Ma victoire morale : les 6-7% de Paul St-Pierre Plamondon

« J’ai lâché le PQ il y a longtemps parce que c’est un parti de vieux! »
– Un jeune

Je suis toujours surpris de l’importance de la coquille en politique. Du contenant. Comme si les gens ne réalisaient pas que ce qui forme un parti, ce sont les gens qui a dedans. Si les plus à gauche quittent le navire, le parti devient plus à droite. Si les plus jeunes s’en vont, le parti devient plus vieux. Et à l’inverse, si un gars comme Paul St-Pierre Plamondon décide d’y amener ses valeurs progressistes, ça amène le parti à devenir plus progressiste.

Et c’était ça la bonne nouvelle dans la soirée d’hier : PSPP n’a pas babouné dans son coin en reprochant au PQ d’être un trip de baby-boomer, il s’est impliqué. Et au-delà des 6-7% de votes, il a amené du sang neuf qui était bien nécessaire dans le mouvement indépendantiste.

Avec PSPP, Véronique Hivon, Jean-Martin Aussant, Gabriel, Nadeau-dubois, Alexandre Cloutier, etc. Ça commence à donner une relève qui a du bon sens avec plein de monde qui a le coeur à la bonne place.

Pour Cloutier, il n’a vraiment pas eu une bonne course. C’est dur d’être le grand favori qui perd du terrain chaque semaine. Son ton de faux-entrain sonnait de plus en plus faux. Je pense que Lisée l’a mis KO lorsqu’il a parlé de le placer ministre de l’éducation. C’est tellement sa chaise. Il serait à son meilleur dans ce rôle-là.

De toute façon, pour être chef du PQ en ce moment, ça ne prend pas un Justin Trudeau qui veut se faire aimer de tout le monde, ça prend quelqu’un qui vit bien avec les attaques sournoises. D’ailleurs, Couillard a déjà commencé à traiter Lisée de Le Pen québécois.

Quand t’es chef du Parti Québécois, ça vient avec.

Pourtant, Le Pen est une xénophobe de droite alors que Lisée est le gars qui a écrit Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Lisée n’est pas non plus xénophobe, mais il connait assez l’électorat pour jouer cette carte-là politiquement. La réplique à Cloutier où il s’est servi de Charkaoui est un parfait exemple de ça.

Est-ce que c’est une attaque noble et pleine de hauteur? Pas du tout. Mais accuser Lisée d’être raciste ou xénophobe à la base est un geste tout aussi bas. Lisée est un tacticien d’élite qui est prêt à dire ce qu’il faut pour gagner. Il est capable d’être intelligent et d’élever le débat, mais il est aussi capable de jouer cochon.

C’est pour ça qu’il était le meilleur candidat possible pour le choix d’hier.

Pour 2018, les Québécois auront le choix entre Philippe Couillard, cette image patriarcale du bon père de famille entouré de requins qui n’ont pas du tout à coeur l’intérêt des Québécois, et Jean-François Lisée, un stratège machiavélique entouré de bonnes personnes progressistes qui veulent donner le meilleur aux Québécois.

On verra bien ce que ça donne.

Mes impressions sur la course du PQ, deuxième partie

Mon premier post sur la course date déjà de la mi-septembre. Après deux gros débats, il est temps de faire un suivi!

J’ai appris cette semaine qu’il faudra voter pour nos candidats préférés dans un ordre de 1 à 4. C’est très cool parce que ça permet d’être plus nuancé.

Ce que je sais déjà, c’est que c’est Paul St-Pierre Plamondon qui démontre le plus de hauteur et d’intelligence alors il se méritera mon premier choix. Je sais aussi que Martine Ouellet et son attitude de wannabe-présidente de secondaire 4 sera mon dernier.

Là où j’hésite, c’est entre la deuxième et troisième position. Et si on se fie aux sondages, c’est là que ça se joue.

Course au meilleur deuxième

Même s’il a été en tête et backé par l’establishment du parti depuis le début, Alexandre Cloutier connait une très mauvaise course. Il a eu l’air tanné, marabout et suffisant tout le long. Il ne présente aucune idée nouvelle. Il ne démontre aucune vision. Je ne sais pas si c’est moi qui avais trop d’attente, mais il semble juste être un politicien comme les autres.

Ce n’est pas qu’il soit mauvais. Il est juste si loin de l’excellence.

Sauf qu’en même temps, Jean-François Lisée devient de plus en plus facile à disqualifier chaque semaine. Il se faisait encore planter cet après-midi suite à d’autres propos sur l’immigration.

Bon, il faut savoir que si t’es au PQ, les accusations de racisme et de xénophobie vont rentrer au poste qu’elles soient méritées ou non. Il y a plein de fédéralistes qui n’arrivent pas à s’expliquer le concept d’indépendance autrement que par un gros trip raciste.

« Ce serait tellement plus simple si le Québec pouvait juste se laisser mourir et devenir une belle province anglophone comme les autres! » #ouvertsurlemonde

En fait, même si la loi 101 est reconnue aujourd’hui comme une loi extraordinaire, si le PQ la sortait aujourd’hui, on les traiterait sûrement de xénophobe et de ne pas être assez « ouvert sur le monde » et on leur suggérerait de laisser tomber ce maudit côté identitaire lassant.

Bref, quand des gens accusent des péquistes de racisme, c’est important de se méfier de la source. Mais même si je persiste à croire que Lisée n’est pas xénophobe et encore moins raciste, il joue beaucoup trop cette carte-là au cours de la course pour que ce soit innocent. Même si l’immigration était un réel problème, il n’a pas besoin d’en parler autant. Et s’il en parle autant, c’est clairement parce qu’il sait que plusieurs militants péquistes sont des épais rednecks et que ça lui gagne des votes.

En fait, la plupart de mes amis qui ont pris leur carte du PQ sont des fans de Lisée et ils arrivent tous à justifier les paroles de leur poulain en se disant qu’il dit juste ces trucs-là pour mettre les militants tatas de son bord. Et effectivement, je suis sûr que ça l’aide stratégiquement pour remporter la course, mais c’est aussi dommageable pour le parti. Et particulièrement pour l’indépendance.

Et moi, je n’ai aucune tolérance pour les politiciens qui nuisent à l’indépendance.

Qui sera meilleur avec une équipe?

Aussi, il ne faut pas oublier que tout ce monde-là finira par travailler ensemble, et je pense que Cloutier paraitra mieux quand il aura Lisée et PSPP de son bord pour lui amener un peu de contenu et des idées, tandis que Lisée ne sera jamais meilleur comme chef que ce qu’il démontre présentement en mode loose cannon. Même s’il est clairement le meilleur des quatre pour affronter Couillard lors d’une joute verbale, il dit juste trop de niaiseries pour ramener le PQ sur la map.

Donc si la tendance se maintient…

Mon vote devrait ressembler à :

#1 : Paul St-Pierre Plamondon
#2 : Alexandre Cloutier
#3 : Jean-François Lisée
#4 : Martine Ouellet

Et encore une fois, j’aimerais préciser que Jean-Martin Aussant serait 10 fois meilleur que n’importe qui dans cette course-là. En fait, la grande question que je me pose : qui de ces quatre candidats a le plus de chance de ramener Aussant au parti?

Mes impressions sur la course du PQ

Même si c’est gênant d’être péquiste depuis cette histoire de charte ridicule, j’ai pris ma carte de membre du Parti Québécois il y a un mois et demi. La seule autre fois où j’avais pris une carte d’un parti, c’était pour Jean-Martin Aussant à Option Nationale.

J’ai choisi de suivre la course parce que je n’aimais pas la couverture médiatique. Dans la course précédente, on y allait toujours qu’avec l’angle PKP et maintenant, c’est juste l’angle que c’est plate (ils s’ennuient de PKP) ou de la chicane au PQ.

Pourtant, c’est une course à la chefferie. C’est normal que ça brasse un peu. C’est sûr que si t’es fédéraliste et/ou tanné d’entendre parler de souveraineté, la course du PQ va te taper sur les nerfs et tu vas juste répéter qu’ils sont déconnectés de la réalité.

Mais ces discussions sont inévitables.

Perso, j’étais enthousiaste sur cette course parce que les plus jeunes s’en mêlent enfin et Bernard Drainville qui a fait tellement de dommage au parti a enfin décidé de s’en aller. Il reste maintenant aux autres à se libérer de cette étiquette xénophobe que la charte aura laissé derrière elle.

J’étais très déçu que Véronique Hivon quitte la course parce qu’elle amenait quelque chose d’important au sein de cette course. Elle a le coeur à la bonne place et sa présence forçait tout le monde à se comporter un peu mieux.

Voici mon avis sur les quatre survivants :

Jean-François Lisée

Jean-François Lisée est le seul du groupe que je juge apte à affronter Philippe Couillard dans un débat. Il est d’une intelligence redoutable, mais crime qu’il a des défauts. Pas si étonnant qu’il ait été conseiller si longtemps. Il a un côté troll (un peu à la Gaétan Barrette) qui l’aide à ne pas prendre les débats de façon trop personnelle mais qui lui enlève aussi souvent de la hauteur. La hauteur qu’on aimerait retrouver chez un chef.

Martine Ouellet

Martine Ouellet est la seule du groupe pour qui je sais déjà que je ne voterai pas. Elle a beau être la candidate du référendum rapide, elle a un peu le même problème que Marois : elle manque gravement de charisme. Même avec ses meilleures lignes, sa livraison est toujours off.  Même si elle bouge les bras pour faire plus convaincante. Elle veut un pays maintenant, mais ce n’est pas quelqu’un avec qui on a le goût de prendre ce genre de risque-là.

Alexandre Cloutier

Cloutier semble se placer comme le Justin Trudeau des pauvres, mais il a souvent l’air encore plus suffisant que l’original. Ce n’est pas un mauvais candidat, mais j’ai toujours préféré les politiciens qui savaient où ils s’en allaient que les politiciens qui s’attendent à des réponses des militants. Des phrases comme « Je vais écouter les membres parce que c’est VOUS les meilleurs! », ça gagne des course à la chefferie, mais ça ne gagne rien d’autre. De toute façon, s’il y a du monde sur qui je ne baserais pas un programme politique ou un projet de pays, c’est bien la base la plus militante du PQ.

Je ne sais pas si cette course amènera du nouveau monde au PQ, et ça relève probablement du préjugé, mais mon impression des dernières années n’est pas très bonne. Les militants avec des idées plus à gauche sont partis chez Québec Solidaire, les militants avec des idées plus visionnaires sont allés à Option Nationale.

Qu’est-ce que ça laisse au PQ? Du monde qui trip Drainville, genre.

Pour revenir à Cloutier, il m’a vraiment dérangé en parlant constamment de viser le 50% ou le trois millions de Québécois nécessaires pour faire un pays. Comme leader d’un projet pareil, t’as besoin d’être vraiment plus rassembleur que ça. Même si tu peux la faire à 50% + 1, la souveraineté est un grand projet de société qui doit inclure tout le monde, pas quelque chose qu’une moitié de la population impose sur l’autre.

 

Paul St-Pierre Plamondon

PSPP est le seul du lot qui fait appel à mon intelligence et j’apprécie ça. Il amène un peu de ce qui manque depuis l’abandon de Véronique Hivon. Son manque d’expérience parait par moment, mais c’est mon candidat préféré à date. Pas que je pense qu’il ait une chance de gagner, mais je trouve que c’est le genre de candidature qu’il nous manque en politique. Du monde intelligent avec le coeur à la bonne place.

Cela dit, personne là-dedans n’a l’étoffe d’un Jean-Martin Aussant et une vision aussi claire d’un futur pays.

Et vous, qu’est-ce vous en pensez?

Génération spontanée

Je voyais les réactions aujourd’hui face à la vidéo de Guy Nantel. Il y avait beaucoup de honte. Encore plus de moqueries.

Ce que je trouve le plus aberrant dans toute l’histoire, c’est de voir combien on se déresponsabilise de la situation. On fait comme si ces jeunes-là n’avaient aucun rapport avec nous autres. Une genre de génération spontanée d’ados.

« Chérie, c’est qui le gars qui mue dans cave? »

On fait comme si on ne les avait pas élevés. Comme si on n’était pas responsables de leurs écoles ou du système d’éducation. C’est juste une mauvaise batch. Une mauvaise cuvée.

« Crime, les jeunes sont caves c’t’année! »

Pourtant, si on regarde notre bilan de société, on a pas mal tout fait pour en arriver là. L’éducation n’est jamais un enjeu électoral. Les profs sont payés comme de la bouette. Même qu’une bonne partie de la population est en mode « sauve qui peut » et envoie ses enfants au privé. On vote constamment pour le parti dont la vision du futur est de creuser le nord, et notre gros objectif sociétal, c’est le déficit zéro.

Eh bien, déficit zéro atteint, gang.

Maintenant, est-ce qu’on peut se réveiller?

Histoires de vagins (on dit VULVE)

Je lisais cet article d’Anabelle Nicourd dans La Presse : Les nouveaux complexes du sexe

Ça fait plusieurs fois que je lis ce genre de texte sur la montée de la chirurgie de vulve. D’ailleurs, j’avais écrit une de mes meilleures chroniquesVDLP là-dessus  :

Victime de la porn : t’as un beau vagin

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C’est pas juste une plug gratuite, c’est pour dire que j’ai toujours eu plein d’empathie pour les gens qui sont complexés. Surtout de leur sexe. Tout ce qui empêche d’être bien dans sa sexualité, je trouve ça épouvantable.

Mais cette fois, en lisant le texte d’Anabelle Nicoud, il y a un truc qui m’a frappé. Oui, clairement, il y a une influence des usual suspects (la porn, Hollywood, les magazines, etc.), mais c’est fou combien il y a des parents qui sont non seulement poches, mais aussi très riches.

Je lisais toutes ces histoires de chirurgies super chers et je me disais « Quels histoires de bourges! »

Pas le problème qui est bourge, mais les solutions.

Ce n’est qu’une théorie, mais peut-être qu’un des facteurs qui explique cette hausse drastique de chirurgies, c’est qu’il y a de plus en plus de gens qui font assez d’argent pour se les offrir. Sérieusement, quel genre de salaire faut-il pour vouloir mettre 5000$ sur la vulve de son enfant de 12 ans? Et seulement pour ses propres goûts personnels de parent de marde!

C’est bien beau de dire qu’une ado est influencée par la méchante société, mais quand ta propre mère bitche sur ton sexe, c’est quoi tes chances de t’en sortir côté estime de soi? Ça m’enrage que des gens comme ça puissent avoir des enfants.

En plus, c’est tellement d’argent!

Quand j’avais 12 ans, mes dents croches étaient croches et la moitié de mes amis portaient des broches pour régler ça. Chez nous, c’était trop cher. Case closed. Et même si la société a les dents plus droites que jamais et que 99% du monde à la télé a une dentition parfaite, avec le temps, je me suis habitué à mes dents croches. (Ou je me suis trouvé d’autres complexes plus importants.)

Mais si j’étais super riche et que j’avais la possibilité de régler tout ça dans un après-midi, je le ferais sûrement.

Tout ça pour dire que si on opte de plus en plus pour la chirurgie, c’est peut-être pas tant parce qu’on devient de plus en plus superficiel, c’est peut-être juste qu’on a tellement d’argent qu’on est rendu à en mettre sur des trucs superficiels.

Sinon, les temps ne changent pas tant que ça. Du monde de 50 ans qui rêvent de ravoir leur corps de 25, ce n’est pas un phénomène nouveau. Ça existe depuis que l’humain arrive à vivre aussi vieux.

Les sites de torrents qui ferment

Intéressant de voir qu’en ce début 2015, les autorités (le FBI?) semblent être plus intenses sur les fermetures de sites de piratage. Pirate Bay a été fermé pendant un bout de temps. EZTV aussi. Cette semaine, c’était au tour de Kickass. Évidemment, tout est revenu à la normal.

Autant j’aime bien avoir tout ce contenu gratuitement, autant je suis content dès qu’un site se fait rentrer dedans. Ça me fait chier de voir que des gens volent et piratent des trucs qui coûtent super cher à produire sans même se rendre compte du geste qu’ils posent. C’est rendu super fréquent sur Facebook.

« Quelqu’un connait un site où je peux regarder Game of Thrones? »

Zéro culpabilité. C’est juste normal. Les gens sont même fiers de partager leur fameux site qui a TOUT! C’est comme si c’était qui avaient tout créé. Ils se sentent généreux de partager des trucs qui ne leur appartiennent même pas.

Et là, tout l’argent des 14 000 pubs (et adwares) va au pirateux. D’ailleurs, c’est le même modèle d’affaires pour plein de sites qui scorent fort sur le web en ce moment. Tu fais de l’argent en partageant des trucs que tu n’as pas créé. Tu partages la vidéos d’un site. Tu mets une photo d’un autre site. T’ajoutes un gif animé, 2-3 phrases vides en caractères gras et t’attends tes likes

Mais quand l’argent ne va qu’à des sites comme ça, je ne sais pas si c’est un modèle qui peut tenir longtemps.

Quand on regarde ce qui se passe au niveau des films, c’est assez décourageant. On se canibalise de plus en plus en reprenant des vieux succès ou en reprenant des livres à succès ou en faisant un nouveau film sur la bonne vieille franchise de superhéros à succès. Toujours un cover ou une reprise ou un reboot.

Mais je m’égare.

Ce que j’étais curieux de savoir, c’est s’il est trop tard. Là, ça doit faire 10 ans que tout est disponible gratuitement. Si tous les sites de piratage fermaient demain matin pour six mois, est-ce qu’on recommencerait à payer pour ce qu’on consomme? Technologiquement, c’est pratiquement impossible, mais je suis curieux de savoir ce que ça ferait.

En fait, je me demande si le modèle actuel est en mutation vers quelque chose de viable où les gens vont recommencer à payer pour l’art et le contenu, ou si c’est juste la fin, et que ça n’arrivera plus jamais.

Ce ne sont pas des fous

Je suis tanné qu’on répète dans les médias que les gens qui ont commis l’attentat au Charlie Hebdo sont des fous. Ce ne sont pas des fous. Des fous, ça ne commet pas ce genre de crime. Un fou, ça se fait tirer par des policiers dans le métro parce que ça a décidé sur un coup de tête de courir sur le quai en poignardant des gens au hasard.

C’est quelqu’un qui n’a pas de contrôle ou qui hallucine. Quelqu’un qui a besoin d’être médicamenté et suivi.

Un fou, ça n’organise pas des manoeuvres militaires en groupe sur des cibles concrètes afin de passer des messages de façon méthodique. En fait, juste l’idée d’une équipe de fous, solidaire et organisée, c’est parfaitement absurde.

Ce sont des gens avec des convictions profondes et des valeurs fortes. Est-ce que Jean Tremblay est un fou parce qu’il croit que l’attentat est l’oeuvre du diable? Est-ce que les créationnistes sont tous des fous parce qu’ils nient l’évolution? À partir de quand passe-t-on de sain à fou? Au moment où t’agit sur tes croyances? Au moment où tes actes cessent d’être inoffensifs?

C’est gens-là ne sont pas des fous. Ce sont des radicaux. Des extrémistes. Des obscurantistes. Et ils commettent ces actes de façon parfaitement consciente.

Mes réactions sur la première partie du docu Beauté Fatale *mis à jour*

Le documentaire : Beauté fatale.

(Je réagis seulement à la première partie sur deux.)

J’ai beaucoup de sympathie pour les anorexiques. C’est une maladie mentale horrible. Ça affecte ton jugement. Ayant seulement vécu des épisodes de dépressions, ce sont des maladies aux impacts très différents. La dépression fait que tu vois tout en noir et que tout semble sans issue. Il reste que dans les deux cas, tu ne peux plus faire confiance à ton jugement. Ta perception s’éloigne de la réalité.

Comme adulte, avec des efforts, c’est possible de rationaliser la différence entre notre perception de la réalité et la réalité. Mais quand ça t’arrive à 7 ans comme dans le cas de Léa Clermont-Dion, c’est pratiquement impossible d’y voir clair.

En regardant le documentaire, j’ai d’abord eu le réflexe de voir ça de façon hyper rationnelle. En mode solution, même. Mais plus je regardais, plus je me disais que c’était davantage une démarche thérapeutique qui fera peut-être du bien à sa protagoniste de 22 ans et aux autres filles souffrant de problèmes similaires.

De mon point de vue, tous les paradoxes dont Clermont-Dion prend conscience au cours de sa démarche, ils me semblent évidents dès le départ. Pour moi, c’est ce qui ressort tout de suite.

J’ai trouvé la maturité dans les propos de la maquilleuse Léa Bégin très rafraîchissante. Elle vise en plein dans le mille. En plus, elle semble sincère. Elle ne fait pas que répéter des slogans entendus ailleurs. Son discours est réfléchi. Intégré. Son anecdote sur l’impact que sa beauté accentuée a eu sur les petits gars à l’adolescence n’est pas teintée d’amertume. C’est seulement une prise de conscience. Sa démarche vise à régler ses problèmes en tenant compte de cette réalité.

Dans la démarche du docu, j’ai souvent l’impression qu’on cherche des coupables. Ce qui est bien correct, mais ce sont souvent des coupables faciles et populaires. Quasi populistes. Il y a une naïveté dans le propos. J’ai eu l’impression que LCD blâme sa mère alors qu’elle est vraiment tombée sur une femme saine et douée d’une grande intelligence émotionnelle. On semble aussi attendre le jour où les magazines de beauté arrêteront d’être des plateformes à vendre des produits de beauté. Mais ça n’arrivera jamais. C’est leur raison d’être.

En fouillant notre passé, on peut tous trouver des raisons et des explications qui font qu’on perçoit mal les choses au présent, mais il y a un moment où il faut en arriver à la prochaine étape. Au gros constat important : je perçois mal les choses.

Il y a aussi des questions fondamentales à se poser. Est-ce que je veux plaire aux gars? À mes copines? À mon copain? À moi-même? Il n’y a rien de mal à répondre « oui » à toutes ces questions, du moment que c’est dosé de façon saine. Quand tu souhaites devenir mannequin pour porter les vêtements mieux que toutes les autres filles du monde ou d’être sex-symbole pour plaire à tous les garçons de la planète, tu t’enlignes sur une track dangereuse. C’est vraiment beaucoup demandé.

C’est impossible d’être heureux longtemps quand 90% de ton bonheur repose sur un besoin démesuré d’approbation. Que tu cherches l’approbation en étant un canon de beauté ou en disant les bonnes affaires à la télé, ça demeure le même problème de fond.

Pour arriver à être bien, il faut se construire sur des bases plus solides que ça.

J’ai hâte de voir la seconde partie.

AJOUT : Je viens de regarder la deuxième partie du documentaire et je n’ai pas grand-chose à ajouter à part que ça faisait du bien d’avoir l’input des femmes plus âgées. Ce n’est pas le même thème, mais c’est vraiment le défi d’une vie de s’accepter dans son corps qui décrépit.

Ma théorie (du complot)

Quand on jase que les Québécois payent trop d’impôt et que personne ne voudra rester ici t’à l’heure, quels arguments amène-t-on?

– Le système de santé gratuit
– Les garderies à 7$
– 30 Vies (Ok, non)

Quand on se compare aux autres provinces, l’argument des garderies à 7$ est toujours la première chose qui sort! Ça compense pour le plus haut taux d’imposition. Un beau 7$ par enfant universel qui encore toutes les familles, notre relève.

Maintenant que c’est terminé et que le 7$ n’est devenu qu’un filet social pour les pauvres. L’argument prend le bord. Pour les pas-pauvres, ça va monter jusqu’à 20$+ comme partout ailleurs. Et une fois à 20$, pourquoi tu n’irais pas dans une garderie privée, hein? Pu besoin de te mélanger avec les inférieurs. On peut retourner comme avant dans nos beaux silos de classes sociales.

Et une fois que tu n’as pas plus de service qu’ailleurs, pourquoi criss tu payerais plus d’impôt, hein?

Et voilà. Boom-e.

En scrapant l’universalité des garderies à 7$, tu scrap du même coup l’argumentaire pour le modèle québécois. Fini les ambitions plus sociales et progressistes. Le Québec est une province comme les autres. Pareil, mais plus endetté. Il faut donc encore plus scraper tout ce qui nous rend meilleur et distinctif au lieu d’aller fouiller dans les gaspilles d’argent dont les scandales pleuvent.

(Je l’avais dit que c’était une théorie du complot.)

Concernant l’assassinat de Radio-Canada

Il serait surprenant de voir les Conservateurs changer d’avis sur l’importance de Radio-Canada. De toute façon, les libéraux ont fait à peu près la même chose avant eux. Sans compter que le destin de Radio-Canada est intimement lié à celui de CBC, et le Québec est loin d’avoir une voix forte dans ces discussions-là.

Cela dit, ce qui me dérange le plus, c’est qu’une bonne partie de la population ne semble pas réaliser que la santé de Radio-Canada est un enjeu central dans notre démocratie et notre culture. J’ai condensé quelques arguments en essayant fort de ne pas tomber dans le Conservateur-bashing facile.

L’objectivité journalistique

C’est clair qu’un journaliste ne devient pas un journaliste objectif dès qu’il travaille pour Radio-Canada. Au même titre qu’un journaliste ne devient pas croche dès qu’il est repêché par La Presse ou TVA. Il n’y pas non plus de méchant boss qui force ses journalistes ou chroniqueurs à avoir une opinion plus qu’une autre.

Sophie Durocher n’a pas besoin d’une commande pour écrire des niaiseries. Les chroniqueux comme Martineau, Duhaime ou Durocher savent très bien que c’est en ayant des opinions controversées qu’ils vont faire le plus d’argent. On les a engagé pour ça. Ils n’ont pas besoin de bons arguments, ils ont besoin d’arguments spectaculaires. Des arguments qui vendent de la copie. Ces gens-là savent créer des controverses avec rien pour générer du trafic. Ils deviennent donc un bon investissement pour une entreprise privée. Mais un bon investissement pour une information de qualité?

L’information de qualité, ça demande de la rigueur. De la crédibilité. Ça demande d’être redevable et d’être le plus objectif et impartial possible. Le diffuseur public a des responsabilités face à la population et en est redevable.

Bon, Radio-Canada est loin d’être parfaite. Je me rappelle que durant la crise étudiante, on tentait d’établir si une manifestation avait dégénéré à cause des étudiants ou de la police. Quel « expert » avait-on choisi pour trancher la question? Le chef de la police.

Assez ridicule. Il reste qu’il y un processus pour se plaindre de ce genre de chose et la société devra y répondre. Radio-Canada a comme mandat d’informer le mieux possible sa population.

Prôner l’affaiblissement de Radio-Canada, c’est prôner l’ignorance.

Pas d’émission jeunesse -> pas d’émission adulte -> pas d’émission pantoute

Radio-Canada a déjà coupé massivement dans ses émissions jeunesse. En fait, est-ce qu’il reste encore des émissions pour adolescents à Radio-Canada? Et pour les 9-12 ans? Une bonne partie de la population se fout pas mal de ce genre de truc.

« Qui va s’ennuyer de Watatatow?! »

Cependant, le nombre d’acteurs, de réalisateurs et de scénaristes qui sont passés par des émissions comme Watatatow est impressionnant. C’est une façon de prendre de l’expérience et de se perfectionner dans des métiers difficiles. C’est toute notre industrie qui s’améliorait avec ce genre de plateforme.

Présentement, on ne se rend pas compte des dommages parce que les artistes qui sont passés par ces émissions-là sont encore sur le marché, mais on ne se renouvelle plus depuis déjà quelques années et les conséquences seront longues à réparer.

Et pour les gens qui méprisent les artistes, ils sont loin d’être les seuls citoyens affectés par ces mesures.

On néglige souvent ce fait, mais il est prouvé qu’une population qui ne regarde pas ses émissions jeunesse à l’enfance ne regardera pas non plus ses émissions locales à l’âge adulte. Les Français ont d’ailleurs ce problème. Ils ont beaucoup de misère à faire marcher leurs propres séries télé parce que la population préfère et s’est habituée aux séries traduites américaines.

Et avec la télé privée américaine vient la culture et les valeurs de la télé privée américaine. Sans chercher à diaboliser les États-Unis ou le reste du monde,  est-ce qu’on souhaite vraiment que les Québécois n’écoutent que de la télé qui est produite de partout sauf d’ici? Avec les valeurs de tout le monde sauf des nôtres?

Ne pas dépendre des pubs et des cotes d’écoute

L’entrée de la pub est un des trucs catastrophiques qui est arrivé à Radio-Canada. Encore là, la population ne remarque pas vraiment les impacts d’une telle décision. Ajouter de la pub, c’est seulement une nouvelle entrée d’argent qui est bonne pour tout le monde, non?

Pas nécessairement.

C’est que la pub arrive souvent pour compenser une baisse de budget. Les effets sont pervers. Par exemple, quand une partie de ton budget dépend de la pub, ça implique que tu dois maintenant te préoccuper des cotes d’écoute et aller en chercher un maximum pour maintenir ton budget.

Malheureusement, les cotes d’écoute ne sont pas toujours en parfaite corrélation avec la pertinence ou qualité.

– La télé-réalité, ça attire plein de monde.
– Les vidéos de chatons, ça attire plein de monde.
– Les nouvelles sur le conflit au Moyen-Orient, c’est un peu moins sexy.

Quand tu choisis ton sujet de nouvelle ou de chronique, le côté pop devient un facteur beaucoup plus important. Est-ce que tu parles des fesses de Kardashian ou t’y vas avec une enquête sur le lobby obscur qui demandera dix fois plus d’effort pour dix fois moins d’intérêt?

Bon, mon exemple est gros (et bombé), mais c’est une réalité qui touche tous les médias en ce moment. On ne veut plus investir ou prendre des risques, on veut faire ce qui rapporte le plus. D’ailleurs, où est l’audace dans la télé québécoise si on enlève les chaines publiques?

Radio-Canada rend sa compétition meilleure

Sûrement qu’en lisant mon texte, vous vous êtes déjà dit quelques fois des trucs comme…

« La Presse est une entreprise privée et ils ont des bons journalistes. »
« Pourtant, les nouvelles TVA ont bien du bon sens. »
« Dora est une émission jeunesse super éducative. »

Et je suis plutôt d’accord. Encore une fois, je ne cherche pas à diaboliser le privé. C’est juste que l’objectif d’une compagnie privée, c’est de faire de l’argent. Ce n’est pas une mauvaise chose, c’est seulement que ça ne va pas nécessairement en accord avec le bien collectif.

Si les produits des compagnies privées sont d’aussi bonnes qualités, c’est souvent en bonne partie parce que les diffuseurs publics tels que Radio-Canada les force à rester honnêtes. Le privé est bien conscient que s’il y va trop fort avec les calories vides, la population va retourner massivement vers son diffuseur public.

Mais pour ça, il faut qu’il existe et qu’il soit en santé.

Sinon, ça ressemble aux États-Unis où l’on voit quotidiennement la guerre entre des réseaux comme CNN et Fox News. Ça devient difficile de se faire une tête et d’être bien informé parce qu’on sait d’avance les opinions et les agendas de tout le monde. Le but de ces chaines n’est pas de nous informer le mieux possible, c’est d’attirer un maximum d’auditoire devant leur poste pour faire un maximum d’argent.

Comme citoyen, la seule chance d’être bien informé, c’est si la bonne information devient l’information la plus payante. Les chances sont minces. La vraie information, ça coûte cher. Ce n’est pas une façon facile de faire des profits. Il n’y a qu’à regarder TQS/V qui s’est débarrassé de sa salle de nouvelles dès que c’est devenu possible. C’est beaucoup moins cher de produire des émissions où l’on regarde des inconnus en train de souper. Imaginez la différence de budget et d’heures de recherche comparé à une émission comme Enquêtes à Radio-Canada.

Si Disney offre aujourd’hui une multitude de films avec des personnages féminins forts qui prennent enfin la vedette, ce n’est pas parce que ses dirigeants ont soudainement eu envie d’accorder plus d’importance aux femmes et à leur émancipation. C’est parce que bien tranquillement, c’est devenu l’option la plus payante.

Est-ce qu’on veut une télé qui réagit lentement au marché ou une télé moderne et avant-gardiste qui nous projette vers l’avant?

La rentabilité de Radio-Canada

On voit constamment les diffuseurs privés planter Radio-Canada. C’est de bonne guerre. Radio-Canada ne devrait jamais répliquer. Elle n’est pas là pour être en compétition. Elle n’est pas là pour battre TVA. Elle est là pour être la meilleure possible. Un modèle. Un rempart.

La rentabilité d’un diffuseur public ne se mesure pas niveau des cotes d’écoute. La rentabilité d’un diffuseur public se mesure à ce qu’elle apporte à la population. Parce qu’une population informée, cultivée et vigilante, c’est une population qui devient difficile à manipuler. C’est une population qui prend de meilleures décisions. Et une population qui prend des décisions éclairées, ça devient rapidement rentable à tous les niveaux.