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Jour de f ête

(Je dois écrire ça en vitesse parce que j’ai une journée folle.)

L’année passée à ce moment-ci, j’allais pas mal mal.

(Ou juste mal, pour les gens qui savent écrire.)

J’étais dans un centre de crise avec la blonde de mon meilleur ami qui avait pas mal tout organisé. Quand t’es dans un low de dépression, tu n’es plus en mesure d’organiser grand-chose. Déj à, je n’en aurais jamais eu l’énergie, mais aussi, je n’y croyais plus vraiment. J’arrivais encore au fameux mur. Je devais me pogner une job, n’importe quelle job, mais, je n’arrivais m ême pas à faire une démarche par jour. Et les rares démarches que je finissais n’aboutissaient à rien.

Qui aurait engagé ce gars-là, anyway?

La rencontre se passait dans un espèce de bunker au plafond bas. Une vieille bâtisse avec des murs en grosses crime de pierres. Deux petits divans individuels devant la chaise de la psy et une caméra à côté d’elle.

« Est-ce que ça te dérange si on filme? Ça aide pour… »

D’habitude, je suis assez timide et je fuis les kodak au possible, mais dans cet état-là, je m’en foutais pas mal. La psy était assez jeune. J’aurais guessé quelque part avant la trentaine, ce qui dans ma liste de préjugés la plaçait tout juste entre :

  • être trop jeune pour être crédible
  • assez jeune pour ne pas être blasée de sa job

Et c’était ma première psy femme, ce qui pouvait avoir du bon et du mauvais. Quelques mois plus tard, je racontais (quelque part dans ma série suivi) que j’étais un peu en train de tomber en amour avec. Totalement cliché, je sais.

« Est-ce que tu préfères que ton amie sorte? »

Ben non. Je m’en fous. Je n’en suis plus à une humiliation près. J’ai raconté ça 1000 fois anyway. Devant 1000 psy. Devant toi ici. Mal de vivre, de raison d’ être, le stress, la solitude et l’humiliation que j’endure pour quoi, dans le fond? Qu’est-ce qu’il y a devant moi qui vaut tant le peine de se taper ça?

Rien de bon. En fait, ça peut juste continuer de s’empirer. Pourquoi m’infliger ça encore plus longtemps? Je ne vois qu’une seule raison.

Et m ême si je suis blasé de ce processus où je dois raconter mes problèmes à des inconnus, il y a toujours un moment où l’émotion finit par me rattraper. M ême en en jasant de façon détachée, je finis toujours par reconnecter avec la souffrance quelque part et ça commence…

Il faut le dire, si on essayait d’analyser ma qualité de brailleur, je suis clairement dans les pires. J’envie ces gens qui braillent bien ou qui arrivent à le faire de façon contrôlée. Genre, un petit mouchoir pour éponger le coin des yeux, et ils recommencent à parler. Moi, ça va dans tous les sens. Ma voix switch de trois octaves à chaque syllabe. Je morve partout. Ma face est envahie de spasmes. Mon psy pense que c’est parce que j’essaie trop de me contrôler. Il pense qu’il faudrait juste que je braille et que ça sorte et qu’après je serais OK. Mais pourtant, il y a des gens qui arrivent à se contrôler. Ils prennent des petits silences avec une gorgée d’eau. Ils gardent ça classy.

Moi… c’est dégueulasse.

Je me rappelle de cette journée pour un moment précis. Un moment où j’ai demandé à la blonde de mon meilleur ami de sortir de la pièce. J’imagine qu’elle se disait que c’était pour un truc super humiliant que j’avais à raconter. (Genre, je trippe sur Twilight.) Pas tant. C’est qu’ à ce moment-là, on jasait de ce qui me retenait de passer à l’acte.

Et ce qui me retenait à ce moment-là, c’est parce qu’on approchait du 30 novembre, la f ête de mon meilleur ami, et je ne voulais pas lui sacrer un souvenir comme ça qui allait faire de l’ombre à sa journée à chaque année.

Noël s’en venait alors il me restait qu’une fen être entre les deux. Mais force est d’admettre que cette démarche de dimanche après-midi dans le bunker fut assez pour que j’aie envie de voir la suite encore un peu.

Et à partir de l à, j’ai déj à raconté le reste de l’histoire ici. Et je commence à me mettre crissement en retard au présent.

Si je compare ma vie un an plus tard, je pourrais difficilement demander mieux en aussi peu de temps. Pas que ma vie soit devenue parfaite (loin de l à), mais l’espoir est revenu. D’ailleurs, je retourne assister au tournage de ma série tout à l’heure. Je suis encore dans le trouble côté cash, mais la stabilité à ce niveau-là devrait arriver en début 2018 si tout va bien.

Avec ma carrière et la sécurité financière, le reste a une chance de suivre.

Mais bref, c’est quand m ême weird. Ça ne me dérange pas de pleurer à la caméra ou de m’humilier ici. Ça ne me dérange pas de scraper la fin de semaine de mes amis pour qu’on aille jaser dans un bunker, mais me pendre au mauvais moment de l’année, c’est l à que je trace la ligne.

Un homme se doit d’avoir un code, j’imagine. :P

Le top quatre de mes priorités prioritaires

(9e partie de la série suivi)

Mon psy a déménagé de l’autre côté de l’île. Maintenant je dois prendre le bus assez longtemps pour qu’Édouard-Montpetit se transforme en Queen-Mary. C’est long, mais ça me laisse le temps d’écrire. Et accessoirement mater une black girl à la peau incroyable.

C’est la première fois que je revois mon psy depuis la mi-juin. La pause s’est bien passée parce que si on exclut l’argent, j’ai eu un pas pire été. Bizarrement, j’ai recommencé à mal filer il y a quatre jours, soit le jour où l’on s’est booké ce rendez-vous.

Est-ce que ça pourrait être mon psy qui me fait filer mal? Peut- être qu’en grattant moins le bobo, les trucs finissent par passer. Comme une piqure de maringouin qui arr ête de piquer quand on l’ignore juste assez longtemps.

J’aurais aimé que ce soit ça parce que flusher un psy, c’est une solution super facile. Mais nah. L’affaire, c’est que je sais qu’avec mon psy, je ne pourrai plus faire semblant que tout va bien. C’est ce que j’ai fait un peu trop ces derniers temps. Oh, objectivement, ma vie n’est pas à son pire. Mon psy m’a déj à vu dans des états pas mal plus sombres que ça. Sauf que comme il m’expliquait, dans mon cas, il y a un ordre aux trucs qui font que je vais ou pas.

  1. Ma créativité

C’est de loin le truc en première position. Si je ne crée pas, plus rien ne va. Et c’est une des raisons de mon super été. J’écris enfin sur une série qui me plait et mes autres projets avancent aussi et donnent un sens à mon existence. C’est juste fou la différence que ça donne au niveau de mon énergie.

  1. Ma santé

Après avoir engraissé que le bâtard, j’ai commencé à mieux manger que jamais et à bouger plus en mettant en masse ma grosse face au soleil. Ça aide évidemment au niveau de l’énergie, et en plus, je commence tranquillement à retrouver un semblant de body.

  1. L’argent

C’est ça qui chie ces temps-ci et que j’essaie d’ignorer. M ême si je reçois un paquet de mini-chèques et que j’ai le train de vie le plus tranquille du monde, ça ne suffit juste pas. Et l à, ma grande peur est que le pire des problèmes survienne au moment le plus critique de l’écriture de la série. Ça fait un bout que je me dis que je vais ignorer tout le reste pour faire une super job, mais je le vois que ça me draine un peu plus chaque jour. C’est de moins en moins facile à ignorer. Surtout quand la vie me laisse du temps pour y penser. Je fais mon tough, mais plus mon énergie baisse et plus je sens revenir ce feeling que je ne m’en sortirai juste jamais.

Quand m ême intense pour un truc en troisième position.

  1. Le social et bla-bla-bla

On n’a pas trop eu le temps d’élaborer sur celui-là, mais il fail lui aussi. Oui, j’ai fait quelques activités sociales, mais je pense que ça veut dire plus que ça. La 4e position est tout ce qui concerne ma solitude de fond. Comme le fait que je n’aie jasé à personne de mon problème à la troisième position. Cet isolement-là, et évidemment, le manque de big love depuis un bon moment. C’est un autre truc qui a été plus facile à ignorer durant l’été, mais qui ne disparaît pas pour autant.

En tout cas, on voit que dans mon cas, les Beatles étaient dans le champ.

All you need is love…
et du cash,
et une shape cool
et créer de l’art trippant.

J’avoue, cette version-là est moins catchy.

Le temps que ç’a pris avant de pouvoir te dire ça

« ON PASSE EN PROD!! »

Quand t’écris des séries, il y a à peu près 1000 étapes avant que ton projet se ramasse à l’écran pour vrai. Au tout début, tu dois commencer par avoir une idée que t’aimes et la développer assez pour que ce soit présentable à un producteur.

Si ledit producteur trippe sur ton idée, il peut te demander quelques modifs et ensuite t’offrir une option. Une fois que vous vous êtes entendus pour l’option, il doit maintenant penser à un diffuseur qui pourrait présenter (et surtout financer) la série.

Mais l à, si t’es dans ma situation, ton nom de scénariste ne dit rien à personne parce que tu n’as pas (encore) quatorze séries à succès sur ton CV donc il faut qu’on te match avec un réalisateur hot ou un script-éditeur de renom qui pourra compenser pour ton nobodyisme. Une fois qu’on t’a bien packagé dans un début d’équipe, le producteur peut maintenant essayer de vendre le projet à un des très rares diffuseurs.

Quand tu trouves enfin un diffuseur qui aime assez ton projet pour t’envoyer en développement, t’es vraiment content parce que :

1- La compétition est vraiment forte faque c’est super difficile de s’y rendre.
2- C’est l’étape où tu commences à recevoir de l’argent pour l’écriture.

Mais m ême quand t’es en développement, ça ne veut toujours pas dire que le projet va se ramasser à l’écran. Au développement, tu développes (étonnant, je sais) encore plus. Tu définis plus ta série, ta saison et t’écris plus d’épisodes dialogués pour qu’on ait vraiment une bonne idée de ce que ça va donner.

Mais l’étape qui fait que ça va se faire pour vrai, c’est celle de la PRODUCTION. Et c’est cette étape-là que j’ai enfin franchi aujourd’hui!

Et je suis vraiment content.

L à, je n’ai pas le temps d’expliquer tout le travail et l’acharnement qu’il y a derrière ça, mais crime qu’il y’en a. Tellement de fois où je suis passé proche avec des « tout le monde trippait sur ton projet, mais… » où tu finis par juste retenir le « mais » qui repousse toujours ta réussite à plus tard.

Mais pour Oh My Lord!, tout s’est passé tellement vite!

Ça fait longtemps que je veux passer en production parce que c’est l’expérience qui me manque. En fait, ce projet-là, c’est l’expérience parfaite pour moi. C’est sûr que c’est une websérie avec des épisodes courts donc ce n’est pas encore Netflix ou HBO, mais pour moi, c’est vraiment le m ême trip à plus petite échelle. C’est exactement ma job de r êve, mais qui paye le loyer flush.

Comme je disais, je suis vraiment content.

En fait, m ême en écrivant tout ça pour essayer de t’expliquer un peu comment ça marche et ce que ça représente pour moi, je ne suis pas encore certain que ça arrive pour vrai. J’ai encore peur de me réveiller pis d’avoir r êvé tout ça. Mais bon, je suis pas mal sûr que c’est vrai. Sinon, ce post-là risque d’ être weird.

La dernière vague – 8e partie

(8e partie de la série suivi)

On se serait cru dans un film tellement l’adon était grand, sauf que dans un film, on se serait imaginé une fin heureuse et parfaite. Le gars qui en est à sa dernière rencontre de psy alors qu’on a enfin confiance que sa carrière est partie pour de bon. Mais dans la réalité, ce n’est jamais si parfait.

Ma psy : « Comment c’est, dans la réalité? »

C’est crissement spécial. T’sais, je me sens vraiment bien, l à. La bande-annonce de notre websérie est sortie tantôt. J’ai travaillé là-dessus tout février et non seulement j’ai eu du fun à écrire ça et à assister au tournage, mais je suis aussi fier du résultat. Pis l à je reçois un paquet de compliments et quelqu’un que je respecte beaucoup m’a dit que j’étais talentueux, passionné et hyper gentil. Bon, gentil est un compliment de marde, mais le reste est cool.

« Tu ne trouves pas que gentil est un bon compliment? »

Non. C’est le genre de truc qu’on dit quand on n’a rien d’autre. C’est genre, t’essaies de trouver un compliment, mais tu ne trouves rien.

« Et à quoi tu t’attendais pour notre dernière rencontre? »

Ben c’est ça le plus bizarre. J’ai réfléchi à ça toute la semaine, et je n’arrive toujours pas à voir ce qui peut être productif dans une dernière séance de psy. Je t’ai déj à dit l’autre fois que j’étais pissed off que ça s’arr ête, parce que je sens qu’on avance, mais ça s’arr ête quand m ême faque…

« Oui, mais tu le sais que si on arr ête le suivi maintenant, ce n’est pas parce que je pense que tout va bien pour toi. C’est juste… »

Oui, oui, je sais. On a busté votre quota.

« C’est ça. Et moi aussi je pense que ç’aurait été constructif de continuer et qu’on avait encore des choses à travailler… Mais peut- être qu’on peut explorer ça aujourd’hui. Comment tu te sens par rapport à ça. »

Ben comme je disais, j’ai pensé à ça toute la semaine, et je vois pas comment une dernière rencontre peut être productive. À moins que t’avais une espèce de super phrase magique d’ultime sagesse que tu me gardais pour la toute fin et qui va régler mes problèmes de fond? C’est sûr que t’en as une, hein? Shoot!

« … »

(Crime que c’est tough de faire rire ma psy.)

Non, mais c’est ça. C’est à ça que j’en suis arrivé cette semaine et qui est un peu déprimant.

T’sais, je te l’ai dit combien j’aime venir te voir. Pour moi, c’est un peu comme une date. Je viens parler à une belle fille wise qui a de l’écoute et de la compassion, et ça me boost vraiment à chaque fois. Ça me met de bonne humeur. Sauf que je ne te connais pas fuck all. La relation qu’on a est à sens unique. Donc ça veut dire qu’il y a quelque chose que je viens chercher ici. Pis je pense que c’est de l’espoir. Il y a un espoir que je rattache à toi et qui te rend vraiment attirante. L’espoir qu’on va finir par me figurer out. Genre qu’éventuellement, on va finir par élucider le je-sais-pas-quoi qui m’emp êche d’ être confiant, bien dans ma peau et bla-bla-bla.

« C’est beaucoup d’attente. »

Oui et je le vois que c’est ridicule, mais je pense que c’est quand m ême ça qui arrive. Et l à, je m’en rends compte que ça se termine. Je le sens parce ce feeling-là est comme mort. Donc non, j’ai zéro attente. En fait, dans le métro, j’avais un peu l’impression de venir ici pour rien. On tombe sur une journée où je vais bien, et je viens expliquer ce que j’ai déj à compris, faque ça me fait juste une heure à… Je sais pas. Une heure à réaliser à quel point notre relation est à sens unique, et que je suis pathétique de m’attacher. Moi, je vais perdre quelque chose, mais toi tu vas passer au prochain patient comme si de rien était.

« C’est ça que tu penses? »

Bah, je sais pas.

« Qu’est-ce que t’aimerais? Qu’est-ce que t’espérais? »

Rien… Rien. C’est sûr que j’aimerais savoir que j’ai été spécial pour toi. J’aimerais croire que tu vas t’ennuyer. Que j’ai été un patient intéressant ou au moins un peu attachant. Penser que c’est possible de m’apprécier m ême pour quelqu’un qui me connait aussi… intimement.

« Moi, j’avais l’impression que si je t’avais fait un compliment, tu ne l’aurais pas cru. »

Ça fait quelques fois que tu me fais ça. C’est comme si au lieu de me dire quelque chose, tu me dis pourquoi tu ne me l’as pas dit. Anyway c’est comme on parlait l’autre fois. J’attends clairement que quelqu’un que je trouve hot vienne confirmer ma valeur et bla-bla-bla.

« Tu regardes beaucoup l’heure. »

Ouin. Je sais pas.

« J’ai l’impression que tu m’idéalises beaucoup. C’est comme si t’attendais que quelqu’un vienne te sauver. »

Hm, je sais que tu penses ça, mais je ne pense que ce soit ça. Quand tu le dis, c’est comme si je voulais me déresponsabiliser, mais c’est pas ça. C’est pas que j’attende que quelqu’un d’autre vienne régler mes problèmes. C’est que moi, ça fait vraiment vraiment longtemps que je cherche, et que je trouve pas. Quand je vais bien, je me dis que je vais finir par trouver tout seul, mais quand je vais mal, c’est juste… Anyway, dès que j’ai l’impression de cheminer avec quelqu’un, ça me donne de l’espoir, et cet espoir-là est vraiment attirant et me drive gros. Je le vois. Ça m’allume de partout.

Et l à, je te perds et c’est ça qui me fait peur. J’ai eu un bon mois où j’allais bien, sauf que…

« Mais c’est positif, ça, non? »

Quoi? Ah. C’est sûr que je vois que ce Eric-là existe encore alors que je n’y croyais plus. Ça contraste avec le moi dépressif qui a besoin de 10-12 heures par nuit et qui n’a jamais l’énergie pour rien faire. Mais justement, j’ai peur que ça revienne. L à, j’avais de l’argent, j’avais toi, j’avais un projet inspirant, mais tout s’arr ête en m ême temps. J’ai l’impression de rider une grosse vague cool, mais que c’est la dernière. Et l à, je sais pas si je dois en profiter ou juste me préparer à la chute.

Mais anyway, tu seras pu l à. Ça me sert à rien de te raconter ça parce que tu disparais. Et l à, je sais pas comment closer ça, mais bref, j’ai pas d’attente. À moins, encore une fois, que t’aies une super phrase finale.

« J’ai pas de super phrase finale, Eric. »

Je sais ben. Je déconne. Mais bon, c’est pas mal fini, l à.

« Écoute, Eric. J’espère vraiment que… »

Et c’est l à qu’elle m’a transmis ses derniers souhaits. Ce dont je me rappelle, c’est de m’ être vraiment forcé pour comprendre et retenir ce qu’elle était en train de me dire, mais que la suite n’était qu’une longue succession de déception. Tout ce que mon cerveau a retenu, c’était genre :

« J’espère que tu vas réaliser que bla-bla-bla et les possibilités de bla-bla-bla et que bla-bla-bla, bla-bla. Bla-bla-bla, bla-bla. »

Tout le long, j’ai attendu qu’un mot-clé poppe ou résonne sur une fréquence intéressante, mais ce n’est jamais arrivé. Et c’est l à que ça m’a frappé : criss que j’en avais des attentes, finalement! J’ai tellement été ridicule de passer une heure à argumenter sur le pourquoi que j’ai zéro d’attente et je finis la rencontre super déçu. Mais m ême si j’étais sonné par l’ironie, c’était quand m ême fini. Il fallait se lever pour partir et c’est l à que je lui ai répondu instinctivement : « Merci, c’est gentil. »

Je l’ai réalisé dès que le mot est sorti de ma bouche. C’était impossible que ça passe tout droit avec une psy.

« C’est gentil? »

J’ai eu beau sourire de l’adon et la jouer cool le temps de mettre mon manteau, il n’y avait plus rien à faire. J’étais déçu et elle le savait. M ême si je ne voulais pas le voir, il y a une partie de moi qui espérait encore recevoir une preuve d’amour ou d’affection quelconque. Une phrase dans ses souhaits qui serait sortie de son code. Quelque chose qui l’aurait débarqué de son mode professionnel et qui m’aurait donné moins l’impression de m’ être attaché à un robot ou à une femme de valeur qui ne s’intéressera jamais à un gars comme moi.

La seule exception, c’est qu’elle m’a serré la main avant de partir, mais encore l à, je sentais que ça faisait partie de la routine. Je me rappelle qu’on avait peur que je ressente du rejet à la fin de tout ce processus-là.

On avait raison.

Mais bon, c’est quand m ême une bonne journée. C’est quand m ême une bonne semaine. C’est quand m ême un bon mois et je suis sur une lancée. Je vais bien. C’est juste le vide en avant qui est épeurant.

Fils ingrat et la meilleure mère au monde – 7e partie

(7e partie de la série suivi)

Ma mère est venue passer la semaine chez nous. C’est la première fois qu’on faisait un truc du genre. D’habitude, mes deux parents viennent ensemble faire un petit tour le temps d’un repas, mais ils arrivent fatigués de la longue run de char et il y a souvent déj à une tension déplaisante entre eux. Sans oublier qu’en général, la dynamique à trois est différente d’une dynamique  à deux.

Ça faisait quelques fois que j’offrais à ma mère de venir passer quelques jours chez nous vu qu’elle est maintenant à la retraite, mais j’étais content que l’initiative vienne d’elle la semaine passée. Elle m’offrait m ême de venir faire du ménage pour me donner un coup de main. Il faut dire que mon appart en a grandement besoin. Je suis pas mal le cliché du gars célibataire qui n’est pas ménage pantoute, et quand on double ça à une dépression, ça donne des trucs qui s’accumulent un peu partout de façon ridicule.

Perso, je ne le remarque plus vraiment, mais disons que ce n’est pas super propice à ramener une fille chez nous.

Sa visite me stressait quand m ême un peu parce qu’avec mes habitudes de vie en solo, je me sens vite étouffé lorsque quelqu’un débarque ici. Je suis un peu comme mon chat. On est sauvages avec les étrangers. Mon chat est juste psycho, mais de mon bord, ç’a tendance à escalader dans ma t ête et toujours d’une façon assez semblable.

Je finis par être dérangé par une foule de petits trucs vraiment anodins que je n’ose pas exprimer. M ême que je m’énarve moi-m ême d’ être dérangé par autant de petites niaiseries. Pour éviter de faire du drama, je ne dis rien et j’attends que ça finisse. Évidemment, ce n’est pas une stratégie super saine. Surtout quand l’autre est l à pour la semaine.

Quand je parlais à ma psy récemment que j’ai toujours l’impression que je ne ferais pas un bon parti, c’est un des items en t ête de liste. J’ai vraiment peur que toutes mes années de solitude m’aient rendu trop sauvage pour la vie à deux. J’ai aussi tendance à attendre cette personne parfaite avec qui rien ne me dérangerait.

Mais bon, oser m’exprimer à mesure que les trucs surviennent (plutôt que de les accumuler) est un truc sur lequel je travaille dans les dernières années de thérapie. Cette semaine avec ma mère, c’était pas mal l’occasion parfaite de tester tout ça.

D’ailleurs, ça n’a pas pris beaucoup de temps à se manifester. Ma mère est arrivé alors que je venais juste de remettre un texte super important. Je me sentais libéré et j’étais content de la voir, mais je me suis vite rendu compte que j’étais aussi brûlé tight. Après avoir ramené ses 4000 bagages de Laval à mon appart en métro, on est allé manger au resto.

Est-ce que je suis le seul à détester  être assis super proches des autres tables? J’ai l’impression que tout le monde s’écoute et ça manque vraiment d’intimité. C’était aussi le dimanche où il faisait super chaud dehors donc je suais comme un porc  à cause des bagages et pour une raison que j’ignore, le resto chauffait en débile avec un calorifère collé sur le dossier de ma chaise.

Pour pouvoir sacrer mon camp de l à au plus criss, j’ai eu le réflexe de finir ma bouffe en vitesse mais non, ma mère commençait à peine son assiette. « Je suis en vacances! » Ouais. C’est fou le peu de temps que ça m’aura pris pour me sentir pogné. Est-ce que ce sera comme ça toute la semaine? Ouf.

Et l à, je m’en veux et ça escalade comme j’expliquais. Je trouve ça insupportable de trouver ça insupportable. Je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas être zen comme tout le monde.

Et évidemment, après le déjeuner interminable, elle voulait aller faire une grosse épicerie pour m’aider. Ça se refuse mal, mais crime que ça ne me tentait pas. J’étais déj à mort. Il faut dire que je m’étais levé à 6h30 pour clencher mon écriture. En arrivant à l’épicerie, elle commençait à m’offrir tous les trucs qu’elle voyait dans les allées alors que moi, je voulais juste avancer avec le gros panier pour que ça finisse.

À sa sixième question qui devait concerner un concombre ou un sac de carottes, j’ai fini par dire de façon un peu b ête « Je vais te répondre non à pas mal toute parce que je suis juste fatigué pis ça me rend marabout. »

Et c’est l à que j’attendais le drama. C’est comme ça que c’est toujours arrivé. Après tout, elle est montée de l’Abitibi pour m’aider. J’ai juste à dire oui ou non à des petites questions. Ce n’est rien de bien exigeant. Je m’attendais à une montée de lait du genre « ben pourquoi tu m’as dit de monter, d’abord?! Je peux pas tout faire tout seule! »

Mais finalement, ça ressemblait plus à : « Ah? Moi aussi je suis fatiguée. On peut refaire ça une autre fois. »

Première crise évitée. Et ça m’a vraiment fait du bien. D’un oeil extérieur, ce petit moment doit sembler terriblement anodin et plate, mais de l’intérieur, c’était une scène chargée de 4000 trucs reliés à une profonde dynamique familiale.

C’est peut- être un bon moment pour préciser que ma mère a été diagnostiquée bipolaire il y a quatre ou cinq ans. C’était un diagnostique important pour moi parce que ça expliquait pas mal de trucs dans ses comportements au cours de toute ma vie.

D’ailleurs, quand je dis aux docs et aux psy que ma mère est bipolaire, on vérifie tout de suite si je le suis moi aussi. Mais ce n’est pas le cas. Après plein de tests, je ne suis clairement pas bipolaire, mais la bipolarité de ma mère a clairement affecté ma personnalité. En fait, une grande partie de mes problèmes de fond est assez directement reliée à cette dynamique-là.

Et l à, peut- être que certains vont lire ça et croire que je la blâme pour mes problèmes. Vraiment pas. Je suis extr êmement reconnaissant d’ être tombé sur une aussi bonne mère et elle serait encore mon premier choix overall dans un mom draft. C’est juste une histoire d’une ironie sans fin. Ma mère a toujours mis le bonheur de ses enfants et de sa famille avant le sien, sauf qu’en étant malheureuse pour la majorité de sa vie, elle n’a jamais pu ou su me transmettre d’aptitude au bonheur. Elle ne pouvait pas non plus me transmettre un self-esteem qu’elle n’a jamais eu.

Ma mère est super critique envers elle-m ême. Si on la laisse faire, elle se diminue constamment. Et j’ai un peu hérité de ça aussi.

C’est difficile à expliquer parce que tout le monde a une relation unique avec sa mère, mais dans mon cas, j’ai toujours pris très personnellement les émotions qu’elle avait. Des émotions qui pouvaient se ramasser assez dark. Si elle se mettait en colère contre moi, c’était forcément de ma faute. Si elle pleurait, c’était que j’avais forcément fait plusieurs choses de mal. Si elle voulait se suicider, c’est que j’étais vraiment un mauvais enfant. Comme je disais, c’est difficile à expliquer, mais quand ça vient de ta mère, ces émotions-là deviennent des « vérités » qui sont difficiles à remettre en question quand t’es vraiment jeune et que t’en es à ta première vie.

Parallèlement à ça, on me disait aussi constamment combien j’étais le portrait craché de mon père. Un père qui ne semblait pas foutu de rendre ma mère heureuse lui non plus.

Tout ça pour dire que le diagnostique de bipolarité nous amenait un paquet de réponses que je n’attendais plus et remettait plusieurs souvenirs de moments difficiles en contexte. Mais ça ne réglait pas tout. Ça reste une femme qui a passé sa vie dans cette condition-là sans le savoir, et encore à ce jour, le processus pour trouver la bonne médication est difficile. Par exemple, elle doit prendre du lithium, ce qui décrisse sa glande thyroïde et qui la laisse épuisée 90% du temps. Sa mémoire lui fait aussi défaut alors ça complique les comptes-rendus qu’elle doit faire au médecin pour ajuster sa médication. Et aussi, évidemment, elle vieillit.

Longue parenthèse lourde pour expliquer que le fait que j’aie osé faire ma critique de fils ingrat à l’épicerie et qu’elle l’ait bien pris, c’était un pas pire cheminement symbolique dans notre dynamique mère-fils assez complexe. D’ailleurs, ma mère est cuisinière alors on aurait pu penser qu’elle allait faire des bons repas toute la semaine, mais au contraire, elle est vraiment en mode retraite et on a passé la semaine à se commander de la bouffe. De la mauvaise bouffe, m ême. :)

Elle est tombée sur une semaine où j’avais plein de deadlines, mais ça s’est super bien passé quand m ême. Elle avait une amie avec qui elle est sortie quelques fois. J’ai pu lui expliquer à mieux se servir de Facebook et m ême des manettes de la télé que je lui ai résumé sur un bout de papier pour qu’elle s’en rappelle.

Bien sûr, j’ai eu besoin de m’isoler quelques fois dans ma chambre pour faire mes trucs, mais juste le fait qu’elle ne le prenne pas mal, ç’a vraiment fait un monde de différence. Et ça m’a donné un peu d’espoir pour mon « futur relationnel ».

M ême Kaffee commençait à s’habituer à la fin!

J’aurais pu lui dire 4000 fois merci au cours de la semaine avec tout ce qu’elle faisait, mais je me suis dit que je lui en dirais un gros plus senti juste avant son départ. Sauf que rendu l à, elle m’a retourné ça. Elle m’a dit que c’est elle qui devrait me remercier parce qu’elle a vécu sa meilleure semaine depuis un bon bout de temps.

Qu’est-ce qu’un fils peut demander de plus? :)

Février crinqué de création cool – 6e partie

(6e partie de la série suivi)

Je ne sais pas ce que je peux dire et ne pas dire et c’est un petit milieu, donc je vais essayer d’en dire juste assez pour garder ça intéressant et aider la compréhension, mais sans nommer personne. Pas que ce soit un texte compromettant, mais c’est toujours facile de déduire des trucs et je veux rester prudent. 10putes est un blogue personnel et c’est juste plus safe, professionnel et égocentrique de garder ça sur moi et mon point de vue. :)

La fin janvier s’est terminée avec un des mes projets qui s’est fait refuser par tou.tv. D’ailleurs, pour les lecteurs de longue date, ce projet avait comme titre « Clandestino » à la base, qui était un petit clin d’oeil à la section érotique que 10putes avait dans le temps.

Comme il m’arrive souvent, il parait qu’ils adoraient ça, mais ils ont fini par prendre un autre projet. (Au moins, cet autre projet était celui d’un ami de l’ENH que j’aime bien.) Je ne trust jamais trop les « ils adoraient ça! » parce que j’ai l’impression que tout le monde dit ça pour être fin et ne pas décourager personne, mais dans ce cas-là, ma productrice était vraiment convaincante et j’y ai cru pour vrai, ce qui est bon pour l’égo, mais bon, dans le concret, ça ne donne rien pantoute.

Quand j’ai un refus, j’essaie de voir ce que j’aurais pu faire de plus, mais comme on n’obtient jamais beaucoup de feedback, c’est un peu tough. Peut- être qu’avoir été plus connu m’aurait amené la petite coche de plus. Eric Chandonnet, ça ne veut pas dire grand-chose à grand monde. Et les espoirs par rapport à Clandestino commencent à diminuer parce que :

  1. Bien humblement, c’est un projet assez edgy et audacieux.
  2. Il n’y a pas tant de diffuseurs au Québec qui ont ce niveau d’audace.

C’est aussi le genre de refus qui fait plus mal parce que c’est un projet sur lequel j’ai vraiment travaillé fort et mis beaucoup de mon coeur. Au moins une grosse année de réflexion, de recherche et d’écriture et sur des thèmes qui me touchent. Je pourrai peut- être le transférer en roman. Ou peut- être ici. Ou intégrer les histoires dans autre chose. De toute façon, la production a encore les droits dessus pour un petit bout.

D’ailleurs, je ne sais pas si ma super productrice filait cheap ou trouvait que je faisais pitié (OK, peut- être aussi qu’elle me trouve pas pire bon), mais elle m’a invité la semaine suivante pour un brainstorm. C’était vraiment la semaine ENH, parce que le brainstorm était avec une autre amie humoriste de mon année. Cette fois, il fallait trouver des idées de webséries pour les adolescentes.

Ça tombe bien puisque j’ai toujours eu le coeur d’une adolescente. :) #taylorswift4eva

M ême avant le brainstorm, j’ai eu une cool idée que j’ai développé en deux heures d’insomnie de milieu de nuit. C’était une cool idée, mais un peuuuuuu trop jeune pour la cible. Pas grave. Ça fait moins mal quand tu passes deux heures sur un truc que deux ans. :)

Au brainstorm, on a trouvé deux bonnes idées qu’on nous a ensuite demandé de développer. Une était un peu inspirée d’un autre de mes projets, mais en format web. J’ai eu un coup de foudre pour la nouvelle version. Le setup me semblait parfait pour le web et la cible. Grand potentiel de jokes et il restait pas mal juste à développer le ton et les deux personnages.

On avait une semaine pour développer ça dans un petit two-pager. J’expliquerais bien le terme two-pager, mais ça s’explique pas mal tout seul. :) Je me rappelle d’avoir envoyé ça le samedi après-midi, on a signé le contrat le lundi et mardi, on avait déj à une réponse positive du diffuseur.

Je n’ai jamais vu ces étapes-là se faire aussi vite, mais bon, on est au bon temps de l’année pour le web. Il y a plein de monde de l’industrie qui va viser les m êmes subventions du mois de mars.

Le jeudi matin de la m ême semaine, on se rencontrait pour jaser du tournage d’un pilote. À cette rencontre, on rencontrait le réalisateur que la production venait de trouver. J’ai une amie qui le connaissais bien donc j’étais déj à en confiance. Gars trippant qui a fait des projets trippants. Difficile de trouver une meilleure équipe et à la vitesse où ça allait, c’était important que ça aille bien!

La prod avait aussi trouvé nos deux super comédiennes. Ce qu’il manquait et qui commençait à urger, c’était notre lieu de tournage vraiment important à notre setup, et vraiment tough à trouver avec nos budgets inexistants de projet web. :)

On a écrit les textes rush pour le pilote afin de les remettre vendredi soir, le lendemain! On a eu le feeback de la production et du réalisateur le samedi matin. On avait beaucoup de choses à ajouter et à réajuster pour le dimanche, mais on a réussi! Ce qui tombe bien, c’est que je me sentais particulièrement en feu. On a remis notre nouvelle version le dimanche à midi. Le réalisateur est passé là-dessus dimanche et nous a remis une nouvelle version le soir qu’on a peaufiné jusqu’ à la version finale le lundi midi.

Intense, mais tellement inspirant!

Et ce n’est pas un hasard si j’étais autant en feu. C’est en plein ce que j’aime faire. De la putain de fiction trippante! Et ce qu’on a écrit, on allait le tourner dans les prochains jours pour vrai! Ça n’allait pas niaiser dans tous les processus de développement pour des mois et des années.

Mon rush à moi s’est un peu terminé ce lundi-là (ce lundi-ci), mais le reste de l’équipe était encore dans le gros jus. Ils ont dû trouver le lieu, apprendre les textes, définir les plans de caméra et 1000 trucs qu’on ne réalise pas. Genre, il y a une femme dont la job était de passer une partie de sa semaine à créer physiquement les niaiseries qu’on a écrit dans nos textes.

Par exemple, il y a un bout où j’ai écrit qu’une fille avait créé en origami de serviettes un emoji pile of poo! Eh bien, elle l’a fait! Pour vrai!

Qu’est-ce qui peut être plus gratifiant que ça dans une vie? :)

J’étais invité comme auteur à assister au tournage qui se faisait durant toute la journée d’hier. Des fois, on invite les auteurs, mais on sent que c’est un peu par politesse. L à, j’étais content d’y aller parce que ça faisait deux semaines que je mettais pas mal toute mon énergie là-dessus et que je me sentais le bienvenu pour vrai. Et justement, le réalisateur super occupé a fini par demander « Hey! Est-ce qu’Eric a vu le caca? »

C’était vraiment drôle. « T’as créé ça, man! »

Ahaha! YOU’RE WELCOME, WORLD!

J’aime beaucoup l’ambiance de plateau. Ça me rappelle quand je travaillais pour ma mère dans les services de traiteur. Du gros travail d’équipe où le temps est un facteur et qu’il faut faire la job no matter what. J’adore cette ambiance-là et toute l’urgence que ça implique. En m ême temps, je ne vois pas trop quelle job je pourrais bien faire là-dedans.

Beaucoup d’auteurs r êvent d’ être réalisateurs (et l’inverse est aussi souvent le cas), mais à part pour les directions à donner aux comédiens, il n’y a pas tant de choses qui m’attirent dans ce rôle-là. Et pour les autres métiers, je serais nul pour le son, je serais nul pour l’éclairage, je serais nul pour les décors, je serais nul pour le maquillage et je serais épouvantable pour gérer la caméra.

Quand on est jeunes, on r êve tous d’ être acteur, mais sans trop savoir ce que ça implique et le type de personnalité que ça demande. J’ai beau être créatif, il y a un abandon et une absence d’inhibition que j’aurais beaucoup de misère à aller chercher. C’est toujours ce qui me frappe quand je rencontre des comédiens. Ils ont vraiment une fréquence particulière. Je la reconnais tout de suite.

En tout cas, il y a deux points qu’avaient en commun tout ce monde-là :

  1. Ils sont vraiment passionnés par ce qu’ils font (parce que le web à ce stade-ci du processus, ça paye bouette en bâtard).
  2. C’est du crime de bon monde.

M ême si je suis toujours g êné de me retrouver avec plein de monde que je ne connais pas, j’ai vraiment passé une super journée. C’était tellement satisfaisant de tourner sur quoi j’avais travaillé. Ça bouclait vraiment bien ces deux-trois dernières semaines.

Plusieurs d’entre eux sont encore en gros rush. Ils doivent monter tout ça, ajuster les couleurs, ajouter de la musique et plein d’autres trucs dont on ne se rend pas compte. La version finale est supposée être en ligne mardi ou mercredi prochain et j’ai hâte de voir ça!

Ensuite, il restera à espérer que le pilote plaira assez pour obtenir les fonds nécessaire au développement de la série. En tout cas, peu importe ce qui arrive, on ne pourra jamais m’enlever l’expérience trippante que j’ai vécue et surtout, ce pile of poo en serviette.

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