Je trouve ça décevant de voir les gens frustrés contre les étudiants. On les regarde de haut. On entend beaucoup de trucs ridicules. Comme si on avait été mieux qu’eux. Comme si on l’était encore. On leur fait la morale.
« Vous êtes mieux de manifester comme faut! »
« Achetez pas d’alcool ou de cellulaires avec votre argent! »
Sans réaliser qu’on tire dans notre propre pied, on veut qu’ils souffrent. On veut qu’ils rush parce que notre vie à nous, elle n’a pas été facile pis ce sera pareil pour eux autres. C’est un autre choc entre la gauche et la droite.
Droite : la vie c’est tough, donc chacun pour soi.
Gauche : la vie c’est tough, donc entraidons-nous.
On entend souvent que la nouvelle génération est individualiste, mais là c’est clair : le reste de la population l’est encore plus.
« Si tu manifestes mal, on t’haït.
Si tu manifestes bien, on t’ignore. »
Les étudiants ne sont même pas là pour eux, ils seront à peine touchés par la hausse. C’est la génération d’après qui va s’en prendre plein la gueule au niveau du budget, et surtout la société qui va voir sa relève être moins éduquée, moins juste, mais pleinement désabusée.
Se sortir du trou en coupant dans la jeunesse, c’est ça notre plan. On improvise sur des coups de tête, selon comment on feel sur le moment. « Argh, je perds 90 minutes dans le traffic, crissons le Québec dans le mur. »
L’impact qu’il y aura sur la génération qui est dans la rue en ce moment, c’est qu’elle va se dire que finalement, personne n’est solidaire. C’est chacun pour soi. « Prends ton trou et ferme ta gueule. » Le gouvernement, c’est bien connu, fait toujours tout pour le bien commun.
Right.
Ces jeunes-là sur lesquels on chie, ces jeunes qu’on méprise, ils ne vont pas disparaitre. Ce seront eux les nouveaux citoyens, les nouveaux Québécois. C’est avec eux qu’on va forger notre société. Avec les valeurs qu’on leur démontre en ce moment. Une autre batch d’individus qui se sent exclu dans un pays sans projet de société, sans vision, et dont l’ambition se résume à la moyenne canadienne.
Lorsqu’on décrit les manifestants, c’est toujours « les étudiants, les parents, les profs ». Comme si l’enjeu ne touchait personne d’autres. Pourtant, il y a plein d’autres citoyens. Ça nous touche tous. Je suis là, et je ne suis ni jeune, ni étudiant, ni parent ou prof.
Je suis là parce que l’accessibilité à l’éducation, c’est important. Pour le Québec, c’est fondamental. C’est primordial. En fait, c’est pas mal la seule chose qui peut encore nous sauver.