Ce qui change avec les antidéps

« Il faut d’abord être bien tout seul avant d’être bien à deux. »

Ce cliché m’a toujours gossé parce qu’on le sort souvent comme conseil alors que ça n’aide personne, mais même si ce n’est pas facile à avouer, je commence un peu à le réaliser ces temps-ci. Pas que j’aie encore atteint un équilibre parfait de vie (qui fait accourir les chicks). J’ai encore des mauvaises passes et des journées tough, mais je dirais que je m’en sors mieux que depuis aussi loin que je me souvienne. Je pense même que ça pourra éventuellement m’amener une nouvelle confiance que je n’ai jamais vraiment eue.

Et tu sais ce qui vient avec la confiance, right? *wink wink*

(C’est une vraie question. Moi, je sais pas. ;))

Bref, je commence à avoir des quotidiens qui ont du bon sens.

Cette semaine je voyais mon psy qui s’en va dans le sud pour l’hiver et je trouve que le timing est bon pour son départ. J’ai encore quelques semaines de vaches rachitiques à traverser côté cash, mais je vois enfin le bout et même s’il y a des hauts et des bas et que mon progrès n’est pas une belle ligne droite, il reste que ça progresse. Même que le psy me demandait si je considérais baisser les antidéps éventuellement.

C’était drôle qu’il me parle de ça, parce que le matin même, si j’y avais pensé. Pas à court terme, mais éventuellement.

Comme j’en avais jasé avec la doc en décembre 2016, il n’y a aucune chance que je diminue les antidéps avant décembre 2018, mais c’est la première fois que j’y pense depuis le début. Et en plus, c’est pour les bonnes raisons. La première fois où j’en avais pris, c’était plus pour retrouver une libido qui a du bon sens et pouvoir recommencer à me péter la face avec de l’alcool de temps en temps, mais là c’est plus parce que je suis curieux de voir comment je vais me sentir.

Il faut dire que les antidéps, ça m’affecte de différentes façons.

  1. J’ai un petit shake (appelé un « tremblement essentiel ») qui s’empire avec les médocs. Ça me dérange surtout quand les gens le remarquent et là je sens que j’ai l’air nerveux ou fragile ou faible ou moumoune ou anormal ou brisé ou sur le bord de mourir.
  2. Pour l’alcool, ce serait cool de pouvoir recommencer à prendre une bière de temps en temps avec les chummeys, mais il y a quand même des bons côtés à la sobriété auxquels je me suis habitué. Déjà, n’être jamais hangover, c’est quand même cool et ça aide à se lever le matin. Aussi, je ne compte plus autant sur l’alcool pour me dégêner lors des veillées. Je suis content de m’être amélioré là-dessus.
  3. C’est sûr que la médication me distance un peu de mes émotions. C’est un peu le concept, j’imagine. J’arrive à le remarquer quand je frappe un down et je sens que ma tête a comme une limite qu’elle ne dépasse pas. Comme un garde-fou qui me retient d’aller trop creux dans la noirceur. En même temps, je me demande si ça m’empêche aussi d’aller super bien.
  4. J’ai aussi l’impression que la médication ajoute une petite couche de vedgitude. Ça filtre un peu mes émotions, mais j’ai aussi l’impression d’être un peu moins… présent. Ça paraît plus quand je suis en groupe où je remarque parfois que je suis un peu plus space/décalé qu’avant, mais je le vois aussi quand j’écris. Parfois, il manque des mots dans mes phrases. Ça arrive à tout le monde, mais j’ai l’impression que ça m’arrive un peu plus qu’avant.

Évidemment, ça devient de plus en plus difficile d’avoir du recul sur mon état parce qu’après plusieurs mois, t’oublies comment t’étais avant et ça devient juste toi.

  1. Ça retarde aussi mon orgasmie, mais tu t’y habitues en quelques semaines (en grimpant ton cardio). Et être moins crocheté sur le sexe quand t’es célibataire, ça ne fout pas grand-chose.
  2. Le pire est sûrement le poids. La première fois que j’avais pris des antidéps, j’avais commencé alors que j’étais devenu anorexique et que je pesais un ridicule 133 lbs. Durant les antidéps, j’étais remonté à 170, qui est à peu près mon poids normal. Mais cette fois-ci, je suis passé de 175 à 195, et c’est vraiment tough de baisser.

Si j’avais à rester sur les antidéps pour toujours, c’est surtout cette histoire de poids qui me gosserait le plus. Je suis habitué de maigrir dès que je fais quelques efforts. Là, j’ai l’impression de faire des efforts juste pour pas buster le 200 lbs! C’est un pas pire frein à la confiance, d’ailleurs. Mais bon, la prochaine étape de me reconstruction est justement d’intégrer le sport à mon quotidien. Ça devrait aider.

À défaut de maigrir, je pourrai peut-être sortir un autre cliché : les muscles, c’est plus pesant.

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