L’intensité du courant SJW

Ce qui me dérange avec tous ces cas de censure et de rectitude politique du courant social justice warrior, c’est l’intensité des réactions.
 
T’sais, on pourrait noter qu’à première vue, selon les interprétations, que c’est peut-être le genre d’oeuvre qui mériterait d’être interprété comme faisant partie de la culture du viol.
C’est possible. C’est une position qui se défend, de façon légère, pour en discuter. Pour en jaser. Sauf que là, on se ramasse à bannir une toune de 1944 de façon ridicule et beaucoup trop intense pour rien.
 
C’est comme s’il était de plus en plus difficile de jaser ou débattre sans que quelqu’un ou quelque chose soit étiqueté comme evil au point de devoir disparaitre. C’est une vision très très binaire de voir les choses.
 
C’est comme si pour être éthique, on avait de la misère à accepter les moindres dissidences ou qu’on n’arrivait plus à relativiser. Quand on veut sensibiliser les gens à la culture du viol, on regarde tout avec une vision extrême au point où une toune devient responsable de développer des violeurs. Quand on veut sensibiliser le monde au racisme systémique, on traite tout le monde de raciste, même des dramaturges qui essaient de rapprocher des communautés.
 
C’est normal qu’il y ait de la colère derrière des enjeux délicats. C’est important que cette colère s’exprime et qu’elle soit entendue. C’est aussi important de faire la part des choses quand on commence à prendre des décisions.
 
Regarder une oeuvre artistique avec ses lunettes de social justice warrior, c’est un exercice qui peut être intéressant. Ça peut donner une chronique pertinente et amener les gens vers des petites prises de conscience, mais quand ça devient la seule et unique façon de voir et d’évaluer une oeuvre, on arrive en terrain dangereux.

Cher militant péquiste qui fuck toute

Je ne m’adresse pas à tous les militants péquistes, je m’adresse au militant péquiste cabochon. Celui qui scrap la réputation de tous les autres. Celui qui pense que les musulmans vont nous envahir. Celui qui haït les anglais. Celui qui fait des jokes poches sur les autres ethnies. Celui qui pense qu’être un bon patriote, c’est de se comporter en épais sur les réseaux sociaux.

Si l’indépendance a autant de misère en ce moment, c’est en grande partie à cause de toi. Personne ne peut être contre le concept d’indépendance à la base. Qui peut être contre la liberté? Mais quand la souveraineté du Québec devient perçu comme un trip xénophobe d’une gang de red necks, on a un problème de branding.

Pis ce branding-là que tu répands avec toi partout, il faut le changer, parce que l’indépendance ne se fera jamais si ce n’est pas une démarche d’inclusivité exemplaire, initiée par du bon monde.

Bon, t’es pas tout seul à blâmer. La Charte des valeurs québécoises était d’une maladresse infinie, très mal portée par Bernard Drainville. Lisée a aussi dit plusieurs conneries durant la chefferie. Et de ce temps-là, on découvre quelques candidats de qui on trouve un paquet de vieux tweets de tapons.

Il faut comprendre que faire passer les méchants séparatistes pour des racistes, c’est en plein ce que souhaite les opposants à la souveraineté. The Gazette (ou Xavier Camus) ne rate jamais une occasion d’aborder le sujet sous cet angle et c’est la même chose pour d’autres médias et chroniqueurs à travers tout le pays. En fait, c’est très rare de voir un média anglo comprendre la démarche pourtant si noble et assez facile à comprendre.

Il y aussi des journalistes comme Patrick Lagacé qui ne passent pas une semaine sans préciser combien les militants péquistes sont les plus désagréables d’entre tous. Et malheureusement, il a un peu trop raison. C’est aussi une des raisons pourquoi les militants de Québec Solidaire se valorisent autant à être meilleur que les militants péquistes. Eux, ils ne sont pas des cabochons. Ils ne sont pas des red necks.

Bref, tu gosses.

Le pire, c’est qu’un certain de niveau de xénophobie peut s’expliquer pour un peuple en train de disparaitre. C’est facile d’avoir peur de l’immigration quand t’as déjà l’impression de te dissoudre dans le reste du Canada multiculturaliste, mais la souveraineté ne se fera pas en se laissant aller à cette peur-là.

Au contraire. Elle va se faire avec du monde moderne. Du monde ouvert. Genre, PAS avec des calottes Make Québec Great Again.

Et même si t’es peut-être vexé, je vais quand même essayer de te donner quelques conseils.

Si tu souhaites une société laïque, évite l’angle des méchants musulmans qui ne représentent qu’à peine 4% de la population. Commence par la religion catholique qui est encore partout, y compris le crucifix à l’Assemblée nationale. Un geste totalement hypocrite.

D’ailleurs, c’est clair qu’il est difficile pour un nouvel arrivant d’embarquer dans le trip de la souveraineté à court terme. Quand tu viens juste d’arriver au Canada, ça ne te tente pas nécessairement de t’embarquer dans une autre période d’insécurité. Mais essayer de basher tous les immigrants parce qu’ils votent pas du bon bord ou de faire des généralisations poches, c’est immensément dommageable.

Pourtant, dans les souverainiste les plus cool que je connaisse, il y a plein d’enfants d’immigrants. Il faut que ce soit clair pour tout le monde qu’ils seront les bienvenues dans le Québec pays. Dès que l’indépendance donne la moindre impression d’être un trip ethnique de pure laine, tu disqualifies un paquet de monde d’un jour penser être indépendantiste.

Tu perds des indépendantistes À VIE, parce que ces gens-là que t’élimines et que tu veux rendre moins citoyen que toi, ils ne l’oublieront JAMAIS. Non seulement t’empêches tout ce monde-là de se joindre au projet d’indépendance, mais tu leur arraches aussi la fierté qu’ils auraient au jour 1 d’un Québec pays.

Bon, je sais que j’ai été un peu mean, mais penses-tu être capable de changer? Si tu tiens à rester un cabochon, tu peux toujours joindre la Meute et peut-être aller faire de la moto dans le sud des États-Unis, mais si tu tiens vraiment à l’indépendance, peut-être que tu vas trouver qu’un changement est possible et en vaut la peine.

Changer, c’est comme l’indépendance. C’est super tough, mais ça se fait. Et qui sait. Si assez de monde change, peut-être qu’on pourra recommencer un jour à être fier de flasher le drapeau du Québec sans avoir peur d’être associé à une gang de blue necks cabochons.

 

Les élections qui s’en viennent…

Les élections s’en viennent cet automne. Est-ce que ça enthousiasme quelqu’un ? J’entends des spécialistes trouver rafraichissant que pour la première fois, notre bipartisme sera axé sur autre chose que la souveraineté. Cette fois, on aura le choix entre le PLQ et la CAQ.

C’est de ça dont se privait tout ce temps-là? On serait nostalgique à moins. Crime qu’ils vont répéter souvent combien les priorités sont la santé et l’économie. Mais ça représente quoi, au juste, la santé et l’économie? Est-ce un plan de société? Une vision d’avenir?

Chaque élection, on nous répète que l’économie est une priorité, et pourtant, personne ne se soucie jamais des paradis fiscaux. Collectivement, on l’a comme accepté. On n’en parle plus.

Cette semaine, il était question des tarifs par enfant en garderie et comme toujours, c’était la question à savoir si tout le monde devrait payer le même prix ou si on devrait moduler les tarifs en fonction de la capacité de payer. Perso, j’ai toujours été de l’école de pensée que les riches paient déjà plus d’impôt alors ils devraient profiter du même tarif que tout le monde, mais quand les plus privilégiés ont des options légales pour placer leur argent ailleurs et payer fuck all d’impôt, ce système-là sacre le camp.

Mais bon, l’évasion fiscale, c’est trop compliqué pour le peuple alors on vote pour celui qui répète le mot économie le plus souvent. On place notre indignation sur des trucs plus simples qui restent à notre portée. On peut capoter sur un jeu de mots déplacé d’une vedette sur Twitter. On se fait accroire le temps d’un été que Robert Lepage est un suprémaciste blanc. On peut même placer Marissal dans le comté de Lisée pour le lol. On peut aussi essayer de dire que tous les adversaires du PLQ sont l’équivalent de Trump d’une quelconque manière. En fait, l’indépendance, c’est pas mal juste un trip de xénophobe, right?

Et quand les journalistes parlent aux politiciens, de quoi parle-t-il? Des sondages. Parle-nous de ta place dans le sondage. Comment explique-tu le dernier sondage? Qu’est-ce que tu vas faire pour bouger dans le sondage? Et à force de juste focusser sur l’ordre des quatre premiers, on semble oublier que même à 35%, il y a 65% du monde qui ne vote pas pour toi. Pis ça, c’est en comptant juste le monde qui vote encore.

Tous les partis essaient de représenter le changement. Mais c’est quoi, représenter le changement? Un vieux parti avec du nouveau monde? Un nouveau parti paqueté de has-been? Un parti qui a des porte-paroles au lieu d’un chef? Un parti avec un logo tout neuf? Un parti qui score fort chez les jeunes?

C’est comme si les idées étaient le dernier des facteurs pour évaluer ça.

Est-ce que les idées sont modernes? Progressistes? Avant-gardistes? Nonon, on veut incarner le changement. Être jeune et nouveau! Au lieu d’essayer de proposer un projet de société et convaincre le monde qui de ce qui serait dans l’intérêt collectif, on propose ce que le monde répond au sondeur au téléphone. Pis ça donne ce que ça donne.

L’économie pis la santé.

Après les influenceurs, les influencés?

Être un SJW devrait être quelque chose de noble et cool. Tout le monde devrait se battre et militer pour une meilleure justice sociale. Ce qui gosse, c’est cet effet d’entraînement sur les réseaux sociaux. Ils ne détonnent jamais des autres SJW. C’est comme s’ils étaient tous abonnés à la même page Wikipedia et qu’ils downloadaient tous leurs valeurs en même temps. Ils sont fiers d’être à contre-courant de monsieur-madame tout le monde #lesgens, mais jamais de leur communauté directe. Il faut dire que les désaccords vont souvent t’exclure de la gang alors ça donne envie de rentrer dans le rang et d’aller chercher un maximum de likes. Sauf qu’avoir des principes pour vrai, ça demande parfois des choix impopulaires. Pas toujours, mais des fois. Si tu n’es jamais au moins partagé sur un enjeu, t’es peut-être pas tant pour la justice sociale, mais plus dans une secte.

Je ne sais pas si je suis trop idéaliste, mais si tout le monde parlait un peu plus avec son coeur et moins pour plaire à sa base, nos débats de société seraient peut-être moins polarisés.

J’écoute tellement

Est-ce que je t’ai partagé que je suis un homme blanc et que j’écoute? Crime que j’écoute. C’est de l’écoute active… au point d’en faire des statuts Facebook. En fait, ça me fait penser à cette histoire de l’arbre qui tombe dans la forêt… à savoir s’il mène du train ou pas… si personne n’est là pour l’entendre. Tsé? Mettons que je veux démontrer à quel point je suis woke et vertueux en écoutant full, mais que je n’en parle sur aucun réseau social, est-ce que ça compte quand même comme de l’écoute? Ou c’est vraiment important de l’écrire publiquement? J’espère que ça n’enlève pas de sens à ma démarche parce que je tenais vraiment à préciser que moi, humblement, je suis dans la gang moderne qui écoute… et surtout pas avec les autres fatigants qui ont toujours besoin de donner leurs petites opinions. Oh non! Eux autres, sont tellement colons! Toujours en train d’écrire sur tout et sur rien. S’ils pouvaient juste se contenter d’écouter comme moi, la société se porterait pas mal mieux. Ben non, toujours bla bla bla bla bla moi moi moi. Au moins, moi J’ÉCOUTE. Si seulement ce monde-là pouvait prendre exemple sur moi. C’est facile. T’as juste à écouter. Comme ça, là. Regarde-moi faire. J’écoute depuis t’à l’heure. Toupiloupiloudoui-doui-doui-doui… J’écoute encore. J’arrête pas d’écouter! Bon, faut je te laisse, faut que j’aille copier-coller ça sur mes autres tribunes.

L’option A, l’option B…

On dit que t’es tanné de jaser d’indépendance, mais je n’y crois pas tant que ça. Il faudrait que tu me le dises. Peut-être que c’est un sujet trop lourd pour toi. Cette idée qu’on va finir par disparaitre.

Pas toi, évidemment. Toi tu ne disparaitra pas de toute ta vie, mais le Québec et le peuple qu’il représente, c’est inévitable. Il va finir par se dissoudre. C’est démographique.

Bon, encore deux mots un peu lourds : identité et démographie.

Avant, on pouvait séparer les nations plus facilement : les Canadiens-Anglais, les Canadiens-Français, les Amérindiens ou les Premières Nations. Maintenant, j’imagine que l’on peut simplement choisir de tous se voir comme Canadiens. Ça sonne rassembleur. Plein de peuples qui s’unissent dans ce beau projet commun. C’est inspirant, non?

C’est ce qu’on va appeler l’Option A. L’option qu’on a déjà choisi deux fois. Le statu quo.

Ce qui est dommage avec ça, c’est qu’il n’y a pas d’avenir pour les francophones dans l’option A. Est-ce que ça te dérange? Peut-être pas. La province de Québec peut exister sans ça. Il y a plein de gens pour qui ce n’est pas si important que ça. Les priorités sont ailleurs.

Comment se porte la création d’emploi?
Est-ce que le chômage est bas?
C’est mieux de parler d’économie, peu importe ce que ça signifie.

Mais la disparition des francophones dans ce modèle-là, elle est inévitable. Au cours des dernières années, le poids démographique du Québec a déjà diminué dans le Canada. C’est un peu abstrait parce qu’au quotidien, ça ne parait pas à moins d’y porter attention. Mais un petit signe de ça, c’est que les Conservateurs ont récemment été au pouvoir pendant 2-3 mandats sans avoir besoin du Québec.

C’était une première historique. Un truc qui était pratiquement impossible à accomplir lorsque le Québec représentait un Canadien sur quatre. Maintenant qu’on s’approche de représenter un Canadien sur 5, notre pouvoir politique baisse. Ce n’est pas que démographique, c’est démocratique.

Et ça ne va aller qu’en empirant. Pour plusieurs raisons. On est plus féministe que le reste du continent alors on fait moins d’enfants. On s’est débarrassé de l’emprise du clergé alors les femmes ne sont plus des pondeuses comme avant. Deux trucs positifs qui démontrent bien notre modernité, mais qui jouent contre nous d’un point de vue démographique. Sans oublier la vague des babyboomers qui est en train de s’essouffler.

En fait, une majorité de la croissance de la population actuelle est due à l’immigration. Et pour un immigrant qui débarque au pays, quelle appartenance risque-t-il de choisir à ton avis? À quelle culture va-t-il se greffer? Celle de la culture américaine omniprésente? Celle du Canada multiculturel? Celle de Montréal, la belle métropole bilingue? Celle du Québec francophone?

À moins de parler français avant même d’arriver, les chances de choisir l’anglais sont aussi immenses que compréhensibles. D’ailleurs, les immigrants qui choisissent le Québec demeurent déjà en très grande majorité à Montréal. Au niveau de la langue, on a des programmes de francisation qui sont un désastre, mais de toute façon, la plupart du temps, ce ne sont pas les immigrants de première génération qui apprennent la nouvelle langue du pays, ce sont leurs enfants.

La loi 101 a permis d’acheter du temps à ce niveau-là, mais elle n’est pas parfaite. Déjà, forcer les gens à parler le français, ce n’est pas vraiment ce qui rend les gens fiers de leur culture. La loi 101, c’est une loi de peuple en mode survie. Et c’est pour ça que l’option B, même si elle est toujours malmenée sans qu’on l’ait essayé, demeure toujours d’actualité.

C’est qu’avec un Québec indépendant, il y a plusieurs de ces problématiques qui se règlent :

– La chute démographique du Québec dans le Canada n’aurait plus d’importance d’un point de vue politique. Le Québec pourrait décider lui-même de toutes ses lois et de ses ententes.

– Les immigrants auraient maintenant un choix clair un Canada anglophone ou un Québec francophone.

– Les Québécois pourraient tous apprendre l’anglais sans craindre qu’elle devienne la langue d’usage.

Et tu sais quoi? On pourrait même cesser tous ces débats ridicules sur quelles valeurs représentent un vrai Québécois. En fait, je pense que ce sont plutôt ces discussions-là qui sont gossantes. Avec l’indépendance, on n’aurait plus à essayer de se protéger ou à essayer de se définir comme minorité qui aimerait survivre. On pourrait juste exister.

La parité

Ça fait plusieurs débats et articles que je pogne sur la parité homme-femme et je pense qu’on se plante en souhaitant que ce soit 50-50 partout.

Perso, je dirais qu’il y a 3-4 catégories qui s’appliquent selon les cas.

Pour nos élus, ça va de soi qu’ils doivent être représentatifs autant que possible mais évidemment, c’est aussi limité par le choix des électeurs. Ça revient un peu aux partis politiques d’en faire une priorité et les gens voteront.

Pour des métiers traditionnellement masculins comme les policiers, on a vu les avantages d’ajouter une certaine mixité. Ç’a fait évoluer les méthodes et l’approche des policiers et en tant que société, on y gagne tous. Pas besoin d’être 50-50, mais assez de mixité pour atteindre un résultat optimal.

Pour la construction ou les camionneurs, est-ce qu’on gagne collectivement à atteindre l’égalité homme-femme? Pas vraiment, mais il demeure important de faire certaines mesures pour s’assurer que les femmes ont aussi la chance d’y faire leur place malgré la prédominance masculine.

Pour les subventions artistiques, c’est important d’être représentatif de la population et d’avoir une pluralité de points de vue afin que le public puisse s’y reconnaitre. Mais une VRAIE pluralité, pas seulement de faire plus de place aux lobbies les plus bruyants. Et évidemment, il faut que la qualité soit là. Et la demande.

Par exemple, pour les profs de primaire, on gagnerait à avoir une meilleure parité, mais la demande des hommes est beaucoup moins forte. Outre la sensibilisation, il y a donc des limites à ce que l’on peut faire. Et engager des incompétents pour un rôle aussi majeur n’est pas une option.

Bref, il faut juste avoir l’intérêt collectif en tête et éviter d’y aller dans le mur à mur.

Public VS Privé, en éducation

Ce qui me dérange dans ce débat, c’est que les parents plus riches et les parents qui ont le plus à coeur l’éducation ont leurs enfants au privé, alors d’où viendra le courage politique pour replacer le système public?

À peu près personne au gouvernement n’a d’enfants au public. C’est la même chose pour une grande partie des journalistes influents. Le gouvernement va continuer d’y mettre le minimum de ressources comme réparer des écoles qui tombent parce que ça parait mal aux nouvelles, mais le problème de fond, il va continuer de perdurer parce que ça ne touche pas les enfants des décideurs et des influenceurs.

Et à ceux qui sortent l’argument financier pour justifier le statu quo, vous négligez toujours un aspect super important. Vous sous-estimez grandement l’impact qu’ont les parents de ces enfants dans le système privé. Les parents pour qui c’est important que ça fonctionne et qui sont prêts à mettre des heures, de l’énergie et leur réseau de contact pour améliorer les choses.

Ces parents-là, en ce moment, ils aident les écoles privées. Et cette perte-là pour le système public, c’est beaucoup plus qu’une histoire de sous.

Bonjour/hi

Dans ma journée de repos un peu vedge, j’ai lu un paquet de commentaires concernant le fameux « bonjour/hi » qui est rendu pas mal généralisé à Montréal. (Dans le Montréal où je vis, en tout cas.)
 
Ça m’a pas mal découragé parce que je lisais rarement des commentaires qui ressemblaient à ma position. J’ai vu plein de monde dire que c’est hot parce que le Canada est bilingue et bla bla bla, mais ce n’est pas le Canada qui est bilingue, c’est Montréal. Ton bonjour/hi, tu risques de l’attendre longtemps à Vancouver ou Toronto.
 
J’ai aussi vu beaucoup de monde qui voit l’anglais comme la langue evil de l’envahisseur canadien ou l’inverse avec plein de Québec-bashing sur les maudits Québécois intolérants qui chialent tout le temps pour rien. Quand les gens disent que ce combat pour la langue est dépassé, c’est cette vision/rivalité/partie-là du débat qui est particulièrement dépassée.
 
Le vrai combat moderne, ce n’est pas d’arriver à interdire ou à diaboliser l’anglais. Tout le monde devrait connaitre l’anglais en 2017. C’est la langue internationale. Le combat pour la langue au Québec, ce n’est pas d’avoir peur du bilinguisme individuel ou de la culture anglophone.
 
Le combat, c’est que le français demeure la langue d’usage au Québec.
 
Et la langue d’usage, ça ne veut pas dire que tout le monde soit en mesure de parler français si on les force à coup de lois ou de menaces. C’est que ce soit la langue par défaut un peu partout parce que c’est la langue dans laquelle la population se jase. Au travail, au centre d’achat, à l’école.
Encore là, ce n’est pas une question de virer fou parce qu’il existe un quartier anglo ou chinois ou de repartir un autre pasta gate ridicule.
 
Mais si à Montréal, les gens parlent seulement français parce qu’on les force et switchent à l’anglais dès que c’est possible, le combat est déjà perdu. Reste à déterminer si collectivement, c’est encore quelque chose que l’on trouve important.

Grosse élection dans Gouiiiiiiin! #monhood

J’ai finalement voté pour Gabriel Nadeau-Dubois. J’ai voté pour lui parce que je pense qu’il est le candidat qui peut amener le plus à notre collectivité.

C’est la troisième fois que je vote pour Québec Solidaire, même si c’est un parti auquel je ne crois pas. (J’avais aussi voté pour Françoise David les deux premières fois qu’elle s’est présentée.) GND croyait pouvoir révolutionner son parti, mais je ne sais pas s’il en sera capable ou s’il y croit encore après le déroulement de son premier congrès. Le concept de porte-parole fonctionne mal dans un contexte de parti politique. Et ce serait encore pire pour un parti au pouvoir. Les militants ne sont pas aptes à décider de tout. Ils sont forts pour proposer des idées, mais ils sont bien souvent aveuglément partisans. C’est comme si on demandait aux fans du CH de décider à la place du DG. Ça peut être plus efficace qu’un DG poche, mais ça n’accotera jamais un vrai bon DG intelligent avec une vision et l’intérêt du peuple à cœur.

Il reste que GND amènera de l’enthousiasme à notre monde politique qui en a grandement besoin. Et qui sait, peut-être qu’il la réussira, la réforme de son parti. Je trouve quand même assez frustrant de voir tous mes poulains aussi éparpillés.

Véronique Hivon, Paul Saint-Pierre Plamondon, Gabriel Nadeau-Dubois, Jean-Martin Aussant.

Il me semble que ça torcherait n’importe quel caucus à l’Assemblée nationale, mais pour un paquet de raisons (assez décourageantes), ça n’a presque aucune chance d’arriver.