Fiche Tinder trop honnête

Gars de nulle part cherche fille d’ailleurs.
Gars cassé cherche cœur pro bono.
Gars invisible cherche ombre au cul bombé.
Gars pas en shape cherche fille pour remise en forme.
Gars vieillissant cherche fille encore fertile pour un bout.
Gars cherche fille qui dort beaucoup pour pas se sentir paresseux.
Gars perdu cherche fille avec les réponses.
Bouteille à la mer cherche fille qui a soif.

Pour improbable dénouement romantique.

https://www.gotinder.com/@tchendoh

L’écriture et les trucs autour

C’était drôle de vivre la sortie de notre websérie cette semaine.

Je suis surtout habitué de publier des chroniques et des textes de blogue où le feedback est quasi-instantané. Là, après avoir annoncé tout ça sur les réseaux sociaux, c’était plein de « Bravo, je vais regarder ça! », mais aucun feedback concret sur le contenu à part quelques « le premier épisode sur Facebook donne le goût de se taper le reste! ».

Mais comme c’est plus long à consommer qu’un texte, ça m’a comme laissé trop de temps. Assez pour commencer à me dire « Voyons, tout le monde trouve ça poche? » Entre temps, je faisais le support technique pour les boomers qui posaient des questions comme « Ça passe à quelle heure que je l’enregistre? » :) Plusieurs ont aussi eu de la misère avec le lecteur du site de Vrak qui ne fonctionne pas sur toutes les plateformes ou avec les bloqueurs de pubs. Plein de gens hors-Canada étaient aussi géo-bloqué. C’est là que je réalise combien j’ai de relations à grande distance!

Finalement, le feedback a pris un bon 24h à arriver, mais au moins, c’était super positif!

Ma mère me demandait comment je vivais toute cette gloire, mais comme je venais juste de lui envoyer mes papiers d’impôt, ça m’a gardé assez modeste. C’est que j’ai connu ma pire année de pauvreté ever! De justesse dans les 5 chiffres! Tu m’envies-tu full? :)

Sur le coup, ça m’a rappelé l’histoire de Samuel Archibald qui s’est fait couper par Desjardins alors qu’il était en pleine dépression. C’était intéressant d’entendre ça parce que gérer une dépression avec aucune aide financière, c’est en plein ce que j’ai dû faire. Une chance que je n’avais pas de famille à supporter comme lui! Ça doit tellement être bad.

C’est pour ça que, même si je savais qu’elle serait désastreuse au niveau financier, 2017 reste une bonne année pour moi en général. Je me suis senti graduellement redevenir moi-même et je continue de me sentir un petit peu mieux à chaque mois ou presque. Je peux accomplir de plus en plus et j’arrive à mieux jongler avec quelques projets en même temps, ce qui indispensable pour atteindre un salaire décent.

(Si je veux que ma Visa reparte du bon bord un moment donné.)

Hier, j’ai même écrit ma première chronique VDLP en plus de 18 mois! C’était fucké de me remettre dans l’esprit Victime de la porn. Ça va sonner cliché et quétaine, mais j’avais vraiment cette impression de retrouver une partie de moi. C’est revenu tout seul. La seule chose que je n’aimais pas de cette chronique, c’est la pression de devoir trouver des nouveaux sujets. Les premières années, ça allait bien, mais quand ça fait 300 semaines de suite, ça devient tough de trouver un sujet sur lequel t’as une opinion forte sans avoir l’impression de te répéter.

Ça fera un peu de contenu exclusif de plus pour le bouquin qui avance au compte-goutte. C’est un des problèmes quand tu t’autoproduis et que le monde qui t’aide est bénévole. :) Mais comme le reste, ça avance! Ça avance! Ça fait partie des trucs avec lesquels je jongle de mieux en mieux.

En plus, l’été s’en vient et je m’ennuie trop d’écrire dehors! J’ai recommencé à fréquenter les cafés depuis une dizaine de jours, mais ce n’est juste pas si pratique que ça. Déjà, je ne supporte pas le café alors je paye 5$ pour un kombucha et là je stresse d’aller pisser pis que quelqu’un se pousse avec mon laptop.

L’avantage du café, c’est que ça te sort de chez vous et que tu peux voir quelques belles faces, mais je commence à penser que je me suis fait arnaquer par celui à côté de chez nous. J’y suis allé il y a 2 samedis et c’était comme la plus belle commis de l’histoire des cafés, mais là, dans les 5 ou 6 autres fois où j’y suis retourné, je ne l’ai jamais repogné!

Genre de commis qu’ils sortent juste pour créer de l’accoutumance qui ne revient jamais! Peut-être qu’elle passe d’un café à l’autre, juste pour faire rouler l’économie. Gang de criss!

Bon, ça suffit les conneries. Je retourne écrire sur des trucs plus payants, question de connaitre une année qui a un peu plus de bon sens.

Proche et reproche

Depuis que ma doc m’a dit que je pourrai peut-être considérer d’essayer de diminuer graduellement les antidépresseurs à partir de cet été, j’y pense pas mal. Genre, je commence à saliver à l’idée de peut-être pouvoir recommencer à boire à l’automne. Peut-être perdre le poids que les antidéps m’ont fait prendre. Sans oublier l’idée de retrouver une libido qui a du bon sens.

Mais il n’y a pas que du positif. Il y a aussi une peur qui vient avec : dans une veillée difficile comme ce soir, est-ce que j’arriverais à la gérer sans antidéps?

C’est plus rare que j’ai des soirées difficiles parce que si on oublie les problèmes d’argent, ça fait un bon moment que je vis dans un environnement contrôlé. Et par contrôlé, je veux dire tout seul. Quand j’en parle à certaines personnes, je ne sais pas combien ils réalisent l’idée de passer ses semaines vraiment tout seul.

Souvent, ils sont tellement entourés de famille, de colocs ou de collègues de travail que pour eux, une semaine tout seul, c’est une semaine de repos. Mais moi je parle de quand être seul est la norme, pas l’exception.

Ces temps-ci, j’ai quelques projets d’écriture alors ça me donne quelques rencontres avec du monde dynamique, mais sinon, dans ma vie ordinaire, mes semaines restent tranquilles en crime. Je vais souper chez la famille de mon meilleur ami une fois par semaine. Un ami que j’ai depuis que j’ai 7-8 ans. Je choisis mon jour entre le lundi et le jeudi et c’est pas mal ça.

Je ne me souviens pas de ma dernière date, et quand tu mixes le fait que je ne bois pas et que je suis terriblement pauvre, l’idée d’aller prendre un verre (ou toute autre sortie qui implique des sous) pour peut-être tomber sur quelqu’un, ça prend le bord. Et en étant tout le temps à jeun, je perds même les fois où je file social après quelques bières et que je texte des amies pour leur jaser de la dernière toune pop qui me fait danser.

Dans cet environnement contrôlé de solitude, je suis protégé parce que les relations, ce sont des gambles émotifs. Si t’as quelqu’un dans ta vie, c’est quelqu’un que tu peux perdre.

Mais cette solitude me rend aussi égocentrique. En fait, ce blogue est un gros symbole de mon égocentrisme. Moi qui gratte mon bobo. Toi qui me lis.

Mes problèmes,
ton écoute.

Est-ce que je suis trop habitué à cette dynamique? J’ai du mal à la changer. Ce que je me remarque, c’est que lorsque quelqu’un me partage combien sa vie va bien, ça met en évidence combien ma vie à moi ne va pas. Et quand quelqu’un me raconte combien sa vie va mal, j’ai juste envie de lui montrer combien c’est bien pire de mon bord.

« Oh, t’es célibataire depuis 3 mois et t’as peur de rester seul pour toujours? Je… comprends. »

Je sais que c’est asshole de voir ça comme ça. Je n’en suis pas fier. Je dis juste ce que ça me fait.

En même temps, si j’écris autant sur mon cas depuis aussi longtemps, c’est peut-être aussi parce que j’ai un gros manque relationnel qui n’est jamais comblé avec mes vraies relations. Un grand trou.

Je me demande si je serais aussi égocentrique avec une vie plus équilibrée. Ou est-ce que c’est juste le cliché de l’artiste nombriliste? Ou c’est peut-être un muscle qui s’est atrophié avec les années de solitude de survie.

Je ne sais pas.

En tout cas, quand tu connais une veillée difficile, la solitude et tout le concept de l’environnement contrôlé, ça cesse d’être un avantage.

La saison 1 de notre websérie est en ligne!

C’est sorti ce matin! J’ai hâte de voir ce que le public de Vrak va en penser! Même chose pour les ados de mes amis!

As-tu aussi le goût de regarder ça? Tu peux! Te reste juste à préparer ton beau grand coeur d’adolescente et aller te binge-watcher ça d’une traite!

http://vrak.tv/ohmylord

Tu me partageras ton bout préféré! Le mien est quand la musique kick dans le générique du 9e épisode! :)

Y a-t-il un problème de scénario au Québec? #RVQC

(J’ai une amie qui m’a demandé de lui faire un compte-rendu, alors aussi bien me forcer un peu plus et de le rendre public.)

Je reviens d’une table ronde qui posait cette question-là : Y a-t-il un problème de scénario au Québec? #RVQC

Animatrice : Marie-Louise Arsenault

Invités :
Marc-André Lussier, critique cinéma
Philippe Falardeau, réalisateur et scénariste
Chloé Robichaud, réalisatrice et scénariste
Isabelle Raynauld, enseignante, réalisatrice, scénariste (je pense)
Éric K. Boulianne,  scénariste

(Je ne connais pas le parcours de tous ces gens-là donc s’il y a des erreurs, j’en suis désolé.)

Il y a des tables rondes qui passent un peu dans le beurre, mais celle-là était vraiment cool. Déjà, la salle était pleine et c’était 2h de temps alors on a eu le temps de jaser pas mal. Même la période des questions était cool alors que ça peut souvent être un désastre. Il y a toujours quelqu’un qui prend le micro pour jaser de sa petite vie sans que ce soit intéressant ou relié au sujet, mais là, ce n’est arrivé qu’une fois ou deux.

(Si tu veux tout ramener à toi, pars-toi un blogue! ;))

***

Dans les trucs dont il a été question qui m’ont particulièrement interpelé, c’est la place de l’égo dans tout ça. Par exemple, est-ce qu’un réalisateur doit écrire le film qu’il réalise pour sentir que c’est son film?

Ce n’était pas le cas pour les réalisateurs sur la scène (qui semblaient très sincères dans leur ouverture à collaborer avec des scénaristes), mais je ne sais pas combien ils sont représentatifs du milieu québécois. D’ailleurs, j’étais déjà allé dans une table ronde qui portait sur le même sujet et j’en étais sorti assez déçu parce que les invités étaient à peu près tous des réalisateurs qui écrivaient leurs propres films et grosse surprise, ils en venaient un peu à la conclusion que ça va mieux comme ça. :)

D’ailleurs, le scénariste Boulianne parmi les invités a fait rager la salle (remplie de scénaristes) à quelques reprises parce qu’il semblait (je le connais zéro donc ça vaut ce que ça vaut) être exactement le type de scénariste qui fonctionne dans notre système : un scénariste le plus effacé possible qui fait ce qu’on lui demande et qui ne revendique rien d’autre.

Et même si je respecte sa position (après tout, chacun son trip), j’étais aussi un peu agacé parce je partage cette impression que le système actuel n’accorde pas assez d’importance aux scénaristes. Encore là, c’est un peu relié à l’égo, mais ce n’est pas toujours une mauvaise chose que l’égo s’en mêle. Il faut aussi se respecter dans ce que l’on fait, et réaliser que ce que l’on fait a une valeur.

(D’ailleurs, qui d’autre dans cette industrie travaille autant bénévolement que les auteurs?)

Mais bizarrement dans cette discussion sur l’égo, c’est un peu viré vers l’idée d’un possible désir de glamourisation des scénaristes. Comme si les scénaristes babounaient de ne pas être assez souvent dans le 7 Jours, mais ça n’a tellement rien à voir!

Une femme du fond de la salle a fini par ramener les pendules à l’heure en disant un truc que j’avais envie de crier : crime, on a des années à 12 000$ où l’on arrive même pas à payer le loyer, est-ce que demander plus que ça va vraiment être perçu comme vouloir devenir une vedette?!

On est loin du glamour en bâtard! Anyway, qui choisit d’être scénariste pour devenir une vedette?

Ce que j’aurais aimé ajouter à la discussion, c’est que souvent dans la sélection des projets, il est question de notoriété. Il faut être un « nom ». Et je me demande si le fait de laisser autant les scénaristes dans l’ombre finit par nous nuire à devenir des fameux « noms ».

Bien sûr, les auteurs exceptionnels sont connus des décideurs dans l’industrie, mais je me demande si en nous effaçant des affiches, des bandes-annonces et en invitant seulement les comédiens et les réalisateurs à Tout le monde en parle, on nous fait perdre une part de notoriété qui nous serait pas mal utile quand vient le temps de faire passer nos projets.

De toute façon, ce n’est pas une question de dire que le scénariste est plus important que le réalisateur ou que le producteur ou que whoever, c‘est une question d’accorder une place optimale à tous les intervenants pour créer la meilleure oeuvre possible.

Et je pense qu’autant impliquer le réalisateur au début de l’écriture peut aider un projet, autant impliquer le scénariste dans le reste de la production aide aussi. Mais évidemment, il faut que ce soit bien dosé et que les égos ne s’en mêlent pas trop.

***

Vers la fin, Benoit Pelletier (un de mes anciens profs que j’avais beaucoup aimé) est intervenu pour dire qu’une grande partie de tout ça, c’est le réseautage. « Ça dépend de tes contacts! » Lui, il racontait qu’il a été super chanceux d’être tombé sur le bon monde et il a participé aux scénarios de plusieurs grosses comédies du cinéma québécois des dernières années.

C’était la grande conclusion à toute la discussion, en fait. Marie-Louise Arsenault déconnait en disant qu’il nous faudrait un Tinder pour matcher des réalisateurs et des scénaristes, mais c’est une grande partie du problème pour vrai.

Falardeau expliquait qu’aux États-Unis, ce sont les agences qui jouent les entremetteurs alors qu’ici, il n’y a rien pour ça. C’est un problème sur lequel il faudra travailler.

D’ailleurs, un projet sur lequel j’ai écrit l’année passée m’a permis de rencontrer un réalisateur avec qui je m’entends bien et je lui ai offert d’embarquer dans un de mes projets de film. Même si le projet de film est encore très embryonnaire, ça faisait un bien fou de tomber sur un réalisateur pour me compléter.

Martine Pagé de la SARTEC a fait un message très senti et à propos qui invitait tout le monde à s’impliquer et à suivre leurs activités. Je vais faire un effort pour ça. Je pense que les scénaristes ne sont pas aussi extravertis que les réalisateurs et que ça joue un peu dans tout ça. Un scénariste, c’est peut-être moins fort sur le réseautage dans les 5 à 7.

La preuve, c’est que moi, au lieu de réseauter après la table ronde, je suis retourné chez nous pour raconter ça tout seul sur mon laptop.

:)

Autres petits trucs que j’ai notés :

  • La SODEC reçoit 75 projets et ils en financent 10. Les projets les plus aboutis, peu importe le style.
  • Dans le cinéma québécois, ça ferait du bien d’écrire des histoires qui sortent de Montréal.
  • Quelqu’un rappelait Hitchcock qui disait qu’il y a trois choses importantes dans un film : le scénario, le scénario et le scénario.
  • Marc Robitaille (scénariste) est intervenu pour dire que si tu veux écrire un film en étant libre, écris le roman. Ensuite, un réalisateur finira par te lire et peut-être que tu seras engagé pour participer au scénario. (C’est ce qui lui est arrivé avec une de ses histoires.) Il citait quelqu’un (Irving?) qui disait : si tu veux avoir tous les rôles (scénariste, réalisateur, monteur, etc.), écris un roman.

Je trouvais ça intéressant parce que c’est vrai qu’écrire un roman est d’une liberté totale, mais en même temps, je pense vraiment que les histoires ont leur médium idéal.

Ah, et Falardeau proposait une idée assez révolutionnaire pour tous les scénaristes dans la salle : n’ayez pas peur de mettre votre scénario sur le web et de les envoyer à tout le monde. Aux États-Unis, les scénarios circulent. Tous les grands films aux Oscars, ce sont des scripts qui pouvaient être lus par n’importe qui bien avant leur production.

Il ne faut pas avoir peur d’être copié ou whatever. Si c’était mieux de garder tout ça secret dans le passé, ce n’est vraiment plus le cas.

Bon à savoir.

Grand visionnement officiel, saison du FIP et histoire de poumons

Ce matin, alors que Facebook me rappelait qu’il y a un an, on publiait le démo de notre websérie en espérant fort avoir les sous du FIP (Fond Indépendant de Production) pour produire tout ça, c’était justement le matin où l’on se tapait en équipe le grand résultat final!

Nos 10 épisodes, un an plus tard!

En ayant continué de travailler sur le projet jusque dans les dernières semaines, j’avais déjà vu la série 10-15 fois, mais j’avais hâte de la voir dans sa vraie version finale! Et avec du monde!

Sauf qu’avant ça, je me suis levé à 6h15 (ark) pour aller faire un test respiratoire à l’hôpital à l’autre bout du monde. Dans le bus en y allant, je suis tombé à la radio sur l’histoire de ces pompiers qui ont pogné le cancer des poumons! Super timing! :) Ça m’a fait paranoyer un peu, mais bon, mes tests avaient l’air ben corrects. La tech était cool et c’était marrant à faire. Un bon 40 minutes à souffler dans un gros tuyau selon les indications qu’elle te donne alors que t’es assis dans une espèce de grosse boite de verre qui se referme pour être étanche.

Après ça, je me suis dépêché d’aller pogner le métro pour manquer le moins possible du visionnement. Je suis arrivé au 2 ou 3e épisode alors que tout le monde regardait ça attentivement avec leur mimosa. (Bonne façon de rekicker un février sans alcool.) C’est weird de regarder un truc que t’as écrit alors que d’autres gens sont présents. Je me demande toujours si ça rit assez ou combien les gens embarquent pour vrai. Ça me gêne vraiment gros, mais dans ce cas-là, tout le public était le monde qui avait travaillé sur la série donc c’était cool.

Et par chance, personne n’a dit « j’ai bien aimé, mais les textes SUCK! » :)

C’était intéressant de remarquer le paquet de petits trucs qui avaient été placés depuis la dernière version que j’avais vue. Genre, l’infographie des textos avait été pimpée. La narration était là au complet et le son était rendu tight partout. On a aussi rajouté les sous-titres pour les bouts anglais que j’ai eu beaucoup de fun à traduire. Et le gars à la musique a vraiment fait une job incroyable! Tout le monde a fait une job de feu, en fait. Si j’essaie d’être objectif, c’est vraiment bien fait et il y a tellement de travail derrière ces petits épisodes de 4 minutes!

Bon, c’est sûr qu’on a tous tendance à remarquer individuellement les trucs qu’on aurait voulu faire un peu mieux (moi ça me fait toujours ça en tout cas!), mais je pense que c’est normal. Genre, la fille aux costumes remarque qu’un col n’est pas placé tout à fait pareil d’un plan à l’autre, mais elle est la seule à remarquer ça.

Et là, j’ai vraiment hâte de voir ce que le public va en penser! Ça sort le 6 mars, et oui, je vais refaire un autre post pour vous dire comment regarder ça. ;)

Mine de rien, ce sera un autre truc à cocher dans ma bucket list.

Petit gars sensible

J’ai pleuré cet après-midi pour un petit truc.

Un petit truc humain, mais un petit truc quand même. Je ne sais pas si je dois me dire que c’est bon d’avoir de l’émotion malgré les antidépresseurs, ou me dire qu’au contraire, ma tristesse doit être vraiment bad pour pleurer malgré les antidéps.

Je pense que le petit truc est relié à quelque chose de plus gros. Je me sens seul ces temps-ci et tout ce qui touche à cette corde-là semble m’affecter exponentiellement. Il y a aussi que n’ai plus de psy depuis le début de l’année alors sûrement que ça joue.

Peut-être que j’accumule trop de petits trucs et que ça commence à déborder. Je crois que je manque de spots où je peux m’exprimer pleinement mais surtout, être compris et accepté. Être reçu.

Ça doit être ça. Ma vie manque de réception.

 

« I don’t want to go insaaaaaaaaane!! » *

J’ai eu une semaine spéciale avec des évènements qui se racontent mal. En général, les rêves se racontent mal. En plus que les miens sont souvent des suites ou des rêves récurrents que je n’arrive même pas à comprendre moi-même.

J’ai rêvé que je fréquentais cette femme qui achevait à cause d’un cancer. Une femme élancée plus vieille et plus élégante que moi et qui ne parlait pas mais qui était douce et chaleureuse. Et un moment donné, en marchant dans son appartement, j’ai viré un coin et je suis tombé sur ma mère qui, avant même que j’ouvre la bouche, s’est placée un vieux revolver sur la tempe et s’est s’éclater la tête en s’écroulant par terre.

Je me suis réveillé en choc parce que c’était tellement soudain et WTF. J’étais tout trempe alors j’ai marché un peu dans mon appart le temps de sécher. Quand je me suis recouché, je ne me souviens plus à quoi j’ai rêvé, mais encore une fois, je me suis retourné et je suis retombé sur ma mère qui s’est gunné dans ma face.

Rendu là, il était 5h10 et j’ai décidé de me lever quand même.

***

Hier, je suis allé voir Black Panther. J’avais hâte de le voir et je n’ai pas été déçu. C’est cool de voir qu’un film de Disney et de superhéros puisse quand même avoir un impact fort et rassembleur au niveau sociétal. Dans les dernières semaines, j’ai trippé à voir plein de gens de la communauté noire apprécier le film et ce qu’il représente. Et ce n’est pas seulement de voir des noirs à l’écran. Ça faisait tellement de bien de voir l’Afrique jouer un rôle de leader. Un leader avec des ressources. J’adore voir un peuple retrouver sa fierté.

Plus tôt dans la semaine, je parlais de combien j’espérais tomber sur la femme de ma vie à cette projection. Peut-être que le hasard fera qu’elle soit assise à côté de moi lors de la projection. J’ai été mind-fucké parce qu’à la place, je suis tombé sur une ancienne amie. Une relation morte. Les deux, on a fait le saut en se reconnaissant et c’est comme si nos cerveaux ont pris un instant à se souvenir qu’on n’est pas si contents que ça de se revoir.

En fait, je l’aimais bien cette fille, mais elle, je ne crois pas. Je me suis senti mal de lui amener du malaise à elle et son copain lors de leur sortie d’après-midi alors je me suis décalé de quelques bancs. J’imagine qu’elle a apprécié parce qu’elle ne m’a pas salué en quittant.

***

En revenant, je me suis pris à la bibliothèque un livre de Pierre Falardeau qui contient les lettres qu’il a envoyées à un ami pendant une grande partie de sa vie. Ça m’a donné le goût d’aller sur YouTube pour revoir ses vieilles entrevues et je suis tombé sur le documentaire de sa vie.

Cet homme-là est si inspirant. Je me suis toujours identifié à sa colère de fond et j’ai toujours admiré son désir de se battre et d’être libre. Ça m’attire parce que le destin du peuple québécois a toujours été quelque chose auquel je me suis senti attaché sans comprendre pourquoi. Pourquoi l’indépendance est si importante pour moi? Pourquoi je laisse ce destin-là affecté autant le mien? Je ne le comprends pas. Ça se fait tout seul.

Je suis affecté par mon groupe. S’il va mal, je vais mal. S’il va bien, je m’enthousiasme et tout semble plus facile. Je pense que c’est ce que j’ai de plus spirituel. Un truc que je ne m’explique pas et qui semble plus grand que moi.

En regardant le docu de Falardeau, je l’ai envié d’avoir une femme qu’il a gardée jusqu’à la fin. Je n’étais pas au courant. Je me disais que c’était le genre d’artiste bourru qui finissait tout seul. Tout seul comme moi. Au contraire. Une femme, trois enfants et pas mal de bonheur.

Même mort, il m’inspire encore.

***

Ce matin, je me suis encore frappé à combien c’est tough de rencontrer du monde. Trouver des relations avec qui ce serait le fun d’échanger. De partager. Sans l’option des apps de rencontre, je trouve ça difficile et je ne sais plus où chercher. J’aimerais que ce soit aussi facile que dans les rêves ou les films. Ou que le destin soit plus d’adon.

* Le titre vient du nouvel album de Car Seat Headrest, un band que je te recommande.

Sortir du trou

Avant Noël, j’estimais que je serais enfin correct côté cash à la mi-janvier. Je commençais une nouvelle job alimentaire et j’estimais que ça me prendrait à peu près un mois pour passer de l’état « chèques qui rebondissent » à « juste endetté que le criss ». Un gros mois plate à passer, que je me disais.

Sauf qu’étant donné que c’était une nouvelle job, j’ai été pas mal moins efficace que ce que j’avais prévu. Sans compter que le congé des fêtes n’a pas aidé, vu que tout le monde là-bas était en congé. Bref, ç’a creusé mon trou d’un autre mois de profondeur, et maintenant, plutôt que d’être OK à la mi-janvier, je suis dans le trouble solide et j’aurai besoin d’un bon deux mois avant de me sortir la tête de l’eau.

Et ça, c’est dans un « best-case scenario ». Ça ne tient pas compte du bon vieux « backtime ».

C’est tellement lourd, les problèmes d’argent. C’est déjà difficile et humiliant d’être en retard d’un mois de loyer, mais quand ça s’accumule et que tu n’es pas capable de savoir à partir de quand tu seras réalistement capable de reprendre le dessus, c’est encore pire.

Je m’étais dit que je mettrais un peu mes projets d’écriture de côté durant les fêtes pour faire plein d’heures de mon autre job, mais je ne peux pas repousser mes projets aussi longtemps. C’est mauvais pour ma carrière, et je vais juste virer fou. C’est la seule petite clarté que j’arrive encore à pogner.

Là, mon clavier de MacBook a de la misère et je dois nettoyer certaines touches parce que mon ‘e’ ne marche pas une fois sur trois. Crime que c’est stressant de jouer là-dedans quand tu sais très bien que t’es mort si ça fuck. Chaque petit truc devient dramatique. Genre, mes lunettes sont tellement grafignées. Crime que ça travaille mal! J’ai aussi ma télé qui est morte en novembre. Objectivement, ce n’est pas grave de ne pas avoir de télé. Il y a plein de monde qui n’en a pas, mais ça ajoute à cette impression que mon trou se creuse plus vite que je le remonte.

(Et un scénariste sans télé, ça fait un peu con.)

C’est comme si je ne m’en sortirai juste jamais. J’aimerais pouvoir fast-forwarder au bout où je suis OK et que je puisse recommencer à vivre. Je ne me rappelle même plus du feeling que ça fait. Argh. Crime que c’est rough.

Le seul point positif, c’est que je n’ai pas de match Tinder. Ce serait tough d’aller sur une date dans cet état-là.

« Ah oui, bébé, je suis un gars incroyable… Le chum idéal…  Tu me pognes vraiment au meilleur moment de ma vie… »

Un peu obstineux

(Statut Facebook que je pensais avoir partagé ici, mais que finalement non.)

On s’entend, je suis un peu obstineux.

On me l’a trop souvent dit pour que je m’obstine là-dessus, mais j’ai toujours détesté cette étiquette parce que ça sous-entend que je veux juste m’obstiner pour m’obstiner alors qu’au contraire, quand je me mêle à un débat, c’est que j’ai une vraie opinion ou au moins une idée que je veux défendre avec mon cœur. Ce n’est pas comme Richard Martineau qui s’invente une opinion controversée pour vendre de la copie. Et il n’aura aucun problème à défendre le contraire trois mois plus tard.

Bon, je ne suis pas irréprochable non plus. Il m’arrive de troller par moment, mais en général, je suis vraiment de bonne foi et mon cœur y est à fond. Je ne serais pas writer si mon cœur n’y était pas autant. Mais bon, je sais que ce n’est pas tout le monde qui apprécie les débats. Il y a des types de personnalité que ça agresse.

Parfois, il y des sujets plus tabous qui sont si délicats que ça devient périlleux d’en discuter publiquement. C’est pour ça que j’ai des gens dans mon entourage dont je me sers quand j’ai envie de discuter de certains sujets. Par exemple, si je veux jaser de la direction de Radio-Canada, j’ai 2-3 amis Facebook pour ça. Si je veux parler de laïcité ou de religion, j’en ai quelques autres sur lesquels je vais tester mes arguments. Et c’est drôle parce que parfois, ces amis finissent par me dire « ben voyons, pourquoi tu stick autant sur ce sujet-là?! »

Mais des sujets du genre, j’en ai quand même pas mal :
– Le financement de notre culture
– Les relations/différences homme/femme
– La séduction
– La monogamie
– La laïcité/la religion
– Ce qui est politiquement correct
– Les tabous
– La souveraineté
– La survie du français
– Le multiculturalisme
– L’humour
– La liberté d’expression
– Le féminisme
– La culture du viol
– Le salaire minimum à 15$
– Black Lives Matter
– La droite et la gauche
– La politique
– L’immigration
– L’importance de l’empathie dans nos débats publics
– Les mouvements sociaux
– L’avenir de la planète
– La prostitution
– La psychologie
– La dépression
– Le suicide
– La télé québécoise
– La télé d’ailleurs
– Les médias
– L’écriture inclusive

Bon, il y a des sujets dans la liste qui se recoupent et plein d’autres que j’oublie en ce moment, mais j’avais envie de partager publiquement que je m’intéresse sincèrement à tout ça. Ce sont des sujets qui me touchent et qui me passionnent.

Cela dit, si vous me pognez à débattre sur la valeur du Dow Jones ou les nouvelles tendances mode de la saison prochaine, là, c’est clair que je trolle parce qu’en toute sincérité, je m’en torche complètement.