Je ne sais jamais combien je dois le mentionner parce que je m’imagine souvent parler à des lecteurs et lectrices qui me suivent depuis toujours, mais je suis en dépression depuis plusieurs années.

Je ne veux pas partir là-dessus plus que ça. Je voulais surtout mentionner que mon mois de janvier, dans toute la relativité de ma situation, a vraiment bien été. En fait, je pense que c’est mon mois le plus productif des dernières années. Mes projets ont vraiment bien avancé et je suis super content.

Bon, je suis pas encore au niveau Louis-Josée Houde, mais je repogne tranquillement un beat qui a du bon sens.

Je suis particulièrement content considérant qu’on est en plein confinement de pandémie et que les journées du mois de janvier sont encore super courtes, donc l’énergie est loin d’être à son top. Bref, c’est encourageant.

Il y a un truc qui est devenu plus clair pour moi pour ces derniers temps et je pensais le partager ici, vu que ça pourrait aider d’autres artistes et même un peu tout le monde.

Mine de rien, un truc qui m’a beaucoup aidé dans tout ça, c’est mon projet #cherchertheone sur Instagram. Pas parce que c’est un méga-succès, mais parce que c’est quelque chose que j’avais vraiment envie d’écrire et que ça s’écrit tout seul.

Après avoir écrit un court texte là-dessus le matin, on dirait que la machine est partie et j’arrive plus facilement à écrire sur mes autres trucs qui demandent plus d’efforts.

Des fois, j’oublie que je suis devenu auteur en écrivant ici sur mon blogue. J’aimais écrire tous les jours et avoir des réactions immédiates. Il y a une espèce de paye là-dedans.

Quand tu dois écrire une série, un film ou un roman, c’est beaucoup d’écriture où t’es seul et sans rétroaction où tu n’as plus les réactions auxquelles t’es habitué. Tu perds donc une partie de ta paye.

Et là, tu te dis que t’as besoin de te « botter le cul ». Mais le bottage de cul, c’est aussi une souvent une façon de dire que tu vas utiliser trois fois plus d’énergie que tu le devrais pour une activité. C’est loin d’être efficient.

En plus, en dépression, si tu n’as pas cette énergie et n’y arrive pas, tu t’en veux encore plus et c’est un loop qui se met à spinner.

J’ai plusieurs amis humoristes qui ont eu des pannes sèches d’écriture dans la dernière année et c’est sûr que le stress peut jouer dans tout ça, mais l’absence de public fait aussi très mal.

Quand t’es habitué d’écrire un bit et de le tester le soir même devant un public et des gros rires, c’est une dynamique forte. Quand tu perds le bout du public et que tu dois juste écrire dans l’éventualité d’un jour le présenter à quelqu’un quand la réalité d’avant reviendra peut-être, t’as besoin de te « botter le cul » assez fort.

Et là, j’ai du monde proche qui se questionne à savoir pourquoi ils sont moins productifs qu’avant. C’est que tu n’as plus ta paye, buddy.

Bref, je pense qu’une grande partie de la vie d’artiste, c’est d’apprendre à se connaitre pour être à son plus productif, et je suis content de m’avoir compris un petit peu plus.