« Never meet your heroes »

J’ai eu deux idoles à l’âge adulte : Woody Allen et Joss Whedon. (Je pourrais aussi ajouter Louis CK.) Et dans les dernières années, on a fini par tous les détester et pour d’assez bonnes raisons. Allen aurait couché avec sa fille adoptive alors qu’elle était enfant. Whedon aurait traité plusieurs femmes comme de la marde alors qu’il faisait des projets super féministes. C’est weird à gérer parce que dans les deux cas, ça remet en perspective plusieurs trucs géniaux qu’ils ont créé. Je n’arrive plus à retirer de fierté de par combien ils m’ont influencé. En fait, il y a une certaine honte que je ressens à nommer tout l’influence qu’ils ont eu sur moi. Du coup, c’est comme si une partie de mon identité en était fragilisé. Ça doit sonner over-dramatique, mais je trouve ça difficile à vivre. C’est comme une surdose de « never meet your heroes ». Je ne sais pas si je dois en déduire que tous les génies sont des poubelles. Ou que les gens torturés font les meilleurs artistes? Ou juste que tout le monde a un côté poubelle? Ou que c’est la célébrité qui nous rend poubelle? Et peut-être aussi que je vis juste une vraie journée de marde et que les trucs m’affectent plus à mesure qu’ils s’empilent. Bref, la meilleure idée est sûrement d’aller me coucher. #petitgarssensible

L’égalité, la diversité et le retour du balancier

En revenant du cinéma, je suis tombé sur deux nouvelles artistiques qui avaient un certain lien ensemble.

1. Le regroupement Stella se réjouissait que Scarlett Johansson ait lâché son rôle où elle devait interpréter une trans.

2. Joss Whedon annonçait un nouveau show de science-fiction, et le premier commentaire demandait de le remplacer par une femme.

Avec la semaine intense qu’on vient de vivre avec le cas SLAV, ça ne prend pas une maitrise en sociologie pour remarquer une certaine tendance.

Une tendance qui est loin d’être parfaite, mais plus que nécessaire. Bon, pour le cas de SLAV, on a dit un peu tout ce qu’il y avait à dire. Je n’ai jamais compris pourquoi on n’avait pas cru bon d’engager plus d’interprètes noirs, et on n’a jamais vraiment eu de bonnes réponses.

Bref, c’est une revendication qui se défendait très bien. Quand on parlait que Lepage est blanc et que le monde dans la salle étaient blanc, je trippais moins, mais pour les interprètes, je trouve que c’est un débat légitime et je trouvais à propos qu’on soulève la question.

Pour le cas de Scarlett et du personnage trans, en partant, je la comprends d’avoir sacré ça là parce qu’elle n’a pas besoin d’une controverse du genre. Elle peut avoir tous les rôles qu’elle veut et c’est sûrement beaucoup plus simple de passer au projet suivant.

Je comprends aussi le public et les militants de revendiquer un comédien trans parce qu’on en connait à peu près zéro et on ne leur donne pas beaucoup de rôle. Là, le film devient un symbole fort pour placer un acteur trans dans un film d’envergure. C’est plein de bon sens.

Cela dit, j’espère que les revendicateurs vont aller voir le film parce qu’en perdant Scarlett, le film va aussi perdre beaucoup en importance. Scarlett n’est pas seulement engagée parce qu’elle est belle et douée, c’est aussi un des rares gros noms dans une industrie où c’est extrêmement difficile de faire parler de son film.

Si on met Scarlett sur autant de projets, c’est parce qu’elle vend. Est-ce que le remplaçant trans va autant attirer? Espérons-le. Il  faut bien commencer quelque part. Mais c’est une des raisons pourquoi les changements prennent autant de temps à arriver. Quand c’est toi qui investit 20 millions de dollars sur un film, t’as moins le goût du risque. Quand on te dit qu’on va remplacer Scarlett par un inconnu, ça doit tester tes principes pour vrai. Disons que c’est le genre de changement qui s’effectue plus facilement dans un système comme au Canada où c’est l’argent public qui est en jeu.

Mais le cas décourageant, c’est la série de Joss Whedon. Le gars revient en télé après 15 ans. Il décide de créer une série de science-fiction mettant en vedette un groupe de femmes. Qu’est-ce qu’on dit en commentaire?

« Hey, HBO! Engage une femme pour les séries de femme! »

C’est là que je trouve que le retour du balancier est peut-être un peu croche. Est-ce que c’est vraiment vers un système comme ça qu’on veut aller? Un système où un gars écrit des séries de gars joués par des gars, une fille écrit des séries de fille joués par des filles, un blanc écrit une série de blanc joué par des blancs?

J’espère que non.

Ce qu’on devrait souhaiter, c’est de la diversité. Bien sûr, comme je disais, une des rares fois où il y a un rôle trans d’envergure, ce serait l’fun d’engager un trans pour passer un message. Quand on parle d’esclavage dans une ère où on se plaint constamment qu’il manque de diversité au Québec, ce serait un méchant bon moment pour engager des interprètes noirs.

Et il y a plein d’autres exemples cool.

Engager une femme pour réaliser Wonder Woman, c’était super cool (et ç’a scoré fort). La série Atlanta est une des premières séries à vraiment dépeindre la réalité des noirs par des noirs et pour les noirs et le writers room est composé que de noirs. Two thumbs up! La 2e saison de Jessica Jones était aussi écrite et réalisée par des femmes.

Ce sont des cool statements à faire.

Ce sont des premières qui ont pris trop de temps à arriver, mais l’objectif, ce n’est pas d’en arriver à ce que les noirs écrivent pour les noirs, que les hétéros écrivent pour les hétéros et que les petits écrivent pour les petits. Si on s’enferme dans des silos comme ça, ça va vite devenir ridicule et on va tous y perdre.

Est-ce qu’on va interdire à une femme d’écrire un film avec un personnage gars? Justement, la websérie que j’ai écrite l’année passée était une histoire de béguin semi-lesbien entre deux jeunes femmes. Est-ce que j’avais le droit de proposer une série comme ça? Est-ce qu’on aurait dû me tasser rendu à l’écriture? Est-ce que j’aurais dû proposer un truc de gars pour être sûr de ne pas perdre ma job? J’en ai des projets qu’on pourrait qualifié de « projets de gars », mais je n’ai pas que ça. Tout n’est pas si binaire. Mon nouveau film, c’est sur une combattante MMA. Je ne suis pas une femme et je ne me suis jamais battu de ma vie, mais j’espère que ce genre de truc peut encore exister.

Évidemment, quand le résultat est poche, on peut toujours être critique sur les choix de la production. Mais dans le cas de Joss Whedon, c’est un créateur qui amène son projet à lui qui s’adonne à mettre en vedette des femmes. Ce n’est pas HBO qui a demandé un show sur la réalité des femmes. J’ai peur qu’on confonde un peu tout.

J’espère qu’on veut encore que JK Rowling puisse écrire des Harry Potter ou que Sofia Coppola écrive des Lost in translation ou que Ryan Coogler fasse les huit prochains Rocky.

Encore une fois : l’objectif à atteindre, c’est la diversité. Pas des silos.

Sans compter qu’en télé, les writers room (lorsqu’elles sont diversifiées) permettent qu’une multitude de points de vue soient représentés autour de la table. Bon, au Québec, les writers room ne sont pas encore arrivées parce qu’on est resté dans notre vieux statu quo où un seul auteur doit tout écrire tout seul, mais ça, c’est un autre débat.

Peut-être que la vague de changement arrivera à nous faire évoluer un peu là-dessus aussi.

Privilège de beauté

Hier après-midi j’étais au centre-ville et je me suis mis à filer danseuses.

Bon, je n’ai vraiment pas l’argent pour ça, mais l’idée était forte. Genre, si j’avais eu de l’argent comme quelqu’un de la classe moyenne, je suis pas mal sûr que j’y serais allé. J’étais prêt à payer pour aller chercher de l’espèce de fausse tendresse.

Ce n’était pas complètement une question de sexe. J’étais désespéré d’être regardé par des yeux qui me trouveraient attirant. C’est de ça dont j’avais besoin. Me sentir vu et désirable. Bon, je suis conscient que de payer pour ça annule un peu l’effet et que c’est au moins un peu pathétique, mais j’en étais là.

On a les options qu’on a. Ce n’est rien de glorieux, mais c’est là.

C’est peut-être pour ça que le travail du sexe me fascine autant et que j’ai envie d’en placer dans tous mes projets. Ouais, elles sont là pour le sexe, mais elles ont aussi un pouvoir. Elles peuvent être ce fix temporaire de tendresse. En fait, elles peuvent être tout ce dont t’as besoin à ce moment-là.

Dans le même après-midi, j’ai aussi eu envie d’aller danser quelque part. Pas tout seul, pas dans un endroit où je me serais assurément senti jugé d’aller tester la piste de danse tout seul à la lumière du soleil. Si j’avais été riche, j’aurais pu improviser ce moment que je désirais n’importe où. J’aurais pu payer 3-4 belles filles pour aller danser dans un bar où il fait noir. On aurait même pu juste danser avec nos headphones quelque part.

On aurait juste eu à synchroniser notre playlist au début. Et ç’aurait donné du gros fun avec du monde joli qui me regarde avec un sourire. Sans avoir à en parler à personne. Un fix privé. Une pause.

Bon, on s’entend, c’est du fantasme. Le fantasme qui ressort quand t’as la solitude pesante. Sûrement que le vide serait revenu tout de suite après et bla bla bla, mais des fois, t’as besoin que ça arrête.

J’avais une amie barmaid qui avait toujours le compliment pour me faire sentir mieux dans ma peau. Mais non seulement elle n’est plus barmaid, mais je ne vais plus trop dans les bars. Il reste que ça faisait du bien une fois de temps en temps.

C’est fou ce que les gens jolis peuvent apporter.

Tout le pouvoir qu’il y a là-dedans.

Bref, j’imagine qu’il me reste juste à écouter du country.

Le périple du Héros genré

Est-ce que tu connais le Hero’s Journey tel que défini par Joseph Campbell il y a déjà plusieurs décennies.

Si tu n’as aucune idée de quoi je parle, je peux te résumer ça en vitesse (et selon ma compréhension). En étudiant toutes les histoires, les mythes et les légendes de l’humanité à travers l’histoire et dans toutes les cultures, il y a des geeks qui se sont aperçus que des patterns se répétaient dans les histoires que se racontaient les humains, et quand ils ont tout regroupé ça  ensemble, ç’a donné quelque chose qu’on nomme… le monomythe. *ritournelle dramatique*

The Hero’s Journey.

De nos jours, c’est la structure qu’on utilise pour écrire la plupart des gros films populaires et internationaux. On retrouve le monomythe dans des films comme Star Wars, Le Roi Lion, L’Histoire sans fin ou Harry Potter, mais aussi dans plein de films sans science-fiction ni budget. C’est juste une structure redoutablement efficace qui est non seulement basé sur des patterns, mais aussi sur notre psyché d’humain. Comment on réfléchit et comment un humain réagit au changement.

Mais je ne m’embarquerai pas dans le Carl Jung et je ne résumerai pas toutes, les étapes, mais si t’as vu quelques films dans ta vie, tu pourrais reconnaitre la structure vite. Ça commence toujours avec un personnage insatisfait dans un milieu qui ne lui ressemble pas pantoute et où il a l’impression de gaspiller son potentiel. Puis, il finit par se lancer vers un monde d’aventure et il y a plein d’étapes jusqu’à la fin où il revient à son monde ordinaire, profondément changé par tout ce qu’il vient de vivre.

Comme je disais, cette structure est super efficace, mais quand j’ai voulu écrire des histoires menées par un personnage féminin, j’ai commencé à remarquer qu’elle s’appliquait moins bien. Campbell prétendait que la femme existe bel et bien dans sa structure, mais le rôle qui lui revient, c’est un peu celui de la pitoune qui attendait d’être sauvé à côté du dragon ou bien elle peut être la reine, mais ça reste le roi qui mène.

Selon les mythes et les légendes de l’humanité, c’est effectivement souvent le rôle qu’on lui réserve, sauf que de nos jours, c’est en plein le genre de truc qu’on essaie de changer. Que la femme cesse de n’être que ça et puisse être aussi l’héroïne de ses propres histoires. Et c’est là qu’on voit que l’industrie mondial du film n’est pas seulement un monde d’hommes, mais c’est aussi un art qui s’est développé de façon profondément masculine.

Bref, en cherchant à adapter la structure pour un personnage féminin, mon premier réflexe a été de juste changer le sexe du héros et de garder tout le reste pareil. De toute façon, les personnages ne sont pas de vrais humains, right? Ce sont des archétypes.

Sauf que plus tard, selon le monomythe, le héros finit par rencontrer l’archétype qu’on nomme La Déesse avec qui il peut y avoir une certaine tension sexuelle. Est-ce que je la change de sexe elle aussi? On peut bien. Mais plus j’avançais et plus je réalisais que ce parcours était très « masculin » et qu’il serait intéressant de mieux l’adapter qu’en inversant seulement les pénis pour des vagins.

Et c’est là que j’ai fini par tomber sur un livre de Maureen Murdock qui s’appelle The Heroine’s Journey. C’est basé sur la structure de Campbell, mais en version féminine. C’est vraiment le genre de truc qui me fascine. J’ai eu peur que ce soit désuet parce que ça date de 1990, mais en même temps, la théorie de Campbell date de plus loin que ça et ça reste que la femme vit toujours dans le même monde : un monde patriarcal. Même si on pense que l’homme et la femme sont identiques (ce dont je doute, personnellement), leur expérience d’humain demeure assurément différente.

Tout ça pour dire que je m’intéresse beaucoup à ça ces temps-ci, mais ce qui gosse, c’est que c’est pas mal niché comme sujet. Et comme un peu tous les sujets que mon entourage trouve plate, je me suis dit que je t’en jaserais ici.

Bref, merci d’avoir lu jusqu’à la fin! Je me sens full écouté. ;)

J’aurais dû aller à Amos

En passant mes journées tout seul, j’accumule depuis un bout et mon cerveau flasque baigne dans la sueur de mes cheveux, alors je sais pas ce que ça va donner. Je pourrais bien l’échapper.

À la mi-juin, j’ai décidé que j’allais changer de mode de vie prochainement. Je me suis donné 2 semaines pour closer le plus trucs possible dans ma présente vie et… quel flop.

Cette putain de canicule commence vraiment à me faire chier. Je voulais continuer ma remise en forme, mais c’est impossible de m’entrainer sans me taper une embolie cérébrale.  Je dois toujours être dans des cafés qui me coûtent de l’argent que je n’ai pas. Et bien sûr, je ne dors pas. Rien pour être productif. Et là, je viens de voir que ça allait durer encore au moins jusqu’à jeudi!??!??

Sincèrement, je ne sais pas comment je vais faire pour survivre. Ma patience est dangereusement backorder.

Au niveau professionnel, tout est constamment repoussé. Toutes des petites affaires qui ne me dérangeraient pas tant en temps normal, mais on dirait que plus que je suis pressé, moins les autres le sont. Et je pense que le plus frustrant, c’est que j’attends toujours après du monde en vacances.

Mes parents sont passés me voir pour ma fête et je regrette de ne pas les avoir accompagné pour aller faire un tour à Amos. Bon, il fait chaud là-bas aussi, mais au moins, j’aurais pas trop besoin de ma tête. Je préférais repousser ce voyage-là à plus tard (encore) parce que je ne me sens pas bien ces temps-ci. (Ça parait-tu?) Je me suis rarement senti aussi mal dans ma peau, et s’il y a une constante dans ma vie, c’est qu’elle est décevante.

Le cerveau et le corps mous.

Le changement de vie dont je parlais est un move temporaire de quelques mois. J’ai fini par faire ce que je ne voulais jamais faire : un retour en informatique. *musique dramatique*

Juste un ou deux contrats le temps de me remettre au niveau côté argent. Au-delà de la blessure d’égo, le move n’est pas si difficile que ça. C’est juste la recherche de job qui ne me tente pas, mais au moins, c’est TRÈS payant et il y a de la demande.

Le plus compliqué sera d’expliquer ça des deux côtés. Dans ma vie artistique, je vais expliquer que je serai moins disponible pour quelques mois, mais préciser que j’existe et que j’écris encore.

Dans ma vie de programmeur, je vais devoir être convaincant que je suis encore compétent après plusieurs années off. Ça ne m’inquiète pas du tout, mais ça doit être moins vendeur en entrevue que quelqu’un qui a ça comme seule passion depuis toujours.

Un LinkedIn de Scénariste + consultant informatique, ça doit bien pouvoir se faire, non? Même si on aime bien placer le monde dans une case.

Au moins, c’est un plan avec lequel je replace rapidement ma situation financière. Je ne suis plus capable de ces options à 13$ de l’heure qui ne m’avance absolument à rien. Ça ne me laisse pas le temps d’écrire et ça me garde tout aussi endetté. Ça sert à quoi? Ne pas faire faillite? Tant qu’à passer une vie à ne juste pas faire faillite, aussi bien d’aller me pendre dans un cabanon.

J’ai commencé à travailler à 13 ans à 14$ de l’heure. Pour aller en bas de ça quelques décennies plus tard, il faudrait que j’y trouve gravement mon compte.

Là, je vais y aller pour la criss d’argent. Je vais régler mes dettes en un temps record. Je vais m’acheter des ostie de lunette qu’on voit dedans. Un laptop avec la rangée qwerty qui ne lâche pas. Des palettes pas cassées. Je vais m’abonner à des vrais activités physiques le fun au lieu de me faire chier à essayer de m’entrainer tout seul dans ma petite criss de chambre. Je vais peut-être même me greyer d’un air climatisé comme un adulte.

Je pourrai même enfin arrêter les ostie d’antidéps qui me rendent aussi fat que plate.

Rendu là, on ne sait pas. Je vais peut-être passer drette et y aller à fond dans le capitalisme.  M’acheter un putain de punching bag et me mettre à porter des complets pour donner l’impression à tlm que je suis qqn. Changer d’iPhone aux trois mois, couper mes cheveux aux trois semaines. Payer Hydro pour les 20 prochaines années pour qu’ils me calicent patience. Devenir sugar daddy de 2-3 pitounes douées dans l’art de me faire accroire que je ne vieillis pas.

Criss que je vais être heureux rendu là. Je vais te payer un drink avec mon sourire de fuck you money, pis t’en reviendras juste pas de combien tu m’apprécies. Le vois-tu arriver toute c’te bonheur-là? Ça fait peur.

La tension

Avec internet, tout le monde a une tribune alors plutôt que de seulement communiquer avec une personne face à face ou bien au téléphone (comme un hommes des cavernes), on s’adresse plusieurs fois par jour à un paquet de monde en même temps et sur plein de sujets.

Si quelqu’un dans la masse se vexe de quelque chose, on ne peut pas le savoir à moins qu’il nous le communique d’une quelconque façon. Je parle de ça parce que dernièrement, j’ai eu quelques cas où c’est sorti autrement. Genre, j’échangeais avec un ami et je sentais une espèce de colère de fond.

Bon, c’est internet et par écrit alors je me dis que je suis peut-être parano. Je décide de lui en parler directement pour mieux comprendre et finalement, ça se met à sortir. En jet! C’était fou tout ce qu’il avait à me reprocher. Il m’a même remis dans la face un statut où je parlais de ma dette d’Hydro. D’une façon super tordue, il avait réussi à prendre ça personnel.

Pour chaque attaque, j’essayais de comprendre d’où ça pouvait bien sortir puisqu’on ne s’était pas parlé depuis plusieurs mois. Toute cette rage s’était accumulée sur des statuts, des textes, des commentaires. C’était assez traumatisant.

Après, je me suis vraiment demandé comment éviter ça.

Je comprends le monde de pas se parler de tous les petits fucks. S’il y a quelqu’un qui peut être bitch avec des commentaires passif agressifs, c’est bien moi. Mais j’arrive quand même à le remarquer la plupart du temps quand je le fais. Et quand c’est avec un ami ou quelqu’un que je respecte, j’essaie de crever l’abcès et de régler ça.

Bon, il y a plein d’humains que ça surprend. D’autres que ça dérange carrément. Il y a encore plein de gens pour qui c’est tabou de discuter ou de régler des malentendus. C’est vu comme une perte de temps. Pourtant, c’est pas mal ce que tous les experts recommandent. Pas n’importe quand, évidemment. Il faut attendre que l’autre soit prêt. Et voit aussi ça comme quelque chose d’important.

Bref, j’avais envie de communiquer ça at large. Sur les mêmes tribunes. Si quelqu’un est enragé, ou blessé sans que je le sache, j’aimerais beaucoup qu’on en parle. D’autant plus si je nous vois comme des amis. Ça ne veut pas dire qu’on doit être d’accord sur tout. Je sais que j’ai des opinions fortes et même que je peux être pas mal fendant. L’idée n’est pas de débattre, mais je sais pas, peut-être que ça permettra de mettre certaines choses au clair? De mieux comprendre où l’autre se situe?

C’est peut-être trop candide, mon affaire. Je ne sais pas si c’est ma fête qui vient de passer qui me rend aussi soft que mes biceps, mais j’aimerais juste éviter de trainer ces espèces de tensions poches qu’on maintient trop souvent sans bonne raison. C’est fou le nombre de fois où l’on c’était mal compris et qu’on a perdu un paquet d’énergie pour à peu près rien.

Bref, si t’as envie de désamorcer tout ça, relance-moi en privé.

Du temps pis du coeur, c’est tout ce que j’ai.

J’écoute tellement

Est-ce que je t’ai partagé que je suis un homme blanc et que j’écoute? Crime que j’écoute. C’est de l’écoute active… au point d’en faire des statuts Facebook. En fait, ça me fait penser à cette histoire de l’arbre qui tombe dans la forêt… à savoir s’il mène du train ou pas… si personne n’est là pour l’entendre. Tsé? Mettons que je veux démontrer à quel point je suis woke et vertueux en écoutant full, mais que je n’en parle sur aucun réseau social, est-ce que ça compte quand même comme de l’écoute? Ou c’est vraiment important de l’écrire publiquement? J’espère que ça n’enlève pas de sens à ma démarche parce que je tenais vraiment à préciser que moi, humblement, je suis dans la gang moderne qui écoute… et surtout pas avec les autres fatigants qui ont toujours besoin de donner leurs petites opinions. Oh non! Eux autres, sont tellement colons! Toujours en train d’écrire sur tout et sur rien. S’ils pouvaient juste se contenter d’écouter comme moi, la société se porterait pas mal mieux. Ben non, toujours bla bla bla bla bla moi moi moi. Au moins, moi J’ÉCOUTE. Si seulement ce monde-là pouvait prendre exemple sur moi. C’est facile. T’as juste à écouter. Comme ça, là. Regarde-moi faire. J’écoute depuis t’à l’heure. Toupiloupiloudoui-doui-doui-doui… J’écoute encore. J’arrête pas d’écouter! Bon, faut je te laisse, faut que j’aille copier-coller ça sur mes autres tribunes.

Pretty Woman, yeah yeah yeah

Je me suis retapé le film culte de 1990 : Pretty Woman. J’avais lu une version du scénario et j’avais envie de voir les différences avec le résultat final. Les modifs sont nombreuses et le film a vraiment poussé sur le côté « campagnarde qui n’a jamais rien vu de sa vie ». (OH WOW UN HÔTEL!) Il y a plusieurs lignes que je préférais dans le script, mais le film amène tellement d’émotion avec la soundtrack et tout le charme de Julia Roberts à son apogée.

Le film est encore efficace, même si ça passerait difficilement aujourd’hui. Il y a une candeur avec les films de ce temps-là, je trouve. Une autre histoires où les deux personnes se disent « I love You » après 3-4 jours ensemble et finissent par se marier à la fin.

Est-ce que c’est moi qui manque les films où ça arrive ou bien ça ne se voit plus dans les comédies romantiques modernes?

Ce qui m’a gossé et que je n’avais pas trop remarqué dans le temps, c’est le slut-shaming assez présent dans le propos du film. Je ne parle pas du méchant avocat qui la traite comme de la marde et qui essaie de la violer sous prétexte qu’elle est une hooker. Je parle plus de la métamorphose de Julia qui à la fin du film se ramasse à tripper élégance au point d’en perdre son accent de la rue.

Comme s’il fallait être content que Julia s’habille enfin avec du linge à 4000$. Au contraire, son côté rue était justement ce qui la rendait attachante depuis le début!

À part ça, c’est sûr que la fille qui rêve d’être une princesse et qui trippe à faire vivre par un dude riche, c’est comme à l’opposée de tous les personnages féminins en 2018! :) Ça ferait même scandale. Cela dit, le fantasme masculin de tomber sur une travailleuse du sexe incroyable et qui tombe en amour avec son client, il reste pas mal intact même après toutes ces décennies.

Ma vie secrète

Dans les derniers jours, ma vie fait que je dois traverser plein de trucs tout seul. Ça rend ça plus tough parce que tout est pire lorsqu’on doit le gérer seul.

« Never worry alone », qu’y disait.

D’ailleurs, c’est pour ça que j’avais commencé à écrire à la base. J’avais besoin d’exprimer des trucs et le blogue semblait plus constructif que l’implosion. Mais le côté public n’a pas que des avantages, et ça fait que je perds cet exutoire-là.

Je m’énerve de ne pas être plus indépendant. J’ai un psy et de bons amis, mais clairement, il me manque quelque chose. J’ai l’impression que je les use. J’essaie de faire une genre de rotation de confident pour éviter d’être lourd trop avec la même personne, comme si j’étais toxique. Ce n’est pas un super feeling à avoir, cette impression d’être toxique.

J’envie les gens plus forts et indépendants. La semaine passée, j’ai tout donné côté « super hygiène de vie ». J’ai écrit beaucoup, je me suis entrainé tous les jours, et en analogie de pêche, j’ai aussi envoyé un paquet de lignes à l’eau pour des contrats. Mais j’ai plus pogné des menés qu’autre chose. Quelques petits contrats, mais beaucoup de non-réponses pour les trucs que j’espérais fort.

Ce n’est pas tout mort, mais ça n’encourage pas trop non plus.

Quand je disais sur Facebook que j’en étais à 9 entrainements quotidiens de suite, un chummey expliquait qu’on doit prendre une pause après 4 jours pour laisser une chance au corps de se reposer. C’est peut-être la même chose pour la tête, mais argh.

Discussion à trois

Ces temps-ci, j’évolue vraiment à une vitesse folle comme scénariste. Pis as-tu trouvé une nouvelle job alimentaire? Pourquoi tu me parles de ça maintenant? Pourquoi je te parle de comment tu vas payer ton loyer qui est deux mois en retard? Ssssht, tu vas encore inquiéter ton entourage. Ça fait déjà 2 semaines que t’as pu de revenu pis tu cherches rien. J’essaie juste de focusser sur les trucs qui me drivent pour me garder la tête hors de l’eau. Trouve-toi une job pis tu feras ce qui te drive après. Mais tu le sais que j’ai pas l’énergie pour faire une job poche + écrire en même temps. Hum, je pense pas que ce soit un truc intelligent à dire publiquement. C’est plus vendeur d’être celui à trois jobs qui dort trois heures par nuit. Oui, arrête de faire ta moumoune. Ça me tue de faire une job qui n’a pas de sens pour moi. Ça me draine de toute mon énergie. Je commence à penser que tu peux juste pas comprendre. Je pense pas que le huissier va comprendre non plus. D’ailleurs, la faillite, c’est pas si populaire sur Tinder. Oh, fuck Tinder.

Mais avoue que ces temps-ci, j’ai des bonnes journées. Je vais assez bien, me semble.

Tout le monde a des bonnes journées en vacances! Voyons, c’est pas des vacances! J’ai aucun revenu pis je bûche en malade! J’ai l’impression que l’écriture n’est pas assez respecté dans notre société pour être considéré comme un travail. Les gens voient ça comme un passe-temps. J’écris deux scénario de films en parallèle et je continue à évoluer en lisant deux livres théoriques super calés. Ça avance super bien. Bravo pour ton petit passe-temps, mon grand. Tu gosses tellement. Tu penses que tout le monde fait juste ce qu’il aime dans la vie? Peut-être que si t’abandonnes tes ambitions artistiques, ça va réconforter ces gens qui ont opté pour la sécurité. C’est pas d’opter pour la sécurité, c’est juste d’être un adulte. Je l’ai essayé le mode sécurité ou adulte. Et tu paraissais pas mal mieux dans ce temps-là, non? Blonde steady, job steady, de l’argent pour s’acheter toute et payer la traite. Mais j’étais pas ben! T’es jamais ben. Aussi bien de pas être bien en payant ses comptes. T’aurais l’air plus normal, en tout cas. C’est rendu ça le but? Être fuckin’ normal? Pourquoi t’as besoin d’être si différent, drama queen? J’ai zéro besoin d’être différent, j’ai besoin d’être bien. Pffff…

Attends donc, là…
Attends quoi?
Un peu weird, la pause de milieu de texte, guys.

Check, je le sais que t’aimerais que je mette de l’énergie pour trouver une job ordinaire. Voilà. C’est tout ce que je veux. Ça rassurerait tout le monde. Bon, tout le monde sauf toi. Ça fait 10 ans qu’on essaie ce modèle-là et que ça ne marche pas. Est-ce qu’on pourrait pas investir un peu d’énergie à trouver autre chose? Genre quoi? Genre, une autre façon de faire de l’argent? La prostitution? OH! Ce serait si badass! Vendre de la poudre? Ben non, mais genre… je sais pas… un modèle Patreon. Tu veux être la 4 milliardième personne à faire du putain de crowdsourcing? On a tu le following pour ça? Je sais pas! J’essaie juste de brainstormer et de lancer des pistes pour trouver une solution alternative. Ça fait assez quêteux, non? J’entends déjà les accusations de BS de luxe. En tout cas, c’est sûr que ce serait plus proactif que juste ignorer tes comptes. Qu’est-ce t’offrirais à tes hypothétiques contributeurs? C’est ça le fuck, je suis pas encore prêt pour mon gros projet qui fitte avec cette stratégie-là. Ben là, criss… Au moins t’auras eu l’air winner le temps de trois phrases. Je sais, je sais, mais crime je peux pas tout faire en même temps. Quand même drôle que t’aies passé autant de temps à écrire sur les groupies pis les muses alors que ce qu’il te fallait dans le fond, c’est des mécènes. Ça existe-tu pour vrai, des mécènes? Ce serait le best, ça. Je sais pas. Peut-être quand on est vraiment reconnu. Ça fait chick qui se cherche un sugar daddy, non?

Yup, sauf que je suis pas chick fuck all.

Content de voir qu’on s’entend au moins sur un truc. Mais OK pour ton plan. Pour quelques jours, je vais essayer de penser à un nouveau modèle out of the box au lieu de gosser avec la job alimentaire. Moi, je peux partager la réflexion sur le blogue. On sait jamais. Ouais, peut-être que quelqu’un aura une super idée qui m’échappe. Come on, tu sais ben que le monde va juste en profiter pour te faire la morale et te dire de rentrer dans le rang. Sont pareils comme moi. Les assholes oui, mais il y a pas juste des assholes sur internet. On n’a clairement pas le même internet.

Bon, on s’en vient off-topic, guys. Je publie ça.