Un peu obstineux

(Statut Facebook que je pensais avoir partagé ici, mais que finalement non.)

On s’entend, je suis un peu obstineux.

On me l’a trop souvent dit pour que je m’obstine là-dessus, mais j’ai toujours détesté cette étiquette parce que ça sous-entend que je veux juste m’obstiner pour m’obstiner alors qu’au contraire, quand je me mêle à un débat, c’est que j’ai une vraie opinion ou au moins une idée que je veux défendre avec mon cœur. Ce n’est pas comme Richard Martineau qui s’invente une opinion controversée pour vendre de la copie. Et il n’aura aucun problème à défendre le contraire trois mois plus tard.

Bon, je ne suis pas irréprochable non plus. Il m’arrive de troller par moment, mais en général, je suis vraiment de bonne foi et mon cœur y est à fond. Je ne serais pas writer si mon cœur n’y était pas autant. Mais bon, je sais que ce n’est pas tout le monde qui apprécie les débats. Il y a des types de personnalité que ça agresse.

Parfois, il y des sujets plus tabous qui sont si délicats que ça devient périlleux d’en discuter publiquement. C’est pour ça que j’ai des gens dans mon entourage dont je me sers quand j’ai envie de discuter de certains sujets. Par exemple, si je veux jaser de la direction de Radio-Canada, j’ai 2-3 amis Facebook pour ça. Si je veux parler de laïcité ou de religion, j’en ai quelques autres sur lesquels je vais tester mes arguments. Et c’est drôle parce que parfois, ces amis finissent par me dire « ben voyons, pourquoi tu stick autant sur ce sujet-là?! »

Mais des sujets du genre, j’en ai quand même pas mal :
– Le financement de notre culture
– Les relations/différences homme/femme
– La séduction
– La monogamie
– La laïcité/la religion
– Ce qui est politiquement correct
– Les tabous
– La souveraineté
– La survie du français
– Le multiculturalisme
– L’humour
– La liberté d’expression
– Le féminisme
– La culture du viol
– Le salaire minimum à 15$
– Black Lives Matter
– La droite et la gauche
– La politique
– L’immigration
– L’importance de l’empathie dans nos débats publics
– Les mouvements sociaux
– L’avenir de la planète
– La prostitution
– La psychologie
– La dépression
– Le suicide
– La télé québécoise
– La télé d’ailleurs
– Les médias
– L’écriture inclusive

Bon, il y a des sujets dans la liste qui se recoupent et plein d’autres que j’oublie en ce moment, mais j’avais envie de partager publiquement que je m’intéresse sincèrement à tout ça. Ce sont des sujets qui me touchent et qui me passionnent.

Cela dit, si vous me pognez à débattre sur la valeur du Dow Jones ou les nouvelles tendances mode de la saison prochaine, là, c’est clair que je trolle parce qu’en toute sincérité, je m’en torche complètement.

Les dauphins et les licornes

Un jour de l’an tout seul sans avoir le réflexe de se faire un bilan, c’est assez impossible. Impossible à jeun, en tout cas.

Chez le psy, la question que je crains le plus est toujours qu’on me demande ce qui me rend heureux. Je ne trouve rien et moins je trouve, plus j’angoisse, et ça part en boucle. Je le vois même dans ma tête en ce moment. J’ai peur de ne rien trouver. Une vraie peur!

Je finis toujours par sortir l’écriture. Écrire, ça me rend heureux! Mais est-ce que c’est vrai? Je ne mouille pas en écrivant ma liste d’épicerie. Mais si je dois écrire sur un projet qui me parle, un projet attendu, c’est autre chose.

Mais tu vois, c’est un peu complexe à expliquer. Ça se liste mal. Et j’ai l’impression que c’est souvent comme ça. J’ai les bonheurs complexes. J’aimerais pouvoir dire que j’aime le scotch, voyager et les levés de soleil, mais pas vraiment. Les levés de soleil, je m’en torche pas mal. Les voyages? Je n’ai pas le trip de collectionner les destinations comme la plupart des voyageurs, mais il y a des trucs qui me plaisent là-dedans. Ce moment au départ où j’ai l’impression de me sauver de ma vraie vie, l’idée que je vais découvrir de nouvelles personnes.

Mais bon, pour découvrir du nouveau monde, tu n’as pas toujours besoin d’être celui qui voyage.

Une amie parlait tout à l’heure du truc des 36 questions et ça m’a rappelé que les deux fois où je l’ai fait, ça a construit de quoi. Bon, ça aide que c’était avec deux chicks physiquement à mon goût au départ, mais ça n’a rien donné de physique. J’ai juste ces deux personnes loin de moi à qui je ne parle qu’une ou deux fois par année, mais ça reste deux personnes avec lesquelles j’ai une certaine connexion et ces petits liens-là, ils m’apportent un petit quelque chose.

Quand je regarde dans mes souvenirs, mes moments heureux sont souvent lorsque je fais rire mon entourage. C’est encore un truc qui est très « humain ». Dans un party ou une classe où j’ai de la répartie et que ça score, mais aussi tout seul avec une fille avec qui ça clique. Ce sont des situations difficiles à reproduire pour différentes raisons.

  • Je suis moins souvent en situation de groupe
  • Quand je m’y retrouve, je n’y suis plus habitué
  • Quand je suis en groupe, c’est rarement avec « mon monde »

C’est sûr que c’est le fun de faire rire des inconnus, mais je pense qu’une partie de mon trip est de faire rire des gens qui m’intéressent. Tu te sens apprécié et aimé par des gens que t’aimes bien aussi. Il y a une réciprocité qui est importante.

Et ultimement, pour cette nouvelle années, c’est ça que je me souhaite : du monde que j’ai envie de faire rire. En 2017, je me suis ajouté quelques nouvelles relations au niveau professionnel qui m’ont beaucoup apporté, mais je pourrais en avoir plus au niveau personnel.

C’est sûr que j’ai des moments de bonheur dans ma vie de loner. Je peux avoir un rush d’énergie quand une bonne toune me fait danser dans la douche ou quand je trouve la meilleure idée pour une série qui va torcher Stranger Things, mais quand t’es bien entouré, presque tout devient trippant. Même les petites niaiseries du quotidien.

C’est d’ailleurs pour ça que les jeux de cartes ou même le golf existent. Objectivement, ce sont des jeux super plates, mais avec des bons amis, tout devient trippant.

Sinon, ajoute du scotch.

Est-ce que le ghosting s’incruste dans nos autres relations?

Sur Tinder, quand quelqu’un t’énerve, t’arrêtes de lui répondre. Tu l’effaces. Tu passes à autre chose sans trop te soucier de comment l’autre va prendre ça. Tu n’as pas envie d’y penser. Et ce n’est pas si asshole que ça parce qu’en début de faux amour, quand quelqu’un ne t’intéresse plus, il n’y a pas grand-chose à dire.

(Et il faut le dire, larguer quelqu’un en personne, c’est rough en crime.)

Sûrement qu’on se justifie aussi avec les fois où ça s’est mal passé. Tu ne veux pas que l’autre insiste ou t’insulte, alors t’essaies juste de disparaitre subtilement.

« No drama. »

Mais au-delà de la rupture tinderienne, j’ai l’impression que le phénomène se démocratise. Il y a tellement de gens qui ont le réflexe de fuir tout malaise possible.

Exemple super symbolique :

J’ai une amie Facebook qui habite l’autre bord de la planète et suite à un statut où je chialais sur mon iPhone 4, elle m’a écrit pour me dire qu’elle m’enverrait son vieux téléphone vu que je faisais pitié.

Trop cool! Après quelques semaines, je l’ai relancé pour savoir si elle l’avait envoyé parce que j’avais d’autres offres et elle m’a dit d’attendre un peu parce qu’elle devait le faire réparer. Pas de trouble! Je lui ai réécrit quelques jours plus tard pour savoir ce qui se passait, et elle ne m’a plus jamais répondu.

Et ça fait six mois!

Pendant un bout, j’ai même pensé que c’était un bogue Facebook ou qu’elle était juste occupée. Elle travaille par gros rush et tout. On se parlait une fois de temps en temps quand elle terminait ses shifts. C’était vraiment une cool fille et tout. J’ai fini par lui écrire via courriel et Instagram au cas où le problème serait Facebook, avant d’accepter l’idée qu’elle devait juste m’ignorer.

C’est mon guess, mais je n’en sais rien plusieurs mois plus tard! Et le pire, c’est qu’elle ne m’a pas unfriendé ou rien. Elle ne me répond juste plus. Elle me ghost, sauf qu’elle reste à côté. Elle like mes trucs de temps en temps. C’est spécial à vivre.

Et c’est ça qui est poche avec les conflits, c’est que tu files comme de la marde après. C’est pas cool quand tu tombes sur le nom de quelqu’un et que ça t’amène un feeling de marde. Le web empire vraiment ça où l’on dirait que les algorithmes font exprès pour toujours te ramener ces petits feeling de marde.

« Ah ouais, cette personne avec qui ç’a mal fini pour un truc ridicule. »

Est-il si tough de s’expliquer? De toute évidence, oui. C’est tough en crime. Ça demande de l’énergie et c’est pas confortable. Mais quand t’arrives à le faire, ça règle tellement d’affaires. Ça désamorce la tension poche. Ça renforce les liens. Et souvent, ça évite aussi les accrochages futurs parce que tu te comprends mieux.

Mais évidemment, pour être prêt à se rendre vulnérable et à s’ouvrir comme ça, il faut que t’estimes assez l’autre pour juger qu’il en vaut la peine.

Ce qui change avec les antidéps

« Il faut d’abord être bien tout seul avant d’être bien à deux. »

Ce cliché m’a toujours gossé parce qu’on le sort souvent comme conseil alors que ça n’aide personne, mais même si ce n’est pas facile à avouer, je commence un peu à le réaliser ces temps-ci. Pas que j’aie encore atteint un équilibre parfait de vie (qui fait accourir les chicks). J’ai encore des mauvaises passes et des journées tough, mais je dirais que je m’en sors mieux que depuis aussi loin que je me souvienne. Je pense même que ça pourra éventuellement m’amener une nouvelle confiance que je n’ai jamais vraiment eue.

Et tu sais ce qui vient avec la confiance, right? *wink wink*

(C’est une vraie question. Moi, je sais pas. ;))

Bref, je commence à avoir des quotidiens qui ont du bon sens.

Cette semaine je voyais mon psy qui s’en va dans le sud pour l’hiver et je trouve que le timing est bon pour son départ. J’ai encore quelques semaines de vaches rachitiques à traverser côté cash, mais je vois enfin le bout et même s’il y a des hauts et des bas et que mon progrès n’est pas une belle ligne droite, il reste que ça progresse. Même que le psy me demandait si je considérais baisser les antidéps éventuellement.

C’était drôle qu’il me parle de ça, parce que le matin même, si j’y avais pensé. Pas à court terme, mais éventuellement.

Comme j’en avais jasé avec la doc en décembre 2016, il n’y a aucune chance que je diminue les antidéps avant décembre 2018, mais c’est la première fois que j’y pense depuis le début. Et en plus, c’est pour les bonnes raisons. La première fois où j’en avais pris, c’était plus pour retrouver une libido qui a du bon sens et pouvoir recommencer à me péter la face avec de l’alcool de temps en temps, mais là c’est plus parce que je suis curieux de voir comment je vais me sentir.

Il faut dire que les antidéps, ça m’affecte de différentes façons.

  1. J’ai un petit shake (appelé un « tremblement essentiel ») qui s’empire avec les médocs. Ça me dérange surtout quand les gens le remarquent et là je sens que j’ai l’air nerveux ou fragile ou faible ou moumoune ou anormal ou brisé ou sur le bord de mourir.
  2. Pour l’alcool, ce serait cool de pouvoir recommencer à prendre une bière de temps en temps avec les chummeys, mais il y a quand même des bons côtés à la sobriété auxquels je me suis habitué. Déjà, n’être jamais hangover, c’est quand même cool et ça aide à se lever le matin. Aussi, je ne compte plus autant sur l’alcool pour me dégêner lors des veillées. Je suis content de m’être amélioré là-dessus.
  3. C’est sûr que la médication me distance un peu de mes émotions. C’est un peu le concept, j’imagine. J’arrive à le remarquer quand je frappe un down et je sens que ma tête a comme une limite qu’elle ne dépasse pas. Comme un garde-fou qui me retient d’aller trop creux dans la noirceur. En même temps, je me demande si ça m’empêche aussi d’aller super bien.
  4. J’ai aussi l’impression que la médication ajoute une petite couche de vedgitude. Ça filtre un peu mes émotions, mais j’ai aussi l’impression d’être un peu moins… présent. Ça paraît plus quand je suis en groupe où je remarque parfois que je suis un peu plus space/décalé qu’avant, mais je le vois aussi quand j’écris. Parfois, il manque des mots dans mes phrases. Ça arrive à tout le monde, mais j’ai l’impression que ça m’arrive un peu plus qu’avant.

Évidemment, ça devient de plus en plus difficile d’avoir du recul sur mon état parce qu’après plusieurs mois, t’oublies comment t’étais avant et ça devient juste toi.

  1. Ça retarde aussi mon orgasmie, mais tu t’y habitues en quelques semaines (en grimpant ton cardio). Et être moins crocheté sur le sexe quand t’es célibataire, ça ne fout pas grand-chose.
  2. Le pire est sûrement le poids. La première fois que j’avais pris des antidéps, j’avais commencé alors que j’étais devenu anorexique et que je pesais un ridicule 133 lbs. Durant les antidéps, j’étais remonté à 170, qui est à peu près mon poids normal. Mais cette fois-ci, je suis passé de 175 à 195, et c’est vraiment tough de baisser.

Si j’avais à rester sur les antidéps pour toujours, c’est surtout cette histoire de poids qui me gosserait le plus. Je suis habitué de maigrir dès que je fais quelques efforts. Là, j’ai l’impression de faire des efforts juste pour pas buster le 200 lbs! C’est un pas pire frein à la confiance, d’ailleurs. Mais bon, la prochaine étape de me reconstruction est justement d’intégrer le sport à mon quotidien. Ça devrait aider.

À défaut de maigrir, je pourrai peut-être sortir un autre cliché : les muscles, c’est plus pesant.

Le docu Bye portant sur le suicide du fils d’Alexandre Taillefer

Le docu Bye sur le suicide du fils d’Alexandre Taillefer est maintenant disponible sur tou.tv.
 
Ça fait brailler en masse et selon moi, le mot le plus important du docu est vraiment la valorisation. Si les gens vont se réfugier dans le gaming, c’est parce que c’est l’endroit où ils se sentent le plus acceptés, appréciés et valorisés. Contrairement à la vraie vie où ils se sentent jugés, intimidés et rejetés.
 
Inutiles.
 
L’entourage peut avoir le réflexe de simplement couper l’accès à ces jeux pour régler le problème, mais ces feelings-là demeureront à moins de leur apporter une vraie aide concrète et durable.
 
Le cas de Loïc est particulièrement inspirant où l’aide obtenue lui a vraiment permis de comprendre sa problématique. Une problématique qui doit être extrêmement difficile à saisir pour de jeunes adolescents. Même les adultes n’ont souvent pas les outils nécessaires pour comprendre ce genre de dynamique. Et la dépression n’aide en rien à y voir plus clair.
 
Maintenant, est-ce que les options qu’avaient Loïc sont disponibles partout? Disons que les parents de Loïc n’avaient pas l’air d’être trop limités par l’argent. (Comme un peu tout le monde dans le docu, d’ailleurs.)
 
Et au-delà du système de santé déficient, est-ce qu’on peut tous être un peu plus vigilants et faire un effort supplémentaire pour lire entre les lignes et intervenir ou demander de l’aide dès qu’il y a le moindre doute?

Semaine de contraste

Le tournage de notre websérie est en cours et je suis allé passer deux journées complètes là-bas. C’était vraiment cool de me sentir bienvenue même si je sers surtout à être dans leurs jambes et à manger des biscuits à brisures de chocolat. :)

J’apprends beaucoup. Je pose autant de question qu’un kid de 4 ans et je commence à avoir une bonne idée de qui sert à quoi. Crime que le public ne réalise pas combien il y a de travail derrière tout ça! Et nous, ce n’est qu’une websérie, là! Pas étonnant que les équipes de cinéma soient si gigantesques.

L’expérience était malade! C’est le genre de travail d’équipe quasi-familial qui est vraiment grisant et qui vient me chercher. C’est con, mais ça me rappelait quand je travaillais comme plongeur/serveur pour la compagnie de traiteur de ma mère. Une vingtaine de personnes en rush où tout le monde est en mode solution parce qu’on est pressés par le temps et il faut que ça se fasse. Et les fins de journée où t’es juste vidé, mais que t’es content d’être passé au travers.

C’est aussi trippant de voir autant de gens compétents et aussi passionnés que moi qui travaillent et vivent presque ensemble pour un petit bout. En plus, là c’était pour un truc que j’ai écrit! Te dire combien j’ai hâte de voir le résultat final! Et de recommencer!

En parallèle, je devais faire des heures sur ma nouvelle job alimentaire. Criss que le contraste est grand! Je dois faire full d’heures là-dessus, mais je réfléchis encore à comment je peux arriver à équilibrer ça pour ne pas me décourager trop vite. Idéalement, je ferais ça non stop jusqu’à la mi-janvier pour me sortir la tête de l’eau côté cash, mais ce n’est pas évident d’être à 100% dans un truc du genre et me dire que je vais mettre ma vie sur pause pendant 45 jours.

À certains niveaux, j’ai déjà l’impression que ma vie est sur pause depuis un bout. En plus, on dirait que toute la semaine, je suis tombé sur des couples inspirants et amoureux qui ont l’air si heureux ensemble. Ç’a vraiment mis le spotlight sur mon vide à moi.

Mais bon, ce serait con de trop focusser sur le négatif. C’était une bonne semaine. Ça montre juste qu’il me reste juste encore quelques trucs à placer pour m’approcher d’un bonheur qui a du bon sens.

D’ailleurs, j’ai une idée de film qui a débloqué en fin de semaine et à laquelle je crois beaucoup. Ça devrait aider à rendre les 45 prochains jours moins plates.

Jour de fête

(Je dois écrire ça en vitesse parce que j’ai une journée folle.)

L’année passée à ce moment-ci, j’allais pas mal mal.

(Ou juste mal, pour les gens qui savent écrire.)

J’étais dans un centre de crise avec la blonde de mon meilleur ami qui avait pas mal tout organisé. Quand t’es dans un low de dépression, tu n’es plus en mesure d’organiser grand-chose. Déjà, je n’en aurais jamais eu l’énergie, mais aussi, je n’y croyais plus vraiment. J’arrivais encore au fameux mur. Je devais me pogner une job, n’importe quelle job, mais, je n’arrivais même pas à faire une démarche par jour. Et les rares démarches que je finissais n’aboutissaient à rien.

Qui aurait engagé ce gars-là, anyway?

La rencontre se passait dans un espèce de bunker au plafond bas. Une vieille bâtisse avec des murs en grosses crime de pierres. Deux petits divans individuels devant la chaise de la psy et une caméra à côté d’elle.

« Est-ce que ça te dérange si on filme? Ça aide pour… »

D’habitude, je suis assez timide et je fuis les kodak au possible, mais dans cet état-là, je m’en foutais pas mal. La psy était assez jeune. J’aurais guessé quelque part avant la trentaine, ce qui dans ma liste de préjugés la plaçait tout juste entre :

  • être trop jeune pour être crédible
  • assez jeune pour ne pas être blasée de sa job

Et c’était ma première psy femme, ce qui pouvait avoir du bon et du mauvais. Quelques mois plus tard, je racontais (quelque part dans ma série suivi) que j’étais un peu en train de tomber en amour avec. Totalement cliché, je sais.

« Est-ce que tu préfères que ton amie sorte? »

Ben non. Je m’en fous. Je n’en suis plus à une humiliation près. J’ai raconté ça 1000 fois anyway. Devant 1000 psy. Devant toi ici. Mal de vivre, de raison d’être, le stress, la solitude et l’humiliation que j’endure pour quoi, dans le fond? Qu’est-ce qu’il y a devant moi qui vaut tant le peine de se taper ça?

Rien de bon. En fait, ça peut juste continuer de s’empirer. Pourquoi m’infliger ça encore plus longtemps? Je ne vois qu’une seule raison.

Et même si je suis blasé de ce processus où je dois raconter mes problèmes à des inconnus, il y a toujours un moment où l’émotion finit par me rattraper. Même en en jasant de façon détachée, je finis toujours par reconnecter avec la souffrance quelque part et ça commence…

Il faut le dire, si on essayait d’analyser ma qualité de brailleur, je suis clairement dans les pires. J’envie ces gens qui braillent bien ou qui arrivent à le faire de façon contrôlée. Genre, un petit mouchoir pour éponger le coin des yeux, et ils recommencent à parler. Moi, ça va dans tous les sens. Ma voix switch de trois octaves à chaque syllabe. Je morve partout. Ma face est envahie de spasmes. Mon psy pense que c’est parce que j’essaie trop de me contrôler. Il pense qu’il faudrait juste que je braille et que ça sorte et qu’après je serais OK. Mais pourtant, il y a des gens qui arrivent à se contrôler. Ils prennent des petits silences avec une gorgée d’eau. Ils gardent ça classy.

Moi… c’est dégueulasse.

Je me rappelle de cette journée pour un moment précis. Un moment où j’ai demandé à la blonde de mon meilleur ami de sortir de la pièce. J’imagine qu’elle se disait que c’était pour un truc super humiliant que j’avais à raconter. (Genre, je trippe sur Twilight.) Pas tant. C’est qu’à ce moment-là, on jasait de ce qui me retenait de passer à l’acte.

Et ce qui me retenait à ce moment-là, c’est parce qu’on approchait du 30 novembre, la fête de mon meilleur ami, et je ne voulais pas lui sacrer un souvenir comme ça qui allait faire de l’ombre à sa journée à chaque année.

Noël s’en venait alors il me restait qu’une fenêtre entre les deux. Mais force est d’admettre que cette démarche de dimanche après-midi dans le bunker fut assez pour que j’aie envie de voir la suite encore un peu.

Et à partir de là, j’ai déjà raconté le reste de l’histoire ici. Et je commence à me mettre crissement en retard au présent.

Si je compare ma vie un an plus tard, je pourrais difficilement demander mieux en aussi peu de temps. Pas que ma vie soit devenue parfaite (loin de là), mais l’espoir est revenu. D’ailleurs, je retourne assister au tournage de ma série tout à l’heure. Je suis encore dans le trouble côté cash, mais la stabilité à ce niveau-là devrait arriver en début 2018 si tout va bien.

Avec ma carrière et la sécurité financière, le reste a une chance de suivre.

Mais bref, c’est quand même weird. Ça ne me dérange pas de pleurer à la caméra ou de m’humilier ici. Ça ne me dérange pas de scraper la fin de semaine de mes amis pour qu’on aille jaser dans un bunker, mais me pendre au mauvais moment de l’année, c’est là que je trace la ligne.

Un homme se doit d’avoir un code, j’imagine. :P

Enfin une job alimentaire qui a du bon sens

Est-ce que tu sais c’est quoi une job alimentaire? C’est étonnant combien de personnes ne savent pas c’est quoi. (Y compris ma mère à qui j’en parle depuis des années.) C’est une expression qu’on utilise dans le milieu artistique (et sûrement ailleurs) pour décrire une job qui sert seulement à payer les compte et à mettre du pain sur la table.

La job alimentaire parfaite te permet de continuer à avancer ta carrière en même temps, et tout dépendant de tes skills et de ta personnalité, ce n’est pas si évident que ça de trouver quelque chose qui fitte bien.

Moi, j’aurais pu utiliser mes skills de programmeur-analyste vu que ce sont des jobs payantes et faciles à trouver, mais je me suis vite aperçu que la programmation me prend un peu la même énergie que pour écrire. Du coup, dans mes temps libres, ma tête continue de réfléchir à la prog plutôt qu’à mes vrais projets et c’est un peu contre-productif.

Dans mon cas, la job alimentaire parfaite, est une job où :

  • je peux faire le nombre d’heures que je veux
  • à partir de chez nous
  • qui est assez payante pour que ça vaille la peine
  • qui me fait rencontrer plein de chicks.

Et c’est exactement ce que j’ai trouvé! Sauf pour les chicks, vu que je travaille de chez nous. Dire que c’est le fun serait un peu exagéré, mais pour vrai, je ne peux pas demander mieux. Je suis vraiment content et la sécurité financière que ça va m’amener va me faire beaucoup de bien. (En plus que ma télé vient d’exploser.) Aussi, je vais pouvoir continuer à travailler durant le temps des fêtes, une passe rough quand tu n’as pas de vacances payées.

Là, j’essaie d’intégrer ma nouvelle job à mon quotidien pour me créer une genre de structure qui a du bon sens pour équilibrer tous les éléments de ma vie.

  • le temps pour la job alimentaire et faire de l’argent
  • le temps pour l’écriture et pour créer
  • le temps pour faire de l’exercice et me remettre en shape
  • le temps pour voir du monde et socialiser

Et la job alimentaire a pas mal d’influence sur les autres points, parce que quand t’es fauché, tu stresses pas mal, ce qui nuit à ta créativité, et qui t’enlève pas mal d’options pour les activités sociales ou le sport. Et aller sur une date quand t’as du linge de 2006 et zéro cenne pour un deuxième drink, ça ne donne pas une confiance de feu.

C’est pour ça que je snobbe tous mes derniers matchs Tinder/Happn. Je me dis que c’est mieux de juste attendre de replacer tout ça un peu. Même si mon psy n’est pas d’accord.

Et je pense de plus en plus descendre à Amos durant le temps des fêtes. Mes parents vont visiter ma soeur à Tremblant durant ce temps-là donc je pourrais avoir leur maison à moi tout seul. Je pourrai travailler de là-bas et je n’ai plus de chat magané qui va s’ennuyer ici à Montréal donc je suis assez libre.

Bref, ça regarde vraiment bien, mes affaires. Surtout si je compare à novembre de l’année passée.

Recherche illustrateur ou une illustratrice de feu qui serait willing d’être payé en criss de visibilité

Connais-tu un illustrateur ou une illustratrice de feu qui serait willing d’être juste payé en criss de visibilité?

Je sais. Je me sens sale juste à le demander. En tant qu’auteur pauvre (et même scénariste pauvre), je déteste me faire offrir des gigs de bénévole. C’est que pour mon recueil Victime de la porn, tout le monde aimerait y voir plein d’illustrations cool qui bonifieraient la présentation, et chaque fois, je réponds la même chose : m’semble que c’est beaucoup demander à quelqu’un que je ne paye pas.

Mais là, ma formidable DA (qui travaille aussi gratis) m’est arrivée avec un point béton : « tu ne perds rien à le demander. » Et à part que c’est gênant, elle a bien raison.

D’où ce post. Dans le positif, on va se le dire, mes textes de Victime de la porn sont propices à faire des illustrations pas mal trippantes, et vu que je m’autoproduis/autopublies, la liberté est quasi-totale. (Mais calmons-nous sur les orgies nazies, ‘mettons.)

Perso, quand je choisis d’embarquer dans un projet gratuitement, j’aime choisir ceux qui sont à la fois inspirants et qui font badass sur mon CV.

Bref, si c’est dans ton créneau et que t’as envie de faire des petites illustrations représentatives pour les chapitres (pas nécessairement touuuuus les chapitres non plus) de mon recueil, ça pimperait vraiment le projet et je te promets de te donner autant de crédit que possible dans le produit final.

Merci d’en jaser à quiconque pourrait être intéressé par ce genre de truc. 😘

AJOUT : Ah, et ça va être en noir et blanc! Donc, il faut en tenir compte dans le style.

Un petit deuil artistique à faire

C’est pas mal la fin pour ma job sur Oh My Lord!

Oh My Lord, si tu le sais pas déjà, c’est la websérie sur laquelle je travaillais depuis le mois de février. On est tombé en production à la fin juin. On a écrit les 10 épisodes dans les derniers mois. Et là, ben… la partie concernant l’écriture est pas mal finie!

Dans deux semaines, il y aura une première lecture avec les comédiennes à laquelle je vais assister et j’ai trop hâte de voir ça! Je devrais aussi aller faire quelques tours au tournage à la fin du mois/début décembre.

Ensuite, il restera le montage et je ne sais pas quoi, mais ça devrait être disponible dans le bout de février-mars sur le site de Vrak!

Je me suis vraiment donné sur ce projet-là et c’est weird que ça s’arrête. Maiiiiiiis, si c’est un hit comme ça devrait être, il y aura possiblement une deuxième saison! J’ai vraiment hâte de voir. Le réalisateur torche et le résultat risque d’être malade!

En fait toute cette expérience a été malade. 2017 aura vraiment été à peu près parfaite à ce niveau-là.

Mais bon, en télé, les gens travaillent trop ou pas assez, et je suis encore dans la deuxième catégorie. Je devrais aussi savoir lundi si je suis accepté pour une job alimentaire. C’est rare que je fais des efforts pour ça, mais là c’était à peu près parfait donc ça pourrait m’aider.

Ça ferait du bien parce qu’encore une fois, je suis pas mal dans le trouble côté cash. Je suis juste reconnaissant d’avoir eu le temps de mettre l’énergie que je voulais sur Oh My Lord. C’est aussi cool d’avoir des nouveaux textes géniaux que je peux présenter comme démo. À c’t’heure, il faut juste qu’un autre projet aussi inspirant finisse par débloquer.

Ça ne devrait pas tarder à c’t’heure que je suis UN SCÉNARISTE D’EXPÉRIENCE PIS TOUUUUTE! ;)