J’ai recommencé ma thérapie de groupe il y a deux semaines (donc ça fait trois rencontres que j’ai) et je pense que ça contribue à ce que je me sente sur une petite lancée.

Justement, hier, je textais avec un ami d’Amos qui lui, est à l’opposé de ça ben raide. Pour lui, je suis assez intelligent pour régler mes problèmes par moi-même. Après tout, c’est ce qu’il fait, lui.

Même si le jugement me gossait un tantinet, je n’étais pas trop blessé parce que je sais qu’il donne son opinion sans savoir de quoi il parle. C’est un gars super old school alors ce n’est pas surprenant qu’il prône l’homme qui gère ses trucs entre lui pis sa caisse de douze. Sauf qu’il a raison sur un truc : je suis assez intelligent.

(Ahah!)

Et régler mes problèmes, ça implique d’essayer des trucs et lire des bouquins et demander de l’aide pour trouver des solutions parce que moi tout seul, surtout en dépression où mon jugement est affecté, je suis très mal placé pour m’évaluer tout seul.

En plus que plusieurs de mes problèmes de fond me mènent à m’isoler, alors ce ne serait pas super intelligent de m’isoler encore plus le temps de les régler.

Mais bon, le concept de thérapie de groupe est un peu en train de prendre le bord. Avant le break imposé de la covid, on était plus qu’une douzaine. Ensuite, on est passé à cinq, mais à la dernière rencontre, on était deux patients pour deux animatrices. Par chance, deux autres patients sont arrivés en retard.

Ce que j’aimais à douze personnes, c’est que c’était encore assez facile de me cacher. Je parlais souvent juste pour puncher ou pour trouver des solutions pour les autres. C’est pas inutile de trouver des trucs pour les autres parce que tu te sens utile. C’est valorisant. Aussi, t’entends ce que les autres disent et parfois, ça te rejoint.

La partie que je déteste le plus, c’est au retour de la pause où les animatrices prennent un petit moment pour donner un petit compliment à chaque personne. Encore pire, cette fois-ci, les animatrices ont dit qu’on pouvait aussi… se donner des compliments nous.

Fucccccckkkkk that!

J’ai vite décidé que je ne dirais juste rien. Je sais. Je suis asshole. Mais fuck that. Il reste qu’au lieu de trouver des compliments, j’ai essayé de comprendre pourquoi j’ai un tel malaise avec ces affaires-là. Après réflexion, je pense que ce n’est pas pour les mêmes raisons que je suis mal à l’aise de donner des compliments que je le suis pour en recevoir.

En fait, je ne suis pas mal à l’aise de donner des compliments. Je pense que je suis juste mal à l’aise de donner des compliments dans le petit moment où il faut donner des compliments. Ça me semble forcé et ridicule. Quétaine.

Pour en recevoir, je gère juste toujours ça mal et je ne sais pas pourquoi. Dans le groupe, on deux gars et deux filles. Le gars a fait des compliments aux deux filles et ensuite, j’espérais qu’il me skip, même si ça allait peut-être faire weird d’être le seul qu’il ne complimente pas.

Mais là, un truc spécial est arrivé.

Une animatrice m’a félicité, puis quelqu’un d’autre, et bref, tout le monde m’a félicité tour à tour. Et tout le long, je me rappelais que moi, j’avais déjà décidé que je ne dirais rien à personne. J’ai fini par couper une fille en lui suggérant une idée pour un truc dont elle avait parlé plus tôt et ça a fait rire les animatrices.

Mais même si mon cerveau négatif arrivait à désamorcer chaque compliment, la somme m’a surpris et quand j’ai eu envie de choker pour le gym ou me lever ou ce genre de petit truc depuis, j’avoue je me suis rappelé leurs bons mots m’ont aidé à me pousser un peu.