Cher militant péquiste qui fuck toute

Je ne m’adresse pas à tous les militants péquistes, je m’adresse au militant péquiste cabochon. Celui qui scrap la réputation de tous les autres. Celui qui pense que les musulmans vont nous envahir. Celui qui haït les anglais. Celui qui fait des jokes poches sur les autres ethnies. Celui qui pense qu’être un bon patriote, c’est de se comporter en épais sur les réseaux sociaux.

Si l’indépendance a autant de misère en ce moment, c’est en grande partie à cause de toi. Personne ne peut être contre le concept d’indépendance à la base. Qui peut être contre la liberté? Mais quand la souveraineté du Québec devient perçu comme un trip xénophobe d’une gang de red necks, on a un problème de branding.

Pis ce branding-là que tu répands avec toi partout, il faut le changer, parce que l’indépendance ne se fera jamais si ce n’est pas une démarche d’inclusivité exemplaire, initiée par du bon monde.

Bon, t’es pas tout seul à blâmer. La Charte des valeurs québécoises était d’une maladresse infinie, très mal portée par Bernard Drainville. Lisée a aussi dit plusieurs conneries durant la chefferie. Et de ce temps-là, on découvre quelques candidats de qui on trouve un paquet de vieux tweets de tapons.

Il faut comprendre que faire passer les méchants séparatistes pour des racistes, c’est en plein ce que souhaite les opposants à la souveraineté. The Gazette (ou Xavier Camus) ne rate jamais une occasion d’aborder le sujet sous cet angle et c’est la même chose pour d’autres médias et chroniqueurs à travers tout le pays. En fait, c’est très rare de voir un média anglo comprendre la démarche pourtant si noble et assez facile à comprendre.

Il y aussi des journalistes comme Patrick Lagacé qui ne passent pas une semaine sans préciser combien les militants péquistes sont les plus désagréables d’entre tous. Et malheureusement, il a un peu trop raison. C’est aussi une des raisons pourquoi les militants de Québec Solidaire se valorisent autant à être meilleur que les militants péquistes. Eux, ils ne sont pas des cabochons. Ils ne sont pas des red necks.

Bref, tu gosses.

Le pire, c’est qu’un certain de niveau de xénophobie peut s’expliquer pour un peuple en train de disparaitre. C’est facile d’avoir peur de l’immigration quand t’as déjà l’impression de te dissoudre dans le reste du Canada multiculturaliste, mais la souveraineté ne se fera pas en se laissant aller à cette peur-là.

Au contraire. Elle va se faire avec du monde moderne. Du monde ouvert. Genre, PAS avec des calottes Make Québec Great Again.

Et même si t’es peut-être vexé, je vais quand même essayer de te donner quelques conseils.

Si tu souhaites une société laïque, évite l’angle des méchants musulmans qui ne représentent qu’à peine 4% de la population. Commence par la religion catholique qui est encore partout, y compris le crucifix à l’Assemblée nationale. Un geste totalement hypocrite.

D’ailleurs, c’est clair qu’il est difficile pour un nouvel arrivant d’embarquer dans le trip de la souveraineté à court terme. Quand tu viens juste d’arriver au Canada, ça ne te tente pas nécessairement de t’embarquer dans une autre période d’insécurité. Mais essayer de basher tous les immigrants parce qu’ils votent pas du bon bord ou de faire des généralisations poches, c’est immensément dommageable.

Pourtant, dans les souverainiste les plus cool que je connaisse, il y a plein d’enfants d’immigrants. Il faut que ce soit clair pour tout le monde qu’ils seront les bienvenues dans le Québec pays. Dès que l’indépendance donne la moindre impression d’être un trip ethnique de pure laine, tu disqualifies un paquet de monde d’un jour penser être indépendantiste.

Tu perds des indépendantistes À VIE, parce que ces gens-là que t’élimines et que tu veux rendre moins citoyen que toi, ils ne l’oublieront JAMAIS. Non seulement t’empêches tout ce monde-là de se joindre au projet d’indépendance, mais tu leur arraches aussi la fierté qu’ils auraient au jour 1 d’un Québec pays.

Bon, je sais que j’ai été un peu mean, mais penses-tu être capable de changer? Si tu tiens à rester un cabochon, tu peux toujours joindre la Meute et peut-être aller faire de la moto dans le sud des États-Unis, mais si tu tiens vraiment à l’indépendance, peut-être que tu vas trouver qu’un changement est possible et en vaut la peine.

Changer, c’est comme l’indépendance. C’est super tough, mais ça se fait. Et qui sait. Si assez de monde change, peut-être qu’on pourra recommencer un jour à être fier de flasher le drapeau du Québec sans avoir peur d’être associé à une gang de blue necks cabochons.

 

5 thoughts to “Cher militant péquiste qui fuck toute”

  1. Exactement, nous devons nous unir, ceux qui veulent d’un leadership rassembleur, qui veut bâtir et innover selon les valeurs qu’il hérite de son histoire et dont il est fier. Nos ancêtres se sont battus pour ces valeurs et nous devons les honorées. Grandissons ensemble, bâtissons notre territoire avec nos co-citoyens, qu’importe leur origines, avec ceux qui ont le Québec dans leur cœur et veulent un Québec-futur performant et attrayant pour nos enfants. Merci.

  2. En même temps, a quel point la question de l’indépendance est encore pertinente? Est-ce qu’il y a vraiment un auditoire prêt à en entendre parler? Dans cette campagne de petites promesses est-ce qu’il y a une place pour un projet de société de cet envergure et complexité. Cependant, je suis d’accord avec toi que l’image du PQ est peu reluisante en ce moment en partie à cause de ce type de partisan. Bon texte!

  3. La lionne, l’indépendance est moins à la mode en ce moment, mais en partie parce que c’est vu comme un trip xénophobe chez beaucoup de jeunes. Aussi, on manque de confiance et on pense qu’on a besoin du Canada pour gérer nos trucs. Mais ça va revenir ou on va disparaitre.

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