends des cachets de zopiclone pour m’aider à dormir, et comme pour tous les somnifères, mon corps s’y habitue vite et l’efficacité cool du début est pas mal usée.

Là, comme ça fait des mois que j’en prends quotidiennement, l’effet est rendu poche et je le prends surtout pour m’éviter le sevrage à court terme où je devrai passer trois-quatre jours de suite à vraiment mal dormir. (Surtout la première nuit.) En attendant, il me reste un effet secondaire super intéressant : la perte de mémoire.

Tout ce que je fais après avoir pris le zopiclone, je l’oublie. Pas complètement, mais presque. La meilleure façon que j’ai de l’expliquer, c’est que je l’oublie comme on oublie un rêve. Si on n’avait rien pour se rappeler d’un rêve, on ne s’en rappellerais à peu près jamais. Ça passerait tout drette et on l’oublierait pour toujours. C’est la même chose pour ce que je fais avant de me coucher.

Et là, ça fait quelques nuits où j’ai commencé à écrire un roman (qui va s’appeler Gars poche!) et ce qui est weird, c’est que le lendemain, je collige des notes que j’ai prises avant de me coucher, et ça me revient juste en me relisant. Et je n’ai jamais le réflexe d’aller me relire. Ce qui arrive, c’est que je viens pour écrire des notes et là je remarque ceux de la veille. Des notes bien plus pertinentes, d’ailleurs.

C’est vraiment une drôle d’expérience.

Ça fait un peu Dr Jekyll & Mr Hyde des pauvres. En relisant toutes mes notes d’hier, j’ai aussi compris pourquoi je rushais tant à me lever ce matin. Je pensais avoir dormi alors que j’ai passé deux heures à écrire et même à remplir des quiz de personnalités.

Au moins, ce sont des trucs pertinents qui servent pour le projet.

C’est drôle parce qu’au moment où je le vis (ou l’écris, comme maintenant), j’ai vraiment l’impression que je vais me rappeler de tout parfaitement comme le reste de ma journée, pis finalement non.

Faudrait que je trouve quelque chose que je pourrais faire pour m’auto-pranker, mais je ne sais pas encore quoi. Ce qui serait cool, c’est de me servir de ça pour arriver à quelque chose qui serait à la fois cool pour moi et pour lui.

 

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