Le docu Bye portant sur le suicide du fils d’Alexandre Taillefer

Le docu Bye sur le suicide du fils d’Alexandre Taillefer est maintenant disponible sur tou.tv.
 
Ça fait brailler en masse et selon moi, le mot le plus important du docu est vraiment la valorisation. Si les gens vont se réfugier dans le gaming, c’est parce que c’est l’endroit où ils se sentent le plus acceptés, appréciés et valorisés. Contrairement à la vraie vie où ils se sentent jugés, intimidés et rejetés.
 
Inutiles.
 
L’entourage peut avoir le réflexe de simplement couper l’accès à ces jeux pour régler le problème, mais ces feelings-là demeureront à moins de leur apporter une vraie aide concrète et durable.
 
Le cas de Loïc est particulièrement inspirant où l’aide obtenue lui a vraiment permis de comprendre sa problématique. Une problématique qui doit être extrêmement difficile à saisir pour de jeunes adolescents. Même les adultes n’ont souvent pas les outils nécessaires pour comprendre ce genre de dynamique. Et la dépression n’aide en rien à y voir plus clair.
 
Maintenant, est-ce que les options qu’avaient Loïc sont disponibles partout? Disons que les parents de Loïc n’avaient pas l’air d’être trop limités par l’argent. (Comme un peu tout le monde dans le docu, d’ailleurs.)
 
Et au-delà du système de santé déficient, est-ce qu’on peut tous être un peu plus vigilants et faire un effort supplémentaire pour lire entre les lignes et intervenir ou demander de l’aide dès qu’il y a le moindre doute?

Semaine de contraste

Le tournage de notre websérie est en cours et je suis allé passer deux journées complètes là-bas. C’était vraiment cool de me sentir bienvenue même si je sers surtout à être dans leurs jambes et à manger des biscuits à brisures de chocolat. :)

J’apprends beaucoup. Je pose autant de question qu’un kid de 4 ans et je commence à avoir une bonne idée de qui sert à quoi. Crime que le public ne réalise pas combien il y a de travail derrière tout ça! Et nous, ce n’est qu’une websérie, là! Pas étonnant que les équipes de cinéma soient si gigantesques.

L’expérience était malade! C’est le genre de travail d’équipe quasi-familial qui est vraiment grisant et qui vient me chercher. C’est con, mais ça me rappelait quand je travaillais comme plongeur/serveur pour la compagnie de traiteur de ma mère. Une vingtaine de personnes en rush où tout le monde est en mode solution parce qu’on est pressés par le temps et il faut que ça se fasse. Et les fins de journée où t’es juste vidé, mais que t’es content d’être passé au travers.

C’est aussi trippant de voir autant de gens compétents et aussi passionnés que moi qui travaillent et vivent presque ensemble pour un petit bout. En plus, là c’était pour un truc que j’ai écrit! Te dire combien j’ai hâte de voir le résultat final! Et de recommencer!

En parallèle, je devais faire des heures sur ma nouvelle job alimentaire. Criss que le contraste est grand! Je dois faire full d’heures là-dessus, mais je réfléchis encore à comment je peux arriver à équilibrer ça pour ne pas me décourager trop vite. Idéalement, je ferais ça non stop jusqu’à la mi-janvier pour me sortir la tête de l’eau côté cash, mais ce n’est pas évident d’être à 100% dans un truc du genre et me dire que je vais mettre ma vie sur pause pendant 45 jours.

À certains niveaux, j’ai déjà l’impression que ma vie est sur pause depuis un bout. En plus, on dirait que toute la semaine, je suis tombé sur des couples inspirants et amoureux qui ont l’air si heureux ensemble. Ç’a vraiment mis le spotlight sur mon vide à moi.

Mais bon, ce serait con de trop focusser sur le négatif. C’était une bonne semaine. Ça montre juste qu’il me reste juste encore quelques trucs à placer pour m’approcher d’un bonheur qui a du bon sens.

D’ailleurs, j’ai une idée de film qui a débloqué en fin de semaine et à laquelle je crois beaucoup. Ça devrait aider à rendre les 45 prochains jours moins plates.

Bonjour/hi

Dans ma journée de repos un peu vedge, j’ai lu un paquet de commentaires concernant le fameux « bonjour/hi » qui est rendu pas mal généralisé à Montréal. (Dans le Montréal où je vis, en tout cas.)
 
Ça m’a pas mal découragé parce que je lisais rarement des commentaires qui ressemblaient à ma position. J’ai vu plein de monde dire que c’est hot parce que le Canada est bilingue et bla bla bla, mais ce n’est pas le Canada qui est bilingue, c’est Montréal. Ton bonjour/hi, tu risques de l’attendre longtemps à Vancouver ou Toronto.
 
J’ai aussi vu beaucoup de monde qui voit l’anglais comme la langue evil de l’envahisseur canadien ou l’inverse avec plein de Québec-bashing sur les maudits Québécois intolérants qui chialent tout le temps pour rien. Quand les gens disent que ce combat pour la langue est dépassé, c’est cette vision/rivalité/partie-là du débat qui est particulièrement dépassée.
 
Le vrai combat moderne, ce n’est pas d’arriver à interdire ou à diaboliser l’anglais. Tout le monde devrait connaitre l’anglais en 2017. C’est la langue internationale. Le combat pour la langue au Québec, ce n’est pas d’avoir peur du bilinguisme individuel ou de la culture anglophone.
 
Le combat, c’est que le français demeure la langue d’usage au Québec.
 
Et la langue d’usage, ça ne veut pas dire que tout le monde soit en mesure de parler français si on les force à coup de lois ou de menaces. C’est que ce soit la langue par défaut un peu partout parce que c’est la langue dans laquelle la population se jase. Au travail, au centre d’achat, à l’école.
Encore là, ce n’est pas une question de virer fou parce qu’il existe un quartier anglo ou chinois ou de repartir un autre pasta gate ridicule.
 
Mais si à Montréal, les gens parlent seulement français parce qu’on les force et switchent à l’anglais dès que c’est possible, le combat est déjà perdu. Reste à déterminer si collectivement, c’est encore quelque chose que l’on trouve important.

Jour de fête

(Je dois écrire ça en vitesse parce que j’ai une journée folle.)

L’année passée à ce moment-ci, j’allais pas mal mal.

(Ou juste mal, pour les gens qui savent écrire.)

J’étais dans un centre de crise avec la blonde de mon meilleur ami qui avait pas mal tout organisé. Quand t’es dans un low de dépression, tu n’es plus en mesure d’organiser grand-chose. Déjà, je n’en aurais jamais eu l’énergie, mais aussi, je n’y croyais plus vraiment. J’arrivais encore au fameux mur. Je devais me pogner une job, n’importe quelle job, mais, je n’arrivais même pas à faire une démarche par jour. Et les rares démarches que je finissais n’aboutissaient à rien.

Qui aurait engagé ce gars-là, anyway?

La rencontre se passait dans un espèce de bunker au plafond bas. Une vieille bâtisse avec des murs en grosses crime de pierres. Deux petits divans individuels devant la chaise de la psy et une caméra à côté d’elle.

« Est-ce que ça te dérange si on filme? Ça aide pour… »

D’habitude, je suis assez timide et je fuis les kodak au possible, mais dans cet état-là, je m’en foutais pas mal. La psy était assez jeune. J’aurais guessé quelque part avant la trentaine, ce qui dans ma liste de préjugés la plaçait tout juste entre :

  • être trop jeune pour être crédible
  • assez jeune pour ne pas être blasée de sa job

Et c’était ma première psy femme, ce qui pouvait avoir du bon et du mauvais. Quelques mois plus tard, je racontais (quelque part dans ma série suivi) que j’étais un peu en train de tomber en amour avec. Totalement cliché, je sais.

« Est-ce que tu préfères que ton amie sorte? »

Ben non. Je m’en fous. Je n’en suis plus à une humiliation près. J’ai raconté ça 1000 fois anyway. Devant 1000 psy. Devant toi ici. Mal de vivre, de raison d’être, le stress, la solitude et l’humiliation que j’endure pour quoi, dans le fond? Qu’est-ce qu’il y a devant moi qui vaut tant le peine de se taper ça?

Rien de bon. En fait, ça peut juste continuer de s’empirer. Pourquoi m’infliger ça encore plus longtemps? Je ne vois qu’une seule raison.

Et même si je suis blasé de ce processus où je dois raconter mes problèmes à des inconnus, il y a toujours un moment où l’émotion finit par me rattraper. Même en en jasant de façon détachée, je finis toujours par reconnecter avec la souffrance quelque part et ça commence…

Il faut le dire, si on essayait d’analyser ma qualité de brailleur, je suis clairement dans les pires. J’envie ces gens qui braillent bien ou qui arrivent à le faire de façon contrôlée. Genre, un petit mouchoir pour éponger le coin des yeux, et ils recommencent à parler. Moi, ça va dans tous les sens. Ma voix switch de trois octaves à chaque syllabe. Je morve partout. Ma face est envahie de spasmes. Mon psy pense que c’est parce que j’essaie trop de me contrôler. Il pense qu’il faudrait juste que je braille et que ça sorte et qu’après je serais OK. Mais pourtant, il y a des gens qui arrivent à se contrôler. Ils prennent des petits silences avec une gorgée d’eau. Ils gardent ça classy.

Moi… c’est dégueulasse.

Je me rappelle de cette journée pour un moment précis. Un moment où j’ai demandé à la blonde de mon meilleur ami de sortir de la pièce. J’imagine qu’elle se disait que c’était pour un truc super humiliant que j’avais à raconter. (Genre, je trippe sur Twilight.) Pas tant. C’est qu’à ce moment-là, on jasait de ce qui me retenait de passer à l’acte.

Et ce qui me retenait à ce moment-là, c’est parce qu’on approchait du 30 novembre, la fête de mon meilleur ami, et je ne voulais pas lui sacrer un souvenir comme ça qui allait faire de l’ombre à sa journée à chaque année.

Noël s’en venait alors il me restait qu’une fenêtre entre les deux. Mais force est d’admettre que cette démarche de dimanche après-midi dans le bunker fut assez pour que j’aie envie de voir la suite encore un peu.

Et à partir de là, j’ai déjà raconté le reste de l’histoire ici. Et je commence à me mettre crissement en retard au présent.

Si je compare ma vie un an plus tard, je pourrais difficilement demander mieux en aussi peu de temps. Pas que ma vie soit devenue parfaite (loin de là), mais l’espoir est revenu. D’ailleurs, je retourne assister au tournage de ma série tout à l’heure. Je suis encore dans le trouble côté cash, mais la stabilité à ce niveau-là devrait arriver en début 2018 si tout va bien.

Avec ma carrière et la sécurité financière, le reste a une chance de suivre.

Mais bref, c’est quand même weird. Ça ne me dérange pas de pleurer à la caméra ou de m’humilier ici. Ça ne me dérange pas de scraper la fin de semaine de mes amis pour qu’on aille jaser dans un bunker, mais me pendre au mauvais moment de l’année, c’est là que je trace la ligne.

Un homme se doit d’avoir un code, j’imagine. :P

Enfin une job alimentaire qui a du bon sens

Est-ce que tu sais c’est quoi une job alimentaire? C’est étonnant combien de personnes ne savent pas c’est quoi. (Y compris ma mère à qui j’en parle depuis des années.) C’est une expression qu’on utilise dans le milieu artistique (et sûrement ailleurs) pour décrire une job qui sert seulement à payer les compte et à mettre du pain sur la table.

La job alimentaire parfaite te permet de continuer à avancer ta carrière en même temps, et tout dépendant de tes skills et de ta personnalité, ce n’est pas si évident que ça de trouver quelque chose qui fitte bien.

Moi, j’aurais pu utiliser mes skills de programmeur-analyste vu que ce sont des jobs payantes et faciles à trouver, mais je me suis vite aperçu que la programmation me prend un peu la même énergie que pour écrire. Du coup, dans mes temps libres, ma tête continue de réfléchir à la prog plutôt qu’à mes vrais projets et c’est un peu contre-productif.

Dans mon cas, la job alimentaire parfaite, est une job où :

  • je peux faire le nombre d’heures que je veux
  • à partir de chez nous
  • qui est assez payante pour que ça vaille la peine
  • qui me fait rencontrer plein de chicks.

Et c’est exactement ce que j’ai trouvé! Sauf pour les chicks, vu que je travaille de chez nous. Dire que c’est le fun serait un peu exagéré, mais pour vrai, je ne peux pas demander mieux. Je suis vraiment content et la sécurité financière que ça va m’amener va me faire beaucoup de bien. (En plus que ma télé vient d’exploser.) Aussi, je vais pouvoir continuer à travailler durant le temps des fêtes, une passe rough quand tu n’as pas de vacances payées.

Là, j’essaie d’intégrer ma nouvelle job à mon quotidien pour me créer une genre de structure qui a du bon sens pour équilibrer tous les éléments de ma vie.

  • le temps pour la job alimentaire et faire de l’argent
  • le temps pour l’écriture et pour créer
  • le temps pour faire de l’exercice et me remettre en shape
  • le temps pour voir du monde et socialiser

Et la job alimentaire a pas mal d’influence sur les autres points, parce que quand t’es fauché, tu stresses pas mal, ce qui nuit à ta créativité, et qui t’enlève pas mal d’options pour les activités sociales ou le sport. Et aller sur une date quand t’as du linge de 2006 et zéro cenne pour un deuxième drink, ça ne donne pas une confiance de feu.

C’est pour ça que je snobbe tous mes derniers matchs Tinder/Happn. Je me dis que c’est mieux de juste attendre de replacer tout ça un peu. Même si mon psy n’est pas d’accord.

Et je pense de plus en plus descendre à Amos durant le temps des fêtes. Mes parents vont visiter ma soeur à Tremblant durant ce temps-là donc je pourrais avoir leur maison à moi tout seul. Je pourrai travailler de là-bas et je n’ai plus de chat magané qui va s’ennuyer ici à Montréal donc je suis assez libre.

Bref, ça regarde vraiment bien, mes affaires. Surtout si je compare à novembre de l’année passée.