La vie c’est de la marde
Sans farce, qui est heureux?
Heureux-heureux, là?
- Amour : Tu t’es pogné ton premier et seul choix.
- Sexe : Juste la bonne fréquence. Pas besoin de plus de variété que ça.
- Job : Super trippante, boss cool, salaire juste bien dosé.
Heureux de même?
J’ai une théorie que, pour chaque heureux dans la vie, il y a mille malheureux. Ironiquement, ces milliers de malheureux se feront chier à travailler comme des défoncés pour se payer le luxe d’aller voir en show… les heureux! (les rock stars, les joueurs d’hockey, les danseuses…)
(une triade, je me sens sale)
Pourquoi c’est comme ça? Parce que la vie, c’est de la marde.
La vie est chienne mais pour faire croire qu’elle a bon coeur, elle a donné d’autres façons d’être heureux. Une des plus populaires est : être cave.
Sans déconner, être cave est une excellente façon d’être heureux.
Quand je descends en Abitibi, je tombe toujours sur le poste communautaire où des matantes font de la danse en ligne. Je peux comprendre qu’à un certain âge, on ait envie de faire la seule danse qu’on est foutu de faire avec d’autres madames tout aussi incompétentes pour atteindre une sorte de symbiose de médiocrité. Mais le faire en se filmant et en étant conscient que ça passera à la TV à la vue de tout le village? Personne que je respecte ne ferait un suicide social du genre (à moins d’être grassement payé) et pourtant, ces matantes-là sont cent fois plus heureuses que n’importe qui.
C’est justement cette espèce d’inconscience-là qui permet d’atteindre le bonheur.
Un autre exemple : les petits couples caves qui s’habillent pareils. Parce que l’amour ne rend pas qu’aveugle, il rend cave. Tout le monde a déjà remarqué ça. Ils sont deux à porter le même coat des dolphins de miami bleu poudre avec un genre de fini semi-miroir weird. Même MOI je juge leur linge! Mais checkez-leur le smile! Ils rayonnent! T’as beau te payer leurs gueules, ils s’en renderont même pas compte. Côté bonheur, ils sont imbattables pour la vie.
Trop caves pour être malheureux!
Parce que si t’es pas cave et que t’as un peu d’expérience en vie, tu sais que l’amour, c’est juste une recette pour se casser spectaculairement les dents. Tu sais que toutes les relations de ta vie vont finir par chier sauf si t’es assez chanceux pour crever au milieu d’une, juste avant qu’elle fuck.
Mais en début de vie, quand tu la connais pas et que t’as encore le coeur vierge, t’es naïf pis tu lui fais confiance. T’es donc ouvert à l’amour.
Pis là, tu commences à regarder les filles. Ça donne espoir. Elles ne sont pas toutes belles mais quand même, certaines sont particulièrement hawt. Et dans les particulièrement hawt, rares sont les particulièrement trippantes, mais elles existent! Et après tous ces filtres dont la vie avait négligé de nous parler, tu te rends compte d’un truc cruel : la petite poignée de filles qui reste, elle n’est jamais disponible. En fait, elles sont la plupart du temps matchées avec les rock stars, les joueurs d’hockey, les danseuses…
(deux fois une triade merdique, ça s’annule)
Mais malgré ça, ton restant de naïveté t’amènes à essayer quand même et tu finis par en trouver une de la gang qui fait la job. Quelque chose de raisonnable. Évidemment, c’est juste une question de temps avant que tu te tannes. C’est fait comme ça. Alors t’essaies de compenser en jouant un peu avec une deuxième, ça vexe la première pis tu te ramasses tout seul. C’était l’fun, hein? C’est ça la vie.
Tu vas répéter ça une coupe de fois et mourir seul.
Grâce au sexe. La vie s’est surpassée sur celle-là. Parce que bienque que la vie soit de la marde, c’est de la marde rusée. Le sexe, c’est la crosse que la vie a trouvé pour survivre. Ç’aurait pu être juste une bonne façon d’avoir du fun mais non, il fallait que ça donne des bébés. Ou si t’es chanceux : des maladies. C’est pour ça qu’un groupe de misérables ont tentés de contourner le problème avec l’invention du condom.
C’était enfin la chance pour tous d’atteindre une belle vie épanouïe. De profiter de la vie.
Donc tu profites et profites de conquêtes en conquêtes. C’est plaisant mais la pornographie est là pour te rappeler que ce n’est pas parfait. Elle te montre ce que tu manques mais personne ne baise de même. À part moi, ça n’existe pas. La plupart des filles n’aiment pas ça comme ça. En fait, les gars et les filles trippent rarement sur les mêmes affaires.
Mais bon, je ne veux pas passer pour un chialeux. Le sexe est quand même dans ce qu’il y a de mieux pour passer le temps. Jusqu’au jour où le condom pète.
C’est inévitable! Tu n’avais qu’à ne pas faire confiance à la vie, sucker!
Et vous remarquerez, quand un condom pète, c’est rarement avec la fille qui ferait une bonne mère. Quel genre de sélection naturelle que c’est ça? Avec son grand coeur, la vie a décidé que le meilleur sexe, tu l’aurais avec les filles qui feraient les pires mères. La capote qui t’abandonne, ça arrive toujours avec la fille qui prend ça rough et partout. D’ailleurs, au nombre de fois où tu changes d’orifices avec elle, c’était quoi les chances que ça lâche dans celui qui donne un kid?
Pas besoin de répondre.
Après deux-trois fois, tu te tannes. T’essaies de trouver le bonheur avec des moyens un peu moins couteux et/ou naturels comme l’alcool et les drogues. Parce qu’une fois qu’on sait que le bonheur est réservé aux abrutis, on se dit : «Hey! J’ai peut-être beauuuuucoup trop de cellules pour rien! » Ça serait trop simple. La vie ne tolère pas les imposteurs bien longtemps. Si tu passes ta vie défoncé, ça finit par fucker le reste.
On pourrait avoir le goût de se suicider, mais la vie ne nous dit pas ce qu’il y a après. Il faut dire que ce n’est pas dans son intérêt. Et les chummeys seraient en criss. « Hey le sale, si tu penses qu’on a tous accumulé des jobs de marde, une famille pis des colisse d’air miles pour qui en aille un smatte qui se pousse avant la fin, tu te trompes en osti! »
J’ai un ami qui a trouvé une solution alternative/équivalente : il est entré dans les Chevaliers de Colomb!
Riez pas, c’est plein d’heureux là-dedans. Il a eu droit à son initiation d’entrée et tout le kit. Un de leur groupe m’a écrit (wow! un chevalier m’a écrit!) un courriel pour me demander si j’avais une anecdote humiliante sur laquelle ils pourraient le narguer un peu durant leur petite fête. J’ai replyé : « Il vous a tu conté la fois qu’il est entré dans les Chevaliers de Colomb? »
Pas eu de réponse.
Pis je la trouve encore drôle en ce moment avec mon laptop sur les cuisses devant la télé. Mais je ne suis pas plus heureux. Et comme je dis tout le temps : « Les heureux gagnent ». Ils doivent bien avoir quelque chose que je peux adapter pour faire mon bonheur.
Et je pense que je viens de comprendre, en écoutant V télé.
Dans ta face, Vie! (oh oh!)
Le truc, je pense, c’est de remplacer l’inconscience des caves par de l’insouciance. S’en câ-li-sser. Les caves atteignent le bonheur en ne voyant pas qu’on rit d’eux, les autres doivent apprendre à s’en sacrer. Se foutre de ce que les autres penseront. Ne jamais bouder son plaisir.
Métaphoriquement, porter confortablement ses bas blancs.
…
Bon, ça ne reste qu’une théorie.
C’est sûr que d’aller s’abrutir à la taverne une fois de temps en temps, ça ne peut pas nuir.
Si la vie est encore de la marde après ça et que ton niveau de bonheur ne rivalise toujours pas avec les osti d’heureux, eh bien… tu peux toujours partir un blogue pour les traiter de caves.
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