Les sites de torrents qui ferment

Intéressant de voir qu’en ce début 2015, les autorités (le FBI?) semblent être plus intenses sur les fermetures de sites de piratage. Pirate Bay a été fermé pendant un bout de temps. EZTV aussi. Cette semaine, c’était au tour de Kickass. Évidemment, tout est revenu à la normal.

Autant j’aime bien avoir tout ce contenu gratuitement, autant je suis content dès qu’un site se fait rentrer dedans. Ça me fait chier de voir que des gens volent et piratent des trucs qui coûtent super cher à produire sans même se rendre compte du geste qu’ils posent. C’est rendu super fréquent sur Facebook.

« Quelqu’un connait un site où je peux regarder Game of Thrones? »

Zéro culpabilité. C’est juste normal. Les gens sont même fiers de partager leur fameux site qui a TOUT! C’est comme si c’était qui avaient tout créé. Ils se sentent généreux de partager des trucs qui ne leur appartiennent même pas.

Et là, tout l’argent des 14 000 pubs (et adwares) va au pirateux. D’ailleurs, c’est le même modèle d’affaires pour plein de sites qui scorent fort sur le web en ce moment. Tu fais de l’argent en partageant des trucs que tu n’as pas créé. Tu partages la vidéos d’un site. Tu mets une photo d’un autre site. T’ajoutes un gif animé, 2-3 phrases vides en caractères gras et t’attends tes likes

Mais quand l’argent ne va qu’à des sites comme ça, je ne sais pas si c’est un modèle qui peut tenir longtemps.

Quand on regarde ce qui se passe au niveau des films, c’est assez décourageant. On se canibalise de plus en plus en reprenant des vieux succès ou en reprenant des livres à succès ou en faisant un nouveau film sur la bonne vieille franchise de superhéros à succès. Toujours un cover ou une reprise ou un reboot.

Mais je m’égare.

Ce que j’étais curieux de savoir, c’est s’il est trop tard. Là, ça doit faire 10 ans que tout est disponible gratuitement. Si tous les sites de piratage fermaient demain matin pour six mois, est-ce qu’on recommencerait à payer pour ce qu’on consomme? Technologiquement, c’est pratiquement impossible, mais je suis curieux de savoir ce que ça ferait.

En fait, je me demande si le modèle actuel est en mutation vers quelque chose de viable où les gens vont recommencer à payer pour l’art et le contenu, ou si c’est juste la fin, et que ça n’arrivera plus jamais.

Ce ne sont pas des fous

Je suis tanné qu’on répète dans les médias que les gens qui ont commis l’attentat au Charlie Hebdo sont des fous. Ce ne sont pas des fous. Des fous, ça ne commet pas ce genre de crime. Un fou, ça se fait tirer par des policiers dans le métro parce que ça a décidé sur un coup de tête de courir sur le quai en poignardant des gens au hasard.

C’est quelqu’un qui n’a pas de contrôle ou qui hallucine. Quelqu’un qui a besoin d’être médicamenté et suivi.

Un fou, ça n’organise pas des manoeuvres militaires en groupe sur des cibles concrètes afin de passer des messages de façon méthodique. En fait, juste l’idée d’une équipe de fous, solidaire et organisée, c’est parfaitement absurde.

Ce sont des gens avec des convictions profondes et des valeurs fortes. Est-ce que Jean Tremblay est un fou parce qu’il croit que l’attentat est l’oeuvre du diable? Est-ce que les créationnistes sont tous des fous parce qu’ils nient l’évolution? À partir de quand passe-t-on de sain à fou? Au moment où t’agit sur tes croyances? Au moment où tes actes cessent d’être inoffensifs?

C’est gens-là ne sont pas des fous. Ce sont des radicaux. Des extrémistes. Des obscurantistes. Et ils commettent ces actes de façon parfaitement consciente.

Mes réactions sur la première partie du docu Beauté Fatale *mis à jour*

Le documentaire : Beauté fatale.

(Je réagis seulement à la première partie sur deux.)

J’ai beaucoup de sympathie pour les anorexiques. C’est une maladie mentale horrible. Ça affecte ton jugement. Ayant seulement vécu des épisodes de dépressions, ce sont des maladies aux impacts très différents. La dépression fait que tu vois tout en noir et que tout semble sans issue. Il reste que dans les deux cas, tu ne peux plus faire confiance à ton jugement. Ta perception s’éloigne de la réalité.

Comme adulte, avec des efforts, c’est possible de rationaliser la différence entre notre perception de la réalité et la réalité. Mais quand ça t’arrive à 7 ans comme dans le cas de Léa Clermont-Dion, c’est pratiquement impossible d’y voir clair.

En regardant le documentaire, j’ai d’abord eu le réflexe de voir ça de façon hyper rationnelle. En mode solution, même. Mais plus je regardais, plus je me disais que c’était davantage une démarche thérapeutique qui fera peut-être du bien à sa protagoniste de 22 ans et aux autres filles souffrant de problèmes similaires.

De mon point de vue, tous les paradoxes dont Clermont-Dion prend conscience au cours de sa démarche, ils me semblent évidents dès le départ. Pour moi, c’est ce qui ressort tout de suite.

J’ai trouvé la maturité dans les propos de la maquilleuse Léa Bégin très rafraîchissante. Elle vise en plein dans le mille. En plus, elle semble sincère. Elle ne fait pas que répéter des slogans entendus ailleurs. Son discours est réfléchi. Intégré. Son anecdote sur l’impact que sa beauté accentuée a eu sur les petits gars à l’adolescence n’est pas teintée d’amertume. C’est seulement une prise de conscience. Sa démarche vise à régler ses problèmes en tenant compte de cette réalité.

Dans la démarche du docu, j’ai souvent l’impression qu’on cherche des coupables. Ce qui est bien correct, mais ce sont souvent des coupables faciles et populaires. Quasi populistes. Il y a une naïveté dans le propos. J’ai eu l’impression que LCD blâme sa mère alors qu’elle est vraiment tombée sur une femme saine et douée d’une grande intelligence émotionnelle. On semble aussi attendre le jour où les magazines de beauté arrêteront d’être des plateformes à vendre des produits de beauté. Mais ça n’arrivera jamais. C’est leur raison d’être.

En fouillant notre passé, on peut tous trouver des raisons et des explications qui font qu’on perçoit mal les choses au présent, mais il y a un moment où il faut en arriver à la prochaine étape. Au gros constat important : je perçois mal les choses.

Il y a aussi des questions fondamentales à se poser. Est-ce que je veux plaire aux gars? À mes copines? À mon copain? À moi-même? Il n’y a rien de mal à répondre « oui » à toutes ces questions, du moment que c’est dosé de façon saine. Quand tu souhaites devenir mannequin pour porter les vêtements mieux que toutes les autres filles du monde ou d’être sex-symbole pour plaire à tous les garçons de la planète, tu t’enlignes sur une track dangereuse. C’est vraiment beaucoup demandé.

C’est impossible d’être heureux longtemps quand 90% de ton bonheur repose sur un besoin démesuré d’approbation. Que tu cherches l’approbation en étant un canon de beauté ou en disant les bonnes affaires à la télé, ça demeure le même problème de fond.

Pour arriver à être bien, il faut se construire sur des bases plus solides que ça.

J’ai hâte de voir la seconde partie.

AJOUT : Je viens de regarder la deuxième partie du documentaire et je n’ai pas grand-chose à ajouter à part que ça faisait du bien d’avoir l’input des femmes plus âgées. Ce n’est pas le même thème, mais c’est vraiment le défi d’une vie de s’accepter dans son corps qui décrépit.

Ma théorie (du complot)

Quand on jase que les Québécois payent trop d’impôt et que personne ne voudra rester ici t’à l’heure, quels arguments amène-t-on?

– Le système de santé gratuit
– Les garderies à 7$
– 30 Vies (Ok, non)

Quand on se compare aux autres provinces, l’argument des garderies à 7$ est toujours la première chose qui sort! Ça compense pour le plus haut taux d’imposition. Un beau 7$ par enfant universel qui encore toutes les familles, notre relève.

Maintenant que c’est terminé et que le 7$ n’est devenu qu’un filet social pour les pauvres. L’argument prend le bord. Pour les pas-pauvres, ça va monter jusqu’à 20$+ comme partout ailleurs. Et une fois à 20$, pourquoi tu n’irais pas dans une garderie privée, hein? Pu besoin de te mélanger avec les inférieurs. On peut retourner comme avant dans nos beaux silos de classes sociales.

Et une fois que tu n’as pas plus de service qu’ailleurs, pourquoi criss tu payerais plus d’impôt, hein?

Et voilà. Boom-e.

En scrapant l’universalité des garderies à 7$, tu scrap du même coup l’argumentaire pour le modèle québécois. Fini les ambitions plus sociales et progressistes. Le Québec est une province comme les autres. Pareil, mais plus endetté. Il faut donc encore plus scraper tout ce qui nous rend meilleur et distinctif au lieu d’aller fouiller dans les gaspilles d’argent dont les scandales pleuvent.

(Je l’avais dit que c’était une théorie du complot.)

Concernant l’assassinat de Radio-Canada

Il serait surprenant de voir les Conservateurs changer d’avis sur l’importance de Radio-Canada. De toute façon, les libéraux ont fait à peu près la même chose avant eux. Sans compter que le destin de Radio-Canada est intimement lié à celui de CBC, et le Québec est loin d’avoir une voix forte dans ces discussions-là.

Cela dit, ce qui me dérange le plus, c’est qu’une bonne partie de la population ne semble pas réaliser que la santé de Radio-Canada est un enjeu central dans notre démocratie et notre culture. J’ai condensé quelques arguments en essayant fort de ne pas tomber dans le Conservateur-bashing facile.

L’objectivité journalistique

C’est clair qu’un journaliste ne devient pas un journaliste objectif dès qu’il travaille pour Radio-Canada. Au même titre qu’un journaliste ne devient pas croche dès qu’il est repêché par La Presse ou TVA. Il n’y pas non plus de méchant boss qui force ses journalistes ou chroniqueurs à avoir une opinion plus qu’une autre.

Sophie Durocher n’a pas besoin d’une commande pour écrire des niaiseries. Les chroniqueux comme Martineau, Duhaime ou Durocher savent très bien que c’est en ayant des opinions controversées qu’ils vont faire le plus d’argent. On les a engagé pour ça. Ils n’ont pas besoin de bons arguments, ils ont besoin d’arguments spectaculaires. Des arguments qui vendent de la copie. Ces gens-là savent créer des controverses avec rien pour générer du trafic. Ils deviennent donc un bon investissement pour une entreprise privée. Mais un bon investissement pour une information de qualité?

L’information de qualité, ça demande de la rigueur. De la crédibilité. Ça demande d’être redevable et d’être le plus objectif et impartial possible. Le diffuseur public a des responsabilités face à la population et en est redevable.

Bon, Radio-Canada est loin d’être parfaite. Je me rappelle que durant la crise étudiante, on tentait d’établir si une manifestation avait dégénéré à cause des étudiants ou de la police. Quel « expert » avait-on choisi pour trancher la question? Le chef de la police.

Assez ridicule. Il reste qu’il y un processus pour se plaindre de ce genre de chose et la société devra y répondre. Radio-Canada a comme mandat d’informer le mieux possible sa population.

Prôner l’affaiblissement de Radio-Canada, c’est prôner l’ignorance.

Pas d’émission jeunesse -> pas d’émission adulte -> pas d’émission pantoute

Radio-Canada a déjà coupé massivement dans ses émissions jeunesse. En fait, est-ce qu’il reste encore des émissions pour adolescents à Radio-Canada? Et pour les 9-12 ans? Une bonne partie de la population se fout pas mal de ce genre de truc.

« Qui va s’ennuyer de Watatatow?! »

Cependant, le nombre d’acteurs, de réalisateurs et de scénaristes qui sont passés par des émissions comme Watatatow est impressionnant. C’est une façon de prendre de l’expérience et de se perfectionner dans des métiers difficiles. C’est toute notre industrie qui s’améliorait avec ce genre de plateforme.

Présentement, on ne se rend pas compte des dommages parce que les artistes qui sont passés par ces émissions-là sont encore sur le marché, mais on ne se renouvelle plus depuis déjà quelques années et les conséquences seront longues à réparer.

Et pour les gens qui méprisent les artistes, ils sont loin d’être les seuls citoyens affectés par ces mesures.

On néglige souvent ce fait, mais il est prouvé qu’une population qui ne regarde pas ses émissions jeunesse à l’enfance ne regardera pas non plus ses émissions locales à l’âge adulte. Les Français ont d’ailleurs ce problème. Ils ont beaucoup de misère à faire marcher leurs propres séries télé parce que la population préfère et s’est habituée aux séries traduites américaines.

Et avec la télé privée américaine vient la culture et les valeurs de la télé privée américaine. Sans chercher à diaboliser les États-Unis ou le reste du monde,  est-ce qu’on souhaite vraiment que les Québécois n’écoutent que de la télé qui est produite de partout sauf d’ici? Avec les valeurs de tout le monde sauf des nôtres?

Ne pas dépendre des pubs et des cotes d’écoute

L’entrée de la pub est un des trucs catastrophiques qui est arrivé à Radio-Canada. Encore là, la population ne remarque pas vraiment les impacts d’une telle décision. Ajouter de la pub, c’est seulement une nouvelle entrée d’argent qui est bonne pour tout le monde, non?

Pas nécessairement.

C’est que la pub arrive souvent pour compenser une baisse de budget. Les effets sont pervers. Par exemple, quand une partie de ton budget dépend de la pub, ça implique que tu dois maintenant te préoccuper des cotes d’écoute et aller en chercher un maximum pour maintenir ton budget.

Malheureusement, les cotes d’écoute ne sont pas toujours en parfaite corrélation avec la pertinence ou qualité.

– La télé-réalité, ça attire plein de monde.
– Les vidéos de chatons, ça attire plein de monde.
– Les nouvelles sur le conflit au Moyen-Orient, c’est un peu moins sexy.

Quand tu choisis ton sujet de nouvelle ou de chronique, le côté pop devient un facteur beaucoup plus important. Est-ce que tu parles des fesses de Kardashian ou t’y vas avec une enquête sur le lobby obscur qui demandera dix fois plus d’effort pour dix fois moins d’intérêt?

Bon, mon exemple est gros (et bombé), mais c’est une réalité qui touche tous les médias en ce moment. On ne veut plus investir ou prendre des risques, on veut faire ce qui rapporte le plus. D’ailleurs, où est l’audace dans la télé québécoise si on enlève les chaines publiques?

Radio-Canada rend sa compétition meilleure

Sûrement qu’en lisant mon texte, vous vous êtes déjà dit quelques fois des trucs comme…

« La Presse est une entreprise privée et ils ont des bons journalistes. »
« Pourtant, les nouvelles TVA ont bien du bon sens. »
« Dora est une émission jeunesse super éducative. »

Et je suis plutôt d’accord. Encore une fois, je ne cherche pas à diaboliser le privé. C’est juste que l’objectif d’une compagnie privée, c’est de faire de l’argent. Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est seulement que ça ne va pas nécessairement en accord avec le bien collectif.

Si les produits des compagnies privées sont d’aussi bonnes qualités, c’est souvent en bonne partie parce que les diffuseurs publics tels que Radio-Canada les force à rester honnêtes. Le privé est bien conscient que s’il y va trop fort avec les calories vides, la population va retourner massivement vers son diffuseur public.

Mais pour ça, il faut qu’il existe et qu’il soit en santé.

Sinon, ça ressemble aux États-Unis où l’on voit quotidiennement la guerre entre des réseaux comme CNN et Fox News. Ça devient difficile de se faire une tête et d’être bien informé parce qu’on sait d’avance les opinions et les agendas de tout le monde. Le but de ces chaines n’est pas de nous informer le mieux possible, c’est d’attirer un maximum d’auditoire devant leur poste pour faire un maximum d’argent.

Comme citoyen, la seule chance d’être bien informé, c’est si la bonne information devient l’information la plus payante. Les chances sont minces. La vraie information, ça coûte cher. Ce n’est pas une façon facile de faire des profits. Il n’y a qu’à regarder TQS/V qui s’est débarrassé de sa salle de nouvelles dès que c’est devenu possible. C’est beaucoup moins cher de produire des émissions où l’on regarde des inconnus en train de souper. Imaginez la différence de budget et d’heures de recherche comparé à une émission comme Enquêtes à Radio-Canada.

Si Disney offre aujourd’hui une multitude de films avec des personnages féminins forts qui prennent enfin la vedette, ce n’est pas parce que ses dirigeants ont soudainement eu envie d’accorder plus d’importance aux femmes et à leur émancipation. C’est parce que bien tranquillement, c’est devenu l’option la plus payante.

Est-ce qu’on veut une télé qui réagit lentement au marché ou une télé moderne et avant-gardiste qui nous projette vers l’avant?

La rentabilité de Radio-Canada

On voit constamment les diffuseurs privés planter Radio-Canada. C’est de bonne guerre. Radio-Canada ne devrait jamais répliquer. Elle n’est pas là pour être en compétition. Elle n’est pas là pour battre TVA. Elle est là pour être la meilleure possible. Un modèle. Un rempart.

La rentabilité d’un diffuseur public ne se mesure pas niveau des cotes d’écoute. La rentabilité d’un diffuseur public se mesure à ce qu’elle apporte à la population. Parce qu’une population informée, cultivée et vigilante, c’est une population qui devient difficile à manipuler. C’est une population qui prend de meilleures décisions. Et une population qui prend des décisions éclairées, ça devient rapidement rentable à tous les niveaux.

Le documentaire Inequality for all

Il y a des documentaires qu’on aimerait que tout le monde ait vu et Inequality for all fait partie de la liste.

Un docu aussi intéressant que pertinent qui explique de façon hyper dynamique comment les États-Unis se sont ramassés avec un l’écart riches-pauvres si importants. On constate aussi à quel sera difficile à changer pour eux.

Il est disponible sur Netflix.

Il est disponible partout.

Il suffit de regarder le site officiel :

inequalityforall.com 

Inequality For All

Dans le positif, notre société est beaucoup mieux arrangé que la leur à bien des niveaux. Mais dans le négatif, il y a un nombre croissant de gens qui rêvent et proposent toujours qu’on devienne un peu plus comme le système américain.

Vous ne penserez plus la même affaire après avoir vu ça.

Si tu veux te décourager de l’espèce humaine…

Ok, c’est rare qu’on file pour se décourager de l’espèce humaine, mais si c’est le cas, il suffit de regarder les commentaires sous les articles où l’on parle d’un sportif qui aurait battu sa femme.

S’il n’y a pas de vidéo, on y va pour des classiques tels que :

  • « Il n’y a pas de preuve. »
  • « Elle veut juste faire parler d’elle. »
  • « C’est toutes des folles. »
  • « Elle fait juste ça pour l’argent. »
  • « Pourquoi elle serait restée avec lui s’il la bat depuis 10 ans, hein? »

Et quand il y a une vidéo qui montre le gars en train de battre la fille, ça devient :

  • « On ne connait pas le contexte. »
  • « La fille a sûrement tout manigancer pour aller chercher de l’argent. »
  • « Pourquoi on parle de t’ça? C’est un site de sport. »

Je suis loin d’être du bord des gens qui veulent que la personnalité soit reconnue coupable par défaut avant même son procès. Récemment, le chanteur de Bright Eyes s’est fait accuser à tort d’agression sexuelle par une groupie folle et son nom sera entaché à jamais. Mais ça reste sidérant de voir les gens se trouver des façons de se convaincre que l’athlète ou la vedette est irréprochable.

C’est toujours la fille qui est une folle ou une bitch à l’argent qui a couru après. Le fait qu’elle se fasse tabasser, ce n’est pas si important que ça. En fait, c’est comme si ça venait avec : si tu sors avec une vedette, faut que t’acceptes ta volée une fois de temps en temps. C’est la moindre des choses.

Souvent, quand je vois des histoires du genre, ça se passe sur des sites américains ou brésiliens (pour les MMA) alors je me dis que ce sont surtout leurs sociétés à eux qui sont en retard et plus machistes que la nôtre dans ce genre d’enjeu, mais quand je vois le même genre de propos en abondance sur les Facebook de TVA Sports ou de RDS, c’est tough de garder ma tête confortablement dans le sable de plage.

Il me semble qu’on sensibilisait les gens à dénoncer la violence conjugale en encourageant les victimes à en parler. Mais finalement, quand le monde en parle, il est tout à fait acceptable dans notre société de les attaquer avec une totale absence de compassion.

C’est une honte.

Et le pire dans tout ça, c’est que ça se fait ouvertement sur Facebook. Les gens ont leur vrai nom et leur vraie face et souvent, le reste de leur famille est avec eux sur leur photo de profil. Ils ont des enfants. Ces gens-là sont des parents! C’est tellement décourageant.

Je déteste être aussi conscient de combien le monde est laid.

Les fameux souverainistes « pressés »

Ça m’énerve quand les journalistes et chroniqueurs qualifient certains indépendantistes de «pressés». C’est péjoratif et ça fait cheap. Ça sonne un peu botcheux hystérique.

Pourtant, est-ce que vouloir un référendum dès le premier mandat indique vraiment de la presse et de l’impatience considérant que le PQ s’est fait sortir juste avec l’hypothèse de peut-être proposer un référendum un moment donné dans un futur indéterminé?

C’est plutôt lorsqu’on est prêt à promettre qu’il n’y aura pas de référendum dans un premier mandat qu’on est pressé. Pressé de gagné ses élections. Pressé de retourner au pouvoir.

Proposer un référendum au premier mandat, non seulement c’est d’être honnête dans ses propositions, mais c’est aussi faire preuve d’une grande patience. C’est d’attendre que les Québécois soient prêts. Et ça, si on se fit à la tendance des dernières années et des sondages, ça s’enligne pour prendre un méchant bout de temps.

 

Le début bizarre de la course à la chefferie du PQ

(Article que je viens de me taper.)

Jusqu’à maintenant, les candidats sont Bernard Drainville et Jean-François Lisée.

Personnellement, je suis dans le clan « Anybody but Drainville » tellement j’ai peur que ce gars-là se ramasse chef. La charte a déjà été une bombe nucléaire pour l’option souverainiste et continuera de faire mal au PQ tant que ce gars-là sera présent. En plus, il est beaucoup trop suiveux de sondage (et de militants) pour être un vrai bon leader.

Pour ce qui est de Lisée, j’adore le gars et j’aimerais bien le voir performer dans un débat des chefs avant une élection, mais j’espère encore qu’un chef plus charismatique s’en mêlera. Parce qu’on s’entend, le côté intello hautain de Lisée ne passera sûrement pas avec les Québécois insécures, et ça va empirer quand Lisée va essayer de jouer au gars qui ne s’aime pas tant que ça.

J’espère vraiment que ses conseillers d’image vont plutôt lui dire de s’assumer comme il est. Un peu de confiance et d’arrogance, ça ferait du bien.

Pour le moment, et je ne sais pas si c’est la faute des médias, mais ce que je trouve vraiment bizarre, c’est combien ces deux gars-là ne parlent que de référendum. En fait, ça commence à faire longtemps que partout, tout ce qu’on raconte sur le PQ, c’est de savoir où placer la fameuse date du criss de référendum.

Est-ce que ça inspire quelqu’un ça? Personnellement, ce qui m’inspire dans l’idée d’indépendance, ce n’est pas vraiment la partie sur le référendum. En fait, des référendums, ça ne fait pas bander grand monde. Il ne faut pas s’étonner si tous les sondages crient constamment combien tout le monde est écoeuré de parler souveraineté quand tout ce dont on parle, c’est du putain de référendum!

C’est pour ça que mon wet dream, c’est un retour de Jean-Martin Aussant. Lui, au moins, il avait un plan de pays et une vision claire. Il présentait quelque chose d’inspirant à viser. En plus, son background et son casting à la Parizeau le rendait crédible pour en parler.

Là, essayer de déterminer la date où les Québécois auront enfin le courage d’être indépendants, c’est du gros niaisage et c’est de jouer la game des fans du statu quo. Parce que le grand argument des fédéralistes présentement, ce n’est jamais que l’indépendance est une mauvaise idée, c’est que les Québécois n’en veulent pas. Et si tu parles d’une nouvelle date, ils vont juste répéter ça : « T’ENTENDS PAS!? LES QUÉBÉCOIS N’EN VEULENT PAS! »

Mais bon, si les Québécois savaient vraiment ce qu’ils veulent ou ce qui est bon pour eux autres, ça se saurait. (Et notre histoire serait bien différente.) L’idée, ce n’est pas de proposer ce que les Québécois veulent. C’est de proposer ce qui est le meilleur pour eux, en espérant qu’un bon moment donné, ils vont enfin arrêter de choker.