Les Prix Tchendoh du cinéma du mardi après-midi

J’adore aller voir des gros blockbusters américains tout seul en salle et j’ai décidé de regarder mes archives pour décerner mes prix de l’année. Je vous avertis, il n’y a rien d’indie ou d’obscure là-dedans! Le plus indépendant que je suis allé voir, c’est Lady Bird, genre.

Le meilleur film d’action : Baby Driver

Le film a un titre de marde, mais ça parait que le réalisateur Edgar Wright a travaillé fort dessus. Un scénario simple parce que c’est une histoire qu’on a vu 1000 fois, mais crime qu’il y a de l’effort à l’écran. Chaque plan est travaillé minutieusement et il y a même des liens avec la soundtrack. Si t’as aimé un film d’action dans ta vie, tu dois voir celui-là.

Le pire film d’action  : Bon Cop Bad Cop 2

Mes attentes étaient basses et j’étais accompagné donc je n’ai pas passé un si mauvais moment que ça, mais on dirait un scénario de 1994 qui fait semblant que les cellulaires existent pas. « Oh non, il y a des bombes dans des iPad avec des countdowns! Vite allons garrocher ça dans une bouche d’égout! »

La surprise de l’année : Wonder Woman

La fin est poche, mais la présentation de l’héroïne est folle. Je ne m’attendais pas à ça pantoute. Le film a non seulement démontré que tu peux avoir une femme superhéros à la tête d’une franchise, mais aussi qu’une réalisatrice peut faire des films d’action qui torchent. La scène où elle sort des tranchées m’a crinqué pour trois jours.

Le meilleur film de Superhéros : Logan

Je n’ai jamais trippé sur les films de Wolverine, mais là c’était épic. Un ton qu’on n’avait jamais vu auparavant dans ce genre de film et qu’on risque de voir de plus en plus. Ça fait du bien d’avoir des films de ce genre qui s’adresse à des adultes plutôt qu’à des ados. Props à la jeune comédienne qui vole le show!

Déception de l’année : Spider-man Homecoming

J’ai failli mettre The Last Jedi, mais Homecoming était encore plus décevant. Le personnage de Spider-man est malade, et tu le ramènes dans l’univers Marvel dans un scénario aussi plate, vide et convenu? Come on. J’ai plus aimé l’intervention de Spidey dans Civil War que Homecoming au complet.

Le film que personne a vu mais qui mérite d’être vu : Molly’s Game

Écrit et réalisé par mon idole Aaron Sorkin, c’est vraiment un bon film avec beaucoup de rythme malgré ses 140 minutes. D’ailleurs, ça me fuck un peu parce que j’avais un scénario qui ressemblait à ça et là je dois me faire accroire que je vais écrire mieux que ça.

Bright, le nouveau Will Smith sur Netflix

Je me suis tapé Bright sur Netflix qui est comme le premier gros film de la plateforme et qui met en vedette le bon vieux Will Smith. Crime que le push publicitaire est immense pour ce film! L’univers m’a beaucoup rappelé True Blood avec le propos sur le racisme en gros caractère gras. Ça fait aussi très Fifth Element. Will Smith y joue son rôle de Will Smith du temps de Bad Boys et peut enfin utiliser des jurons. Ça s’écoute bien, mais j’avais l’impression de regarder le premier épisode d’une série, et je ne sais pas à quel rythme ils vont arriver à en faire d’autres.

Est-ce que le ghosting s’incruste dans nos autres relations?

Sur Tinder, quand quelqu’un t’énerve, t’arrêtes de lui répondre. Tu l’effaces. Tu passes à autre chose sans trop te soucier de comment l’autre va prendre ça. Tu n’as pas envie d’y penser. Et ce n’est pas si asshole que ça parce qu’en début de faux amour, quand quelqu’un ne t’intéresse plus, il n’y a pas grand-chose à dire.

(Et il faut le dire, larguer quelqu’un en personne, c’est rough en crime.)

Sûrement qu’on se justifie aussi avec les fois où ça s’est mal passé. Tu ne veux pas que l’autre insiste ou t’insulte, alors t’essaies juste de disparaitre subtilement.

« No drama. »

Mais au-delà de la rupture tinderienne, j’ai l’impression que le phénomène se démocratise. Il y a tellement de gens qui ont le réflexe de fuir tout malaise possible.

Exemple super symbolique :

J’ai une amie Facebook qui habite l’autre bord de la planète et suite à un statut où je chialais sur mon iPhone 4, elle m’a écrit pour me dire qu’elle m’enverrait son vieux téléphone vu que je faisais pitié.

Trop cool! Après quelques semaines, je l’ai relancé pour savoir si elle l’avait envoyé parce que j’avais d’autres offres et elle m’a dit d’attendre un peu parce qu’elle devait le faire réparer. Pas de trouble! Je lui ai réécrit quelques jours plus tard pour savoir ce qui se passait, et elle ne m’a plus jamais répondu.

Et ça fait six mois!

Pendant un bout, j’ai même pensé que c’était un bogue Facebook ou qu’elle était juste occupée. Elle travaille par gros rush et tout. On se parlait une fois de temps en temps quand elle terminait ses shifts. C’était vraiment une cool fille et tout. J’ai fini par lui écrire via courriel et Instagram au cas où le problème serait Facebook, avant d’accepter l’idée qu’elle devait juste m’ignorer.

C’est mon guess, mais je n’en sais rien plusieurs mois plus tard! Et le pire, c’est qu’elle ne m’a pas unfriendé ou rien. Elle ne me répond juste plus. Elle me ghost, sauf qu’elle reste à côté. Elle like mes trucs de temps en temps. C’est spécial à vivre.

Et c’est ça qui est poche avec les conflits, c’est que tu files comme de la marde après. C’est pas cool quand tu tombes sur le nom de quelqu’un et que ça t’amène un feeling de marde. Le web empire vraiment ça où l’on dirait que les algorithmes font exprès pour toujours te ramener ces petits feeling de marde.

« Ah ouais, cette personne avec qui ç’a mal fini pour un truc ridicule. »

Est-il si tough de s’expliquer? De toute évidence, oui. C’est tough en crime. Ça demande de l’énergie et c’est pas confortable. Mais quand t’arrives à le faire, ça règle tellement d’affaires. Ça désamorce la tension poche. Ça renforce les liens. Et souvent, ça évite aussi les accrochages futurs parce que tu te comprends mieux.

Mais évidemment, pour être prêt à se rendre vulnérable et à s’ouvrir comme ça, il faut que t’estimes assez l’autre pour juger qu’il en vaut la peine.

Ce qui change avec les antidéps

« Il faut d’abord être bien tout seul avant d’être bien à deux. »

Ce cliché m’a toujours gossé parce qu’on le sort souvent comme conseil alors que ça n’aide personne, mais même si ce n’est pas facile à avouer, je commence un peu à le réaliser ces temps-ci. Pas que j’aie encore atteint un équilibre parfait de vie (qui fait accourir les chicks). J’ai encore des mauvaises passes et des journées tough, mais je dirais que je m’en sors mieux que depuis aussi loin que je me souvienne. Je pense même que ça pourra éventuellement m’amener une nouvelle confiance que je n’ai jamais vraiment eue.

Et tu sais ce qui vient avec la confiance, right? *wink wink*

(C’est une vraie question. Moi, je sais pas. ;))

Bref, je commence à avoir des quotidiens qui ont du bon sens.

Cette semaine je voyais mon psy qui s’en va dans le sud pour l’hiver et je trouve que le timing est bon pour son départ. J’ai encore quelques semaines de vaches rachitiques à traverser côté cash, mais je vois enfin le bout et même s’il y a des hauts et des bas et que mon progrès n’est pas une belle ligne droite, il reste que ça progresse. Même que le psy me demandait si je considérais baisser les antidéps éventuellement.

C’était drôle qu’il me parle de ça, parce que le matin même, si j’y avais pensé. Pas à court terme, mais éventuellement.

Comme j’en avais jasé avec la doc en décembre 2016, il n’y a aucune chance que je diminue les antidéps avant décembre 2018, mais c’est la première fois que j’y pense depuis le début. Et en plus, c’est pour les bonnes raisons. La première fois où j’en avais pris, c’était plus pour retrouver une libido qui a du bon sens et pouvoir recommencer à me péter la face avec de l’alcool de temps en temps, mais là c’est plus parce que je suis curieux de voir comment je vais me sentir.

Il faut dire que les antidéps, ça m’affecte de différentes façons.

  1. J’ai un petit shake (appelé un « tremblement essentiel ») qui s’empire avec les médocs. Ça me dérange surtout quand les gens le remarquent et là je sens que j’ai l’air nerveux ou fragile ou faible ou moumoune ou anormal ou brisé ou sur le bord de mourir.
  2. Pour l’alcool, ce serait cool de pouvoir recommencer à prendre une bière de temps en temps avec les chummeys, mais il y a quand même des bons côtés à la sobriété auxquels je me suis habitué. Déjà, n’être jamais hangover, c’est quand même cool et ça aide à se lever le matin. Aussi, je ne compte plus autant sur l’alcool pour me dégêner lors des veillées. Je suis content de m’être amélioré là-dessus.
  3. C’est sûr que la médication me distance un peu de mes émotions. C’est un peu le concept, j’imagine. J’arrive à le remarquer quand je frappe un down et je sens que ma tête a comme une limite qu’elle ne dépasse pas. Comme un garde-fou qui me retient d’aller trop creux dans la noirceur. En même temps, je me demande si ça m’empêche aussi d’aller super bien.
  4. J’ai aussi l’impression que la médication ajoute une petite couche de vedgitude. Ça filtre un peu mes émotions, mais j’ai aussi l’impression d’être un peu moins… présent. Ça paraît plus quand je suis en groupe où je remarque parfois que je suis un peu plus space/décalé qu’avant, mais je le vois aussi quand j’écris. Parfois, il manque des mots dans mes phrases. Ça arrive à tout le monde, mais j’ai l’impression que ça m’arrive un peu plus qu’avant.

Évidemment, ça devient de plus en plus difficile d’avoir du recul sur mon état parce qu’après plusieurs mois, t’oublies comment t’étais avant et ça devient juste toi.

  1. Ça retarde aussi mon orgasmie, mais tu t’y habitues en quelques semaines (en grimpant ton cardio). Et être moins crocheté sur le sexe quand t’es célibataire, ça ne fout pas grand-chose.
  2. Le pire est sûrement le poids. La première fois que j’avais pris des antidéps, j’avais commencé alors que j’étais devenu anorexique et que je pesais un ridicule 133 lbs. Durant les antidéps, j’étais remonté à 170, qui est à peu près mon poids normal. Mais cette fois-ci, je suis passé de 175 à 195, et c’est vraiment tough de baisser.

Si j’avais à rester sur les antidéps pour toujours, c’est surtout cette histoire de poids qui me gosserait le plus. Je suis habitué de maigrir dès que je fais quelques efforts. Là, j’ai l’impression de faire des efforts juste pour pas buster le 200 lbs! C’est un pas pire frein à la confiance, d’ailleurs. Mais bon, la prochaine étape de me reconstruction est justement d’intégrer le sport à mon quotidien. Ça devrait aider.

À défaut de maigrir, je pourrai peut-être sortir un autre cliché : les muscles, c’est plus pesant.

Ma coche sur le dernier Star Wars – The Last Jedi (Plein de spoilers/divulgâcheurs, évidemment)

Si j’avais à faire une critique en deux mots de The Last Jedi, je dirais : divertissant, mais.

Et le « mais » est important parce que comme plusieurs des derniers films du monstre Marvel/Disney (comme Spider-Man ou Guardians of the Galaxy 2), on arrive à faire des films divertissants, mais desquels il ne ressort rien. Plusieurs prouesses d’action, mais où est le propos? Qu’est-ce qu’on construit?

Sincèrement, je pense que je serais sorti satisfait du film si Luke n’était pas mort de façon aussi ridicule à la fin, mais quand c’est arrivé, je me suis laissé emporter par le côté sombre de la force.

Ce moment était si représentatif de ce film, d’ailleurs.

« Ah fiou, il n’était pas là pour vrai! » Et deux secondes plus tard : « Ah… il meurt quand même! » Pour aucune crime de raison! Bravo de m’avoir surpris, mais POURQUOI? Tu construis un personnage depuis 1977 et c’est la mort que tu décides de lui donner?

Je comprends qu’on y allait pour la mort à la Obi-Wan Kenobi où il se sacrifie pour la cause, mais Obi-Wan était devant Darth Vader qui allait le rincer à coup sûr. Et son parcours se terminait contre son ancien meilleur ami.

Luke est mort pour rien, tout seul sur la putain de plage, à 20 pieds de son lit!

En cherchant des réponses à cette connerie, je me suis même demandé si Disney ne voulait pas domper du salaire pour le troisième film, mais c’est sûr qu’il va revenir en petit fantôme bleu. Enfin, il pourra réaliser son nouveau rêve de Jedi : être un hologramme à temps plein!

C’est la première fois que je sors d’un Star Wars en colère. Je n’ai même pas envie d’aller le revoir.

Et d’ailleurs, pourquoi Luke s’en veut autant que ça? Ça ne correspond tellement pas à sa personnalité des autres films. Il serait censé être de plus en plus sage après tout ce temps alors qu’au contraire, il est devenu une petite précieuse qui boude sur son ile en attendant la mort.

Est-ce qu’ils ont juste oublié combien Luke est rendu zen dans Le Retour du Jedi?

Kylo Ren est en train de venir à bout de tout le cast original, mais sans jamais être vraiment bon ou impressionnant contre personne. Et on dirait toujours qu’il se bat avec des souliers glissants. Oh, et Snoke, cette brute du premier film qu’on nous présente comme l’ultime vilain de la galaxie dans l’ère de cette trilogie? Eh bien il meurt sans se rendre compte qu’on lui ouvre un sabre laser dans le dos à distance.

C’était qui ce gars-là défiguré? Ce n’est plus important. Un autre mystère irrésolu de ce bon vieux JJ Abrams. D’ailleurs, on a un peu l’impression de regarder une trilogie où deux réalisateurs se battent un contre l’autre pour décider d’où s’en va l’histoire.

Qui sont les parents de Rey finalement? Personne. Désolé. On vous niaisait.

J’ai ri de la blaguette du lait bleu, mais avouons qu’elle était plus digne de Spaceballs que d’un Star Wars. Et je n’ai pas encore parlé de toute l’histoire de Finn avec la course d’autruches. C’est beaucoup d’énergie pour nous présenter les petits enfants qui seront la relève de la Résistance.

Encore une fois, on y va pour une avalanche de rebondissements : ils essaient quelque chose, ils se plantent. Ah, non, ç’a marché quand même. Ah oui, non. Non? Eh ben, le hacker au tic ridicule était un hacker pour vrai, mais il les a trahis.

…OK?

Au moins, ils ont ramené Phasma contre Finn, même si elle se fait encore battre. J’imagine qu’on prépare quelque chose de cool pour le troisième film, mais à ce point-ci, j’ai peur d’espérer.

Cela dit, il y a indéniablement de bons trucs dans The Last Jedi. La scène d’action pour commencer le film avec Poe qui domine en X-Wing est de loin la plus divertissante de tous les films.

Les mélanges de blanc et de rouge font des images incroyables. Surtout dans la bataille dans la salle de Snoke et le sol blanc et rouge sur la planète de la fin. D’ailleurs, bien joué que Luke ne fasse pas de traces rouges comme les autres pour indiquer subtilement qu’il n’est pas là pour vrai.

La presque mort de Leia où elle revient à la Mary Poppins a été un de mes moments préférés du film, mais surtout parce que j’adore Carrie Fisher et j’étais touché de la voir mourir aussi tôt dans le film. D’ailleurs, c’est elle qui aurait dû mourir en coup de vent à la fin du film. Ça, on l’aurait compris, considérant les contraintes.

Aussi, la connexion entre Kylo Ren et Rey était terriblement efficace. Qu’ils puissent se parler tout au long du film était vraiment intéressant. Chacun de ces moments était spécial. Plein de petits rebondissements plus réussis.

C’est vraiment la force du réalisateur. The Last Jedi réussit vraiment bien à nous surprendre, mais c’est plus facile d’être imprévisible quand tes trucs ne font pas de sens. Pour Star Wars, on s’attend à plus de cohérence. Beaucoup plus.