(Je vais essayer de ne pas spoiler grand-chose.)

Tout d’abord, bravo à Scorcese d’avoir créé une guéguerre avec les films de Marvel pour mousser la promotion de son film. C’était du génie de marketing. Pendant un bon mois, il n’y a pas une journée qui a passé sans que cette histoire rebondisse d’une manière ou d’une autre dans tous les journaux artistiques.

C’était aussi du génie parce que ça positionnait le film du bord des « vrais fans de cinéma », alors que le film avait signé un pacte avec le diable du streaming : Netflix. Ce pacte a fait qu’il n’était pas disponible dans les grosses chaines de cinéma tels que Cineplex et Guzzo.

Pour le voir au cinéma, il fallait donc opter pour les autres cinéma comme le Cinéma Moderne qui était booké deux semaines d’avance, rien de moins, ou des cinémas louches comme le Cinéma Dollars dont je ne connaissais même pas l’existence avant ce film.

Perso, j’étais supposé d’aller le voir au Cinéma Moderne, mais comme c’était déjà sold-out, je me suis rabattu sur Netflix. Je n’étais pas tant déçu parce que des films avec autant de dialogues, d’histoires et de noms, je préfère souvent avoir les sous-titre.

Et aussi, le film est quand même 3h30, ce qui nous amène au prochain point qui a beaucoup fait jaser dans la dernière semaine : la longue durée du film. Encore une occasion d’opposer l’élite du vrai cinéma avec les abrutis qui regarde leur cinéma avec du pop corn de micro-onde sur un iPad.

Est-ce que les 3h30 du film sont justifiés? Je dirais que oui. En fait, comme scénariste, je dirais que plusieurs films gagnerais à être plus long, mais seuls les puissants comme Scorcese, Tarantino ou Nolan peuvent se permettre de le faire.

C’est sûr qu’après 3h30 de film, on est plus attachés aux personnages. C’est pour ça que les séries télé sont si puissantes. On a le temps de mieux connaitre et de s’attacher davantage aux personnages.

Bref, tout ça, c’est tout le bla-bla avant de voir le film.

Pour ce qui est du film en tant que tel, j’ai trouvé ça très bon. Autant au niveau du scénario que de la réalisation que des performances que des effets spéciaux, c’est très très bien fait, mais je mentirais si je ne disais pas que j’ai été un peu déçu.

Ce qui m’a surpris, c’est à quel point j’avais cette impression de déjà vu. Les meurtres mafieux. Les double sens mafieux. Le code d’honneur mafieux. Les mêmes comédiens mafieux. Bon, Scorcese a décidé de faire un film sur la vie d’un mafieux alors il n’allait pas faire un film non-mafieux, mais ça m’a quand même donné un petit feeling de Rocky 27.

(Sans compter le propos du film qui est IDENTIQUE à un autre classique du même genre.)

J’ai noté deux trucs d’originaux dans ce film :

  1. Les perruques et les effets spéciaux de rajeunissement qui, ironiquement, clenchent ceux de Captain Marvel.
  2. Les relations avec le personnage de Peggy qui sont DE LOIN ce qu’il y a de plus puissant dans ce film. (D’ailleurs, toute personne qui se plaint de son manque de dialogue n’a pas vu le même film que moi.)

Les fameux effets spéciaux sont super réussis au repos (même s’il y a des crime de limites à faire passer De Niro pour un semi-jeune géant). Le pire, c’était vraiment en mouvement.

Je n’ai vu personne remarquer la scène où il va sacrer une volée au fruitier qui a poussé sa fille, mais ça m’a semblé tellement aberrant à quel point il bougeait comme un papi. En fait, dès qu’il était en mouvement dans les scènes d’action, j’avais l’impression que le mot papi se mettait à clignoter en gros dans l’écran.

Bref, je ne veux pas donner l’impression que c’est un mauvais film. Comme j’ai déjà dit, c’est un très bon film.

Surtout pour quelqu’un de jeune qui n’a jamais vu Casino ou The Godfather, tu vas pogner de quoi. Ou bien pour plaire à un public qui avait besoin d’une version plus propre avec la technologie d’aujourd’hui. En tout cas, ça montre que Scorcese est encore au sommet de son art.