Je file particulièrement down ces temps-ci, mais il ne s’est rien passé de tragique. Ce n’est pas en réaction à un truc récent que je pourrais pointer comme coupable. C’est juste ma situation en général. Ma situation de fond. Ma vie.

C’est le genre de moment où je constate particulièrement le côté chimique de la dépression parce que je ressens vraiment fort la déprime. Le feeling devient physique. C’est viscéral. Je ne me sens pas bien. Je ne suis pas heureux. Je rush à voir des façons où je pourrais l’être. Je perds espoir et ça se met à spiraler vers le plus creux.

Je pense que c’est mon espoir qui est back-order. À plusieurs niveaux.

J’ai désinstallé mes apps de rencontre il y a quelques semaines parce que ça me faisait filer bouette, je trouvais mes photos dépassées et je me disais que mettre mon temps ailleurs serait plus productif, mais en même temps, on dirait que j’ai effacé la seule chance que j’avais de rencontrer quelqu’un. Comme si j’avais jeté mes billets de loterie.

Et avoir une blonde, c’est sûr que ça me manque.

Je n’ai personne pour partager mes trucs. J’ai l’impression de tout vivre tout seul. Il n’y a personne avec qui je peux échanger sur les trucs au quotidien. J’ai des amis à qui je présente des parties de moi-même, mais il n’y a personne avec qui c’est l’ensemble.

Je compense avec le web, mais ç’a ses limites. Des amitiés Facebook qui disparaissent et réapparaissent selon ce qui arrive dans leur vraie vie. Ça peut être précieux par moment, mais si vide par d’autre. Surtout quand je me mets à mal aller.

Au niveau de l’écriture, j’ai été déçu d’un meeting cette semaine où j’ai l’impression qu’on saisit mal un projet dont je suis persuadé de la qualité. Ça devient frustrant d’avoir l’impression que les décideurs n’ont pas la vision que j’aimerais. C’est le genre de truc avec lequel je deal bien d’habitude, mais là, avec les autres insatisfactions qui s’accumulent, ça me décourage plus.

D’ailleurs, je déteste avoir à vendre Clandestino et de gosser le monde pour qu’ils s’abonnent. Ce n’est pas naturel pour moi. Je suce là-dedans et je trouve ça rough. Je réalise que j’ai commencé à écrire sur 10putes où je ne prenais pas la place ou l’argent de personne. C’est malaisant de proposer le Patreon à des amis que je me dis que ça pourrait intéresser, mais ils ne me répondent pas. J’en déduis que que c’est la façon la moins blessantes qu’ils avaient pour exprimer que ça ne les intéresse pas, mais ce n’est pas clair. C’est comme du micro-ghosting.

Connais-tu mon super projet sur Patreon? Il faut que tu vois ça!