La série que tu dois voir : The Newsroom

The Newsroom est un drame politique de HBO qui a un peu passé drette entre 2012 et 2014. Je dis qu’elle a passé drette parce que moi, je l’avais snobé alors que je me tape à peu près tout. J’ai fini par la regarder un peu à reculons parce que je suis présentement une formation en ligne par le génie qui l’a écrit : Aaron Sorkin.

C’est fou de croire que j’aurais pu passer à côté de cette série-là. C’est vraiment une de mes séries préférées de tous les temps. La première saison est une oeuvre d’une rare perfection.

Sorkin présentait The Newsroom en 2012 en disant que la série « is meant to be an idealistic, romantic, swashbuckling, sometimes comedic but very optimistic, upward-looking look at a group of people who are often looked at cynically.» 

Et c’est exactement ça.

Le concept même de la salle de nouvelles est en pleine crise. Internet et les nouveaux médias viennent chambouler tout ça avec la guerre aux cotes d’écoute et la buzzfeedisation des nouvelles. Le combat entre l’urgence de sortir un scoop versus la rigueur. Entre l’argent et les principes.

C’est vraiment une excellente idée de setup pour une série télé.

Et c’est si bien écrit. Ce niveau de talent et de rigueur dans les textes est rarement atteint. Il y a des séries qui capitalisent sur des comédiens vedette ou une franchise de superhéros populaire ou une prémisse choc qui donne le goût d’en savoir plus.

The Newsroom compte avant tout sur ses textes. Les dialogues sont incroyables. Il faut vraiment porter attention à la joute verbale et à l’humour physique très présent.

D’ailleurs, je portais toujours attention à qui avait écrit chaque épisode dans le générique d’ouverture. Le seul bout où Sorkin écrivait moins, c’est la première moitié de la deuxième saison, et c’est aussi là où la série est un peu plus faible. Cette série-là ne pouvait pas être écrite par d’autres que Sorkin.

Et même si Sorkin écrivait presque tout, il était backé par une writers room de fou et toutes les ressources d’une production HBO. C’est pourquoi la série a autant de contenu. Je n’arrive pas à communiquer combien j’envie ce genre de condition de travail.

La première saison est une des meilleures saison de télé ever. On a tellement envie de travailler là. On a envie de faire partie de ce genre d’équipe compétente et allumé avec un but commun pour le greater good. Ça m’a tellement parlé.

La deuxième saison est moins parfaite même si j’avais l’impression qu’on avait augmenté le budget. On donne enfin à la série un générique digne de ce nom et on se permet plus de scènes extérieures, mais ça n’apporte rien qui n’était pas déjà là.

La troisième saison vient conclure la série de façon aussi réfléchie et travaillée que tout le reste.

Bref, il FAUT que tu regardes cette série. Au pire, fais juste regarder le pilote et il sera trop tard. Tu seras déjà accroc. Et t’auras ensuite accès à un bon 25 heures de gros bonheur.

The Magnificient Seven, quel caca

Je suis allé voir le film The Magnificient Seven avec Denzel Washington, Chris Pratt et Ethan Hawke.

Crime que c’était pas bon. Je ne comprends pas comment des films comme ça arrivent à trouver autant de financement. Ç’a beau être un remake, pour faire un western en 2016, ça demande d’être au moins aussi bons que ceux qu’on faisait dans les années 50.

Le texte est tellement faible. Ils n’ont même pas été capables de trouver des bons liners pour Chris Pratt. C’est une histoire classique où l’on forme l’équipe des sept pour affronter le big bad, mais c’est tellement mal fait.

Le héros décide de s’embarquer là-dedans, mais c’est tellement pas convaincant. Il embarque juste pour faire un film. Ensuite, les six autres embarquent dans la gang pour AUCUNE CRISS DE RAISON. Il y a même un amérindien qui se pointe d’absolument nulle part pour se joindre au groupe.

Il arrive sur son cheval, il offre un bout de chevreuil au leader pis that’s it! Sans farce! Sur sept, il y a UNE présentation qui est intéressante. UNE! Celle du Coréen qui a un duel cool. C’est le seul bon bout du film.

Les sept n’ont aucune complicité ensemble. Les dialogues ne sont jamais drôles. On n’est jamais investi dans la quête de personne. On n’a jamais peur que quelqu’un meure, et de toute façon, on s’en calicerait. C’est un film qui fait vivre zéro émotion. C’est tout ce qu’il y a de mauvais dans les films d’action.

Je ne m’attendais pas à grand-chose, mais le film a quand même 7.1/10 sur IMDB. Les films en haut de 7 ont des qualités, d’habitude. Mais là, c’est juste un gros paquet d’argent garroché dans le feu, y compris mon treize piasses et demi.

Ce que j’ai pensé de Horace and Pete

Horace and Pete est la série télé/web que Louis CK a sorti cette année sans en faire la moindre promo. Un total trip qu’il a produit lui-même avec des comédiens qu’il a appelé personnellement et qui ont décidé d’embarquer avec lui.

J’adore quand des artistes établis continuent à prendre des chances et Louis CK est un des meilleurs exemples de ça. Évidemment, ça aide quand tous les plus gros noms de l’industrie répondent à tes appels.

En gros, Horace and Pete est une genre de pièce de théâtre terriblement dramatique qui est filmée comme une sitcom. C’est sûr qu’on y retrouve l’humour de Louis CK, mais dans un projet beaucoup plus glauque. Genre, l’histoire se passe dans un bar qui appartient à Horace and Pete et l’humour avec les clients en arrière-plan vient alléger le drame familial très lourd.

La série est capable du meilleur comme du pire. Littéralement. Sans spoiler rien, l’épisode six présente une de mes scènes préférées de dating ever et plus tard dans le même crime d’épisode, il y a sûrement une des scènes que j’ai détesté le plus de toute ma vie.

Évidemment, ce n’est pas parfait. Il ne faut pas s’attendre au rythme de Stranger Things ou à des textes travaillées comme dans In Treatment. C’est un side-project qu’apprécieront certains fans de Louis CK et les accrocs de télé qui ont déjà à peu près tout vu.

Si ça vous tente, la série est disponible sur son site web : LouisCK.net

Le long (mais cool) processus de l’autopublication

Quand j’y repense, ça fait quand même un bout de temps que je prévoyais publier un recueil pour Victime de la porn. Je me rappelle que dès les débuts de la chronique, je m’étais justifié le salaire semi-symbolique en me disant que je pourrais en faire un bouquin plus tard. C’est pour ça que dans les premières années de VDLP, j’y parle très rarement de sujets d’actualité.

La seule fois où il y a un peu de mouvement, c’est il y a deux-trois où je m’étais fait approcher par une maison d’édition, mais après quelques recherches, ils en étaient venus à la conclusion que personne ne faisait d’argent avec les recueils de chroniques. De mon bord, je n’ai jamais fait de démarches à des maisons d’édition parce que :

  1. Je n’y connais rien.
  2. On suggère toujours d’y aller pour une maison d’édition où il y a d’autres auteurs avec un style semblable, sauf que mon style dans Victime de la porn, personne d’édité écrit aussi mal. :) Avec le langage très parlé et l’abondance de franglais, c’est beaucoup plus web et bâtard.

Comme je suis disponible ces derniers temps, j’ai choisi que je me ferais tout ça en genre de cadeau à moi-même pour garder quelque chose de cette histoire-là. Je me disais que juste placer mes meilleurs textes bout à bout dans un fichier Word et switcher ça en format Kindle, ça ne pouvait pas être tant de travail que ça. Crime que j’étais dans le champ! Déjà, juste relire un texte pour voir si je le garde ou pas, ça prend quand même quelques minutes, mais c’est impossible de juste relire un texte sans le réécrire.

Du coup, je suis rendu à 1240 minutes de réécriture et je suis encore loin d’avoir fini. Je suis rendu à février 2014. J’essaie de faire ça le plus possible d’une traite pour avoir tous les textes en tête et mieux pouvoir remarquer les trucs qui sont redondants. Par chance, j’ai beaucoup de fun à faire ça! J’en profite aussi pour uniformiser un paquet d’affaires tels que les guillemets, l’usage du mot luv et l’orthographe de mots comme ostie, calice, greyé ou cowgirl inversée. Et tant qu’à y aller moderne, j’ai choisi de flusher tous les î pour être en total graphie rectifiée.

Ensuite, je devrai travailler le pacing pour mieux équilibrer le livre et que tous les meilleurs textes ne soient pas quelque part au milieu. C’est sûr que mes textes du débuts sont moins forts, mais ils ont leur importance. Mais ça reste long vu qu’on parle quand même de garder possiblement 150 chroniques et près de 100 000 mots. Ensuite, je vais sûrement demander de l’aide à mon monde pour choisir les derniers textes et m’aider à spotter les fautes.

Mais bon, pour ces étapes-là, je me sens pas pire compétent. C’est la suite où m’embarque dans l’inconnu de l’autopublication qui est plus stressante.

À la base, je voulais juste publier un format Kindle sur Amazon super simple, mais quand j’ai vu que si peu de gens avaient adopté le numérique et qu’Amazon offrait un service d’imprimerie à l’unité, je me suis dit que ça valait la peine de me forcer pour une version papier. Il reste que ce sera l’étape la plus tough vu qu’elle implique plein d’affaires dans lesquels je suis un total amateur. Quelques exemples :

  • Formater le bouquin dans InDesign
    • Établir la grosseur des pages et les petites marges
    • Les polices de caractère (Electra FTW)
    • Voir si chaque chronique parait bien et arrivent sur la bonne page
  • Créer une page de couverture qui fait pro
    • À date je sais juste que je préfère « matte » à « glossy »
  • Aller chercher un numéro ISBN
  • Remplir plein de formulaires pour pouvoir vendre ça sans me faire taxer à mort
  • Établir les prix de vente pour chaque pays et selon les formats

Mais ça reste tripant. Il y a des articles et des tutorials YouTube pour à peu près tout, et j’ai quand même des amis compétents que j’essaie d’harceler le moins possible.

Et il y a aussi d’autres trucs à écrire dont on ne tient pas trop compte, mais qui prennent aussi du temps comme la bio, les remerciements et la présentation du livre sur Amazon.

Et chaque fois que je parle de ce projet-là à quelqu’un, on me demande si j’aurai du contenu exclusif. :) En tout cas, sur les 200 textes que j’ai passé à date, il n’y en a pas un qui est resté dans sa version intégrale. Ils sont tous mis à jour avec des références moins datées et des phrases qui se lisent mieux.

L’étape la moins l’fun risque d’être celle du marketing où je vais gosser mon lectorat pour me donner des ratings de cinq-étoiles sur Amazon question de faire bonne impression avec monde qui ne me connait pas déjà. :) Je ne fais pas tout ça en me disant que je vais devenir riche et fameux en Belgique, mais j’aime l’idée que le bouquin sera dispo à peu près partout dans le monde. On vit quand même à une époque cool.

Luke Cage : la première déception de l’univers Marvel+Netflix

Pourtant, la série avait tout pour me plaire. Un gros superhéros afro-américain qu’on adorait déjà dans Jessica Jones. Simone Missick et Rosario Dawson qui me font ronronner. Le setup dans Harlem avec des musical guests super bien intégrés en arrière-plan. Le retour réussi de l’acteur qui joue Juice dans Sons of Anarchy et même des batailles à la Bud Spencer!

Plein de trucs positifs, mais c’est au niveau de l’écriture que la série n’est pas au niveau. Je n’ai jamais réussi à embarquer autant que je l’aurais souhaité. Pour faire une bonne série de superhéros, ça prend un bon méchant. Un vilain compétitif qui crée une cool dynamique. C’était la force de Daredevil et particulièrement de Jessica Jones. Mais même si Mahershala Ali donne une bonne performance dans le rôle de Cottonmouth, on n’a jamais peur de lui. En fait, il n’a même pas l’air d’être dans la même ligue que Cage.

La courbe dramatique de plusieurs personnages fait aussi défaut. Et ça tombe mal parce que les personnages les plus importants sont à peu près les pires. Misty Knight (Simone Missick) est particulièrement dure à suivre au cours de la saison. Luke Cage est aussi difficile à cerner. On dirait que leurs personnalités s’adaptent à l’épisode en cours plutôt que l’inverse. Cage a beau être cool et fort, on dirait qu’il n’arrive jamais à porter la série sur ses épaules.

La réalisation demeure de grande qualité et on voit qu’il y a de l’argent à l’écran. Ce n’est pas une mauvaise série. C’est une série décevante.

Je m’attendais à regarder une première saison de Luke Cage où l’on nous présenterait tout le meilleur de ses histoires, j’ai plus eu l’impression de regarder la quatrième saison de l’équipe Marvel+Netflix qui commence à s’essouffler.

C’est vraiment dommage parce que le timing était parfait pour sortir cette série-là. Avec l’actualité américaine, Luke Cage a le casting idéal pour frapper fort et j’espère qu’ils arriveront à rectifier le tir lors d’une deuxième saison.

Luke Cage 2

 

Le collège de la dernière chance

Je me suis tapé la bouleversante série documentaire Last Chance U sur Netflix.

Ça se passe dans un collège sud-américain qui est réputé pour donner une 14e dernière chance à des athlètes à problèmes. Pourquoi on les aide eux plus que d’autres? Parce qu’ils sont doués dans le truc le plus important de cette partie du monde : le football.

Mais ce n’est pas une histoire sportive, c’est une histoire humaine. D’ailleurs, c’est sûrement pour ça que j’ai autant aimé la série même si je déteste le football.

Une équipe de foot a beau posséder à peu près 4000 joueurs, Last Chance U fait vraiment une bonne job pour choisir les quelques joueurs qu’on va suivre tout au long de la saison. Une saison qu’on résume en six épisodes qui passent beaucoup trop vite. Tous les joueurs que l’on apprend à connaitre sont aussi intéressants qu’uniques et l’entourage de l’équipe nous montre vraiment le meilleur et le pire de l’être humain.

D’un bord, t’as la femme qui vaut la série à elle-seule : Brittany fuckin’ Wagner! D’ailleurs, elle vient juste de liker le tweet que je lui ai envoyé et je capote!

Tweet de Wagner

Cette femme-là est un ange. Sa job est de tout faire pour que ces énormes joueurs de foot au passé lourd réussissent à l’école, mais ils partent tellement de loin. Et ce que j’adore, c’est qu’elle n’est pas parfaite. Ses conseils ne sont pas toujours les bons, mais elle essaie tellement fort.

C’est impossible de ne pas l’admirer.

Et à l’autre opposé, t’as le gros criss de coach cave qui se pense dans la NFL et qui est prêt à dire et faire n’importe quoi pour gagner une putain de game de football qui n’a aucune criss d’importance. Ah que c’est une poubelle!

Comme plusieurs séries de Netflix, c’est fait avec beaucoup d’argent et ça parait. Et comme ça score fort, une deuxième saison a déjà été annoncée.

Donc voilà. Je te la recommande fort et je te laisse sur une photo de Brittany qui essaie de convaincre Ollie d’enlever ses crime de headphones dans le tapis quand elle lui parle. (Spoilers : il ne les enlève PAS!)

Last Chance U

Sondage sur mon nouveau projet révolutionnaire

J’ai l’intention de lancer bientôt un projet (révolutionnaire) et même si je sais déjà pas mal où je m’en vais, j’étais curieux d’avoir votre avis sur quelques questions.

Quickie présentation

Mon projet doit rester flou  pour le moment parce qu’il contient plusieurs surprises, mais en gros, c’est une histoire qui sera dévoilée peu à peu sur un blogue. (Les blogues, c’est le futur.) Un peu comme les comic books qui publient un petit bout d’histoire chaque mois.

Pour le moment, ce n’est pas un projet que je pourrais faire à temps plein alors j’aimerais proposer un rythme de publication qui fait qu’on ne l’oublie pas mais que je suis aussi capable de maintenir sans me mettre trop de pression.

J’en arrive donc à la partie sondage

Je ne sais pas s’il y en a d’entrevous qui connaissez Patreon. C’est une option de socio-financement de plus en plus populaire qui permet de faire des dons réguliers à un projet qu’on aime. Genre, tu peux dire que tu donnes 10$ par podcast à ton podcast préféré ou 5$ par mois à une chaine Youtube que t’aimes.

Et comme plusieurs plateformes de socio-financement, on offre des récompenses en fonction de combien tu donnes. Je crois que Patreon se prend une cut de 5% qui me semble raisonnable. Ce qui m’amène au…

Sondage

Les questions ont des choix de réponses, mais n’hésitez pas à expliquer et clarifier vos réponses au possible. Je pose ces questions-là pour tâter le terrain.

Donc voilà, j’aimerais savoir…

1. Quelle est votre fréquence de publication idéale : 
a) Une publication par mois
b) Une publication par semaine
c) 2-3 publications par mois (j’ajoute ce choix-là parce que c’est le plus probable eheh…)
d) Une publication par jour! (Fuck la réalité!)

2. Le montant par mois que tu mettrais sur un projet du genre :
a) Rien pantoute. J’ai plein d’options gratuites qui sont sûrement meilleures que ton projet indie de marde.
b) 2-3$ par mois
c) 4-5$ par mois
d) 1-2$ par publication
e) Un forfait pour une saison au complet
f) Un forfait pour avoir accès tout pour toujours
g) Plus d’argent que ça parce que je veux t’encourager dans ton projet indie cool
h) L’argent que ça prend pour obtenir la récompense cool

3. Le genre de récompense que t’apprécies
a) Du merch! Un t-shirt ou une tasse avec le logo du truc. (Crime que je suis pas designer, par ‘xemple.) #represent
b) Avoir accès au contenu en primeur (deux semaines ou un mois avant tout le monde)
c) Avoir accès à des versions beta et pouvoir donner du feedback.
d) Un Q&A avec l’instigateur du projet
e) Avoir un personnage qui porte ton nom

4. La meilleure plateforme pour suivre ce genre d’histoire
a) Sur un blogue que j’irai voir quand ça me tente
b) Sur un blogue qui m’avertirait via courriel quand il y a du nouveau contenu
c) Via une newsletter comme en 2003
d) Je préfère ne plus jamais sortir de Facebook si c’est possible

5. Ta façon préférée pour avoir acccès à tout le projet
a) Payer le montant qui me donne accès à tout
b) Attendre que la version gratuite sorte
c) Faire un logo qui torche pour aider Chandonnet à vendre du merch
d) Traduire des textes pour aider Chandonnet un devenir une star internationale
e) Faire du fan art cool de la série qui pourrait rendre l’expérience plus cool

Gros merci si vous prenez le temps de répondre à tout ça de façon honnête et claire! Comme je disais, pas besoin de répondre avec les choix de réponses, juste vous exprimer le mieux possible pour que je saisisse où vous vous situez. Vous pouvez aussi me répondre en privé si vous préférez ça.

MERCI!

Livre papier VS livre numérique, du point de vue d’un auteur

Vu que je suis en réflexion, je me suis amusé à comparer l’option d’écrire un livre via une maison d’édition dans le modèle traditionnel ou de m’autopublier sur Amazon.

J’ai fait un sondage sur mes différentes tribunes Facebook pour mieux connaitre les habitudes de consommation de mon entourage. Je me demandais où les acheteurs de livres en étaient dans leur transition vers la modernité du numérique.

La réponse : vraiment pas loin!

Sur une cinquantaine de réponses, l’écrasante majorité est encore en amour avec le format papier et ils ne veulent rien savoir du numérique. Et en discutant avec quelques uns d’entre eux, j’ai aussi remarqué que plusieurs en étaient fiers. Je me suis intéressé à cette fierté.

C’est sûr qu’il a une question d’habitude et de confort reliée au format papier. C’est sûr que ça look pas mal plus dans le métro aussi. Ce que j’étais surpris d’entendre, c’est que plusieurs sont fiers d’acheter le format papier parce que ça encourage une industrie qui a de la misère.

C’est vrai qu’en achetant un livre papier, t’encourage une industrie qui de la misère, mais est-ce que t’encourage l’auteur ou l’écrivain? Peut-être pas autant que tu penses. Quand t’achètes un livre papier, voici la part de chaque parti. Charte papier

Est-ce que ça ressemble à ce que tu t’attendais? J’ai fait un petit tableau pour montrer où l’argent s’en va en fonction du prix du livre.

Tableau papier

Le Québec est un très petit marché. Un livre est un best-seller à 3000 copies vendues. Évidemment, ce ne sont pas tous les livres qui se rendent là. (Pour faire de l’argent pour vrai, il faut souvent avoir du succès à l’international.) Quand on m’a approché pour un projet de livre, on s’attendait à en vendre entre 1000 et 1500. Pour 1500 copies à 15$ du livre, ça m’aurait donné un gros 2250$.

Pourtant, écrire un livre, c’est au moins six mois de travail. Et c’est souvent plus entre 18 mois et trois ans.

Dans ce modèle-là, 90% de l’argent va à la machine. La maison d’édition et tout son staff qui te lisent, te conseillent et t’épaulent dans le long processus artistique. On te fournit du papier et de l’encre. On t’offre une tablette à la librairie. On va peut-être même te faire de la pub si t’es vraiment chanceux. Ce n’est pas grand-chose, mais on peut difficilement les blâmer de ne pas faire grand-chose. Le milieu du livre au Québec, c’est un peu une industrie en mode survie.

Mais moi, en tant qu’auteur qui lit maintenant presque toujours en format numérique sur ma tablette, je me suis intéressé au modèle d’Amazon où je couperais plusieurs intermédiaires. Voici à quoi ça ressemble si je décidais de m’autopublier et de tout faire moi-même. Charte AmazonLes mêmes exemples sur les mêmes prix de livres.

Tableau Amazon

Dans ce modèle-là, si je vendais les mêmes 1500 copies à 15$, je ferais 15 750$. Si je faisais un deal à 10$ parce que je veux encourager ceux qui sont habitués au bon vieux papier, je ferais quand même 10 500$. Un best-seller? 21 000$.

Si t’arrives à publier un best-seller tous les deux ans, ça te fait 10 500$ par année. Ce n’est pas encore suffisant pour en vivre et ça implique plein de dépenses, mais ce sont des montants raisonnables. Pour le même cas dans le modèle du livre papier, ça donne 1500$ par année. C’est une vraie joke. Pour être smatte, on va t’offrir d’acheter de tes livres à moitié prix pour les revendre toi-même si ça te tente.

Si tu veux encourager ton auteur préféré, cette option-là est souvent la meilleure. (Ou la moins pire.) C’est pour ça qu’on voit souvent des artistes qui vendent eux-mêmes leurs livres après leurs spectacles ou d’autres moments où ils sont en contact avec leurs fans.

Ce que je trouve bizarre, c’est qu’on a toujours de la sympathie pour le papier. On a de la sympathie pour la petite librairie du coin qui est pauvre ou l’imprimeur du quartier qui doit gérer le déclin des contrats et la boite d’édition et tout son staff qui ne s’en sortirait jamais sans les précieuses subventions. Mais est-ce qu’on a de la sympathie pour l’auteur qui reçoit des peanuts?

En achetant le format papier, on encourage l’industrie. Une industrie avec plein de bon monde, mais qui donne 10% à son auteur.

Évidemment, Amazon n’est pas mieux. C’est clairement le diable. Ils font fermer des commerces par milliers. Ils ne te donnent aucun feedback ou expertise comme le ferait une maison d’édition. Ils ne te fournissent pas une belle pochette ou un responsable des communications. Ils ne te promettent pas de placer ton livre au top de la pyramide de livres au Renaud-Bray ou de te booker à la télé.

Mais si t’es prêt à te passer de tout ça, ça reste un putain de 10% versus 70%.

Il reste que t’aurais beau toucher 200% des revenus, si personne n’achète ton livre parce qu’il est en format numérique, ça ne donne rien pantoute.

Pour ceux qui s’attendaient à ce que je détaille plus le côté de l’édition dans le modèle actuel, Enquête avait fait une émission là-dessus : http://ici.tou.tv/enquete/S2015E22

10 raisons de binge-watcher The Get Down sur Netflix

Raison #1 : Ça se passe dans le Bronx en 1977 et l’on assiste aux débuts (très romancés) du hip-hop alors que ça tripait fort sur le disco et que les DJ étaient encore cool.

Raison #2 : C’est un musical drama. C’est quand la dernière fois que tu t’es tapé un musical drama? Le ton est léger et crime que ça met de bonne humeur! Un peu à la Bollywood.

Raison #3 : La série présente plus de diversité culturelle en trois scènes que toute la télé québécoise en une année.

Raison #4 : C’est une série avec un budget 120M$ et tout l’argent est à l’écran. Juste la soundtrack a dû coûter une fortune!

Raison #5 : La réalisation est particulièrement folle, arcade et éclatée. Surtout dans le pilote. On ne se fait pas chier avec le réalisme. On raconte une histoire de la façon la plus divertissante possible. Et on mélange ça avec plein d’images d’archive cool et des références à Bruce Lee.

Raison #6 : Ça dure à peu près six heures et demies donc une nuit blanche parfaite.

Raison #7 : Hugo Dumas a détesté ça. (Un pilote de 90 minutes, c’est trop long, mais 20 heures d’Unité 9 on se tanne jamais.)

Raison #8 : La série est une autre preuve qu’une ville où tout va mal, ça crée de la bonne musique.

Raison #9 : C’est sur Netflix qui a déjà annoncé une deuxième saison pour 2017.

Raison #10 : C’est une série qui essaye FORT! On passe proche d’être quétaine. On passe proche d’être over-romantique. Mais avec le coeur à la bonne place, ça marche. The Get Down se démarque vraiment de tout ce qui se fait et j’adore quand des gens osent et prennent des risques. Surtout lorsqu’ils ont les poches aussi profondes que celles de Netflix.

The Get Down 1 The Get Down 3 The Get Down 4 The Get Down 5