J’hésitais à écrire ce post. Je n’ai pas toute ma tête. Peut-être que je l’effacerai demain.

Ça faisait un bout de temps que ces pensées n’étaient plus là. C’est souvent une question d’espoir. L’espoir que j’aie d’un jour réussir à revirer ma vie de bord et qu’elle recommence à avoir du bon sens.

Dans les meilleurs moments, je me dis que j’ai un bout à bucher ou à tougher avant que ça se replace. Mais il y a des fois où je n’y crois plus. Où je commence à voir que je n’ai plus de force et que je vais juste me laisser emporter par le courant.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours l’image de nager dans une rivière à contre-courant.

Dans les dernières semaines, j’ai tranquillement cessé d’être productif. J’ai beau me voir aller, c’est ce qui arrive quand la dépression s’installe. Je perds mon énergie, ma motivation. Les trucs cessent de faire du sens. C’est difficile pour moi de partir ma journée. Je peux prendre des heures ne serait-ce qu’à faire un téléphone ou à aller prendre ma douche.

Et c’est con à dire, mais plus je rush pour un truc, et plus ce truc aura tendance à devenir encore plus difficile.

Pour un paquet de raisons, j’ai eu beaucoup de difficultés à maintenir des liens sociaux dans les dernières semaines. Eh bien, moins j’en ai, moins j’ai la force d’en générer. Plus je sens que je dérange. Plus je sens que les gens sont mieux sans moi. Sans compter que je me ramasse aussi dans un humeur où je préfère souvent rester tout seul, même si je sais bien que c’est aussi ce qui empire mon état.

Je passe trop de temps sur les réseaux sociaux à m’obstiner avec des inconnus sur un ton qui n’aide rien. C’est une façon zéro valorisante de regarder ma vie passer.

J’ai aussi de la misère à bien dormir. Quand je perds une journée à ne pas être productif, j’attends souvent la bonne heure pour aller dormir et me reprendre le lendemain, mais quand l’heure arrive, je ne vois pas l’intérêt de me coucher. Je n’ai pas hâte au lendemain de toute façon. Qu’est-ce qui changera demain? Rien. J’aurai la même vie vide. La même absence de but et d’espoir. Je me ramasse donc à me coucher tard pour absolument rien. Ou à me coucher à une heure correcte, mais me réveiller dans le milieu de la nuit où je vais aller sur le iPad pour voir des fiches Tinder où j’ai déjà épuisé toutes les fiches à 100 km et que je swipe toutes à gauche de toute façon parce que je n’arrive pas à voir la moindre personne qui m’attire et qui voudrait de quelqu’un dans mon état.

J’haïs tellement mon corps. Tu n’as pas idée combien j’haïs mon corps. Les larmes me coulent sur les joues si je pense plus que deux secondes à combien j’haïs mon corps.

La seule chose que j’arrive à faire ces temps-ci, c’est de contrôler mon alimentation, mais te dire à quel point les résultats arrivent au compte-goutte. Je perds du poids, mais c’est trop lent. À ce rythme-là, ça prendra plusieurs mois à obtenir un résultat satisfaisant, et je ne les ai pas, ces mois-là.

Je suis déjà à bout.

Je finis par retourner dormir, tout en sachant qu’un sommeil interrompu par des écrans, c’est loin d’être recommandé. Et je me réveille encore sans énergie. Je regarde mes notifs au cas où un miracle aurait changé quelque chose.

C’est le printemps dehors, mais qu’est-ce que ça change? J’ai le sex-appeal à -1000 et je ne peux pas aller écrire dehors avec mon ordi de marde. Je pensais changer d’ordi bientôt et j’essayais de focusser là-dessus en me disant que ça me donnerait un petit boost, mais finalement, il me manque un autre 1000$. Encore une fois, c’est non seulement de l’argent, mais du temps que je n’ai pas.

Je suis déjà arrêté. Comment vais-je ramasser de l’argent si je n’arrive plus à bouger?