Ce qui me dérange avec tous ces cas de censure et de rectitude politique du courant social justice warrior, c’est l’intensité des réactions.
 
T’sais, on pourrait noter qu’ à première vue, selon les interprétations, que c’est peut- être le genre d’oeuvre qui mériterait d’ être interprété comme faisant partie de la culture du viol.
C’est possible. C’est une position qui se défend, de façon légère, pour en discuter. Pour en jaser. Sauf que l à, on se ramasse à bannir une toune de 1944 de façon ridicule et beaucoup trop intense pour rien.
 
C’est comme s’il était de plus en plus difficile de jaser ou débattre sans que quelqu’un ou quelque chose soit étiqueté comme evil au point de devoir disparaitre. C’est une vision très très binaire de voir les choses.
 
C’est comme si pour être éthique, on avait de la misère à accepter les moindres dissidences ou qu’on n’arrivait plus à relativiser. Quand on veut sensibiliser les gens à la culture du viol, on regarde tout avec une vision extr ême au point où une toune devient responsable de développer des violeurs. Quand on veut sensibiliser le monde au racisme systémique, on traite tout le monde de raciste, m ême des dramaturges qui essaient de rapprocher des communautés.
 
C’est normal qu’il y ait de la colère derrière des enjeux délicats. C’est important que cette colère s’exprime et qu’elle soit entendue. C’est aussi important de faire la part des choses quand on commence à prendre des décisions.
 
Regarder une oeuvre artistique avec ses lunettes de social justice warrior, c’est un exercice qui peut être intéressant. Ça peut donner une chronique pertinente et amener les gens vers des petites prises de conscience, mais quand ça devient la seule et unique façon de voir et d’évaluer une oeuvre, on arrive en terrain dangereux.
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