Depuis que j’ai 144 matchs sur Tinder

Il  y a des journées où je ne me sens pas sympathique. Je prends les trucs un peu plus personnel que d’habitude. Ça me rend un peu plus mean dans mes réponses. Et quand je le remarque, je m’énarve un peu plus.

Tantôt je publiais un statut sur un autre de mes échecs Tinder qui a fait rire quelques personnes, mais j’ai deux bons amis qui m’ont dit que j’étais intense. Pourtant, je trouve ça drôle (voire sain) de jaser des mes échecs sur les réseaux sociaux, mais comme on me dit souvent : ce n’est pas sexy.

« En tout cas, moi si j’étais une fille, ça me turnerait off. »

Bon, je ne sais pas s’ils me disent ça parce qu’ils espèrent mon bonheur ou que ce soit moins lourd dans leur timeline, mais bon, c’est vrai que quelqu’un qui se plaint, ça pogne moins. D’ailleurs, commencer un blog post en disant qu’on ne se sent pas sympathique, ça ne projette pas non plus l’image d’un gars sympathique.

Mais c’est la réalité telle que je la perçois. C’est ça que j’essaie d’écrire. Pas pour séduire mon auditoire. Juste pour raconter ce qui se passe. Et c’est ça que j’essayais d’expliquer à mon chummey. Mais c’est vite devenu une discussion de sourd assez classique. Ça ressemble toujours à :

Moi : Si je fais semblant que tout va bien quand c’est pas le cas, je me sens hypocrite. 
L’autre : C’est pas de faire semblant! C‘est juste de garder ça positif!
Moi : Si je parle juste de mes quatre victoires au soccer alors qu’on a une fiche de quatre victoires, 28 défaites, je me sens hypocrite.
L’autre : OK, ben sois authentique d’abord, mais plains-toi pas après!

Ça finit aussi souvent avec une phrase contre laquelle je ne peux rien faire : « Ben reste tout seul, d’abord! » Après tout, c’est vrai que je suis tout seul. Et c’est pas mal la même chose depuis les débuts de ce blogue. Je suis clairement flawed. C’est d’ailleurs ce que je trouve un peu paradoxal : mes textes intéressent, mais moi je fais peur.

Je suis un genre de fuck-up, qui est intéressant de loin, pour certains.

Un autre paradoxe, c’est que j’ai toujours peur de déranger du monde. Dans la cruise, c’est un des trucs qui me nuit le plus. Je n’oserais jamais aborder une fille sur la rue ou à l’épicerie. S’il y a une belle fille seule au cinéma, je vais m’assoir 14 rangées plus loin pour pas qu’elle sente que je l’essaie. Mais là, ça fait quelques fois que je lis qu’un superlike, c’est creepy. Aussi, dire tout de suite que la fille est super belle, c’est creepy.

Faut que tu la joues plus cool que ça. Faut surtout pas que t’aies l’air désespéré.

Et je pense que le plus frustrant pour moi, c’est que je suis au courant de ces petites affaires-là. On essaie de m’apprendre des trucs que je connais déjà. Je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai rencontré un player qui avait des trucs que je ne connaissais pas. En fait, les players sont rarement des gens qui se démarquent de par leur intelligence ou leur originalité.

Ce n’est pas qu’ils possèdent des tactiques infaillibles. C’est qu’ils n’ont aucun problème à utiliser ces tactiques-là. Ils ne se sentent pas croches. Ce n’est pas de la sagesse qu’il me manque, c’est d’être à l’aise dans cette game-là. D’être bien en dissimulant ce qui ne va pas. Ne pas me trouver ridiculer quand je me retiens de dire à une belle fille qu’elle est belle. C’est tout ce qu’il me reste dans la tête : ce que je cache.

J’ai une amie à qui j’envoie parfois des messages que je vais envoyer à des matchs Tinder pour avoir son feedback, pis je sais presque toujours d’avance ce qu’elle va me dire. « Enlève ça… enlève ça. » Je pourrais l’écrire à l’avance. Mais je ne le fais pas. Je buck.

Si j’ai à écrire un personnage de gars confiant crédible dans une histoire, j’y arrive sans problème. Je la comprends. Je sais ce qu’ils disent. Comment ils le disent. L’attitude de winner qui va avec. Je peux jouer à être ce gars-là par moment et avoir du succès, mais quand moi je me demande sérieusement de jouer ce gars-là, je me sens hypocrite.

C’est là que j’en suis et que ça bogue.

Comprends-tu? En fait, c’est ça, l’affaire. Je pense que j’accorde plus d’importance à être compris qu’à être sexy. Idéalement, je tomberais sur quelqu’un avec qui ce serait deux en deux. Et réciproque.

3 thoughts to “Depuis que j’ai 144 matchs sur Tinder”

  1. Je te suis depuis quelques années déjà et je sais que les derniers mois n’ont pas été facile pour toi….Je remarque que depuis que VDLP est terminé, (c’est surement juste un adon) ton manque de confiance se fait sentir beaucoup dans t’es écrit…j’trouve ça dommage pour toi. C’est peut-être ce que t’es amis pensaient quand ils t’ont dit que tu etais trop intense…en faite c’est ce que je me suis dis moi…

    Tout ça pour dire que j’ai quand même été presque 3 ans sur Tinder et que mon expérience à moi à envie de te dire d’écrire à la fille se que tu sens, pas ce que tu devrais dire pour être dans la « game » Tinder.
    Entk moi quand un gars m’abordait en me disant qu’il me trouvait jolie, ça me faisait plaisir.

    Puis si tu veux savoir, les hypocrites on aime pas ça. Tu te sens pas à l’aise là-dedans visiblement. Puis ça, c’est turn off. On fini par s’en rendre compte assez vite, crois-moi. Chassez le naturel et il revient au galot. Peut-être qu’a 21 ans c’est cool de jouer la game mais dans la trentaine moi j’avais plus envie du tout.

    J’suis sur qu’il y a plein de filles qui pensent comme moi. Soit toi-même, tu vas finir par toucher quelqu’un de bien j’suis certaine.
    Ça te coute rien d’essayer de te faire confiance :)

  2. Je pense qu’il y a une grande partie qui est la perception. Sur VDLP, je partageais mon savoir et une fois par semaine, j’avais l’air en contrôle et de bonne humeur.

    Sur 10putes ou sur les réseaux sociaux, je parle de moi et souvent des trucs qui me gossent sur le moment. Comme je n’ai plus VDLP, je publie plus souvent des posts de 10putes sur ma page Facebook.

    Quand je vais partager les épisodes de notre websérie au mois de mars, le monde va dire « Oh Eric a l’air de ben aller! », même si j’aurai écrit ça en septembre 2017 (maintenant). Mes journées des dernières semaines, c’est beaucoup plus ça : j’écris sur ma websérie et je trippe! Je trippe vraiment gros! Ça adonne juste que j’ai eu qqs anecdotes cocasses de Tinder en parallèle.

    En ce moment, je suis pas mal plus dérangé par mes problèmes d’argent qu’autre chose. C’est de très très très très loin ça le pire.

    Si je continue à travailler, tout va finir par se placer. Ça va aider mes problèmes d’argent. Ça va aider ma confiance. Ça va me faire rencontrer plus de monde et tout va devenir plus organique.

    Mais j’aurais de la misère à dire si je suis plus ou moins « désespéré » de rencontrer qqn qu’il y a cinq ans. Peut-être que VDLP m’amener qqs groupies de plus, mais j’étais pas super à l’aise parce que justement, j’avais l’impression qu’elle ne connaissait qu’une facette de ma personnalité.

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