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Victime de la porn – des orgasmes écolo

Avec la pandémie qui frappe fort, le confinement qui nous isole et le monde qui s’en va chez le diable, c’est une pas pire recette pour se mener vers l’aliénation mentale. Par chance, le sexe est une excellente façon de se slaquer un peu l’anxiété. (Ça pis les Drumstick.) 

D’ailleurs, ce n’est pas étonnant si les ventes de sextoys explosent à chaque confinement. Plein de gens en manque sont pognés avec leur solitude. Les gyms sont fermés. Ça finit que tu te commandes quatre-cinq nouveaux jouets en espérant que le colis sera semi-discret

Ce qui nous amène à notre première gaffe à éviter. Car ce n’est pas parce qu’on veut orgasmer qu’on doit saccager la planète. (Voilà un beau slogan pour les écoles secondaires !)

Qualité > Quantité

Une des erreurs commises par les recrues qui se magasinent des pénis artificiels sur le Web, c’est de trouver qu’ils se ressemblent un peu tous à l’écran alors elles finissent par baser leurs décisions un peu trop sur le prix (et la vitesse de livraison). 

Et ça finit que :

  • Achat #1 : le plastique est nul 
  • Achat #2 : la vibration meurt au bout de quatre minutes
  • Achat #3 : la couleur te décolle dans le poil pubien
  • Achat #4 : tu te développes dans l’entrejambe une nouvelle sorte de zone rouge

Parce que non seulement commander plein de dildos de mauvaise qualité est horrible pour l’environnement (et qu’on va retrouver le long des rives plein de dauphins morts avec des vibros jammés dans le blowhole), mais ça peut aussi être assez nocif pour le corps.

Connais-tu les phtalates? On dirait un beat, mais c’est un groupe de substances chimiques qui sert à assouplir les matières plastiques. Eh bien, ces phtalates qui sont déjà interdits pour les jouets pour enfants ou pour les cosmétiques ou un paquet d’autres trucs, ne sont pas toujours pas interdits pour les jouets sexuels que tu vas aller t’insérer dans tous les trous !

Bref, c’est ben plate, mais un sextoy qui a du bon sens, ça ne se commande pas sur Wish. Vaut mieux s’acheter un modèle de qualité (et qui coûte donc un certain prix) qu’on va tougher des années que plusieurs modèles poches qui ne vont servir qu’une demi-fois chacun. 

Le modèle à 4$ qui a été recyclé à partir de vieux jouets McDo retrouvés sur les lieux de Tchernobyl, garde ça loin de tes orifices.

Vagins de poche

Du côté des jouets pour hommes, les Fleshlights sont un peu la norme et  malheureusement, elles ne sont pas recyclables (et leur valeur de revente sur Marketplace est bof). Il vaut donc mieux les entretenir comme du monde afin qu’elles durent le plus longtemps possible. 

Je n’irai pas jusqu’à dire de les partager avec des pairs (via l’app CommunaNoune?), mais si on y pense, on se moquait des monsieurs bizarres qui se marient avec leur poupée de silicone grandeur nature, sauf que d’un point de vue écolo, leur union est pour la vie alors… mazel tov, monsieur bizarre !

La lingerie

La lingerie verte et écolo est de plus en plus tendance depuis que la clientèle a commencé à y être sensibilisée et donc, à la revendiquer. C’est une bonne chose parce que mine de rien, les produits utilisés consommaient beaucoup de ressources et de trucs qu’on ne soupçonnerait pas nécessairement. Encore les bons vieux phtalates, mais aussi des pesticides ! Ça fait moins sexy, hein ? Et non, ça n’empêche pas de pogner des bibittes.

Perso, je ne suis pas un grand fan de lingerie, mais j’avoue que je peux être le genre à déchirer un slip par élan de passion de temps en temps. C’est peut-être pour ça qu’il y a ces promos de 20 petites culottes pour 4$ à la Senza. Peut-être qu’on devrait sortir un modèle avec velcro pour éviter la surconsommation? Ce serait presque aussi satisfaisant que le déchirement avec le bon bruit !

« Rsssscchhhhhh ! »

Je pense que je tiens quelque chose. Les sous-vêtements à velcro.

  • Le soutif : rrsschhh ! 
  • La culotte : rrsschhh ! 
  • Concept de marde : rrsschhh ! 

Cela dit,  il y a des travailleuses du sexe qui arrivent à donner une deuxième vie à leurs petites culottes déjà portées en les revendant à des monsieurs en manque. (C’est Greta qui serait fière !) L’instababe Belle Delphine arrive même à revendre l’eau de son bain ! 

Et parlant d’eau, je vais encore casser le party, mais le sexe dans la douche n’est pas une pratique écoresponsable et ce, pour deux lois de physique fondamentales : 

Loi #1 : Plus une douche dure longtemps, plus on consomme d’eau chaude.
Loi #2 : Plus le sexe est bien, plus le temps passe vite. 

Un petit truc qui ne coûte rien, c’est d’éviter de choisir des draps pâles et unis qui vont laisser paraitre la moindre tache de lubrifiant ou de sang menstruel après le lavage, et qui va donc donner le goût d’en acheter des nouveaux plus fréquemment. C’est donc le temps d’y aller à fond pour des draps à motifs dignes de la tapisserie dans The Queen’s Gambit

Plus catholique que le pape

Le pape est rarement un exemple à suivre pour être épanoui côté sexe (ou n’importe quoi d’autre), alors il vaut mieux éviter de se mettre la pression d’être zéro déchet du jour au lendemain et d’y aller graduellement avec des améliorations réalistes.

Comme on nous le rappelle assez souvent ces temps-ci : ça revient à la balance des inconvénients. 

Par exemple, les condoms, ça pollue, mais ça pollue beaucoup moins qu’un enfant non-désiré sur une planète déjà surpeuplée. (D’ailleurs, si ton chum utilise toujours cette excuse pour avoir du buttsex, il y a peut-être un conflit d’intérêt.)

Il y a plein de petits compromis à faire, mais vas-y à ton rythme. 

Es-tu prêt mentalement à te faire une brassée de petites guenilles de crossette pour éviter d’éjaculer dans des kleenex? Vas-tu te gosser un vibro en bois qui vibre avec un dynamo que tu dois crinquer juste avant? Vas-tu te mettre à popoter ton lubrifiant maison ou tu préfères attendre la version de Ricardo? 

Peut-être que c’est trop et que tu vas te dire « Fuck it ! Je retourne aux bons vieux concombres ! » Mais si ce n’est pas une métaphore méprisante pour parler des hommes, sache que les concombres (et les aubergines) sont poreux et peuvent donc contenir plein de bactéries. C’est donc à éviter. (Oui, même avec du Cheez Whiz.)

Si tu veux garder ça vraiment super simple, eh bien, l’abstinence est une solution radicale, mais efficace. Et si tu cherches une façon pour diminuer ta libido, il suffit de retourner regarder les nouvelles. 

Pour d’autres chroniques sympa de la série Victime de la porn, la compilation des meilleures de TOUS les temps est disponible ici ! Un cadeau de confinement idéal ! :-)

Le climat toxique chez les chroniqueurs québécois

Le monde médiatique québécois est tellement petit que tout le monde se connait.

Les chroniqueurs ont pratiquement tous un passé les uns avec les autres, ce qui fait que ceux qui ont déjà des divergences d’opinions se sont souvent chicanés ensemble dans un passé pas si lointain.

Je lis des prises de position et c’est souvent rempli de rancoeur et d’ego. On ajoute plein de mauvaise foi pour répondre et/ou compenser de la fois où telle chroniqueuse avait aussi été de mauvaise foi et ça se répond en chaine comme ça. T’as aussi les followers qui amplifient le discours de chaque chroniqueur.

Des followers qui sont de bonnes personnes quand ils sont idéologiquement de ton bord, mais qui deviennent de vilains intimidateurs quand ils sont du camp adverse.

Et en-dessous de tout ça, il y a le public, qui reçoit un contenu clairement affectée, sans être trop conscient de ces games toxiques, et assez immatures. Je me demande si c’est réhabilitable, et si oui, comment.

En attendant, on regarde ça aller sur les réseaux sociaux. Il me reste à aller acheter le bouquin à Bazzo.

Juste les meilleurs

Je me sens bien (libérééééé, libérÉÉÉÉÉ!!!) parce que je viens de livrer un chapitre à mes Patreons et je voulais vraiment closer ça avant la fin du mois.

Si tu m’as lu ici un peu ces derniers temps, t’as vu que mon mois d’octobre a été difficile et que j’ai même eu de la misère à écrire pendant un petit bout. C’est tellement pas moi d’avoir de la misère à écrire!

D’ailleurs, c’est venu sur le sujet à ma dernière thérapie de groupe!

Je racontais dans le post précédent que la semaine passée, j’avais un peu passé mon tour. Eh bien, cette semaine, c’était comme la grosse semaine « spécial Eric » pour faire du rattrapage et on a passé genre une heure sur mon cas. C’était vraiment gênant et justement, je me suis ramassé à jaser de mon projet Clandestino

Je pense que je suis toujours un peu fourré avec mon style d’écriture sur ce projet-là parce que je n’ai jamais voulu être écrivain et je ne me reconnais pas dans ce que je m’imagine être un écrivain.

T’sais, je n’ai pas d’amour des mots. Je n’ai pas un grand vocabulaire. Je ne connais pas les règles de français que mes amis écrivains connaissent. Je ne trippe pas à décrire une pièce pendant trois pages. Non seulement ça ne joue pas sur mes forces, mais ça ne joue pas sur mes intérêts non plus. Sans compter que comme lecteur, ce n’est pas ce qui m’intéresse non plus.

Pis quand je me force à « jouer à l’écrivain », je commence à perdre ma couleur, me perdre et je trouve vite que ça donne des textes beige. J’avais de la misère à mettre des mots sur tout ça et je trouvais ça ridicule de jaser de style d’écriture en thérapie, mais finalement, en jasant de tout ça avec les autres, j’ai comme compris que ce que j’y perdais, c’était mon authenticité, qui a pas mal toujours été au coeur de mon écriture et ce, à tous les niveaux.

Pis je pense que c’était ça mon frein (d’écriture).

J’ai aussi parlé que j’avais reçu deux cadeaux de mon lectorat. Tout le monde était bien impressionné. C’est qu’il y a quelques semaines, je me suis créé une liste de souhaits sur Amazon de plein de trucs que j’aimerais tellement m’acheter, mais que je ne suis pas capable de me payer.

J’ai partagé ma liste sur mes plateformes avec zéro attente, mais crime, une vieille amie du web à qui je n’avais pas parlé depuis une éternité m’a acheté une imprimante laser monochrome pis avant-hier, j’ai reçu une lampe d’une autre amie rainmaker qui me suit depuis super longtemps!

C’est vraiment cool le thrill de voir le livreur débarquer avec une boite sans que tu n’aies rien commandé!

Je sens qu’on a voulu m’encourager avec des cadeaux en lien avec mon écriture. J’essayais de m’en sortir sans imprimante, mais c’était rendu chiant en temps de covid et je vais apprécier les pauses d’écran que va m’offrir le papier. Et la lampe va justement aider rendu là. Elle est vraiment cool!

Mais bref, c’est weird parce que lorsque je racontais ça dans le groupe de thérapie, j’avais l’impression qu’ils s’imaginaient que j’avais des milliers de fans, mais je suis loin d’en avoir tant que ça.

J’ai juste les meilleurs. ;)

Thérapie de grou-ou-oupe

Je racontais ici mercredi que je n’allais pas très bien.

Quand j’écris ce genre de texte, c’est pour deux raisons.

  1. L’écrire et l’exprimer me fait du bien. J’ai besoin de le sortir.
  2. C’est un appel à l’aide. À mon entourage et à l’univers que je ne vais pas top.

Sauf que le soir où je publie ce genre de texte, quand on m’écrit un petit mot, je ne réponds pratiquement jamais. Je ne suis pas certain du pourquoi.

Ça me fait du bien de recevoir le message. C’est comme une preuve que j’existe assez pour compter pour quelqu’un. mais je ne réponds pas. Je cherche vraiment à comprendre. Peut-être parce que j’ai honte d’avoir eu besoin d’aide ou de l’avoir demandé si explicitement? Je ne sais pas si c’est juste ça.

J’ai juste envie d’aller me coucher et d’affronter tout ça le lendemain pour voir si j’aurai plus le courage d’affronter tout ça et de répondre. Je me dis que je dois souvent avoir l’air bête pour ces gens-là.

Cette fois-ci, le lendemain, j’avais ma thérapie de groupe en après-midi. Regarde bien Monsieur Paradoxe aller.

En partant, je n’ai pas le goût d’aller là-bas. Je sais que j’ai besoin de thérapie. Je sais que j’ai besoin de socialiser. Rationnellement, je le sais, mais je ne file pas pour ni un ni l’autre. Mais j’y vais. C’est l’avantage que je vois aux trucs à une heure précise en temps de dépression. Je ne peux pas les repousser au moment où ça me tente et ne jamais les faire.

Je me présente donc à reculons.

Mais ce qui est cool avec la thérapie de groupe, c’est que t’écoutes les autres avec leurs problèmes, et ça, ça me sort des miens. On peut les aider, eux. Et un truc qui m’étonne encore, même si ça arrive souvent, c’est combien je peux me mettre à cabotiner quand je me ramasse en groupe.

« Ah, l’humour d’Eric. »

D’ailleurs, dans notre thérapie de groupe, il y a un bout où ils font des petits compliments à tout le monde et moi, toute ma vie, j’ai l’impression qu’on a toujours fini par me complimenter sur mon humour, mais j’haïs ça. J’ai l’impression que ce n’est pas un vrai compliment. On donnerait le même compliment à un mononc’ qui raconte des jokes poches à qui on a rien d’autre à dire.

Mais bon, je ne fais pas que déconner aux rencontres. J’essaie vraiment d’être pertinent et mine de rien, après autant d’années de thérapie, d’introspection et à m’intéresser à la psycho, je m’en viens avec du bagage. D’ailleurs, l’autre fois, j’ai reçu un compliment que j’ai apprécié pour vrai. Je ne me souviens pas tout à fait de la formulation, mais on disait en gros que j’apportais une aide pertinente, mais aussi qui n’allait pas nécessairement dans le sens que la personne ou le groupe voulait entendre, mais que c’était toujours fait dans le respect et dans la bienveillance et bref, c’est peut-être pas claire, mais celui-là, je l’ai apprécié.

Mais ce dernier jeudi, j’aidais avec une coche d’humour plus élevée que d’habitude et même moi je me disais à l’intérieur : « crime que ça va clasher avec ce que je vais raconter quand ce sera rendu à mon tour ».

Il faut savoir que dans ces groupes-là, c’est souvent la même dynamique. Généralement (il y a plein d’exceptions), les gens qui commencent sont ceux qui aiment le plus parler alors ils prennent plus de temps et après ils restent tous les plus gênés qui repoussent le plus possible leur tour et qui se partagent les dernières minutes.

Et là, c’est tombé sur la fois où la rencontre devait finir plus tôt et mon tour est tombé à… 5 minutes de la fin. Mais comme j’avais déconné tout le long, tout le monde pensait que j’allais super bien et que ce n’était pas si grave.

C’est ça qui est spécial. Je n’ai pas été fake pendant les trois heures où je déconnais. C’est juste la dynamique qui change. J’oublie mes problèmes et rien ne parait.

On pense souvent que les gens qui se sont suicidés devaient montrer des signes à leur entourage, mais c’est loin d’être aussi simple. Et ce n’est pas forcément parce que tu le caches.

Pour mon petit cinq minute, je suis vite venu le coeur gros parce qu’on s’est concentré sur mes enjeux, mais quand ça reste dans un contexte social où on ne parle pas de moi, ça peut ne pas paraitre pantoute. Même que ça va me faire du bien.

Ce qui est difficile, c’est de provoquer ces situations sociales en contexte de pandémie. Ce que j’aime avec la thérapie de groupe, c’est que justement, je n’ai pas à y aller en me forçant à être de bonne humeur. Là, je suis arrivé avec ma baboune et je savais que personne ne me jugerait là-dessus. Il n’y avait pas d’attente et je suis sorti de mon état bouette à mon rythme.

Mais là, tout le monde filait cheap que je n’aie pas eu le temps. La thérapeute a dit qu’on m’appellerait cette semaine pour compenser et le groupe est aussi resté pour jaser, même si je me sentais tellement mal de retenir le monde que j’écoutais à moitié. C’est drôle parce qu’on est tellement différent un de l’autre mais on est vraiment rendu une équipe qui se tient full.

Aussi, la thérapeute m’a rassuré sur la durée de la thérapie qui devait se terminer bientôt. J’ai commencé en mars où j’étais à mon meilleur et que je m’étais évalué à 7/10. Là, il y a deux semaines j’étais à 4/10 et cette semaine, je me serais mis 3. C’est épeurant de penser que c’est là que je vais me ramasser tout seul.

Et un autre paradoxe, je pense que j’achève la thérapie. Je sens que je vais bientôt être bon pour me tenir debout sans tout ça. Pour un bout, en tout cas. Mais pour le moment, avec l’isolement de la pandémie, le timing serait stupide.

D’ailleurs, j’ai fait accroire à une amie guidoune que j’étais en thérapie parce que j’étais addict au sexe. Genre, des filles profitaient de moi parce qu’elles savaient que je ne pouvais pas dire non et ça bouffait tout mon temps et c’était pas cool quand elles étaient plusieurs. :)

Elle disait que je n’avais pas besoin de shrink pour ça et qu’elle pourrait me régler ça. Ça fait plusieurs personnes que je pogne de ce type-là. Ils disent que les psy sont inutiles, mais que eux, ils pourraient régler le fuck. Ça itoo, c’est un paradoxe intéressant.

Et bonne nouvelle, j’ai recommencé à écrire.

Dehors octobre…

Je savais que je vivrais un mois difficile avec le nouveau confinement et ma santé mentale déjà fragile, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point difficile. Je me sentais sur une petite lancée alors je pensais avoir quelques réserves, mais ouf, j’ai vraiment replongé creux en peu de temps. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi freiné par mes symptômes dépressifs. Je n’ai presque rien écrit depuis deux semaines. Juste de partager ça, ça m’amène les larmes aux yeux. J’ai tellement de culpabilité par rapport à ça. Le mois ne serait pas un désastre complet si j’arrivais au moins à écrire. Mais je suis tellement dans un sale état. Je n’ai pas de concentration. Je suis mal dans mon corps. On dirait que j’ai toujours froid. Ma thérapie de groupe va bientôt se terminer et tout indique que je la finirai dans un pire état qu’au début. Attendre dans ce mode survie que le confinement cesse ne me semble pas le plan du siècle, mais en même temps, dans ma situation, est-ce que j’ai d’autres options?

Concernant la dérive de l’Université d’Ottawa…

Dans toutes ces controverses autour du « mot en n » où l’on trouve raisonnable de suspendre des profs parce qu’ils ont cité le titre d’un livre ou qu’ils enseignent la réappropriation d’une insulte dans un contexte pédagogique, je me trouve encore du bord de la liberté d’expression et j’aimerais qu’on arrive tous, comme société, à avoir un peu de coeur et trouver un compromis raisonnable.

Et interdire aux gens d’utiliser un mot, que ce soit dans un contexte pédagogique ou d’actualité, je ne trouve pas que c’est raisonnable.

Évidemment, je suis un homme blanc et je suis sûr que pour certaines personnes, ça me disqualifie d’emblée d’aborder ce sujet-là.

(Pour ces personnes-là, ils peuvent arrêter de lire ici.)

Sauf que mon opinion ne s’arrête pas à ce mot-là, mais à tous les mots. Je ne pense pas que personne ne devrait pouvoir bannir un mot et que la simple prononciation de ce mot, peu importe le contexte, signifie la perte d’emploi de quelqu’un.

Le pire, c’est que pour un petit blanc d’Amos en Abitibi où il y avait à peu près huit personnes noires dans toute la ville, je me considérais semi-woke sur ces enjeux-là. J’ai appris l’anglais à 12-13 ans en regardant le Fresh Prince où 90% des enjeux de la culture afro-américaine me passaient au-dessus de la tête, mais en vieillissant et en continuant de m’intéresser à ces trucs, c’est toujours resté dans les sujets qui m’ont intéressé parce que c’est resté important dans mes valeurs.

D’ailleurs, pour ceux qui ne l’ont jamais vu, le speech récent que j’ai trouvé le plus convaincant concernant le n-word, je trouve que ç’avait été Ice Cube chez Bill Maher. La semaine précédente, Maher avait fait un gag où il avait utilisé le mot nonchalamment pour puncher. Et je crois que la blonde de Maher à l’époque était noire. Le message de Cube qui lui dit qu’il avait dû se penser un peu trop confortable, mais que les blancs ne pourraient jamais plus être confortables avec ce mot-là, j’avais trouvé ça super efficace et touchant. Malaisant parce que c’est pas facile, mais efficace.

Et surtout, on voit que Cube est touché et que ça vient d’une bonne place.

Ça, je comprenais à 100% parce que c’est authentique et qu’ils sont aux États-Unis où c’est au coeur de ce qui déchire leur pays depuis toujours. La bévue s’était passée live à la télé et comme ils disent, c’était un teachable moment.

Mais ce contexte, il est loin d’un prof d’université canadienne qui explique des trucs à ses élèves dans un contexte bien précis. Ce n’est pas un prof qui appelle son étudiant le n-word pour se trouver cool et encore moins comme une insulte. C’est un contexte pédagogique.

Et t’sais, même si je suis un blanc avec l’étiquette d’oppresseur pour ce sujet-là, juste comme humains, on a tous nos sensibilités. On a tous vécu des traumas. Je ne veux pas entrer dans une hiérarchisation des douleurs à savoir quelle expérience de la vie est plus souffrante qu’une autre, mais on a tous des situations dans la vie où quelque chose nous rappelle un évènement de marde qui nous tord le coeur.

Je ne peux pas comprendre ce que c’est d’être une personne noire qui entend le n-word comme je ne peux pas comprendre ce que c’est d’être une survivante d’un viol qui entend une histoire ou une joke de viol.

Mais je sais ce que c’est d’être quelque part et que quelqu’un parle d’un truc qui me trigger une expérience de marde. Et ce n’est pas cool. Et si je sentais que quelqu’un sortait ce mot à la légère dans l’unique but de me faire chier, ça me mettrait en colère.

Ça, c’est le bout dans ma tête que j’arrive à faire. Mais le bout où l’on voudrait interdire que le mot soit prononcé ou écrit, peu importe le contexte? J’ai beau essayer de comprendre la douleur et la décupler au max que je peux m’imaginer, je n’arrive quand même pas à trouver ça raisonnable.

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