The Newsroom est un drame politique de HBO qui a un peu passé drette entre 2012 et 2014. Je dis qu’elle a passé drette parce que moi, je l’avais snobé alors que je me tape à peu près tout. J’ai fini par la regarder un peu à reculons parce que je suis présentement une formation en ligne par le génie qui l’a écrit : Aaron Sorkin.

C’est fou de croire que j’aurais pu passer à côté de cette série-là. C’est vraiment une de mes séries préférées de tous les temps. La première saison est une oeuvre d’une rare perfection.

Sorkin présentait The Newsroom en 2012 en disant que la série « is meant to be an idealistic, romantic, swashbuckling, sometimes comedic but very optimistic, upward-looking look at a group of people who are often looked at cynically.» 

Et c’est exactement ça.

Le concept même de la salle de nouvelles est en pleine crise. Internet et les nouveaux médias viennent chambouler tout ça avec la guerre aux cotes d’écoute et la buzzfeedisation des nouvelles. Le combat entre l’urgence de sortir un scoop versus la rigueur. Entre l’argent et les principes.

C’est vraiment une excellente idée de setup pour une série télé.

Et c’est si bien écrit. Ce niveau de talent et de rigueur dans les textes est rarement atteint. Il y a des séries qui capitalisent sur des comédiens vedette ou une franchise de superhéros populaire ou une prémisse choc qui donne le goût d’en savoir plus.

The Newsroom compte avant tout sur ses textes. Les dialogues sont incroyables. Il faut vraiment porter attention à la joute verbale et à l’humour physique très présent.

D’ailleurs, je portais toujours attention à qui avait écrit chaque épisode dans le générique d’ouverture. Le seul bout où Sorkin écrivait moins, c’est la première moitié de la deuxième saison, et c’est aussi là où la série est un peu plus faible. Cette série-là ne pouvait pas être écrite par d’autres que Sorkin.

Et même si Sorkin écrivait presque tout, il était backé par une writers room de fou et toutes les ressources d’une production HBO. C’est pourquoi la série a autant de contenu. Je n’arrive pas à communiquer combien j’envie ce genre de condition de travail.

La première saison est une des meilleures saison de télé ever. On a tellement envie de travailler là. On a envie de faire partie de ce genre d’équipe compétente et allumé avec un but commun pour le greater good. Ça m’a tellement parlé.

La deuxième saison est moins parfaite même si j’avais l’impression qu’on avait augmenté le budget. On donne enfin à la série un générique digne de ce nom et on se permet plus de scènes extérieures, mais ça n’apporte rien qui n’était pas déjà là.

La troisième saison vient conclure la série de façon aussi réfléchie et travaillée que tout le reste.

Bref, il FAUT que tu regardes cette série. Au pire, fais juste regarder le pilote et il sera trop tard. Tu seras déjà accroc. Et t’auras ensuite accès à un bon 25 heures de gros bonheur.

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5 Comments

  1. C’est drôle parce que j’ai capoté sur la saison 1 et j’ai décroché au début de la 2.

    Ton post me donne le goût de m’y remettre.

    Moi, en partant, n’importe quoi avec Émily Mortimer vaut la peine qu’on lui laisse sa chance.

  2. Ouais, ça perd quelque chose dans la deuxième saison et j’ai une théorie basée sur rien qui explique pourquoi et que je vais partager parce que je pense juste à ça.

    Une série télé, c’est un peu comme un accordéon. Tu présentes les trucs dans la première saison et tu conclues dans la dernière. Entre les deux, tu peux avoir un nombre varié de saisons où à peu près le même pattern se répète. Dexter en a fait 7-8, Lost essayait de se réinventer pendant 4-5, House ou les autres shows aux épisodes plus ou moins bouclés peuvent se rendre à 10.

    Mais pour étirer cette partie-là du milieu, il faut être plusieurs writers dès le départ. Et dans le cas de The Newsroom, ça demande vraiment beaucoup de talent parce qu’il y a tellement de contenu compliqué à passer, et le niveau de la saison 1 est à peu près impossible à maintenir.

    J’ai l’impression que la deuxième saison est un fail de cette tentative de mode accordéon. On voulait voir si on pouvait laisser Sorkin déléguer à d’autres writers pour étirer le show pour plusieurs années.

    Au début de la saison deux, tu remarqueras que les épisodes ne sont plus écrits par Sorkin. Il est seulement crédité pour les teleplays. Et ça parait tout de suite. Il n’y a pas la même énergie.

    Je pense que plusieurs ont remarqué le problème et c’est pour ça que la troisième saison est seulement six épisodes. On a réalisé que ça pouvait pas s’étirer et on a opté pour bien conclure ça et, sans spoiler rien, on y arrive très bien.

  3. Viens de voir le pilote. L’Amérique n’est pas un pays. C’est affirmé trois fois dans le pilote. L’Amérique est un continent. Ils ne l’apprendront jamais ces cons d’Étatsuniens.

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