Mon vice caché

Vieillir, c’est chiant. Bravo si t’arrives à te convaincre que c’est un privilège, mais c’est pas cool pantoute. Surtout pour le corps. En gros, c’est « plus d’efforts pour moins de résultat ». Mais ce n’est pas de ça dont je voulais te parler.

Ce qui me dérange ces temps-ci, c’est le jugement relié à ce putain de chiffre.

Chaque fois que je partage mon âge, le monde est étonné, et je n’aime tellement pas ce feeling-là. Bon, tout le monde va dire que c’est cool de paraitre plus jeune et oui, je suis content pour ce bout-là de ma génétique, mais il y a quelque chose qui me dérange quand même.

Dans le « Ben voyons donc! » systématique qui survient juste après, j’ai l’impression qu’on change de grille d’analyse pour m’évaluer. C’est évident qu’une grosse partie de ce jugement-là vient de moi. Je vais avoir 41 ans le 23 juin.

Est-ce que je suis là où j’aimerais être pour un gars de 41 ans? Fuck non.

Je n’ai toujours pas de famille.
J’ai des dettes et des revenus ridicules.
Je rush à replacer mon corps dans une shape décente.
Ma carrière est encore très loin d’où je la voudrais.

Il est assez safe de présumer que si je m’étais fixé un objectif à 20 ans d’où j’aimerais en être avec ma vie rendu à 41 ans, je l’aurais air ballé solide. Je me rappelle de mes parents à cet âge-là. En fait, il n’y a pas beaucoup de points de comparaison avec d’autres personnes de cet âge où je me dis que je m’en sors bien pour le potentiel que j’ai.

Et c’est quand la discussion sort dans un contexte de travail que je freak le plus. C’est le même malaise que les humoristes doivent subir avec la fameuse « relève ». C’est plus cute de galérer en début de vingtaine. Plus tu vieillis, plus t’as peur qu’on se dise « bon, s’il avait eu à percer, ce serait déjà arrivé ».

Plus les gens sont surpris de mon âge, plus je m’inquiète. Ça me prend comme un espèce de rush d’insécurité pas cool et chaque fois, j’ai cette impression déplaisante qu’on vient de me découvrir un vice caché.

Pourtant, si on oublie mon corps de bouette, j’évolue encore full. Je travaille sur mes chroniques Victime de la porn ces temps-ci, et c’est évident que j’ai évolué depuis ce temps-là. D’ailleurs, j’étais aussi mal à l’aise avec mon âge dans ce temps-là. Je ne voulais pas qu’on sache que le gars qui écrit ça est déjà à la mi-trentaine.

Ça me rappelle quand on a demandé à Joanne Rowling de changer son nom pour J.K. Rowling pour que les petits gars soient plus à l’aise d’acheter des livres d’Harry Potter. Mon âge n’est pas vendeur. Il n’est pas marketing. Il n’est pas séduisant.

D’ailleurs, sur les trucs de rencontre, je me sentais déjà invisible à 40 ans. 41 ans risque d’être encore pire. Présentement, il y a quand même plein de femmes qui cherchent un homme entre 25 et 40, mais là, je vais tomber dans le groupe qui va jusqu’à cinquante? Ouf…

Vieillir est un privilège, right? Ouais. Full.

Je ne me souviens pas de la dernière femme que j’ai embrassée

Pour vrai.

Sûrement que je pourrais m’en rappeler en cherchant un peu, mais ça fait assez longtemps pour ne plus en avoir un souvenir clair. En fait, je sais que je n’ai eu aucun semblant d’action depuis que je suis retourné sur les antidépresseurs il y a déjà… 18 mois? Un autre truc que je n’ai pas trop envie de me rappeler précisément.

Ça m’est arrivé quelques fois dans ma vie d’être seul durant une longue période, sauf que cette fois-ci, c’était un peu plus conscient. Je connaissais les effets des antidéps et je me suis dit que ce n’était pas le moment pour me pogner quelqu’un. C’est poche d’offrir une version poche de soi-même. Et pas juste pour l’autre. Il y a aussi un potentiel d’humiliation assez épeurant pour un égo comme le mien.

Mais plus ça s’étire et plus je me dis qu’un peu d’amour et d’affection, c’est le genre de truc qui aide à se replacer.

Bon, c’est de moins en moins une option parce que le sex-appeal est un truc cruel. Cruel et un peu exponentiel. Genre, si tu pognes beaucoup, tu pognes encore plus parce que les autres se disent « Wow! Cette personne pogne vraiment gros! » et ça génère encore plus d’intérêt et de curiosité. À l’inverse, quand t’es un peu immobile et dans un genre de brouillard, il n’y a pas grand monde qui a la personnalité pour être légitimement intéressé à aller tester ce genre de cas-là.

Il est donc recommandé de faire semblant de rien et de ne pas s’en plaindre pour garder un profil plus attirant. Mais en même temps, faire semblant que tout va bien et projeter l’illusion d’un gars qui vit super bien avec cette solitude-là, ça devient difficile à maintenir quand ça s’étire.

De toute façon, je ne dis pas ça avec l’idée de me rendre plus attirant ou comme pitch de vente piteux. Je dis ça pour communiquer que je trouve ça rough.

 

Ça avance très bien pour le recueil VDLP!

Après un petit lousse, ça avance très bien pour le recueil Victime de la porn!

Illustrations

Moi pis ma designer (ça fait big, hein?) avons enfin choisi l’artiste pour faire les illustrations du bouquin et c’est très cool de voir les premiers dessins commencer à rentrer! Des personnification de pénis, c’est toujours le fun à recevoir! Et je pense que ça va vraiment rendre l’item plus cool.

Correction

Du côté de la correction, ça achève en crime! J’ai aussi repassé moi-même une 1000e fois pour enlever encore plus de 40 textes! Ça s’en vient dur sur le coeur! Il en reste à peu près 115, ce qui est beaucoup plus que les autres recueils du genre, de ce que j’ai pu voir. Mon objectif personnel est juste de torcher Stéphane Laporte. ;)

Nombre de pages

L’objectif est que le bouquin finisse autour de 300-320 pages. Ce n’est pas une question de coût, mais plus une question :

  1. De format du livre où l’on ne veut pas que ça donne un livre cube semi-dictionnaire.
  2. De contenu où je souhaite vraiment que ce soit condensé au possible et avec aucune longueur.

Coupures difficiles

Les deux derniers textes que j’ai flushés sont des chroniques qui avaient vraiment bien marché. Ça me fait vraiment chier d’enlever celle sur Miley Cyrus qui twerk aux MTV’s parce que le slut-shaming est vraiment un immense problème que je vois partout. (Juste à regarder les commentaires sur Stormy Daniels.) L’autre texte parlait de combien c’est cool de deviner l’autre durant le sexe au lieu de tout verbaliser, mais à l’ère de #metoo #moiaussi avec toutes les histoires où des agresseurs se servent du silence pour justifier leurs actes sans consentement, ça ne fonctionnait plus.

Propos

Ça me permet aussi de recentrer tout ça sur le concept de départ de VDLP qui s’est toujours voulu aidant, décomplexant et positif. C’est sûr qu’avec les années, j’avais des chroniques plus amères ou avec plus de colère et là, je peux les discarter et garder plus focus. (Ahah, expression douchebag.) J’essaie aussi de créer un produit le plus intemporel possible en mettant à jour plusieurs petits trucs, même si le vocabulaire change vite.

Par exemple, je n’ai aucun texte qui parle de privilège de mâle blanc cis. Peut-être que je pourrais garder ça pour la description de derrière de livre. « Victime de la porn : Manplaining d’un branleur blanc cis. » Ahaha!

Impression

Pour l’impression, je me croise les doigts pour que DKP Print d’Amazon soit enfin disponible au Canada! Ce serait vraiment la solution la plus simple pour moi. Sinon, je serai obligé de me rabattre sur CreateSpace, l’ancien partenaire d’Amazon dont ils sont en train de se débarrasser. Le Canada est un des rares pays où CreateSpace a encore un contrat d’exclusivité et je ne sais pas quand ça se termine. Tout ce qu’Amazon écrit concernant le Canada, c’est « not yet ». Espérons que ça change dans les prochains mois.

Nightlife

J’aimerais que la sortie officielle se fasse vers la fin de l’été ou au début de l’automne. La seule inquiétude qu’il me reste, c’est pour la vérification avec Nightlife. C’était clair dans mon contrat que je pouvais faire ça parce que c’est mon plan depuis le début et j’ai négocié en circonstance, mais je dois quand même les faire approuver. Et comme Nightlife a changé de propriétaire depuis le temps et que les choses se décident à Toronto, j’ai peur de ne pas être au top de leurs priorités et que ça s’étire.

Ratings ★★★★★

Aussi, pour la sortir, j’espère avoir des bons ratings de mon monde! :) J’aimerais que mon lectorat soit dans les les premiers à noter le livre pour lui donner une petite chance! Il parait que si tu n’as pas 15-20 ratings de 5 étoiles en partant, tu n’existes juste pas! Il faudrait que je me crée une liste de tout le monde qui trippe sur la chronique et qui va vouloir acheter le livre.

Fantasmes & rêves

C’est sûr que je fais tout ça surtout pour créer un souvenir cool de cette chronique, mais ce serait aussi cool de lui donner une vraie chance de trouver son public. Comme il sera disponible sur Amazon partout dans la francophonie, on ne sait jamais ce que ça peut donner, eheheh :)

Vers glaçants

Le temps est comme ma face avec la pluie qui gèle la surface. Le temps est comme ma vie où le gris rapproche chaque jour cette folie de l’abattement complet. Le point où tout perd son sens, excédé par la solitude de n’être personne pour personne et encore moins pour moi. Où le désespoir se gave et se bourre de procrastination et de sommeil en repoussant toujours la vie de quelques jours dans l’espoir d’un printemps qui n’arrive jamais. Comme une succession de saisons qui s’étire sur une décennie sans beau temps. Comme un hiver de trône de fer, toujours rempli d’histoires, mais sans présent. Que du temps.

Expérience #tinder100fiches

(J’ai un mal de tête épouvantable, je cogne des clous et j’oublie un mot sur trois dans mes phrases donc je me cherchais une activité ludique à faire.)

Voici le jeu :

Passer 100 fiches Tinder et expliquer brièvement pour chaque personne la raison du swipe à gauche ou du swipe à droite. Le but est d’être honnête, sans être mean. Et je vais rappeler que ce sont juste mes petits goûts personnels. Et je m’excuse d’avance pour le nombre de mots anglais. Je sais pas si c’est l’effet de la porn, mais on dirait que mon vocabulaire tombe vite anglo là-dedans.

Mes critères dans l’application :

  • Âge 27 à 37 (j’ai 40)
  • Portée 8 km (je suis pas mal au coeur de Montréal)

Je commence!

  1. Trop de photos de plein air et face madame.
  2. On voit jamais son corps sur ses photos.
  3. Trop carré à mon goût.
  4. Face de madame.
  5. L’air beaucoup plus grande que moi et ses seins sont immenses, mais elle est hawt.
  6. Face de madame.
  7. Face qui vient pas me chercher + maman.
  8. On voit pas son corps et face bof.
  9. On voit pas son corps et face bof.
  10. Une touriste qui repart lundi.
  11. Trop chubby pour moi.
  12. On voit à peine sa face sur ses photos.
  13. Super belle black girl que j’ai dû déjà liker 14 fois. 
  14. Jolie grande rousse avec une bouche cool.
  15. Super cute spinner qui ressemble à mon kick du café. 
  16. Face correcte mais qui vient pas me chercher. 
  17. Asiatique canon, mais elle est à 8000 km donc ça doit être un faux compte.
  18. Trop chubby pour moi.
  19. J’aime pas sa personnalité bossy dans sa bio.
  20. Trop chubby pour moi.
  21. Trop madame.
  22. Cute, mais on voit pas sa shape. Gros risque! ;)
  23. J’aime pas sa face.
  24. J’aime pas sa face.
  25. Anglo, mais cute asiatique.
  26. J’aime pas sa face.
  27. J’aime pas sa face.
  28. J’aime pas sa face.
  29. Trop chubby pour moi.
  30. Face maganée d’abus de bronzage.
  31. Madame qui travaille dans une banque.
  32. Trop chubby pour moi.
  33. J’aime pas sa face.
  34. Une seule photo et zéro texte, mais hawt black chick.
  35. Une seule photo mais belle shape.
  36. Trop chubby pour moi.
  37. Fille super grande et super musclée. Elle a l’air cool, par exemple… iiih… argh… 
  38. Super belle, vraiment mon genre et une bio espagnole que je comprends zéro.
  39. Cute asian spinner, mais elle cherche quelqu’un de « motivé » et ça me gosse parce que je suis pas encore 100% remis de ma dépression.
  40. Face madame.
  41. Une seule photo, l’air trop imposante.
  42. J’ai l’impression que sa face pas maquillée doit être moche.
  43. L’air un peu intense sur le militantisme, mais je kiffe.
  44. Cute mais argh, elle travaille dans une banque et a l’air full business… aaaahh…
  45. Face bof.
  46. Jackpot génétique pis a l’air sweet, même si elle trippe plein air.
  47. Je vais juste dire que non. Nonon.
  48. Maman madame ou madame maman.
  49. Petite quote cliché dans la bio, mais très cute spinner.
  50. Cute, mais elle est ingénieur dans un truc bof… iiiih… aaah… 
  51. Jolie, mais pas de crime de lèvres.
  52. « Please don’t write me if you always ask seperate bills. »
  53. Me laisse indifférent.
  54. L’air conne.
  55. Me laisse indifférent.
  56. Corps d’athlète, mais genre athlète gars.
  57. Cute asian chick.
  58. Ouf, non.
  59. L’air asexuée. 
  60. Cute, mais j’ai tellement vu souvent cette fiche-là… argh, why not.
  61. Couple ouvert.
  62. Fille de banque.
  63. Trop de plein air dans ses photos.
  64. Face qui me fait peur.
  65. Fiche limite et elle est amie avec un gars je trouve cave.
  66. Vraiment belle, mais l’air… asexuée. 
  67. Grande maman.
  68. Photos pas fiables.
  69. Madame.
  70. Corps fou, face bof.
  71. Madame.
  72. Photos pas fiables.
  73. L’air trop imposante.
  74. She likes confident people.
  75. Horribles cheveux d’une couleur que je vais taire.
  76. Fantasme asiatique qui doit pas exister pour vrai.
  77. Avocate qui a juste l’air un peuuuu trop madame.
  78. Pas mon genre de shape.
  79. Jolie, mais une seule photo.
  80. Trop chubby pour moi.
  81. Business woman qui voudra rien savoir de moi, mais elle est canon.
  82. On voit jamais sa face de face! (Juste de côté.)
  83. Cutie dans une langue que je comprends pas.
  84. Ouin, non.
  85. Trop chubby pour moi.
  86. Correcte, mais l’air plate.
  87. Cute, mais pas mon genre.
  88. L’air un peu trop intense sur le crossfit comme mode de vie.
  89. Belle, mais l’air nounoune.
  90. Pas assez cute pour combien elle a l’air douchy.
  91. Cute, mais travaille dans une banque.
  92. Usée par le soleil en crime. Photos floues.
  93. Une autre writer… Je le feel pas.
  94. Vraiment belle, mais on voit jamais son corps.
  95. Cute et enfin qqn qui dit qu’elle trippe pas autant plein air que les autres.
  96. Asexuée.
  97. Pas mon genre de face.
  98. Madame.
  99. Photos pas fiables.
  100. Petites lèvres.

Crime, je suis vraiment surpris du 20% de oui! J’étais sûr que je serais autour de 5 à 10%. Je sais pas si l’échantillon était représentatif. D’habitude, j’ai l’impression que les petites lèvres sont super fréquentes, mais là c’est juste arrivé deux fois.

La mauvaise nouvelle, c’est que mon mal de tête n’est pas passé faque je vais opter pour le plan B : la sieste. Une sieste qui se passera seul, vu que j’ai eu zéro match. :)

Fiche Tinder trop honnête

Gars de nulle part cherche fille d’ailleurs.
Gars cassé cherche cœur pro bono.
Gars invisible cherche ombre au cul bombé.
Gars pas en shape cherche fille pour remise en forme.
Gars vieillissant cherche fille encore fertile pour un bout.
Gars cherche fille qui dort beaucoup pour pas se sentir paresseux.
Gars perdu cherche fille avec les réponses.
Bouteille à la mer cherche fille qui a soif.

Pour improbable dénouement romantique.

https://www.gotinder.com/@tchendoh

L’écriture et les trucs autour

C’était drôle de vivre la sortie de notre websérie cette semaine.

Je suis surtout habitué de publier des chroniques et des textes de blogue où le feedback est quasi-instantané. Là, après avoir annoncé tout ça sur les réseaux sociaux, c’était plein de « Bravo, je vais regarder ça! », mais aucun feedback concret sur le contenu à part quelques « le premier épisode sur Facebook donne le goût de se taper le reste! ».

Mais comme c’est plus long à consommer qu’un texte, ça m’a comme laissé trop de temps. Assez pour commencer à me dire « Voyons, tout le monde trouve ça poche? » Entre temps, je faisais le support technique pour les boomers qui posaient des questions comme « Ça passe à quelle heure que je l’enregistre? » :) Plusieurs ont aussi eu de la misère avec le lecteur du site de Vrak qui ne fonctionne pas sur toutes les plateformes ou avec les bloqueurs de pubs. Plein de gens hors-Canada étaient aussi géo-bloqué. C’est là que je réalise combien j’ai de relations à grande distance!

Finalement, le feedback a pris un bon 24h à arriver, mais au moins, c’était super positif!

Ma mère me demandait comment je vivais toute cette gloire, mais comme je venais juste de lui envoyer mes papiers d’impôt, ça m’a gardé assez modeste. C’est que j’ai connu ma pire année de pauvreté ever! De justesse dans les 5 chiffres! Tu m’envies-tu full? :)

Sur le coup, ça m’a rappelé l’histoire de Samuel Archibald qui s’est fait couper par Desjardins alors qu’il était en pleine dépression. C’était intéressant d’entendre ça parce que gérer une dépression avec aucune aide financière, c’est en plein ce que j’ai dû faire. Une chance que je n’avais pas de famille à supporter comme lui! Ça doit tellement être bad.

C’est pour ça que, même si je savais qu’elle serait désastreuse au niveau financier, 2017 reste une bonne année pour moi en général. Je me suis senti graduellement redevenir moi-même et je continue de me sentir un petit peu mieux à chaque mois ou presque. Je peux accomplir de plus en plus et j’arrive à mieux jongler avec quelques projets en même temps, ce qui indispensable pour atteindre un salaire décent.

(Si je veux que ma Visa reparte du bon bord un moment donné.)

Hier, j’ai même écrit ma première chronique VDLP en plus de 18 mois! C’était fucké de me remettre dans l’esprit Victime de la porn. Ça va sonner cliché et quétaine, mais j’avais vraiment cette impression de retrouver une partie de moi. C’est revenu tout seul. La seule chose que je n’aimais pas de cette chronique, c’est la pression de devoir trouver des nouveaux sujets. Les premières années, ça allait bien, mais quand ça fait 300 semaines de suite, ça devient tough de trouver un sujet sur lequel t’as une opinion forte sans avoir l’impression de te répéter.

Ça fera un peu de contenu exclusif de plus pour le bouquin qui avance au compte-goutte. C’est un des problèmes quand tu t’autoproduis et que le monde qui t’aide est bénévole. :) Mais comme le reste, ça avance! Ça avance! Ça fait partie des trucs avec lesquels je jongle de mieux en mieux.

En plus, l’été s’en vient et je m’ennuie trop d’écrire dehors! J’ai recommencé à fréquenter les cafés depuis une dizaine de jours, mais ce n’est juste pas si pratique que ça. Déjà, je ne supporte pas le café alors je paye 5$ pour un kombucha et là je stresse d’aller pisser pis que quelqu’un se pousse avec mon laptop.

L’avantage du café, c’est que ça te sort de chez vous et que tu peux voir quelques belles faces, mais je commence à penser que je me suis fait arnaquer par celui à côté de chez nous. J’y suis allé il y a 2 samedis et c’était comme la plus belle commis de l’histoire des cafés, mais là, dans les 5 ou 6 autres fois où j’y suis retourné, je ne l’ai jamais repogné!

Genre de commis qu’ils sortent juste pour créer de l’accoutumance qui ne revient jamais! Peut-être qu’elle passe d’un café à l’autre, juste pour faire rouler l’économie. Gang de criss!

Bon, ça suffit les conneries. Je retourne écrire sur des trucs plus payants, question de connaitre une année qui a un peu plus de bon sens.

Proche et reproche

Depuis que ma doc m’a dit que je pourrai peut-être considérer d’essayer de diminuer graduellement les antidépresseurs à partir de cet été, j’y pense pas mal. Genre, je commence à saliver à l’idée de peut-être pouvoir recommencer à boire à l’automne. Peut-être perdre le poids que les antidéps m’ont fait prendre. Sans oublier l’idée de retrouver une libido qui a du bon sens.

Mais il n’y a pas que du positif. Il y a aussi une peur qui vient avec : dans une veillée difficile comme ce soir, est-ce que j’arriverais à la gérer sans antidéps?

C’est plus rare que j’ai des soirées difficiles parce que si on oublie les problèmes d’argent, ça fait un bon moment que je vis dans un environnement contrôlé. Et par contrôlé, je veux dire tout seul. Quand j’en parle à certaines personnes, je ne sais pas combien ils réalisent l’idée de passer ses semaines vraiment tout seul.

Souvent, ils sont tellement entourés de famille, de colocs ou de collègues de travail que pour eux, une semaine tout seul, c’est une semaine de repos. Mais moi je parle de quand être seul est la norme, pas l’exception.

Ces temps-ci, j’ai quelques projets d’écriture alors ça me donne quelques rencontres avec du monde dynamique, mais sinon, dans ma vie ordinaire, mes semaines restent tranquilles en crime. Je vais souper chez la famille de mon meilleur ami une fois par semaine. Un ami que j’ai depuis que j’ai 7-8 ans. Je choisis mon jour entre le lundi et le jeudi et c’est pas mal ça.

Je ne me souviens pas de ma dernière date, et quand tu mixes le fait que je ne bois pas et que je suis terriblement pauvre, l’idée d’aller prendre un verre (ou toute autre sortie qui implique des sous) pour peut-être tomber sur quelqu’un, ça prend le bord. Et en étant tout le temps à jeun, je perds même les fois où je file social après quelques bières et que je texte des amies pour leur jaser de la dernière toune pop qui me fait danser.

Dans cet environnement contrôlé de solitude, je suis protégé parce que les relations, ce sont des gambles émotifs. Si t’as quelqu’un dans ta vie, c’est quelqu’un que tu peux perdre.

Mais cette solitude me rend aussi égocentrique. En fait, ce blogue est un gros symbole de mon égocentrisme. Moi qui gratte mon bobo. Toi qui me lis.

Mes problèmes,
ton écoute.

Est-ce que je suis trop habitué à cette dynamique? J’ai du mal à la changer. Ce que je me remarque, c’est que lorsque quelqu’un me partage combien sa vie va bien, ça met en évidence combien ma vie à moi ne va pas. Et quand quelqu’un me raconte combien sa vie va mal, j’ai juste envie de lui montrer combien c’est bien pire de mon bord.

« Oh, t’es célibataire depuis 3 mois et t’as peur de rester seul pour toujours? Je… comprends. »

Je sais que c’est asshole de voir ça comme ça. Je n’en suis pas fier. Je dis juste ce que ça me fait.

En même temps, si j’écris autant sur mon cas depuis aussi longtemps, c’est peut-être aussi parce que j’ai un gros manque relationnel qui n’est jamais comblé avec mes vraies relations. Un grand trou.

Je me demande si je serais aussi égocentrique avec une vie plus équilibrée. Ou est-ce que c’est juste le cliché de l’artiste nombriliste? Ou c’est peut-être un muscle qui s’est atrophié avec les années de solitude de survie.

Je ne sais pas.

En tout cas, quand tu connais une veillée difficile, la solitude et tout le concept de l’environnement contrôlé, ça cesse d’être un avantage.

La saison 1 de notre websérie est en ligne!

C’est sorti ce matin! J’ai hâte de voir ce que le public de Vrak va en penser! Même chose pour les ados de mes amis!

As-tu aussi le goût de regarder ça? Tu peux! Te reste juste à préparer ton beau grand coeur d’adolescente et aller te binge-watcher ça d’une traite!

http://vrak.tv/ohmylord

Tu me partageras ton bout préféré! Le mien est quand la musique kick dans le générique du 9e épisode! :)

Y a-t-il un problème de scénario au Québec? #RVQC

(J’ai une amie qui m’a demandé de lui faire un compte-rendu, alors aussi bien me forcer un peu plus et de le rendre public.)

Je reviens d’une table ronde qui posait cette question-là : Y a-t-il un problème de scénario au Québec? #RVQC

Animatrice : Marie-Louise Arsenault

Invités :
Marc-André Lussier, critique cinéma
Philippe Falardeau, réalisateur et scénariste
Chloé Robichaud, réalisatrice et scénariste
Isabelle Raynauld, enseignante, réalisatrice, scénariste (je pense)
Éric K. Boulianne,  scénariste

(Je ne connais pas le parcours de tous ces gens-là donc s’il y a des erreurs, j’en suis désolé.)

Il y a des tables rondes qui passent un peu dans le beurre, mais celle-là était vraiment cool. Déjà, la salle était pleine et c’était 2h de temps alors on a eu le temps de jaser pas mal. Même la période des questions était cool alors que ça peut souvent être un désastre. Il y a toujours quelqu’un qui prend le micro pour jaser de sa petite vie sans que ce soit intéressant ou relié au sujet, mais là, ce n’est arrivé qu’une fois ou deux.

(Si tu veux tout ramener à toi, pars-toi un blogue! ;))

***

Dans les trucs dont il a été question qui m’ont particulièrement interpelé, c’est la place de l’égo dans tout ça. Par exemple, est-ce qu’un réalisateur doit écrire le film qu’il réalise pour sentir que c’est son film?

Ce n’était pas le cas pour les réalisateurs sur la scène (qui semblaient très sincères dans leur ouverture à collaborer avec des scénaristes), mais je ne sais pas combien ils sont représentatifs du milieu québécois. D’ailleurs, j’étais déjà allé dans une table ronde qui portait sur le même sujet et j’en étais sorti assez déçu parce que les invités étaient à peu près tous des réalisateurs qui écrivaient leurs propres films et grosse surprise, ils en venaient un peu à la conclusion que ça va mieux comme ça. :)

D’ailleurs, le scénariste Boulianne parmi les invités a fait rager la salle (remplie de scénaristes) à quelques reprises parce qu’il semblait (je le connais zéro donc ça vaut ce que ça vaut) être exactement le type de scénariste qui fonctionne dans notre système : un scénariste le plus effacé possible qui fait ce qu’on lui demande et qui ne revendique rien d’autre.

Et même si je respecte sa position (après tout, chacun son trip), j’étais aussi un peu agacé parce je partage cette impression que le système actuel n’accorde pas assez d’importance aux scénaristes. Encore là, c’est un peu relié à l’égo, mais ce n’est pas toujours une mauvaise chose que l’égo s’en mêle. Il faut aussi se respecter dans ce que l’on fait, et réaliser que ce que l’on fait a une valeur.

(D’ailleurs, qui d’autre dans cette industrie travaille autant bénévolement que les auteurs?)

Mais bizarrement dans cette discussion sur l’égo, c’est un peu viré vers l’idée d’un possible désir de glamourisation des scénaristes. Comme si les scénaristes babounaient de ne pas être assez souvent dans le 7 Jours, mais ça n’a tellement rien à voir!

Une femme du fond de la salle a fini par ramener les pendules à l’heure en disant un truc que j’avais envie de crier : crime, on a des années à 12 000$ où l’on arrive même pas à payer le loyer, est-ce que demander plus que ça va vraiment être perçu comme vouloir devenir une vedette?!

On est loin du glamour en bâtard! Anyway, qui choisit d’être scénariste pour devenir une vedette?

Ce que j’aurais aimé ajouter à la discussion, c’est que souvent dans la sélection des projets, il est question de notoriété. Il faut être un « nom ». Et je me demande si le fait de laisser autant les scénaristes dans l’ombre finit par nous nuire à devenir des fameux « noms ».

Bien sûr, les auteurs exceptionnels sont connus des décideurs dans l’industrie, mais je me demande si en nous effaçant des affiches, des bandes-annonces et en invitant seulement les comédiens et les réalisateurs à Tout le monde en parle, on nous fait perdre une part de notoriété qui nous serait pas mal utile quand vient le temps de faire passer nos projets.

De toute façon, ce n’est pas une question de dire que le scénariste est plus important que le réalisateur ou que le producteur ou que whoever, c‘est une question d’accorder une place optimale à tous les intervenants pour créer la meilleure oeuvre possible.

Et je pense qu’autant impliquer le réalisateur au début de l’écriture peut aider un projet, autant impliquer le scénariste dans le reste de la production aide aussi. Mais évidemment, il faut que ce soit bien dosé et que les égos ne s’en mêlent pas trop.

***

Vers la fin, Benoit Pelletier (un de mes anciens profs que j’avais beaucoup aimé) est intervenu pour dire qu’une grande partie de tout ça, c’est le réseautage. « Ça dépend de tes contacts! » Lui, il racontait qu’il a été super chanceux d’être tombé sur le bon monde et il a participé aux scénarios de plusieurs grosses comédies du cinéma québécois des dernières années.

C’était la grande conclusion à toute la discussion, en fait. Marie-Louise Arsenault déconnait en disant qu’il nous faudrait un Tinder pour matcher des réalisateurs et des scénaristes, mais c’est une grande partie du problème pour vrai.

Falardeau expliquait qu’aux États-Unis, ce sont les agences qui jouent les entremetteurs alors qu’ici, il n’y a rien pour ça. C’est un problème sur lequel il faudra travailler.

D’ailleurs, un projet sur lequel j’ai écrit l’année passée m’a permis de rencontrer un réalisateur avec qui je m’entends bien et je lui ai offert d’embarquer dans un de mes projets de film. Même si le projet de film est encore très embryonnaire, ça faisait un bien fou de tomber sur un réalisateur pour me compléter.

Martine Pagé de la SARTEC a fait un message très senti et à propos qui invitait tout le monde à s’impliquer et à suivre leurs activités. Je vais faire un effort pour ça. Je pense que les scénaristes ne sont pas aussi extravertis que les réalisateurs et que ça joue un peu dans tout ça. Un scénariste, c’est peut-être moins fort sur le réseautage dans les 5 à 7.

La preuve, c’est que moi, au lieu de réseauter après la table ronde, je suis retourné chez nous pour raconter ça tout seul sur mon laptop.

:)

Autres petits trucs que j’ai notés :

  • La SODEC reçoit 75 projets et ils en financent 10. Les projets les plus aboutis, peu importe le style.
  • Dans le cinéma québécois, ça ferait du bien d’écrire des histoires qui sortent de Montréal.
  • Quelqu’un rappelait Hitchcock qui disait qu’il y a trois choses importantes dans un film : le scénario, le scénario et le scénario.
  • Marc Robitaille (scénariste) est intervenu pour dire que si tu veux écrire un film en étant libre, écris le roman. Ensuite, un réalisateur finira par te lire et peut-être que tu seras engagé pour participer au scénario. (C’est ce qui lui est arrivé avec une de ses histoires.) Il citait quelqu’un (Irving?) qui disait : si tu veux avoir tous les rôles (scénariste, réalisateur, monteur, etc.), écris un roman.

Je trouvais ça intéressant parce que c’est vrai qu’écrire un roman est d’une liberté totale, mais en même temps, je pense vraiment que les histoires ont leur médium idéal.

Ah, et Falardeau proposait une idée assez révolutionnaire pour tous les scénaristes dans la salle : n’ayez pas peur de mettre votre scénario sur le web et de les envoyer à tout le monde. Aux États-Unis, les scénarios circulent. Tous les grands films aux Oscars, ce sont des scripts qui pouvaient être lus par n’importe qui bien avant leur production.

Il ne faut pas avoir peur d’être copié ou whatever. Si c’était mieux de garder tout ça secret dans le passé, ce n’est vraiment plus le cas.

Bon à savoir.