Auteur : tchendoh ( Page 2 de 1517)

Pis toi, ta noradrénaline?

Ma troisième demande pour le Pristiq (un type antidépresseur non couvert) a encore été refusé par la RAMQ. Ce n’est pas compliqué, la RAMQ refuse toujours tout selon mes expériences. Ils attendent quelques semaines après ta demande et te réécrivent « ouin, mais non ».

C’est frustrant parce que le Pristiq serait de loin le choix le plus logique et inspirant dans les rares antidépresseurs que je n’ai pas encore essayé (parce qu’il touche la fameuse noradrénaline qui semble me faire effet). Là, je peux choisir deux antidéps qui ont peu de chances de marcher ou je peux retourner à Effexor dont j’étais vraiment tanné des effets secondaires.

Ça gosse parce que c’est du trouble difficile à expliquer pis je suis vraiment au bout du rouleau. Genre, vraiment. J’en étais à me demander cette semaine si on ne devrait pas accorder l’aide médical à mourir aux dépressifs. Parce que le suicide, ça peut donner l’impression d’être un coup de tête de quelqu’un qu’on a laissé seul au mauvais moment. Ça prend aussi du guts pour se pendre ou se trancher les veines, mine de rien.

Avec l’aide médical à mourir, j’ai l’impression que le message serait plus clair avec mon entourage. Genre de consensus de « j’ai essayé fort, mais là, on s’entend que ça ne fonctionne juste pas ».

Là, on va augmenter la dose de ce que je prends (et qui ne me fait rien), des fois que ce serait une question de dosage. Je suis aussi supposé avoir un nouveau psy bientôt. Il revient de vacances la semaine prochaine. Je suis curieux de ça alors c’est comme une petite ficelle qui me tient un peu.

Avoue que comme lecteur ou lectrice, on doit aussi perdre espoir pas mal.

Quelqu’un est aussi scrap que moi? On pourrait se partir un club.

Gérer le mal

Je reviens d’Amos en Abitibi où j’ai été passé quelques jours. Je descends rarement dans ma ville natale parce que je n’aime pas ma vie, alors ça rend déplaisant de répondre 1000 fois à la question « Pis?! Qu’est-ce qui se passe de bon avec toi?! »

C’est OK avec des amis très proches où je peux être moi-même et leur faire le point sur ma dépression, mais avec les autres, je me sens hypocrite et j’aime mieux m’éviter ça.

Ce qui m’a vraiment fait chier, c’est que les cafés et petits restos de la ville étaient tous fermés par manque de main d’oeuvre. Il y a même une cook qui a sacré son camp en milieu de shift parce qu’elle était la seule à offrir des déjeuner en ville pis elle voyait ben qu’elle n’en viendrait jamais à bout!

C’est ce qui fait que j’ai fini par revenir plus tôt que prévu. Ça allait plutôt bien chez mes parents, mais si je voulais aller écrire tout seul tranquille pour m’évader, je n’avais nulle part où aller. Sans exutoire, je suis revenu avant d’imploser. J’espère qu’ils ne l’ont pas trop pris perso.

J’ai tout de même eu quelques soirées vraiment cool avec de bons amis qui m’ont faites du bien. C’est fucké parce que je vie des bons moments de bonheur où je me dis que je vais être OK, et le lendemain, le même mal-être après avoir encore dormi 14h. Ça ne me donne aucun momentum.

J’espère que la médication pourra aider bientôt, parce que ça devient décourageant.

Même l’écriture est super difficile ces temps-ci. L’écriture qui m’amène pourtant de l’énergie d’habitude. J’ai vu une TS avant de partir qui m’a dit d’écrire des trucs plus faciles. Genre, lâcher mes gros projets et écrire sur des petits trucs qui m’amusent avec zéro pression.

C’est pas évident parce que je sens tellement que je prends du retard depuis le mois de mars avec tous les fucks d’antidépresseurs que j’ai déjà raconté dans les derniers posts.

Tout me semble trop gros, ce temps-ci. Et c’est quoi écrire des petits trucs sans pression? J’ai commencé à temps perdu à me faire un top 50 des fois où je suis tombé en amour avec des perso de série télé. C’est pertinent, hein? Ouin…

C’est tellement difficile d’avoir une vie absolument vide où tu n’a pas la drive pour ne rien faire.

Je ne donne pas de nouvelles parce que c’est sombre et pareil

Je n’écris presque plus, en fait. Ça ne doit pas aider.

Mes symptômes dépressifs sont dans le tapis.

Je n ‘ai pas d’énergie. Ma confiance est à zéro. Je pourrais dormir 15h par nuit. J’essaie de limiter à 11-12h alors je lutte contre le sommeil toute la journée.

J’attends mon rendez-vous avec mon nouveau (ou ma nouvelle) médecin résident le 15 juillet où on pourra faire une troisième demande à la RAMQ pour un type d’antidép non-couvert qui m’a déjà été refusé deux fois. Là, il parait que nos chances sont bonnes parce que j’ai essayé tous les autres… au coût de ma santé. Les deux dernières sortes que j’ai essayé depuis mars ont vraiment été un désastre.

Ce sont vraiment les mois les plus longs de ma vie.

Le plus choquant, c’est que ceux que je prends présentement, la duloxétine, on ne me les avait jamais conseillé parce que selon mon médecin et le psychiatre, c’était plus le genre de truc qu’on donne pour des douleurs chroniques. Mais la RAMQ refuse tant qu’il reste des items à essayer sur sa liste. Et sur la liste, il y avait la duloxétine.

D’ailleurs, c’est le troisième cas où j’ai à faire avec la RAMQ et les trois fois, c’était négatif et d’une froideur totale.

Là, dans le meilleur des cas, je parle à mon médecin le 15 juillet. On fait une demande à la RAMQ qui sera acceptée trois semaines plus tard et je commence à aller mieux quelque part vers la fin août.

Sauf que je vais mal depuis mars.

Le plan en mars, c’était seulement de changer pour des antidépresseurs meilleurs qui me débarrasseraient des effets secondaires chiants. Jamais j’aurais pensé m’embarquer dans un processus aussi long et drainant. Je pensais mettre mes projets de côté pour un mois, deux mois max. Là, ça va prendre au moins quatre-cinq mois et je me suis creusé un méchant trou niveau santé mentale.

En plus, je n’ai pas de support thérapeutique. Je n’ai pas la force pour recommencer à m’entrainer. Il faut dire que c’est difficile de se planifier un horaire avec un 15 heures de sommeil. C’est aussi tough de tenir ou de se motiver sans avoir d’espoir pour le futur.

Là, si ça se trouve, la RAMQ va me refuser une troisième fois. Ou bien elle va accepter, mais les nouveaux antidéps ne m’aideront pas non plus. Peut-être que j’endure tout ça pour rien.

Je ne sais pas ce qui me retient de juste brailler toute la journée. Je pense que c’est la seule efficacité des antidéps. Ils m’empêchent de pleurer et de me pendre. (Et de faire caca.)

La grosse vie.

Quelques séries qui ont frôlé le génie pour un moment…

C’est rare qu’une série est bonne d’un bout à l’autre. C’est plus facile quand c’est une mini-série comme Chernobyl (HBO), mais ça ne joue pas avec les mêmes règles. Game of Thrones (HBO) a été en feu pendant un bon cinq-six saisons avant de vivre le pire crash de l’histoire des séries télé.

Souvent, il y a une lune de miel du début comme The Office (NBC) et ensuite, ça dure jusqu’à ce que les cotes d’écoute baisse trop ou que le cast sacre son camp. (Ou soit impliqué dans un scandale quelconque.) Ou bien la technique Stranger Things (Netflix) où l’on reprend sensiblement la même formule de la première saison géniale et ensuite l’effet pâlit à chaque nouvelle année.

Mais même dans le top du top, les instants de grâce sont difficile à maintenir.

The Wire (HBO) est une de mes meilleures séries de tous les temps, mais il y a des moments ardus à se taper. Genre, les deux premières saisons ont des débuts pénibles et la cinquième saison n’est pas aussi bonne que le reste.

Il y a aussi des émissions qui sont difficiles à se taper aujourd’hui parce que le format est désuet. La série House (FOX) avait des moments géniaux, mais aujourd’hui, 24 épisodes par saison dont une dizaine n’a pas tant d’impact sur l’histoire, c’est juste trop demandé.

La série Spartacus (Starz) commençait comme l’une des meilleures séries d’action de tous les temps, puis l’acteur principal meurt du cancer après la première saison.

Même si presque personne ne l’a vue, la première saison de The Newsroom (HBO) touche au génie, mais la deuxième est un tout petit peu moins bonne et la série s’arrête abruptement à la troisième parce que la série ne rencontrait pas son public. C’est chiant quand le problème est extérieur à la série.

Et j’avais envie d’écrire sur tout ça à cause de la série In Treatment (HBO) dont les deux premières saisons frôlent la perfection. Je viens de me les retaper et c’est juste incroyable. C’est de la télé de haute voltige qui est impossible à répliquer.

Impossible à reproduire parce que la série est à la base une série israélienne de deux saisons, et quand les Américains ont essayé de faire une troisième saison, ça sonnait faux. On avait encore les mêmes performances d’acteur et la même réalisation soignée, mais on avait avait perdu la profondeur, la petite touche de génie.

Et là, HBO essaie de revenir avec une saison quatre de pandémie avec des gens qui se jasent sur Zoom, mais je ne l’accepte juste pas. Il vaut mieux se retaper les deux premières saisons que de se taper ça.

C’est chiant quand une série cesse d’être géniale avant la fin. Ça empêche de bien boucler notre trip.

Hâte à rien

Ma demande à la RAMQ pour de nouveaux antidépresseurs a finalement été refusé. Ils disent qu’il y en a encore d’autres antidéps que je n’ai pas essayé. J’ai donc attendu un autre trois semaines pour rien. Ça commence à faire plusieurs semaines de suite où je suis laissé à moi-même sans médication qui me soutient. (En plus, je n’ai plus de psy depuis un bout.)

J’ai arrêté de publier mes posts sur mes réseaux sociaux tellement j’étais tanné de déprimer tout le monde, mais c’est extrêmement dur à vivre et j’essaie de ménager les rares amis à qui j’en parle.

Je marchais sur Beaubien vendredi et je regardais les terrasses pleines avec des line-ups et ça me faisait mal de ne pas ressentir le même feeling que tout ce monde-là. De ne pas partager le même enthousiasme envers la vie qui reprend.

Quand je pense à aller sur une terrasse, je pense à …

  • Je n’ai pas les moyens d’aller là
  • Je ne peux pas boire
  • Je me sens terriblement moche
  • Quand je donne de mes nouvelles, c’est déprimant sur un temps rare

Ça me fait mal parce que j’ai peur de ne plus jamais faire partie de ce monde-là. Ça me montre combien je suis brisé. C’est comme si ça me montrait que ma vie le fun est passée pis ça me fout la chienne. Ensuite, je commence à me dire que personne ne voudra être ami (et encore moins blonde) avec quelqu’un qui fait partie de ce monde-là et ça se met à spinner…

J’essaie d’être rationnel. J’essaie fort d’être rationnel et me dire que je dois être patient et ne pas me fier à mon feeling du moment. Mais le feeling est si fort et les semaines sont longues.

Là, je parle à mon doc jeudi pour commencer un autre antidépresseur qui, dans le meilleur des cas, prendra encore quelques semaines à activer.

Moi et ma mère

On ne va pas très bien dans les dernières années. Tous les deux, on essaie toutes sortes de pilules dans un espoir de mieux aller, sans trop de succès steady. C’est tough pour moi de ne pas la regarder comme une espèce de version de ce qui m’attend. Elle est tellement tannée et je la comprends parce que moi, déjà à mon âge, je le suis aussi.

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