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L’option A, l’option B…

On dit que t’es tanné de jaser d’indépendance, mais je n’y crois pas tant que ça. Il faudrait que tu me le dises. Peut- être que c’est un sujet trop lourd pour toi. Cette idée qu’on va finir par disparaitre.

Pas toi, évidemment. Toi tu ne disparaitra pas de toute ta vie, mais le Québec et le peuple qu’il représente, c’est inévitable. Il va finir par se dissoudre. C’est démographique.

Bon, encore deux mots un peu lourds : identité et démographie.

Avant, on pouvait séparer les nations plus facilement : les Canadiens-Anglais, les Canadiens-Français, les Amérindiens ou les Premières Nations. Maintenant, j’imagine que l’on peut simplement choisir de tous se voir comme Canadiens. Ça sonne rassembleur. Plein de peuples qui s’unissent dans ce beau projet commun. C’est inspirant, non?

C’est ce qu’on va appeler l’Option A. L’option qu’on a déj à choisi deux fois. Le statu quo.

Ce qui est dommage avec ça, c’est qu’il n’y a pas d’avenir pour les francophones dans l’option A. Est-ce que ça te dérange? Peut- être pas. La province de Québec peut exister sans ça. Il y a plein de gens pour qui ce n’est pas si important que ça. Les priorités sont ailleurs.

Comment se porte la création d’emploi?
Est-ce que le chômage est bas?
C’est mieux de parler d’économie, peu importe ce que ça signifie.

Mais la disparition des francophones dans ce modèle-là, elle est inévitable. Au cours des dernières années, le poids démographique du Québec a déj à diminué dans le Canada. C’est un peu abstrait parce qu’au quotidien, ça ne parait pas à moins d’y porter attention. Mais un petit signe de ça, c’est que les Conservateurs ont récemment été au pouvoir pendant 2-3 mandats sans avoir besoin du Québec.

C’était une première historique. Un truc qui était pratiquement impossible à accomplir lorsque le Québec représentait un Canadien sur quatre. Maintenant qu’on s’approche de représenter un Canadien sur 5, notre pouvoir politique baisse. Ce n’est pas que démographique, c’est démocratique.

Et ça ne va aller qu’en empirant. Pour plusieurs raisons. On est plus féministe que le reste du continent alors on fait moins d’enfants. On s’est débarrassé de l’emprise du clergé alors les femmes ne sont plus des pondeuses comme avant. Deux trucs positifs qui démontrent bien notre modernité, mais qui jouent contre nous d’un point de vue démographique. Sans oublier la vague des babyboomers qui est en train de s’essouffler.

En fait, une majorité de la croissance de la population actuelle est due à l’immigration. Et pour un immigrant qui débarque au pays, quelle appartenance risque-t-il de choisir à ton avis? À quelle culture va-t-il se greffer? Celle de la culture américaine omniprésente? Celle du Canada multiculturel? Celle de Montréal, la belle métropole bilingue? Celle du Québec francophone?

À moins de parler français avant m ême d’arriver, les chances de choisir l’anglais sont aussi immenses que compréhensibles. D’ailleurs, les immigrants qui choisissent le Québec demeurent déj à en très grande majorité à Montréal. Au niveau de la langue, on a des programmes de francisation qui sont un désastre, mais de toute façon, la plupart du temps, ce ne sont pas les immigrants de première génération qui apprennent la nouvelle langue du pays, ce sont leurs enfants.

La loi 101 a permis d’acheter du temps à ce niveau-là, mais elle n’est pas parfaite. Déj à, forcer les gens à parler le français, ce n’est pas vraiment ce qui rend les gens fiers de leur culture. La loi 101, c’est une loi de peuple en mode survie. Et c’est pour ça que l’option B, m ême si elle est toujours malmenée sans qu’on l’ait essayé, demeure toujours d’actualité.

C’est qu’avec un Québec indépendant, il y a plusieurs de ces problématiques qui se règlent :

– La chute démographique du Québec dans le Canada n’aurait plus d’importance d’un point de vue politique. Le Québec pourrait décider lui-m ême de toutes ses lois et de ses ententes.

– Les immigrants auraient maintenant un choix clair un Canada anglophone ou un Québec francophone.

– Les Québécois pourraient tous apprendre l’anglais sans craindre qu’elle devienne la langue d’usage.

Et tu sais quoi? On pourrait m ême cesser tous ces débats ridicules sur quelles valeurs représentent un vrai Québécois. En fait, je pense que ce sont plutôt ces discussions-là qui sont gossantes. Avec l’indépendance, on n’aurait plus à essayer de se protéger ou à essayer de se définir comme minorité qui aimerait survivre. On pourrait juste exister.

La parité

Ça fait plusieurs débats et articles que je pogne sur la parité homme-femme et je pense qu’on se plante en souhaitant que ce soit 50-50 partout.

Perso, je dirais qu’il y a 3-4 catégories qui s’appliquent selon les cas.

Pour nos élus, ça va de soi qu’ils doivent être représentatifs autant que possible mais évidemment, c’est aussi limité par le choix des électeurs. Ça revient un peu aux partis politiques d’en faire une priorité et les gens voteront.

Pour des métiers traditionnellement masculins comme les policiers, on a vu les avantages d’ajouter une certaine mixité. Ç’a fait évoluer les méthodes et l’approche des policiers et en tant que société, on y gagne tous. Pas besoin d’ être 50-50, mais assez de mixité pour atteindre un résultat optimal.

Pour la construction ou les camionneurs, est-ce qu’on gagne collectivement à atteindre l’égalité homme-femme? Pas vraiment, mais il demeure important de faire certaines mesures pour s’assurer que les femmes ont aussi la chance d’y faire leur place malgré la prédominance masculine.

Pour les subventions artistiques, c’est important d’ être représentatif de la population et d’avoir une pluralité de points de vue afin que le public puisse s’y reconnaitre. Mais une VRAIE pluralité, pas seulement de faire plus de place aux lobbies les plus bruyants. Et évidemment, il faut que la qualité soit l à. Et la demande.

Par exemple, pour les profs de primaire, on gagnerait à avoir une meilleure parité, mais la demande des hommes est beaucoup moins forte. Outre la sensibilisation, il y a donc des limites à ce que l’on peut faire. Et engager des incompétents pour un rôle aussi majeur n’est pas une option.

Bref, il faut juste avoir l’intér êt collectif en t ête et éviter d’y aller dans le mur à mur.

Public VS Privé, en éducation

Ce qui me dérange dans ce débat, c’est que les parents plus riches et les parents qui ont le plus à coeur l’éducation ont leurs enfants au privé, alors d’où viendra le courage politique pour replacer le système public?

À peu près personne au gouvernement n’a d’enfants au public. C’est la m ême chose pour une grande partie des journalistes influents. Le gouvernement va continuer d’y mettre le minimum de ressources comme réparer des écoles qui tombent parce que ça parait mal aux nouvelles, mais le problème de fond, il va continuer de perdurer parce que ça ne touche pas les enfants des décideurs et des influenceurs.

Et à ceux qui sortent l’argument financier pour justifier le statu quo, vous négligez toujours un aspect super important. Vous sous-estimez grandement l’impact qu’ont les parents de ces enfants dans le système privé. Les parents pour qui c’est important que ça fonctionne et qui sont pr êts à mettre des heures, de l’énergie et leur réseau de contact pour améliorer les choses.

Ces parents-là, en ce moment, ils aident les écoles privées. Et cette perte-là pour le système public, c’est beaucoup plus qu’une histoire de sous.

Bonjour/hi

Dans ma journée de repos un peu vedge, j’ai lu un paquet de commentaires concernant le fameux « bonjour/hi » qui est rendu pas mal généralisé à Montréal. (Dans le Montréal où je vis, en tout cas.)
 
Ça m’a pas mal découragé parce que je lisais rarement des commentaires qui ressemblaient à ma position. J’ai vu plein de monde dire que c’est hot parce que le Canada est bilingue et bla bla bla, mais ce n’est pas le Canada qui est bilingue, c’est Montréal. Ton bonjour/hi, tu risques de l’attendre longtemps à Vancouver ou Toronto.
 
J’ai aussi vu beaucoup de monde qui voit l’anglais comme la langue evil de l’envahisseur canadien ou l’inverse avec plein de Québec-bashing sur les maudits Québécois intolérants qui chialent tout le temps pour rien. Quand les gens disent que ce combat pour la langue est dépassé, c’est cette vision/rivalité/partie-là du débat qui est particulièrement dépassée.
 
Le vrai combat moderne, ce n’est pas d’arriver à interdire ou à diaboliser l’anglais. Tout le monde devrait connaitre l’anglais en 2017. C’est la langue internationale. Le combat pour la langue au Québec, ce n’est pas d’avoir peur du bilinguisme individuel ou de la culture anglophone.
 
Le combat, c’est que le français demeure la langue d’usage au Québec.
 
Et la langue d’usage, ça ne veut pas dire que tout le monde soit en mesure de parler français si on les force à coup de lois ou de menaces. C’est que ce soit la langue par défaut un peu partout parce que c’est la langue dans laquelle la population se jase. Au travail, au centre d’achat, à l’école.
Encore l à, ce n’est pas une question de virer fou parce qu’il existe un quartier anglo ou chinois ou de repartir un autre pasta gate ridicule.
 
Mais si à Montréal, les gens parlent seulement français parce qu’on les force et switchent à l’anglais dès que c’est possible, le combat est déj à perdu. Reste à déterminer si collectivement, c’est encore quelque chose que l’on trouve important.

Grosse élection dans Gouiiiiiiin! #monhood

J’ai finalement voté pour Gabriel Nadeau-Dubois. J’ai voté pour lui parce que je pense qu’il est le candidat qui peut amener le plus à notre collectivité.

C’est la troisième fois que je vote pour Québec Solidaire, m ême si c’est un parti auquel je ne crois pas. (J’avais aussi voté pour Françoise David les deux premières fois qu’elle s’est présentée.) GND croyait pouvoir révolutionner son parti, mais je ne sais pas s’il en sera capable ou s’il y croit encore après le déroulement de son premier congrès. Le concept de porte-parole fonctionne mal dans un contexte de parti politique. Et ce serait encore pire pour un parti au pouvoir. Les militants ne sont pas aptes à décider de tout. Ils sont forts pour proposer des idées, mais ils sont bien souvent aveuglément partisans. C’est comme si on demandait aux fans du CH de décider à la place du DG. Ça peut être plus efficace qu’un DG poche, mais ça n’accotera jamais un vrai bon DG intelligent avec une vision et l’intér êt du peuple à cÅ“ur.

Il reste que GND amènera de l’enthousiasme à notre monde politique qui en a grandement besoin. Et qui sait, peut- être qu’il la réussira, la réforme de son parti. Je trouve quand m ême assez frustrant de voir tous mes poulains aussi éparpillés.

Véronique Hivon, Paul Saint-Pierre Plamondon, Gabriel Nadeau-Dubois, Jean-Martin Aussant.

Il me semble que ça torcherait n’importe quel caucus à l’Assemblée nationale, mais pour un paquet de raisons (assez décourageantes), ça n’a presque aucune chance d’arriver.

Ce double standard est délicieux

Avez-vous pogné l’histoire des fusions de circonscriptions au provincial? Manon Massé en serait la grande perdante étant donné que Sainte-Marie–Saint-Jacques serait dissolue dans les circonscriptions autour.

Massé en jasait avec Dutrizac ce midi et c’est vraiment une discussion trippante, parce que dans les différents articles sur la question, on apprenait qu’ils ne pouvaient pas mélanger Westmount et le Plateau parce que ce sont des « communautés naturelles ».

J’AI TELLEMENT AIMÉ ÇA QUAND ILS ONT DIT ÇA COMME ÇA!!!

J’ai aimé ça parce que lorsqu’on discute entre des cool fédéralistes et des méchants séparatistes, les fédéralistes ont toujours le beau rôle.

Les fédéralistes prônent qu’il faut être inclusif. Ils refusent tout discours qu’ils jugent « identitaire » comme si c’était forcément une mauvaise chose. Toute frontière ou concept de séparation seraient systématiquement comparables à Trump et son mur cave. Tout devient forcément xénophobe dès qu’on ne souhaite pas tout fusionner avec nos gentils voisins.

« Ne sommes-nous pas tous des humains, dans le fond? Abattons les frontières et aimons-nous tous ensemble fort fort fort! »

C’est comme si l’idée que le Québec puisse être une « communauté naturelle » est impossible  à assimiler par les fédéralistes ou le reste du Canada. Pourtant, si on parlait de fondre Westmount dans les circonscriptions autour, le m ême monde qui trouvait diabolique l’idée de l’indépendance du Québec crierait au scandale.

Et avec raison!

L’idée de la souveraineté, c’est justement pour défendre la communauté québécoise dans un grand pays bilingue et multiculturel. La démographie du Québec est en chute libre parce que comme tous les peuples plus modernes, on fait moins d’enfants. Le Québec perd du pouvoir et à moyen ou long terme, il ne peut qu’ être noyé dans la marre anglophone et multiculturaliste.

Ça n’a rien de xénophobe ou exclusif. Il n’y a rien de mal à être un anglo de Westmount ou un franco du Plateau. Ça peut être toute du bon monde gentil ET quand m ême trouver qu’ils gagneraient à faire les choses à leur façon chacun de leur bord.

Et l à, je ne raconte pas tout ça pour que les fédéralistes deviennent souverainistes. J’aimerais juste qu’on réalise que ça peut être un objectif tout à fait défendable, sain et noble. Et que le double standard dans le présent débat des circonscriptions est d’une hypocrisie totale et flagrante.

D’ailleurs, c’est vraiment triste pour la circonscription de Manon Massé qui comprend entre autres le village gai. C’est à croire que cette communauté-là compte moins que la communauté juive. En plus, Massé est dans les rares députés qui n’a pas gagné son siège juste parce qu’elle faisait partie du bon parti politique. Comme Françoise David, elle a buché et travaillé vraiment longtemps sur le terrain avant d’ être élue. Évidemment, ça ne devrait pas être un facteur pour définir les futures cartes électorales, mais au niveau humain, ça reste triste.

 

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