Mes réactions sur la première partie du docu Beauté Fatale *mis à jour*

Le documentaire : Beauté fatale.

(Je réagis seulement à la première partie sur deux.)

J’ai beaucoup de sympathie pour les anorexiques. C’est une maladie mentale horrible. Ça affecte ton jugement. Ayant seulement vécu des épisodes de dépressions, ce sont des maladies aux impacts très différents. La dépression fait que tu vois tout en noir et que tout semble sans issue. Il reste que dans les deux cas, tu ne peux plus faire confiance à ton jugement. Ta perception s’éloigne de la réalité.

Comme adulte, avec des efforts, c’est possible de rationaliser la différence entre notre perception de la réalité et la réalité. Mais quand ça t’arrive à 7 ans comme dans le cas de Léa Clermont-Dion, c’est pratiquement impossible d’y voir clair.

En regardant le documentaire, j’ai d’abord eu le réflexe de voir ça de façon hyper rationnelle. En mode solution, même. Mais plus je regardais, plus je me disais que c’était davantage une démarche thérapeutique qui fera peut-être du bien à sa protagoniste de 22 ans et aux autres filles souffrant de problèmes similaires.

De mon point de vue, tous les paradoxes dont Clermont-Dion prend conscience au cours de sa démarche, ils me semblent évidents dès le départ. Pour moi, c’est ce qui ressort tout de suite.

J’ai trouvé la maturité dans les propos de la maquilleuse Léa Bégin très rafraîchissante. Elle vise en plein dans le mille. En plus, elle semble sincère. Elle ne fait pas que répéter des slogans entendus ailleurs. Son discours est réfléchi. Intégré. Son anecdote sur l’impact que sa beauté accentuée a eu sur les petits gars à l’adolescence n’est pas teintée d’amertume. C’est seulement une prise de conscience. Sa démarche vise à régler ses problèmes en tenant compte de cette réalité.

Dans la démarche du docu, j’ai souvent l’impression qu’on cherche des coupables. Ce qui est bien correct, mais ce sont souvent des coupables faciles et populaires. Quasi populistes. Il y a une naïveté dans le propos. J’ai eu l’impression que LCD blâme sa mère alors qu’elle est vraiment tombée sur une femme saine et douée d’une grande intelligence émotionnelle. On semble aussi attendre le jour où les magazines de beauté arrêteront d’être des plateformes à vendre des produits de beauté. Mais ça n’arrivera jamais. C’est leur raison d’être.

En fouillant notre passé, on peut tous trouver des raisons et des explications qui font qu’on perçoit mal les choses au présent, mais il y a un moment où il faut en arriver à la prochaine étape. Au gros constat important : je perçois mal les choses.

Il y a aussi des questions fondamentales à se poser. Est-ce que je veux plaire aux gars? À mes copines? À mon copain? À moi-même? Il n’y a rien de mal à répondre « oui » à toutes ces questions, du moment que c’est dosé de façon saine. Quand tu souhaites devenir mannequin pour porter les vêtements mieux que toutes les autres filles du monde ou d’être sex-symbole pour plaire à tous les garçons de la planète, tu t’enlignes sur une track dangereuse. C’est vraiment beaucoup demandé.

C’est impossible d’être heureux longtemps quand 90% de ton bonheur repose sur un besoin démesuré d’approbation. Que tu cherches l’approbation en étant un canon de beauté ou en disant les bonnes affaires à la télé, ça demeure le même problème de fond.

Pour arriver à être bien, il faut se construire sur des bases plus solides que ça.

J’ai hâte de voir la seconde partie.

AJOUT : Je viens de regarder la deuxième partie du documentaire et je n’ai pas grand-chose à ajouter à part que ça faisait du bien d’avoir l’input des femmes plus âgées. Ce n’est pas le même thème, mais c’est vraiment le défi d’une vie de s’accepter dans son corps qui décrépit.

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