Avertissement : je vais vraiment souffler un peu trop dans ma propre trompette (ou mon trombone rouillé) dans ce post.

C’est que la balado de Fred Savard offrait ce matin une table ronde sur le sujet de la pornographie qui était vraiment satisfaisante à écouter pour moi.

Ça faisait du bien parce que des chercheurs plus intellos backaient des théories que je défendais il y a plusieurs années dans des moments où c’était vraiment moins populaire.

Même si Victime de la porn a surtout été un succès, ça ne veut pas dire que les chroniques n’ont pas reçu leur lot de critiques et de haters, dont plusieurs assez crinqués. Évidemment, c’était à prévoir parce que ça traitait de sujets délicats, tabous et souvent explosifs, mais je me rappelle de plusieurs trucs que je défendais qui étaient loin de faire l’unanimité.

En partant, j’essayais de m’adresser à un public intelligent, plutôt que de toujours focaliser sur LA personne weird qui allait mal percevoir le message, et c’était problématique pour plusieurs qui auraient préféré quelque chose de plus clairement moralisateur (et qui prend trop le public pour un épais à mon goût).

Dans la même veine, je défendais aussi l’idée qu’on pouvait voir quelqu’un comme un objet sexuel dans un certain contexte sans qu’on généralise ce comportement à la vie en général ou par exemple, qu’on résume toutes les femmes à des objets en toute circonstance.

Il y a aussi des théories que j’ai toujours eues, mais que je n’ai jamais défendues parce que je n’avais pas de data. Quand on disait que les femmes dans le travail du sexe avaient souvent vécu des agressions sexuelles plus jeunes, j’avais toujours le réflexe de répondre « mais c’est fréquent pour toutes les femmes! » Dans la balado, on parle d’une étude qui démontre que ce serait vrai. Même si l’échantillion n’est pas énorme (177 vs 177).

Mais bref, il y a à peu près 20-25 petits moments comme ça coup sur coup au cours de la discussion où je me suis dit « Bon, je n’étais pas dans le champ! J’ai bien fait de tenir mon bout! ».

Parce que ça ne parait peut-être pas de l’extérieur, mais c’est épeurant par moment de défendre sa vision avec une réelle authenticité et de mettre son coeur sur la table chaque semaine.

T’sais, défendre un certain type de féminisme plutôt qu’un autre dans une chronique alors que ce sera super facile pour n’importe qui de te dire de fermer ta gueule et te contenter de jouer le rôle d’allié muet, c’est pas si évident que ça quand tu n’es pas un polémiste qui s’en fout d’être détesté de tout le monde.

Il y a un paquet de fois où ç’aurait été 100 fois plus facile de juste changer mes opinions pour paraitre woke sur le coup, mais que j’ai choisi d’assumer, chaque fois en ayant la chienne. C’est un truc que j’ai entendu quelque part et que j’ai essayé d’appliquer : quand tu soumets un texte, si t’as un peu la chienne, c’est bon signe.

Et là, plus le temps avance, plus je réalise qu’il a tendance à me donner raison sur les trucs de wokeness et ça me rassure. Ça me rend plus patient quand je trouve que la société fonce trop dans une tendance ou une autre. Et mine de rien, même si je n’ai pas le vocabulaire des intellos ou les diplômes qui me donneraient de la crédibilité, mon jugement reste pas si pire.

(Bon, c’est fini, je vais redevenir insécure et emo pour les prochains textes. ;))

Et va écouter la balado de Fred Savard. Très bon épisode!