J’écoute tellement

Est-ce que je t’ai partagé que je suis un homme blanc et que j’écoute? Crime que j’écoute. C’est de l’écoute active… au point d’en faire des statuts Facebook. En fait, ça me fait penser à cette histoire de l’arbre qui tombe dans la forêt… à savoir s’il mène du train ou pas… si personne n’est là pour l’entendre. Tsé? Mettons que je veux démontrer à quel point je suis woke et vertueux en écoutant full, mais que je n’en parle sur aucun réseau social, est-ce que ça compte quand même comme de l’écoute? Ou c’est vraiment important de l’écrire publiquement? J’espère que ça n’enlève pas de sens à ma démarche parce que je tenais vraiment à préciser que moi, humblement, je suis dans la gang moderne qui écoute… et surtout pas avec les autres fatigants qui ont toujours besoin de donner leurs petites opinions. Oh non! Eux autres, sont tellement colons! Toujours en train d’écrire sur tout et sur rien. S’ils pouvaient juste se contenter d’écouter comme moi, la société se porterait pas mal mieux. Ben non, toujours bla bla bla bla bla moi moi moi. Au moins, moi J’ÉCOUTE. Si seulement ce monde-là pouvait prendre exemple sur moi. C’est facile. T’as juste à écouter. Comme ça, là. Regarde-moi faire. J’écoute depuis t’à l’heure. Toupiloupiloudoui-doui-doui-doui… J’écoute encore. J’arrête pas d’écouter! Bon, faut je te laisse, faut que j’aille copier-coller ça sur mes autres tribunes.

L’option A, l’option B…

On dit que t’es tanné de jaser d’indépendance, mais je n’y crois pas tant que ça. Il faudrait que tu me le dises. Peut-être que c’est un sujet trop lourd pour toi. Cette idée qu’on va finir par disparaitre.

Pas toi, évidemment. Toi tu ne disparaitra pas de toute ta vie, mais le Québec et le peuple qu’il représente, c’est inévitable. Il va finir par se dissoudre. C’est démographique.

Bon, encore deux mots un peu lourds : identité et démographie.

Avant, on pouvait séparer les nations plus facilement : les Canadiens-Anglais, les Canadiens-Français, les Amérindiens ou les Premières Nations. Maintenant, j’imagine que l’on peut simplement choisir de tous se voir comme Canadiens. Ça sonne rassembleur. Plein de peuples qui s’unissent dans ce beau projet commun. C’est inspirant, non?

C’est ce qu’on va appeler l’Option A. L’option qu’on a déjà choisi deux fois. Le statu quo.

Ce qui est dommage avec ça, c’est qu’il n’y a pas d’avenir pour les francophones dans l’option A. Est-ce que ça te dérange? Peut-être pas. La province de Québec peut exister sans ça. Il y a plein de gens pour qui ce n’est pas si important que ça. Les priorités sont ailleurs.

Comment se porte la création d’emploi?
Est-ce que le chômage est bas?
C’est mieux de parler d’économie, peu importe ce que ça signifie.

Mais la disparition des francophones dans ce modèle-là, elle est inévitable. Au cours des dernières années, le poids démographique du Québec a déjà diminué dans le Canada. C’est un peu abstrait parce qu’au quotidien, ça ne parait pas à moins d’y porter attention. Mais un petit signe de ça, c’est que les Conservateurs ont récemment été au pouvoir pendant 2-3 mandats sans avoir besoin du Québec.

C’était une première historique. Un truc qui était pratiquement impossible à accomplir lorsque le Québec représentait un Canadien sur quatre. Maintenant qu’on s’approche de représenter un Canadien sur 5, notre pouvoir politique baisse. Ce n’est pas que démographique, c’est démocratique.

Et ça ne va aller qu’en empirant. Pour plusieurs raisons. On est plus féministe que le reste du continent alors on fait moins d’enfants. On s’est débarrassé de l’emprise du clergé alors les femmes ne sont plus des pondeuses comme avant. Deux trucs positifs qui démontrent bien notre modernité, mais qui jouent contre nous d’un point de vue démographique. Sans oublier la vague des babyboomers qui est en train de s’essouffler.

En fait, une majorité de la croissance de la population actuelle est due à l’immigration. Et pour un immigrant qui débarque au pays, quelle appartenance risque-t-il de choisir à ton avis? À quelle culture va-t-il se greffer? Celle de la culture américaine omniprésente? Celle du Canada multiculturel? Celle de Montréal, la belle métropole bilingue? Celle du Québec francophone?

À moins de parler français avant même d’arriver, les chances de choisir l’anglais sont aussi immenses que compréhensibles. D’ailleurs, les immigrants qui choisissent le Québec demeurent déjà en très grande majorité à Montréal. Au niveau de la langue, on a des programmes de francisation qui sont un désastre, mais de toute façon, la plupart du temps, ce ne sont pas les immigrants de première génération qui apprennent la nouvelle langue du pays, ce sont leurs enfants.

La loi 101 a permis d’acheter du temps à ce niveau-là, mais elle n’est pas parfaite. Déjà, forcer les gens à parler le français, ce n’est pas vraiment ce qui rend les gens fiers de leur culture. La loi 101, c’est une loi de peuple en mode survie. Et c’est pour ça que l’option B, même si elle est toujours malmenée sans qu’on l’ait essayé, demeure toujours d’actualité.

C’est qu’avec un Québec indépendant, il y a plusieurs de ces problématiques qui se règlent :

– La chute démographique du Québec dans le Canada n’aurait plus d’importance d’un point de vue politique. Le Québec pourrait décider lui-même de toutes ses lois et de ses ententes.

– Les immigrants auraient maintenant un choix clair un Canada anglophone ou un Québec francophone.

– Les Québécois pourraient tous apprendre l’anglais sans craindre qu’elle devienne la langue d’usage.

Et tu sais quoi? On pourrait même cesser tous ces débats ridicules sur quelles valeurs représentent un vrai Québécois. En fait, je pense que ce sont plutôt ces discussions-là qui sont gossantes. Avec l’indépendance, on n’aurait plus à essayer de se protéger ou à essayer de se définir comme minorité qui aimerait survivre. On pourrait juste exister.

La parité

Ça fait plusieurs débats et articles que je pogne sur la parité homme-femme et je pense qu’on se plante en souhaitant que ce soit 50-50 partout.

Perso, je dirais qu’il y a 3-4 catégories qui s’appliquent selon les cas.

Pour nos élus, ça va de soi qu’ils doivent être représentatifs autant que possible mais évidemment, c’est aussi limité par le choix des électeurs. Ça revient un peu aux partis politiques d’en faire une priorité et les gens voteront.

Pour des métiers traditionnellement masculins comme les policiers, on a vu les avantages d’ajouter une certaine mixité. Ç’a fait évoluer les méthodes et l’approche des policiers et en tant que société, on y gagne tous. Pas besoin d’être 50-50, mais assez de mixité pour atteindre un résultat optimal.

Pour la construction ou les camionneurs, est-ce qu’on gagne collectivement à atteindre l’égalité homme-femme? Pas vraiment, mais il demeure important de faire certaines mesures pour s’assurer que les femmes ont aussi la chance d’y faire leur place malgré la prédominance masculine.

Pour les subventions artistiques, c’est important d’être représentatif de la population et d’avoir une pluralité de points de vue afin que le public puisse s’y reconnaitre. Mais une VRAIE pluralité, pas seulement de faire plus de place aux lobbies les plus bruyants. Et évidemment, il faut que la qualité soit là. Et la demande.

Par exemple, pour les profs de primaire, on gagnerait à avoir une meilleure parité, mais la demande des hommes est beaucoup moins forte. Outre la sensibilisation, il y a donc des limites à ce que l’on peut faire. Et engager des incompétents pour un rôle aussi majeur n’est pas une option.

Bref, il faut juste avoir l’intérêt collectif en tête et éviter d’y aller dans le mur à mur.

Public VS Privé, en éducation

Ce qui me dérange dans ce débat, c’est que les parents plus riches et les parents qui ont le plus à coeur l’éducation ont leurs enfants au privé, alors d’où viendra le courage politique pour replacer le système public?

À peu près personne au gouvernement n’a d’enfants au public. C’est la même chose pour une grande partie des journalistes influents. Le gouvernement va continuer d’y mettre le minimum de ressources comme réparer des écoles qui tombent parce que ça parait mal aux nouvelles, mais le problème de fond, il va continuer de perdurer parce que ça ne touche pas les enfants des décideurs et des influenceurs.

Et à ceux qui sortent l’argument financier pour justifier le statu quo, vous négligez toujours un aspect super important. Vous sous-estimez grandement l’impact qu’ont les parents de ces enfants dans le système privé. Les parents pour qui c’est important que ça fonctionne et qui sont prêts à mettre des heures, de l’énergie et leur réseau de contact pour améliorer les choses.

Ces parents-là, en ce moment, ils aident les écoles privées. Et cette perte-là pour le système public, c’est beaucoup plus qu’une histoire de sous.

Bonjour/hi

Dans ma journée de repos un peu vedge, j’ai lu un paquet de commentaires concernant le fameux « bonjour/hi » qui est rendu pas mal généralisé à Montréal. (Dans le Montréal où je vis, en tout cas.)
 
Ça m’a pas mal découragé parce que je lisais rarement des commentaires qui ressemblaient à ma position. J’ai vu plein de monde dire que c’est hot parce que le Canada est bilingue et bla bla bla, mais ce n’est pas le Canada qui est bilingue, c’est Montréal. Ton bonjour/hi, tu risques de l’attendre longtemps à Vancouver ou Toronto.
 
J’ai aussi vu beaucoup de monde qui voit l’anglais comme la langue evil de l’envahisseur canadien ou l’inverse avec plein de Québec-bashing sur les maudits Québécois intolérants qui chialent tout le temps pour rien. Quand les gens disent que ce combat pour la langue est dépassé, c’est cette vision/rivalité/partie-là du débat qui est particulièrement dépassée.
 
Le vrai combat moderne, ce n’est pas d’arriver à interdire ou à diaboliser l’anglais. Tout le monde devrait connaitre l’anglais en 2017. C’est la langue internationale. Le combat pour la langue au Québec, ce n’est pas d’avoir peur du bilinguisme individuel ou de la culture anglophone.
 
Le combat, c’est que le français demeure la langue d’usage au Québec.
 
Et la langue d’usage, ça ne veut pas dire que tout le monde soit en mesure de parler français si on les force à coup de lois ou de menaces. C’est que ce soit la langue par défaut un peu partout parce que c’est la langue dans laquelle la population se jase. Au travail, au centre d’achat, à l’école.
Encore là, ce n’est pas une question de virer fou parce qu’il existe un quartier anglo ou chinois ou de repartir un autre pasta gate ridicule.
 
Mais si à Montréal, les gens parlent seulement français parce qu’on les force et switchent à l’anglais dès que c’est possible, le combat est déjà perdu. Reste à déterminer si collectivement, c’est encore quelque chose que l’on trouve important.

Grosse élection dans Gouiiiiiiin! #monhood

J’ai finalement voté pour Gabriel Nadeau-Dubois. J’ai voté pour lui parce que je pense qu’il est le candidat qui peut amener le plus à notre collectivité.

C’est la troisième fois que je vote pour Québec Solidaire, même si c’est un parti auquel je ne crois pas. (J’avais aussi voté pour Françoise David les deux premières fois qu’elle s’est présentée.) GND croyait pouvoir révolutionner son parti, mais je ne sais pas s’il en sera capable ou s’il y croit encore après le déroulement de son premier congrès. Le concept de porte-parole fonctionne mal dans un contexte de parti politique. Et ce serait encore pire pour un parti au pouvoir. Les militants ne sont pas aptes à décider de tout. Ils sont forts pour proposer des idées, mais ils sont bien souvent aveuglément partisans. C’est comme si on demandait aux fans du CH de décider à la place du DG. Ça peut être plus efficace qu’un DG poche, mais ça n’accotera jamais un vrai bon DG intelligent avec une vision et l’intérêt du peuple à cœur.

Il reste que GND amènera de l’enthousiasme à notre monde politique qui en a grandement besoin. Et qui sait, peut-être qu’il la réussira, la réforme de son parti. Je trouve quand même assez frustrant de voir tous mes poulains aussi éparpillés.

Véronique Hivon, Paul Saint-Pierre Plamondon, Gabriel Nadeau-Dubois, Jean-Martin Aussant.

Il me semble que ça torcherait n’importe quel caucus à l’Assemblée nationale, mais pour un paquet de raisons (assez décourageantes), ça n’a presque aucune chance d’arriver.

Ce double standard est délicieux

Avez-vous pogné l’histoire des fusions de circonscriptions au provincial? Manon Massé en serait la grande perdante étant donné que Sainte-Marie–Saint-Jacques serait dissolue dans les circonscriptions autour.

Massé en jasait avec Dutrizac ce midi et c’est vraiment une discussion trippante, parce que dans les différents articles sur la question, on apprenait qu’ils ne pouvaient pas mélanger Westmount et le Plateau parce que ce sont des « communautés naturelles ».

J’AI TELLEMENT AIMÉ ÇA QUAND ILS ONT DIT ÇA COMME ÇA!!!

J’ai aimé ça parce que lorsqu’on discute entre des cool fédéralistes et des méchants séparatistes, les fédéralistes ont toujours le beau rôle.

Les fédéralistes prônent qu’il faut être inclusif. Ils refusent tout discours qu’ils jugent « identitaire » comme si c’était forcément une mauvaise chose. Toute frontière ou concept de séparation seraient systématiquement comparables à Trump et son mur cave. Tout devient forcément xénophobe dès qu’on ne souhaite pas tout fusionner avec nos gentils voisins.

« Ne sommes-nous pas tous des humains, dans le fond? Abattons les frontières et aimons-nous tous ensemble fort fort fort! »

C’est comme si l’idée que le Québec puisse être une « communauté naturelle » est impossible à assimiler par les fédéralistes ou le reste du Canada. Pourtant, si on parlait de fondre Westmount dans les circonscriptions autour, le même monde qui trouvait diabolique l’idée de l’indépendance du Québec crierait au scandale.

Et avec raison!

L’idée de la souveraineté, c’est justement pour défendre la communauté québécoise dans un grand pays bilingue et multiculturel. La démographie du Québec est en chute libre parce que comme tous les peuples plus modernes, on fait moins d’enfants. Le Québec perd du pouvoir et à moyen ou long terme, il ne peut qu’être noyé dans la marre anglophone et multiculturaliste.

Ça n’a rien de xénophobe ou exclusif. Il n’y a rien de mal à être un anglo de Westmount ou un franco du Plateau. Ça peut être toute du bon monde gentil ET quand même trouver qu’ils gagneraient à faire les choses à leur façon chacun de leur bord.

Et là, je ne raconte pas tout ça pour que les fédéralistes deviennent souverainistes. J’aimerais juste qu’on réalise que ça peut être un objectif tout à fait défendable, sain et noble. Et que le double standard dans le présent débat des circonscriptions est d’une hypocrisie totale et flagrante.

D’ailleurs, c’est vraiment triste pour la circonscription de Manon Massé qui comprend entre autres le village gai. C’est à croire que cette communauté-là compte moins que la communauté juive. En plus, Massé est dans les rares députés qui n’a pas gagné son siège juste parce qu’elle faisait partie du bon parti politique. Comme Françoise David, elle a buché et travaillé vraiment longtemps sur le terrain avant d’être élue. Évidemment, ça ne devrait pas être un facteur pour définir les futures cartes électorales, mais au niveau humain, ça reste triste.

 

Ma victoire morale : les 6-7% de Paul St-Pierre Plamondon

« J’ai lâché le PQ il y a longtemps parce que c’est un parti de vieux! »
– Un jeune

Je suis toujours surpris de l’importance de la coquille en politique. Du contenant. Comme si les gens ne réalisaient pas que ce qui forme un parti, ce sont les gens qui a dedans. Si les plus à gauche quittent le navire, le parti devient plus à droite. Si les plus jeunes s’en vont, le parti devient plus vieux. Et à l’inverse, si un gars comme Paul St-Pierre Plamondon décide d’y amener ses valeurs progressistes, ça amène le parti à devenir plus progressiste.

Et c’était ça la bonne nouvelle dans la soirée d’hier : PSPP n’a pas babouné dans son coin en reprochant au PQ d’être un trip de baby-boomer, il s’est impliqué. Et au-delà des 6-7% de votes, il a amené du sang neuf qui était bien nécessaire dans le mouvement indépendantiste.

Avec PSPP, Véronique Hivon, Jean-Martin Aussant, Gabriel, Nadeau-dubois, Alexandre Cloutier, etc. Ça commence à donner une relève qui a du bon sens avec plein de monde qui a le coeur à la bonne place.

Pour Cloutier, il n’a vraiment pas eu une bonne course. C’est dur d’être le grand favori qui perd du terrain chaque semaine. Son ton de faux-entrain sonnait de plus en plus faux. Je pense que Lisée l’a mis KO lorsqu’il a parlé de le placer ministre de l’éducation. C’est tellement sa chaise. Il serait à son meilleur dans ce rôle-là.

De toute façon, pour être chef du PQ en ce moment, ça ne prend pas un Justin Trudeau qui veut se faire aimer de tout le monde, ça prend quelqu’un qui vit bien avec les attaques sournoises. D’ailleurs, Couillard a déjà commencé à traiter Lisée de Le Pen québécois.

Quand t’es chef du Parti Québécois, ça vient avec.

Pourtant, Le Pen est une xénophobe de droite alors que Lisée est le gars qui a écrit Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Lisée n’est pas non plus xénophobe, mais il connait assez l’électorat pour jouer cette carte-là politiquement. La réplique à Cloutier où il s’est servi de Charkaoui est un parfait exemple de ça.

Est-ce que c’est une attaque noble et pleine de hauteur? Pas du tout. Mais accuser Lisée d’être raciste ou xénophobe à la base est un geste tout aussi bas. Lisée est un tacticien d’élite qui est prêt à dire ce qu’il faut pour gagner. Il est capable d’être intelligent et d’élever le débat, mais il est aussi capable de jouer cochon.

C’est pour ça qu’il était le meilleur candidat possible pour le choix d’hier.

Pour 2018, les Québécois auront le choix entre Philippe Couillard, cette image patriarcale du bon père de famille entouré de requins qui n’ont pas du tout à coeur l’intérêt des Québécois, et Jean-François Lisée, un stratège machiavélique entouré de bonnes personnes progressistes qui veulent donner le meilleur aux Québécois.

On verra bien ce que ça donne.

Mes impressions sur la course du PQ, deuxième partie

Mon premier post sur la course date déjà de la mi-septembre. Après deux gros débats, il est temps de faire un suivi!

J’ai appris cette semaine qu’il faudra voter pour nos candidats préférés dans un ordre de 1 à 4. C’est très cool parce que ça permet d’être plus nuancé.

Ce que je sais déjà, c’est que c’est Paul St-Pierre Plamondon qui démontre le plus de hauteur et d’intelligence alors il se méritera mon premier choix. Je sais aussi que Martine Ouellet et son attitude de wannabe-présidente de secondaire 4 sera mon dernier.

Là où j’hésite, c’est entre la deuxième et troisième position. Et si on se fie aux sondages, c’est là que ça se joue.

Course au meilleur deuxième

Même s’il a été en tête et backé par l’establishment du parti depuis le début, Alexandre Cloutier connait une très mauvaise course. Il a eu l’air tanné, marabout et suffisant tout le long. Il ne présente aucune idée nouvelle. Il ne démontre aucune vision. Je ne sais pas si c’est moi qui avais trop d’attente, mais il semble juste être un politicien comme les autres.

Ce n’est pas qu’il soit mauvais. Il est juste si loin de l’excellence.

Sauf qu’en même temps, Jean-François Lisée devient de plus en plus facile à disqualifier chaque semaine. Il se faisait encore planter cet après-midi suite à d’autres propos sur l’immigration.

Bon, il faut savoir que si t’es au PQ, les accusations de racisme et de xénophobie vont rentrer au poste qu’elles soient méritées ou non. Il y a plein de fédéralistes qui n’arrivent pas à s’expliquer le concept d’indépendance autrement que par un gros trip raciste.

« Ce serait tellement plus simple si le Québec pouvait juste se laisser mourir et devenir une belle province anglophone comme les autres! » #ouvertsurlemonde

En fait, même si la loi 101 est reconnue aujourd’hui comme une loi extraordinaire, si le PQ la sortait aujourd’hui, on les traiterait sûrement de xénophobe et de ne pas être assez « ouvert sur le monde » et on leur suggérerait de laisser tomber ce maudit côté identitaire lassant.

Bref, quand des gens accusent des péquistes de racisme, c’est important de se méfier de la source. Mais même si je persiste à croire que Lisée n’est pas xénophobe et encore moins raciste, il joue beaucoup trop cette carte-là au cours de la course pour que ce soit innocent. Même si l’immigration était un réel problème, il n’a pas besoin d’en parler autant. Et s’il en parle autant, c’est clairement parce qu’il sait que plusieurs militants péquistes sont des épais rednecks et que ça lui gagne des votes.

En fait, la plupart de mes amis qui ont pris leur carte du PQ sont des fans de Lisée et ils arrivent tous à justifier les paroles de leur poulain en se disant qu’il dit juste ces trucs-là pour mettre les militants tatas de son bord. Et effectivement, je suis sûr que ça l’aide stratégiquement pour remporter la course, mais c’est aussi dommageable pour le parti. Et particulièrement pour l’indépendance.

Et moi, je n’ai aucune tolérance pour les politiciens qui nuisent à l’indépendance.

Qui sera meilleur avec une équipe?

Aussi, il ne faut pas oublier que tout ce monde-là finira par travailler ensemble, et je pense que Cloutier paraitra mieux quand il aura Lisée et PSPP de son bord pour lui amener un peu de contenu et des idées, tandis que Lisée ne sera jamais meilleur comme chef que ce qu’il démontre présentement en mode loose cannon. Même s’il est clairement le meilleur des quatre pour affronter Couillard lors d’une joute verbale, il dit juste trop de niaiseries pour ramener le PQ sur la map.

Donc si la tendance se maintient…

Mon vote devrait ressembler à :

#1 : Paul St-Pierre Plamondon
#2 : Alexandre Cloutier
#3 : Jean-François Lisée
#4 : Martine Ouellet

Et encore une fois, j’aimerais préciser que Jean-Martin Aussant serait 10 fois meilleur que n’importe qui dans cette course-là. En fait, la grande question que je me pose : qui de ces quatre candidats a le plus de chance de ramener Aussant au parti?

Mes impressions sur la course du PQ

Même si c’est gênant d’être péquiste depuis cette histoire de charte ridicule, j’ai pris ma carte de membre du Parti Québécois il y a un mois et demi. La seule autre fois où j’avais pris une carte d’un parti, c’était pour Jean-Martin Aussant à Option Nationale.

J’ai choisi de suivre la course parce que je n’aimais pas la couverture médiatique. Dans la course précédente, on y allait toujours qu’avec l’angle PKP et maintenant, c’est juste l’angle que c’est plate (ils s’ennuient de PKP) ou de la chicane au PQ.

Pourtant, c’est une course à la chefferie. C’est normal que ça brasse un peu. C’est sûr que si t’es fédéraliste et/ou tanné d’entendre parler de souveraineté, la course du PQ va te taper sur les nerfs et tu vas juste répéter qu’ils sont déconnectés de la réalité.

Mais ces discussions sont inévitables.

Perso, j’étais enthousiaste sur cette course parce que les plus jeunes s’en mêlent enfin et Bernard Drainville qui a fait tellement de dommage au parti a enfin décidé de s’en aller. Il reste maintenant aux autres à se libérer de cette étiquette xénophobe que la charte aura laissé derrière elle.

J’étais très déçu que Véronique Hivon quitte la course parce qu’elle amenait quelque chose d’important au sein de cette course. Elle a le coeur à la bonne place et sa présence forçait tout le monde à se comporter un peu mieux.

Voici mon avis sur les quatre survivants :

Jean-François Lisée

Jean-François Lisée est le seul du groupe que je juge apte à affronter Philippe Couillard dans un débat. Il est d’une intelligence redoutable, mais crime qu’il a des défauts. Pas si étonnant qu’il ait été conseiller si longtemps. Il a un côté troll (un peu à la Gaétan Barrette) qui l’aide à ne pas prendre les débats de façon trop personnelle mais qui lui enlève aussi souvent de la hauteur. La hauteur qu’on aimerait retrouver chez un chef.

Martine Ouellet

Martine Ouellet est la seule du groupe pour qui je sais déjà que je ne voterai pas. Elle a beau être la candidate du référendum rapide, elle a un peu le même problème que Marois : elle manque gravement de charisme. Même avec ses meilleures lignes, sa livraison est toujours off.  Même si elle bouge les bras pour faire plus convaincante. Elle veut un pays maintenant, mais ce n’est pas quelqu’un avec qui on a le goût de prendre ce genre de risque-là.

Alexandre Cloutier

Cloutier semble se placer comme le Justin Trudeau des pauvres, mais il a souvent l’air encore plus suffisant que l’original. Ce n’est pas un mauvais candidat, mais j’ai toujours préféré les politiciens qui savaient où ils s’en allaient que les politiciens qui s’attendent à des réponses des militants. Des phrases comme « Je vais écouter les membres parce que c’est VOUS les meilleurs! », ça gagne des course à la chefferie, mais ça ne gagne rien d’autre. De toute façon, s’il y a du monde sur qui je ne baserais pas un programme politique ou un projet de pays, c’est bien la base la plus militante du PQ.

Je ne sais pas si cette course amènera du nouveau monde au PQ, et ça relève probablement du préjugé, mais mon impression des dernières années n’est pas très bonne. Les militants avec des idées plus à gauche sont partis chez Québec Solidaire, les militants avec des idées plus visionnaires sont allés à Option Nationale.

Qu’est-ce que ça laisse au PQ? Du monde qui trip Drainville, genre.

Pour revenir à Cloutier, il m’a vraiment dérangé en parlant constamment de viser le 50% ou le trois millions de Québécois nécessaires pour faire un pays. Comme leader d’un projet pareil, t’as besoin d’être vraiment plus rassembleur que ça. Même si tu peux la faire à 50% + 1, la souveraineté est un grand projet de société qui doit inclure tout le monde, pas quelque chose qu’une moitié de la population impose sur l’autre.

 

Paul St-Pierre Plamondon

PSPP est le seul du lot qui fait appel à mon intelligence et j’apprécie ça. Il amène un peu de ce qui manque depuis l’abandon de Véronique Hivon. Son manque d’expérience parait par moment, mais c’est mon candidat préféré à date. Pas que je pense qu’il ait une chance de gagner, mais je trouve que c’est le genre de candidature qu’il nous manque en politique. Du monde intelligent avec le coeur à la bonne place.

Cela dit, personne là-dedans n’a l’étoffe d’un Jean-Martin Aussant et une vision aussi claire d’un futur pays.

Et vous, qu’est-ce vous en pensez?