« Never meet your heroes »

J’ai eu deux idoles à l’âge adulte : Woody Allen et Joss Whedon. (Je pourrais aussi ajouter Louis CK.) Et dans les dernières années, on a fini par tous les détester et pour d’assez bonnes raisons. Allen aurait couché avec sa fille adoptive alors qu’elle était enfant. Whedon aurait traité plusieurs femmes comme de la marde alors qu’il faisait des projets super féministes. C’est weird à gérer parce que dans les deux cas, ça remet en perspective plusieurs trucs géniaux qu’ils ont créé. Je n’arrive plus à retirer de fierté de par combien ils m’ont influencé. En fait, il y a une certaine honte que je ressens à nommer tout l’influence qu’ils ont eu sur moi. Du coup, c’est comme si une partie de mon identité en était fragilisé. Ça doit sonner over-dramatique, mais je trouve ça difficile à vivre. C’est comme une surdose de « never meet your heroes ». Je ne sais pas si je dois en déduire que tous les génies sont des poubelles. Ou que les gens torturés font les meilleurs artistes? Ou juste que tout le monde a un côté poubelle? Ou que c’est la célébrité qui nous rend poubelle? Et peut-être aussi que je vis juste une vraie journée de marde et que les trucs m’affectent plus à mesure qu’ils s’empilent. Bref, la meilleure idée est sûrement d’aller me coucher. #petitgarssensible

Privilège de beauté

Hier après-midi j’étais au centre-ville et je me suis mis à filer danseuses.

Bon, je n’ai vraiment pas l’argent pour ça, mais l’idée était forte. Genre, si j’avais eu de l’argent comme quelqu’un de la classe moyenne, je suis pas mal sûr que j’y serais allé. J’étais prêt à payer pour aller chercher de l’espèce de fausse tendresse.

Ce n’était pas complètement une question de sexe. J’étais désespéré d’être regardé par des yeux qui me trouveraient attirant. C’est de ça dont j’avais besoin. Me sentir vu et désirable. Bon, je suis conscient que de payer pour ça annule un peu l’effet et que c’est au moins un peu pathétique, mais j’en étais là.

On a les options qu’on a. Ce n’est rien de glorieux, mais c’est là.

C’est peut-être pour ça que le travail du sexe me fascine autant et que j’ai envie d’en placer dans tous mes projets. Ouais, elles sont là pour le sexe, mais elles ont aussi un pouvoir. Elles peuvent être ce fix temporaire de tendresse. En fait, elles peuvent être tout ce dont t’as besoin à ce moment-là.

Dans le même après-midi, j’ai aussi eu envie d’aller danser quelque part. Pas tout seul, pas dans un endroit où je me serais assurément senti jugé d’aller tester la piste de danse tout seul à la lumière du soleil. Si j’avais été riche, j’aurais pu improviser ce moment que je désirais n’importe où. J’aurais pu payer 3-4 belles filles pour aller danser dans un bar où il fait noir. On aurait même pu juste danser avec nos headphones quelque part.

On aurait juste eu à synchroniser notre playlist au début. Et ç’aurait donné du gros fun avec du monde joli qui me regarde avec un sourire. Sans avoir à en parler à personne. Un fix privé. Une pause.

Bon, on s’entend, c’est du fantasme. Le fantasme qui ressort quand t’as la solitude pesante. Sûrement que le vide serait revenu tout de suite après et bla bla bla, mais des fois, t’as besoin que ça arrête.

J’avais une amie barmaid qui avait toujours le compliment pour me faire sentir mieux dans ma peau. Mais non seulement elle n’est plus barmaid, mais je ne vais plus trop dans les bars. Il reste que ça faisait du bien une fois de temps en temps.

C’est fou ce que les gens jolis peuvent apporter.

Tout le pouvoir qu’il y a là-dedans.

Bref, j’imagine qu’il me reste juste à écouter du country.

J’aurais dû aller à Amos

En passant mes journées tout seul, j’accumule depuis un bout et mon cerveau flasque baigne dans la sueur de mes cheveux, alors je sais pas ce que ça va donner. Je pourrais bien l’échapper.

À la mi-juin, j’ai décidé que j’allais changer de mode de vie prochainement. Je me suis donné 2 semaines pour closer le plus trucs possible dans ma présente vie et… quel flop.

Cette putain de canicule commence vraiment à me faire chier. Je voulais continuer ma remise en forme, mais c’est impossible de m’entrainer sans me taper une embolie cérébrale.  Je dois toujours être dans des cafés qui me coûtent de l’argent que je n’ai pas. Et bien sûr, je ne dors pas. Rien pour être productif. Et là, je viens de voir que ça allait durer encore au moins jusqu’à jeudi!??!??

Sincèrement, je ne sais pas comment je vais faire pour survivre. Ma patience est dangereusement backorder.

Au niveau professionnel, tout est constamment repoussé. Toutes des petites affaires qui ne me dérangeraient pas tant en temps normal, mais on dirait que plus que je suis pressé, moins les autres le sont. Et je pense que le plus frustrant, c’est que j’attends toujours après du monde en vacances.

Mes parents sont passés me voir pour ma fête et je regrette de ne pas les avoir accompagné pour aller faire un tour à Amos. Bon, il fait chaud là-bas aussi, mais au moins, j’aurais pas trop besoin de ma tête. Je préférais repousser ce voyage-là à plus tard (encore) parce que je ne me sens pas bien ces temps-ci. (Ça parait-tu?) Je me suis rarement senti aussi mal dans ma peau, et s’il y a une constante dans ma vie, c’est qu’elle est décevante.

Le cerveau et le corps mous.

Le changement de vie dont je parlais est un move temporaire de quelques mois. J’ai fini par faire ce que je ne voulais jamais faire : un retour en informatique. *musique dramatique*

Juste un ou deux contrats le temps de me remettre au niveau côté argent. Au-delà de la blessure d’égo, le move n’est pas si difficile que ça. C’est juste la recherche de job qui ne me tente pas, mais au moins, c’est TRÈS payant et il y a de la demande.

Le plus compliqué sera d’expliquer ça des deux côtés. Dans ma vie artistique, je vais expliquer que je serai moins disponible pour quelques mois, mais préciser que j’existe et que j’écris encore.

Dans ma vie de programmeur, je vais devoir être convaincant que je suis encore compétent après plusieurs années off. Ça ne m’inquiète pas du tout, mais ça doit être moins vendeur en entrevue que quelqu’un qui a ça comme seule passion depuis toujours.

Un LinkedIn de Scénariste + consultant informatique, ça doit bien pouvoir se faire, non? Même si on aime bien placer le monde dans une case.

Au moins, c’est un plan avec lequel je replace rapidement ma situation financière. Je ne suis plus capable de ces options à 13$ de l’heure qui ne m’avance absolument à rien. Ça ne me laisse pas le temps d’écrire et ça me garde tout aussi endetté. Ça sert à quoi? Ne pas faire faillite? Tant qu’à passer une vie à ne juste pas faire faillite, aussi bien d’aller me pendre dans un cabanon.

J’ai commencé à travailler à 13 ans à 14$ de l’heure. Pour aller en bas de ça quelques décennies plus tard, il faudrait que j’y trouve gravement mon compte.

Là, je vais y aller pour la criss d’argent. Je vais régler mes dettes en un temps record. Je vais m’acheter des ostie de lunette qu’on voit dedans. Un laptop avec la rangée qwerty qui ne lâche pas. Des palettes pas cassées. Je vais m’abonner à des vrais activités physiques le fun au lieu de me faire chier à essayer de m’entrainer tout seul dans ma petite criss de chambre. Je vais peut-être même me greyer d’un air climatisé comme un adulte.

Je pourrai même enfin arrêter les ostie d’antidéps qui me rendent aussi fat que plate.

Rendu là, on ne sait pas. Je vais peut-être passer drette et y aller à fond dans le capitalisme.  M’acheter un putain de punching bag et me mettre à porter des complets pour donner l’impression à tlm que je suis qqn. Changer d’iPhone aux trois mois, couper mes cheveux aux trois semaines. Payer Hydro pour les 20 prochaines années pour qu’ils me calicent patience. Devenir sugar daddy de 2-3 pitounes douées dans l’art de me faire accroire que je ne vieillis pas.

Criss que je vais être heureux rendu là. Je vais te payer un drink avec mon sourire de fuck you money, pis t’en reviendras juste pas de combien tu m’apprécies. Le vois-tu arriver toute c’te bonheur-là? Ça fait peur.

La tension

Avec internet, tout le monde a une tribune alors plutôt que de seulement communiquer avec une personne face à face ou bien au téléphone (comme un hommes des cavernes), on s’adresse plusieurs fois par jour à un paquet de monde en même temps et sur plein de sujets.

Si quelqu’un dans la masse se vexe de quelque chose, on ne peut pas le savoir à moins qu’il nous le communique d’une quelconque façon. Je parle de ça parce que dernièrement, j’ai eu quelques cas où c’est sorti autrement. Genre, j’échangeais avec un ami et je sentais une espèce de colère de fond.

Bon, c’est internet et par écrit alors je me dis que je suis peut-être parano. Je décide de lui en parler directement pour mieux comprendre et finalement, ça se met à sortir. En jet! C’était fou tout ce qu’il avait à me reprocher. Il m’a même remis dans la face un statut où je parlais de ma dette d’Hydro. D’une façon super tordue, il avait réussi à prendre ça personnel.

Pour chaque attaque, j’essayais de comprendre d’où ça pouvait bien sortir puisqu’on ne s’était pas parlé depuis plusieurs mois. Toute cette rage s’était accumulée sur des statuts, des textes, des commentaires. C’était assez traumatisant.

Après, je me suis vraiment demandé comment éviter ça.

Je comprends le monde de pas se parler de tous les petits fucks. S’il y a quelqu’un qui peut être bitch avec des commentaires passif agressifs, c’est bien moi. Mais j’arrive quand même à le remarquer la plupart du temps quand je le fais. Et quand c’est avec un ami ou quelqu’un que je respecte, j’essaie de crever l’abcès et de régler ça.

Bon, il y a plein d’humains que ça surprend. D’autres que ça dérange carrément. Il y a encore plein de gens pour qui c’est tabou de discuter ou de régler des malentendus. C’est vu comme une perte de temps. Pourtant, c’est pas mal ce que tous les experts recommandent. Pas n’importe quand, évidemment. Il faut attendre que l’autre soit prêt. Et voit aussi ça comme quelque chose d’important.

Bref, j’avais envie de communiquer ça at large. Sur les mêmes tribunes. Si quelqu’un est enragé, ou blessé sans que je le sache, j’aimerais beaucoup qu’on en parle. D’autant plus si je nous vois comme des amis. Ça ne veut pas dire qu’on doit être d’accord sur tout. Je sais que j’ai des opinions fortes et même que je peux être pas mal fendant. L’idée n’est pas de débattre, mais je sais pas, peut-être que ça permettra de mettre certaines choses au clair? De mieux comprendre où l’autre se situe?

C’est peut-être trop candide, mon affaire. Je ne sais pas si c’est ma fête qui vient de passer qui me rend aussi soft que mes biceps, mais j’aimerais juste éviter de trainer ces espèces de tensions poches qu’on maintient trop souvent sans bonne raison. C’est fou le nombre de fois où l’on c’était mal compris et qu’on a perdu un paquet d’énergie pour à peu près rien.

Bref, si t’as envie de désamorcer tout ça, relance-moi en privé.

Du temps pis du coeur, c’est tout ce que j’ai.

Ma vie secrète

Dans les derniers jours, ma vie fait que je dois traverser plein de trucs tout seul. Ça rend ça plus tough parce que tout est pire lorsqu’on doit le gérer seul.

« Never worry alone », qu’y disait.

D’ailleurs, c’est pour ça que j’avais commencé à écrire à la base. J’avais besoin d’exprimer des trucs et le blogue semblait plus constructif que l’implosion. Mais le côté public n’a pas que des avantages, et ça fait que je perds cet exutoire-là.

Je m’énerve de ne pas être plus indépendant. J’ai un psy et de bons amis, mais clairement, il me manque quelque chose. J’ai l’impression que je les use. J’essaie de faire une genre de rotation de confident pour éviter d’être lourd trop avec la même personne, comme si j’étais toxique. Ce n’est pas un super feeling à avoir, cette impression d’être toxique.

J’envie les gens plus forts et indépendants. La semaine passée, j’ai tout donné côté « super hygiène de vie ». J’ai écrit beaucoup, je me suis entrainé tous les jours, et en analogie de pêche, j’ai aussi envoyé un paquet de lignes à l’eau pour des contrats. Mais j’ai plus pogné des menés qu’autre chose. Quelques petits contrats, mais beaucoup de non-réponses pour les trucs que j’espérais fort.

Ce n’est pas tout mort, mais ça n’encourage pas trop non plus.

Quand je disais sur Facebook que j’en étais à 9 entrainements quotidiens de suite, un chummey expliquait qu’on doit prendre une pause après 4 jours pour laisser une chance au corps de se reposer. C’est peut-être la même chose pour la tête, mais argh.

Discussion à trois

Ces temps-ci, j’évolue vraiment à une vitesse folle comme scénariste. Pis as-tu trouvé une nouvelle job alimentaire? Pourquoi tu me parles de ça maintenant? Pourquoi je te parle de comment tu vas payer ton loyer qui est deux mois en retard? Ssssht, tu vas encore inquiéter ton entourage. Ça fait déjà 2 semaines que t’as pu de revenu pis tu cherches rien. J’essaie juste de focusser sur les trucs qui me drivent pour me garder la tête hors de l’eau. Trouve-toi une job pis tu feras ce qui te drive après. Mais tu le sais que j’ai pas l’énergie pour faire une job poche + écrire en même temps. Hum, je pense pas que ce soit un truc intelligent à dire publiquement. C’est plus vendeur d’être celui à trois jobs qui dort trois heures par nuit. Oui, arrête de faire ta moumoune. Ça me tue de faire une job qui n’a pas de sens pour moi. Ça me draine de toute mon énergie. Je commence à penser que tu peux juste pas comprendre. Je pense pas que le huissier va comprendre non plus. D’ailleurs, la faillite, c’est pas si populaire sur Tinder. Oh, fuck Tinder.

Mais avoue que ces temps-ci, j’ai des bonnes journées. Je vais assez bien, me semble.

Tout le monde a des bonnes journées en vacances! Voyons, c’est pas des vacances! J’ai aucun revenu pis je bûche en malade! J’ai l’impression que l’écriture n’est pas assez respecté dans notre société pour être considéré comme un travail. Les gens voient ça comme un passe-temps. J’écris deux scénario de films en parallèle et je continue à évoluer en lisant deux livres théoriques super calés. Ça avance super bien. Bravo pour ton petit passe-temps, mon grand. Tu gosses tellement. Tu penses que tout le monde fait juste ce qu’il aime dans la vie? Peut-être que si t’abandonnes tes ambitions artistiques, ça va réconforter ces gens qui ont opté pour la sécurité. C’est pas d’opter pour la sécurité, c’est juste d’être un adulte. Je l’ai essayé le mode sécurité ou adulte. Et tu paraissais pas mal mieux dans ce temps-là, non? Blonde steady, job steady, de l’argent pour s’acheter toute et payer la traite. Mais j’étais pas ben! T’es jamais ben. Aussi bien de pas être bien en payant ses comptes. T’aurais l’air plus normal, en tout cas. C’est rendu ça le but? Être fuckin’ normal? Pourquoi t’as besoin d’être si différent, drama queen? J’ai zéro besoin d’être différent, j’ai besoin d’être bien. Pffff…

Attends donc, là…
Attends quoi?
Un peu weird, la pause de milieu de texte, guys.

Check, je le sais que t’aimerais que je mette de l’énergie pour trouver une job ordinaire. Voilà. C’est tout ce que je veux. Ça rassurerait tout le monde. Bon, tout le monde sauf toi. Ça fait 10 ans qu’on essaie ce modèle-là et que ça ne marche pas. Est-ce qu’on pourrait pas investir un peu d’énergie à trouver autre chose? Genre quoi? Genre, une autre façon de faire de l’argent? La prostitution? OH! Ce serait si badass! Vendre de la poudre? Ben non, mais genre… je sais pas… un modèle Patreon. Tu veux être la 4 milliardième personne à faire du putain de crowdsourcing? On a tu le following pour ça? Je sais pas! J’essaie juste de brainstormer et de lancer des pistes pour trouver une solution alternative. Ça fait assez quêteux, non? J’entends déjà les accusations de BS de luxe. En tout cas, c’est sûr que ce serait plus proactif que juste ignorer tes comptes. Qu’est-ce t’offrirais à tes hypothétiques contributeurs? C’est ça le fuck, je suis pas encore prêt pour mon gros projet qui fitte avec cette stratégie-là. Ben là, criss… Au moins t’auras eu l’air winner le temps de trois phrases. Je sais, je sais, mais crime je peux pas tout faire en même temps. Quand même drôle que t’aies passé autant de temps à écrire sur les groupies pis les muses alors que ce qu’il te fallait dans le fond, c’est des mécènes. Ça existe-tu pour vrai, des mécènes? Ce serait le best, ça. Je sais pas. Peut-être quand on est vraiment reconnu. Ça fait chick qui se cherche un sugar daddy, non?

Yup, sauf que je suis pas chick fuck all.

Content de voir qu’on s’entend au moins sur un truc. Mais OK pour ton plan. Pour quelques jours, je vais essayer de penser à un nouveau modèle out of the box au lieu de gosser avec la job alimentaire. Moi, je peux partager la réflexion sur le blogue. On sait jamais. Ouais, peut-être que quelqu’un aura une super idée qui m’échappe. Come on, tu sais ben que le monde va juste en profiter pour te faire la morale et te dire de rentrer dans le rang. Sont pareils comme moi. Les assholes oui, mais il y a pas juste des assholes sur internet. On n’a clairement pas le même internet.

Bon, on s’en vient off-topic, guys. Je publie ça.

Mon vice caché

Vieillir, c’est chiant. Bravo si t’arrives à te convaincre que c’est un privilège, mais c’est pas cool pantoute. Surtout pour le corps. En gros, c’est « plus d’efforts pour moins de résultat ». Mais ce n’est pas de ça dont je voulais te parler.

Ce qui me dérange ces temps-ci, c’est le jugement relié à ce putain de chiffre.

Chaque fois que je partage mon âge, le monde est étonné, et je n’aime tellement pas ce feeling-là. Bon, tout le monde va dire que c’est cool de paraitre plus jeune et oui, je suis content pour ce bout-là de ma génétique, mais il y a quelque chose qui me dérange quand même.

Dans le « Ben voyons donc! » systématique qui survient juste après, j’ai l’impression qu’on change de grille d’analyse pour m’évaluer. C’est évident qu’une grosse partie de ce jugement-là vient de moi. Je vais avoir 41 ans le 23 juin.

Est-ce que je suis là où j’aimerais être pour un gars de 41 ans? Fuck non.

Je n’ai toujours pas de famille.
J’ai des dettes et des revenus ridicules.
Je rush à replacer mon corps dans une shape décente.
Ma carrière est encore très loin d’où je la voudrais.

Il est assez safe de présumer que si je m’étais fixé un objectif à 20 ans d’où j’aimerais en être avec ma vie rendu à 41 ans, je l’aurais air ballé solide. Je me rappelle de mes parents à cet âge-là. En fait, il n’y a pas beaucoup de points de comparaison avec d’autres personnes de cet âge où je me dis que je m’en sors bien pour le potentiel que j’ai.

Et c’est quand la discussion sort dans un contexte de travail que je freak le plus. C’est le même malaise que les humoristes doivent subir avec la fameuse « relève ». C’est plus cute de galérer en début de vingtaine. Plus tu vieillis, plus t’as peur qu’on se dise « bon, s’il avait eu à percer, ce serait déjà arrivé ».

Plus les gens sont surpris de mon âge, plus je m’inquiète. Ça me prend comme un espèce de rush d’insécurité pas cool et chaque fois, j’ai cette impression déplaisante qu’on vient de me découvrir un vice caché.

Pourtant, si on oublie mon corps de bouette, j’évolue encore full. Je travaille sur mes chroniques Victime de la porn ces temps-ci, et c’est évident que j’ai évolué depuis ce temps-là. D’ailleurs, j’étais aussi mal à l’aise avec mon âge dans ce temps-là. Je ne voulais pas qu’on sache que le gars qui écrit ça est déjà à la mi-trentaine.

Ça me rappelle quand on a demandé à Joanne Rowling de changer son nom pour J.K. Rowling pour que les petits gars soient plus à l’aise d’acheter des livres d’Harry Potter. Mon âge n’est pas vendeur. Il n’est pas marketing. Il n’est pas séduisant.

D’ailleurs, sur les trucs de rencontre, je me sentais déjà invisible à 40 ans. 41 ans risque d’être encore pire. Présentement, il y a quand même plein de femmes qui cherchent un homme entre 25 et 40, mais là, je vais tomber dans le groupe qui va jusqu’à cinquante? Ouf…

Vieillir est un privilège, right? Ouais. Full.

Je ne me souviens pas de la dernière femme que j’ai embrassée

Pour vrai.

Sûrement que je pourrais m’en rappeler en cherchant un peu, mais ça fait assez longtemps pour ne plus en avoir un souvenir clair. En fait, je sais que je n’ai eu aucun semblant d’action depuis que je suis retourné sur les antidépresseurs il y a déjà… 18 mois? Un autre truc que je n’ai pas trop envie de me rappeler précisément.

Ça m’est arrivé quelques fois dans ma vie d’être seul durant une longue période, sauf que cette fois-ci, c’était un peu plus conscient. Je connaissais les effets des antidéps et je me suis dit que ce n’était pas le moment pour me pogner quelqu’un. C’est poche d’offrir une version poche de soi-même. Et pas juste pour l’autre. Il y a aussi un potentiel d’humiliation assez épeurant pour un égo comme le mien.

Mais plus ça s’étire et plus je me dis qu’un peu d’amour et d’affection, c’est le genre de truc qui aide à se replacer.

Bon, c’est de moins en moins une option parce que le sex-appeal est un truc cruel. Cruel et un peu exponentiel. Genre, si tu pognes beaucoup, tu pognes encore plus parce que les autres se disent « Wow! Cette personne pogne vraiment gros! » et ça génère encore plus d’intérêt et de curiosité. À l’inverse, quand t’es un peu immobile et dans un genre de brouillard, il n’y a pas grand monde qui a la personnalité pour être légitimement intéressé à aller tester ce genre de cas-là.

Il est donc recommandé de faire semblant de rien et de ne pas s’en plaindre pour garder un profil plus attirant. Mais en même temps, faire semblant que tout va bien et projeter l’illusion d’un gars qui vit super bien avec cette solitude-là, ça devient difficile à maintenir quand ça s’étire.

De toute façon, je ne dis pas ça avec l’idée de me rendre plus attirant ou comme pitch de vente piteux. Je dis ça pour communiquer que je trouve ça rough.

 

Ça avance très bien pour le recueil VDLP!

Après un petit lousse, ça avance très bien pour le recueil Victime de la porn!

Illustrations

Moi pis ma designer (ça fait big, hein?) avons enfin choisi l’artiste pour faire les illustrations du bouquin et c’est très cool de voir les premiers dessins commencer à rentrer! Des personnification de pénis, c’est toujours le fun à recevoir! Et je pense que ça va vraiment rendre l’item plus cool.

Correction

Du côté de la correction, ça achève en crime! J’ai aussi repassé moi-même une 1000e fois pour enlever encore plus de 40 textes! Ça s’en vient dur sur le coeur! Il en reste à peu près 115, ce qui est beaucoup plus que les autres recueils du genre, de ce que j’ai pu voir. Mon objectif personnel est juste de torcher Stéphane Laporte. ;)

Nombre de pages

L’objectif est que le bouquin finisse autour de 300-320 pages. Ce n’est pas une question de coût, mais plus une question :

  1. De format du livre où l’on ne veut pas que ça donne un livre cube semi-dictionnaire.
  2. De contenu où je souhaite vraiment que ce soit condensé au possible et avec aucune longueur.

Coupures difficiles

Les deux derniers textes que j’ai flushés sont des chroniques qui avaient vraiment bien marché. Ça me fait vraiment chier d’enlever celle sur Miley Cyrus qui twerk aux MTV’s parce que le slut-shaming est vraiment un immense problème que je vois partout. (Juste à regarder les commentaires sur Stormy Daniels.) L’autre texte parlait de combien c’est cool de deviner l’autre durant le sexe au lieu de tout verbaliser, mais à l’ère de #metoo #moiaussi avec toutes les histoires où des agresseurs se servent du silence pour justifier leurs actes sans consentement, ça ne fonctionnait plus.

Propos

Ça me permet aussi de recentrer tout ça sur le concept de départ de VDLP qui s’est toujours voulu aidant, décomplexant et positif. C’est sûr qu’avec les années, j’avais des chroniques plus amères ou avec plus de colère et là, je peux les discarter et garder plus focus. (Ahah, expression douchebag.) J’essaie aussi de créer un produit le plus intemporel possible en mettant à jour plusieurs petits trucs, même si le vocabulaire change vite.

Par exemple, je n’ai aucun texte qui parle de privilège de mâle blanc cis. Peut-être que je pourrais garder ça pour la description de derrière de livre. « Victime de la porn : Manplaining d’un branleur blanc cis. » Ahaha!

Impression

Pour l’impression, je me croise les doigts pour que DKP Print d’Amazon soit enfin disponible au Canada! Ce serait vraiment la solution la plus simple pour moi. Sinon, je serai obligé de me rabattre sur CreateSpace, l’ancien partenaire d’Amazon dont ils sont en train de se débarrasser. Le Canada est un des rares pays où CreateSpace a encore un contrat d’exclusivité et je ne sais pas quand ça se termine. Tout ce qu’Amazon écrit concernant le Canada, c’est « not yet ». Espérons que ça change dans les prochains mois.

Nightlife

J’aimerais que la sortie officielle se fasse vers la fin de l’été ou au début de l’automne. La seule inquiétude qu’il me reste, c’est pour la vérification avec Nightlife. C’était clair dans mon contrat que je pouvais faire ça parce que c’est mon plan depuis le début et j’ai négocié en circonstance, mais je dois quand même les faire approuver. Et comme Nightlife a changé de propriétaire depuis le temps et que les choses se décident à Toronto, j’ai peur de ne pas être au top de leurs priorités et que ça s’étire.

Ratings ★★★★★

Aussi, pour la sortir, j’espère avoir des bons ratings de mon monde! :) J’aimerais que mon lectorat soit dans les les premiers à noter le livre pour lui donner une petite chance! Il parait que si tu n’as pas 15-20 ratings de 5 étoiles en partant, tu n’existes juste pas! Il faudrait que je me crée une liste de tout le monde qui trippe sur la chronique et qui va vouloir acheter le livre.

Fantasmes & rêves

C’est sûr que je fais tout ça surtout pour créer un souvenir cool de cette chronique, mais ce serait aussi cool de lui donner une vraie chance de trouver son public. Comme il sera disponible sur Amazon partout dans la francophonie, on ne sait jamais ce que ça peut donner, eheheh :)

Vers glaçants

Le temps est comme ma face avec la pluie qui gèle la surface. Le temps est comme ma vie où le gris rapproche chaque jour cette folie de l’abattement complet. Le point où tout perd son sens, excédé par la solitude de n’être personne pour personne et encore moins pour moi. Où le désespoir se gave et se bourre de procrastination et de sommeil en repoussant toujours la vie de quelques jours dans l’espoir d’un printemps qui n’arrive jamais. Comme une succession de saisons qui s’étire sur une décennie sans beau temps. Comme un hiver de trône de fer, toujours rempli d’histoires, mais sans présent. Que du temps.