Doc : Qu’est-ce qui vous motiverait à vous entrainer sur une base régulière?
Moi : Hm, je sais ben pas…
Doc : …
Moi : …
Doc : …?
Moi : Des cheerleaders? Ça se peut-tu?
Doc : Oui-oui, mais ça coûte cher.

Ça fait depuis décembre 2016 que j’ai cette doc-là que j’adore. Je l’avais pogné au sans-rendez-vous et c’est un peu devenu ma médecin de famille, même si elle est au sans-rendez-vous. Avec le moi depress et son humour pince-sans-rire, c’est comme si on avait eu une bonne connexion alors elle a proposé de me suivre.

Ça fuck toute la machine dès que je veux la voir, d’ailleurs.

– Mais Monsieur, Doc X travaille seulement au sans-rendez-vous.
– Oui, je sais. Vous dites ça à chaque fois.
– Mais… Ah… Oui, je vois une note. Un instant…

Je la vois seulement quand elle travaille au sans-rendez-vous alors souvent, je passe d’abord par un médecin résident. C’est elle qui les supervise alors elle se pointe à la fin.

Ça me gosse de repartir du début avec quelqu’un, mais j’aime bien rencontrer des médecins résidents tous neufs parce qu’ils ne sont pas encore blasés. Ça faisait super longtemps que je n’avais pas pogné un gars, d’ailleurs.

Résident : Quels sont vos revenus?
Moi: Eh bien j’ai un Patreon qui est rendu à 31$.

Il m’a posé plein de sous-questions par rapport ça. Je ne sais pas si c’était parce que c’est pertinent ou parce qu’il voulait me montrer qu’il connait ça. Mais comme je disais, les résidents prennent vraiment leur job à coeur faque il notait tout ça à l’ordi.

Ce que j’ai aimé de lui, c’est qu’il voyait que j’étais sur les antidépresseurs depuis décembre 2016 et il voulait un plan pour ça s’arrête un moment donné. On dirait que je me suis habitué à cette réalité-là avec le temps. Quand on lisait tous mes fucks reliés à la prise d’antidépresseurs, je me suis rendu compte que j’en oubliais plein. Comme si j’avais fait le deuil de la qualité de vie que j’avais avant.

Ça m’a donné un peu d’espoir sur le futur. Quand ma doc est arrivée et que j’avais chialé sur mon poids au résident, on est allé me peser dans le corridor.

Doc : Je sais pas comment changer des kilos aux livres.
Résident (toujours prêt) : Je vais le calculer.
J’embarque.
Doc : 90 kilos.
Résident : …fois 2.2 alors ça fait 200 livres.
Moi : Ok faque personne va me dire « ben voyons, tu ne les fais vraiment pas » ?

En retournant dans le petit bureau, on a eu la petite discussion sur le gym et les cheerleaders.

C’est bizarre parce que mon score de dépressif était pire que le précédent, mais je vais mieux. Je ne suis pas top shape, mais je sens que je me replace. Je reviens tranquillement. Ma doc l’a fait remarqué au résident, d’ailleurs, en précisant que la dernière fois, il y avait pas mal moins d’humour dans mes réponses.

Pourquoi? Plein de petites choses.

Je sais que ça peut sonner con (et une cheap plug), mais l’espoir qu’amène le Patreon, c’est vraiment important dans l’équatin. T’sais, quand t’écris de la télé et que tes projets ont de la misère à fitter dans une des grandes cases conventionnelles comme TVA, Radio-Canada, Super Écran, etc, c’est dur de voir où je pourrais y trouver ma place. Ma vraie place. Oui, je pourrais faire passer certains projets et travailler sur d’autres, mais où est-ce que je pourrais créer quelque chose qui a vraiment mon style ou qui est vraiment proche de moi? Ce que je veux vraiment créer et apporter, genre.

Cette flamme-là est pas mal reliée à ma vitalité, pis le projet du Patreon lui a ramené un peu de much-needed oxygène.