Proche et reproche

Depuis que ma doc m’a dit que je pourrai peut-être considérer d’essayer de diminuer graduellement les antidépresseurs à partir de cet été, j’y pense pas mal. Genre, je commence à saliver à l’idée de peut-être pouvoir recommencer à boire à l’automne. Peut-être perdre le poids que les antidéps m’ont fait prendre. Sans oublier l’idée de retrouver une libido qui a du bon sens.

Mais il n’y a pas que du positif. Il y a aussi une peur qui vient avec : dans une veillée difficile comme ce soir, est-ce que j’arriverais à la gérer sans antidéps?

C’est plus rare que j’ai des soirées difficiles parce que si on oublie les problèmes d’argent, ça fait un bon moment que je vis dans un environnement contrôlé. Et par contrôlé, je veux dire tout seul. Quand j’en parle à certaines personnes, je ne sais pas combien ils réalisent l’idée de passer ses semaines vraiment tout seul.

Souvent, ils sont tellement entourés de famille, de colocs ou de collègues de travail que pour eux, une semaine tout seul, c’est une semaine de repos. Mais moi je parle de quand être seul est la norme, pas l’exception.

Ces temps-ci, j’ai quelques projets d’écriture alors ça me donne quelques rencontres avec du monde dynamique, mais sinon, dans ma vie ordinaire, mes semaines restent tranquilles en crime. Je vais souper chez la famille de mon meilleur ami une fois par semaine. Un ami que j’ai depuis que j’ai 7-8 ans. Je choisis mon jour entre le lundi et le jeudi et c’est pas mal ça.

Je ne me souviens pas de ma dernière date, et quand tu mixes le fait que je ne bois pas et que je suis terriblement pauvre, l’idée d’aller prendre un verre (ou toute autre sortie qui implique des sous) pour peut-être tomber sur quelqu’un, ça prend le bord. Et en étant tout le temps à jeun, je perds même les fois où je file social après quelques bières et que je texte des amies pour leur jaser de la dernière toune pop qui me fait danser.

Dans cet environnement contrôlé de solitude, je suis protégé parce que les relations, ce sont des gambles émotifs. Si t’as quelqu’un dans ta vie, c’est quelqu’un que tu peux perdre.

Mais cette solitude me rend aussi égocentrique. En fait, ce blogue est un gros symbole de mon égocentrisme. Moi qui gratte mon bobo. Toi qui me lis.

Mes problèmes,
ton écoute.

Est-ce que je suis trop habitué à cette dynamique? J’ai du mal à la changer. Ce que je me remarque, c’est que lorsque quelqu’un me partage combien sa vie va bien, ça met en évidence combien ma vie à moi ne va pas. Et quand quelqu’un me raconte combien sa vie va mal, j’ai juste envie de lui montrer combien c’est bien pire de mon bord.

« Oh, t’es célibataire depuis 3 mois et t’as peur de rester seul pour toujours? Je… comprends. »

Je sais que c’est asshole de voir ça comme ça. Je n’en suis pas fier. Je dis juste ce que ça me fait.

En même temps, si j’écris autant sur mon cas depuis aussi longtemps, c’est peut-être aussi parce que j’ai un gros manque relationnel qui n’est jamais comblé avec mes vraies relations. Un grand trou.

Je me demande si je serais aussi égocentrique avec une vie plus équilibrée. Ou est-ce que c’est juste le cliché de l’artiste nombriliste? Ou c’est peut-être un muscle qui s’est atrophié avec les années de solitude de survie.

Je ne sais pas.

En tout cas, quand tu connais une veillée difficile, la solitude et tout le concept de l’environnement contrôlé, ça cesse d’être un avantage.

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