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Classe de maitre accélérée sur comment être authentique plutôt que moralisateur

(Ahah, oui, je suis conscient de toute l’ironie que comporte ce titre.)

Un des problèmes que je vois chez plusieurs militants, artistes, humoristes influenceurs et autres intervenants du débat public, c’est qu’ils aimeraient changer le monde, mais la seule façon qu’ils trouvent pour le faire, c’est d’utiliser un ton moralisateur. 

Et le ton moralisateur, c’est bon pour aller chercher des likes et de l’amour chez les déjà-convaincus, mais ça ne convainc que très peu de pas-encore-convaincus. 

La grande différence entre le ton moralisateur et l’authenticité, c’est la posture. Même sans y réfléchir, le public le ressent toujours lorsqu’on lui parle d’une posture d’un autre être humain avec des failles ou d’une posture supérieure de pseudo perfection. 

Et c’est là que ça se passe : est-ce que tu veux te présenter comme tu es, avec tes doutes, tes contradictions, tes imperfections, ou tu préfères essayer de te la jouer comme le nouvel élu qui est vraiment capable d’être à la hauteur de toutes ses valeurs.

Juste en exemple très caricaturé, vite-vite. ‘Mettons qu’on jase de l’utilité de faire son stop en société. 

Version pure : « Je fais toujours mes stops avec l’arrêt complet des quatre pneus parce que j’ai compris que je sauve des vies et personnellement, je ne veux pas faire partie du camp des tueurs au volant. Trump fait-il ses stops, lui? ‘Nuff said. »

Version authentique : « Est-ce que j’ai parfois l’impression de faire mes stops calicement pour rien quand je suis au milieu de nulle part en pleine nuit? Mets-en. Pour le monde qui chiale qu’on est mouton, c’est un méchant bon exemple. Mais bon, l’option contraire serait assez marde et c’est pas un si gros effort à faire alors… J’essaie de les faire… presque au complet. »

*Ovation passionnée qui ne respecte pas pantoute le deux mètres*

Les avantages de se présenter comme une personne pure et parfaite :

  • Ça te donne une supériorité morale sur les autres intervenants
  • Personne ne peut te dire que tes bottines ne suivent pas tes babines 
  • Tu ne concèdes pas la moindre nuance au camp idéologique adverse

Les désavantages, maintenant :

  • Humainement, c’est très lourd à porter parce que tu n’es pas toi-même
  • Plein de monde attend seulement le moment où tu vas trébucher pour te traiter d’hypocrite
  • Quand on va te prendre en défaut (et ce n’est qu’une question de temps), tout ce que tu vas avoir prôné va prendre le bord en même temps que ta posture de supériorité morale

Même si je comprends pourquoi on le fait, c’est important de comprendre que se présenter comme quelqu’un de supra-vertueux, c’est un château de cartes qui est facile à commencer, mais qui n’est vraiment pas le fun à maintenir et protéger. 

Si tu veux convaincre le monde, fais appel à leur expérience humaine, en te rappelant qu’un humain, c’est loin d’être parfait. Et ce qui est cool, c’est que tu seras plus à l’aise le soir quand viendra le temps de te regarder dans le miroir. Même sans petit filtre Instagram.

Dérangé

J’attendais de bien filer (ou pas filer trop mal) pour mettre des mots sur un sujet super difficile pour moi.

C’est une problématique reliée à mon insécurité et ma mauvaise estime personnelle et qui empire selon combien je suis dépressif. 

En gros, j’ai parfois cette impression que je dérange mes proches. 

Le meilleur exemple, c’est avec mon meilleur ami. Dans un comportement parfaitement toxique, je peux commencer à avoir l’impression que je vais trop souvent le visiter lui et sa famille, alors je vais commencer à y aller moins. Et là, s’il ne me contacte pas durant la période où je n’y vais pas, je me dis que ça confirme le feeling que j’avais, et ça devient comme un poison que je me shoot dans l’aorte. 

Par chance, cette dynamique destructrice s’est beaucoup améliorée avec les années. Mon ami n’est pas le plus expressif, mais sa blonde compense, et avec beaucoup de discussions et de renforcement et de communication et tout ça, je me sens beaucoup plus à l’aise de débarquer à pas mal tout moment et ils sont bons pour me faire sentir à l’aise. 

Évidemment, ça leur a demandé beaucoup d’amour à travers les années parce que tout ça, ça demande de l’énergie. Et je me sens encore super gossant quand j’ai besoin d’une mise au point parce que j’ai une incertitude que j’ai besoin de vérifier pour la tuer dans l’oeuf. 

En même temps, c’est un peu tout ce que je peux faire : communiquer. Sinon, même si ça ne paraitra pas nécessairement au début, ça va me trotter dans la tête et tranquillement contribuer à me faire sentir plus bouette et à m’isoler un peu plus. 

C’est spécial parce que j’ai l’impression qu’il y a deux parties de moi qui s’affrontent. Mon côté logique et confiant qui peut se dire que mes proches m’aiment, et mon côté insécure qui est toujours dans le doute.

Et c’est drôle parce que ça fait une semaine que je veux écrire sur ce sujet, et ça me faisait penser à ma mère que c’est non seulement toujours moi qui l’appelle, mais c’est aussi toujours elle qui se tanne et qui veut raccrocher en premier. Alors évidemment, j’ai parfois cette impression d’être gossant. Bon, je sais que je peux être gossant pour ma mère (et plein d’autre monde), mais le feeling peut aller jusqu’à me dire qu’elle ne m’aime pas vraiment, et c’est là que ça devient bad. 

Mais hier, elle m’a appelé et c’était parce qu’elle trouvait que ça faisait longtemps que je ne l’avais pas appelé alors que ça faisait seulement quelques jours. Je ne me souviens même pas de la dernière fois où c’était arrivé. Et là, j’avais la partie de moi normale qui n’était pas étonnée, mais l’autre partie insécure est encore fuckée parce que ça scrap toutes ses théories d’aplomb. 

Mais même si j’ai toujours ces combats intérieurs dans ma tête qui sont énergivores, je n’en parle pas tout le temps parce que je serais lourd pour tout le monde.

Il y a des amitiés où je dois essayer de me parler pour ne pas tout saboter en étant trop lourd trop souvent. Il y a d’autres amitiés où les gens ne sont pas outillés pour gérer ce genre de truc. 

J’ai une amie que je trouve souvent distante sur les réseaux sociaux et que ça met en colère dès que je veux vérifier avec elle si je la dérange parce qu’elle voit ça comme si je doute d’elle. Elle ressent ça immédiatement comme une confrontation, alors sa colère embarque et à partir de là,, il n’y a plus rien à faire.

L’idée est de désamorcer la situation alors que ça fait juste tout exploser.

Je ne sais pas encore si j’aurais une façon de le formuler pour ne pas qu’elle se sente confrontée ou si c’est juste impossible parce qu’on est incompatibles. Genre, elle n’est pas apte à gérer ce dont j’ai besoin ou qu’elle me trouve juste trop lourd.

Elle, elle aimerait que je ne doute pas de son intérêt et que j’arrête de la gosser avec ça, mais malheureusement, ce n’est pas dans mes options. Bien sûr, je peux arrêter de la gosser avec ça, mais ce ne sera pas sain pour moi.

Avec une connaissance, je peux le faire. Mais avec une vraie bonne amie, ça ne fait pas de sens. J’en suis donc à me demander si c’est le deuil de relation que j’en suis à faire. 

Et c’est triste parce que se faire de nouveaux amis, je trouve ça de plus en plus difficile avec le temps, mais c’est plus important que jamais pour moi de bien entretenir les rares relations que j’aie et que ce soit un désir réciproque.

Même si je suis tout à fait conscient que pour plein de monde, je serai toujours beauuuuuuucoup trop de trouble, je pense vraiment qu’à plus long terme, communiquer et éclaircir ces irritants, ça simplifie grandement les relations, en plus de les rendre beaucoup plus fortes et significatives. Mais en entendant, je me sens quand même juste comme un paquet de trouble lourd. Ou peut-être que c’est encore les deux parties de moi qui s’affrontent.

Bref.

Top 5 du cinéma confort de Fabrice Luchini

J’ai découvert Luchini sur le tard et au grand écran, mais c’est devenu depuis une de mes valeurs refuges pour du « confort cinéma » qui ne réinvente rien, mais qui reste efficace.

Voici cinq films avec des structures/formules très semblables, mais qui font non seulement qu’on passe un bon moment, mais qui font aussi qu’on se sent mieux après. Évidemment, il faut aimer la personnalité de Luchini et son amour des mots et de la diction.

(C’est un top 5 mais les films sont pas mal tous équivalents.)

5. Un Homme pressé (2018)

4. Le Mystère Henri Pick (2019)

3. L’Hermine (2015)

2. Alice et le maire (2019)

1. Les Femmes du 6e étage (2010)

Pour les gens intéressés à la formule, ça ressemble toujours à quelque chose comme :

(J’écris ça vite-vite sans grande analyse.)

Le personnage de Luchini est bête et déplaisant en début de film parce qu’il est déconnecté de son vrai soi et du réel. Au cours du film, il reconnecte sur ses vraies valeurs et tombe en amour (avec une femme plus jeune que lui), et à la fin, il est recentré sur ses valeurs et grâce au processus, il est maintenant une meilleure personne et tout le monde danse.

La force du nombre

Je lisais une amie Facebook cette semaine qui demandait pourquoi elle voyait si peu de gars réagir à la nouvelle vague de dénonciations. C’est vrai que les rares gars qu’on voit sur les réseaux sociaux ces temps-ci sont surtout des alliés semi white knights ou les épais louches qui crient à la chasse aux sorcières. 

Il faut dire que les gars problématiques doivent préférer rester tranquilles et les autres, pour en avoir parler à quelques amis, comme on ne sait plus trop ce qui fait qu’on se ramasse sur ces listes, plusieurs ont aussi la chienne d’être callé out pour un peu n’importe quoi.

Perso, même si j’ai toujours assez bien assumé mes comportements, je comprends et partage à un certain degré cette crainte d’être nommé pour une fois où j’aurais fait une niaiserie. Après tout, personne n’est parfait et si on essaie de se rappeler nos pires moments dans notre vie amoureuse ou autres situations relationnelles, on a tous des moments où on n’est pas fier. 

(Si t’en as pas, c’est que tu manques d’introspection.)

T’entends parler de quelqu’un qui se fait caller out pour un truc qui n’a pas l’air si grave et qui ressemble à quelque chose que t’aurais pu faire et là, t’as peur de te ramasser associé à des gars qui sont des cruiseurs d’adolescentes, des agresseurs en séries et divers poster boys de masculinité toxique.

Mais je pense que ce sont des peurs qui ne sont pas fondées parce qu’en regardant les listes, pour les noms que je reconnaissais, il était question de récidivistes. Et je pense que c’est un truc qui a échappé au grand public. 

D’ailleurs, pour le cas de Morin-Nolin qui est parti un peu tout croche parce que le public n’aimait déjà pas full Safia Nolin à la base. Je pense qu’une fois que les histoires sur Morin vont commencer à sortir et s’accumuler, les gens vont mieux comprendre les conséquences avec ses commanditaires et son retrait de la vie publique. 

***

S’il y a quelque chose de positif qui est sorti de ce mouvement dans les dernières années, c’est que la population comprend de mieux en mieux pourquoi les victimes ne peuvent pas toutes aller à la police. S’il y a quelque chose de négatif, c’est qu’il y a encore beaucoup de monde qui ne comprend toujours pas.

Trop de gens pensent encore qu’on va régler nos problèmes de culture et de société en envoyant plein de monde en prison. Mais t’sais, le gars louche qui taponne des filles dans le métro ou l’autre qui envoie des obscénités en ligne en étant super insistant, ce serait irréaliste de penser qu’on va régler ces cas-là avec des peines de pénitencier.

***

Un autre problème relié à ça, c’est qu’il y a encore trop de gens qui pensent que si tu n’a pas été reconnu coupable, c’est que ton comportement devait être acceptable, alors que ça n’a souvent rien à voir. Tu peux très bien être une personne horrible, tu peux très bien être une vraie criss de vidange et ne commettre aucun crime condamné ou condamnable. Pis c’est une grande partie du problème en ce moment. Oui, il y a des gens qui commettent des crimes, et le système doit mieux gérer ces cas-là, mais il y a aussi trop de gens qui ont des comportements de marde sans être de grands criminels au sens de la loi.

***

Depuis l’adolescence, j’ai toujours eu beaucoup d’amies filles. Je ne dis pas ça pour me vanter. C’est arrivé comme ça. Mais j’en parle parce qu’en plus des cours d’éducation sexuelle, je me demande si ce n’est pas une partie de la solution : se faire des amies filles. J’ai aussi une soeur plus vieille et une soeur plus jeune. Peut-être que ça m’a aidé à voir leur côté? En tout cas, pour n’importe qui ayant vraiment échangé avec des filles, on se rend vite compte que des histoires d’horreur, elles en ont presque toutes un méchant paquet.

Juste un petit baromètre de la situation : Si t’apprends seulement sur ces histoires d’horreur lors des vagues #metoo, t’échoues comme citoyen. T’as trop de blind spots. T’as besoin d’élargir ton réseau. T’as besoin de poser plus de questions et de mieux te renseigner sur ce qui se passe à ton insu.

Et des fois, on fait juste accepter trucs sans s’en rendre compte. Genre, t’acceptes qu’un gars qui se promène la nuit, c’est moins dangereux et on voit ça comme normal. Tu ne le remets pas en question parce que ç’a toujours été comme ça. Même si en y repensant, c’est injuste. Et il y a 10 000 trucs comme ça.  

***

Une fille dans mon Facebook dénonçait cette semaine le comportement d’un gars et un dude lui a dit, avec toute l’arrogance du gars qui en connait trop peu pour savoir qu’il ne connait rien, qu’elle avait juste à le bloquer. 

Évidemment, tout le monde est tombé dans la face du twit, mais ces dudes-là, ils existent. Pis ils se jasent entre dudes, pis ils se disent que les filles capotent pour rien parce qu’eux, ils en ont des solutions faciles. 

Ça m’a rappelé une histoire avec une amie qui était aux prises avec un stalker super intense. Ce n’est rien d’exceptionnel. En général, pas mal toutes les filles vivent ça et plus elles sont belles et/ou populaires, plus les dudes lourds et insistants sont nombreux. Des fois, ils comprennent le message assez vite. D’autres fois, ils insistent. D’autres fois, ils sont déplacés. D’autres fois, ils prennent mal le rejet et se vengent. D’autres fois, ils n’arrêtent jamais. 

Cette fois-là, j’étais content parce que dans les histoires du genre, on en entend souvent parler, mais on peut rarement faire quelque chose de l’extérieur. 

D’ailleurs, j’avais fait une chronique VDLP sur deux gars qui avait cat-callé une fille sur la Plaza et j’avais choké parce que l’événement avait duré deux secondes et j’ai juste manqué de courage parce que je me serais sûrement fait crisser une volée par les deux caves plus imposants que moi. Alors j’ai juste fermé ma gueule et je suis resté là à m’en vouloir sur le trottoir.

(Yup. Je suis ben bon pour faire la morale sur Facebook, mais quand vient le temps d’agir, je fais rien fuck all.)

Mais là, mon amie me parlait de ce stalker intense parce qu’il était mon ami Facebook. En tant que keyboard warrior niveau expert qui a géré des trolls depuis l’invention de l’internet, j’avais déjà plein de solutions, presque comme l’épais dans l’histoire plus haut. 

Bon, le stalker n’était pas un grand ami. C’était mon ami Facebook parce qu’il était un de mes lecteurs. On avait déjà jasé une fois ou deux. Évidemment, avec moi il avait été correct. 

L’autre dude plus haut qui parlait de juste bloquer quelqu’un qui te dérange. Eh bien, juste pour te donner une idée, ce stalker-là, il était rendu à s’être créé un compte Instagram juste pour écrire des messages à mon amie. Il n’écrivait pas des commentaires ou des messages privés. Nonon, chaque publication de son compte était un message pour mon amie. Des longs messages, là.  Bon, encore là, sûrement plein de monde dirait que t’as juste à ne pas aller voir le compte Instagram, mais même sans le regarder, tu sais quand même que t’as un stalker qui t’écrit tous les jours des longs messages et qui parlent qu’il va te rencontrer à telle place et qu’il aime quand tu fais tel truc avec ta bouche et qui parle de tout ce que tu dis sur les réseaux sociaux et bla bla bla. 

Et peut-être que certains gars ne comprennent pas la peur associée à ça. Peut-être qu’ils sont trop habitués comme homme de savoir se défendre physiquement alors ils n’arrivent pas à s’imaginer être vulnérable. Mais à un certain point, c’est vraiment un manque d’empathie qui devient difficile à expliquer. T’es pas un putain de robot non plus.

Mais bon, ma première idée pour gérer le stalker, et j’étais sûr que ça suffirait, c’était de confronter le gars en lui écrivant directement. Je lui compose donc un texte super réfléchi où j’explique que son comportement est inacceptable et que ça fait peur et qu’il dérange et qu’il n’a pas l’air de réaliser que ça ne se fait pas et que ça n’a juste pas de bon sens.

Je lui envoie ça, pas mal fier de mon wording et j’attends. 

Eh ben le stalker, il ne m’a juste jamais répondu, pis à partir de là, toutes mes belles solutions ont un peu pris le bord. Bon, je l’ai unfriendé par après, mais je ne pense pas que ç’ait crissé grand-chose dans l’histoire. En fait, si ça se trouve, je perdais un peu mon seul lien pour intervenir.

Bon, je vais conclure ce texte interminable qui va un peu dans tous les sens.

Ce que j’aimerais qu’on retienne, c’est qu’on doit changer la culture. Et que la culture, ça ne se change pas seulement avec des appels à la police. Ça demande l’effort de tout le monde. Tout le monde doit faire son possible pour changer ce qu’on ne tolère plus. Oui, l’éducation doit faire sa part, mais au quotidien, on doit aussi tous avoir un peu plus d’empathie et de courage. Et peut-être qu’en étant plus nombreux à faire partie du changement, ça amortira la charge, et ça deviendra un peu moins intimidant d’intervenir.

Le bord de la haine

J’ai lu cet article où j’étais super d’accord avec le titre, mais moins avec le texte qui est moins de mon bord politiquement. Il reste que les désaccords sur le web, ça dégénère souvent.

Là, on a raison de dénoncer les crinqués nationaleux qui freak out parce qu’un artiste a osé porter un macaron qui n’allait pas dans le sens de leurs valeurs. Il y a des exemples intenses dans l’article, mais j’ai vu plusieurs gens dans mes timelines capoter.

J’en ai vu qui généralisaient ça aux artistes comme s’ils pensaient tous pareils ou bien dire que les gens qui sont contre la loi 21 sont des traîtres à la nation.

Voyons, criss! Ces militants-là sont tellement lourds et sont parmi les plus désagréables du web québécois.

Ce que je trouve un peu sens unique dans l’article, c’est d’oublier l’autre bord. Oublier qu’au moment où la loi 21 essayait de passer, ses opposants en ont aussi garroché en masse de la haine. C’était encore le maudit Québec raciste, toute une gang de red necks. Des images du Québec qui trippe sur le KKK, des rapprochements avec les nazis, etc.

De la haine, il y en avait en masse! Une partie de la campagne fédérale suivante s’est même faite là-dessus.

D’ailleurs, vous remarquerez, la haine est toujours dans le camp adverse. Eux, ils ont la haine, nous on est du bon monde qui avons raison parce que nous sommes menés par notre coeur!

C’est comme si peu de gens avaient assez de recul pour réaliser que les deux côtés pouvaient avoir de bons points et du bon sens. Non, l’adversaire ne mérite jamais de vivre.

Pourtant, j’arrive à voir du bon des deux côtés la loi 21. En partant, j’applaudis chaque fois que la religion recule dans notre société. En même temps, la loi va sûrement faire que des femmes vont choisir de ne pas aller travailler dans certains postes qui auraient pu leur permettre de s’épanouir et ultimement, réaliser que leur religion est de la marde.

Aussi, je pense que le PQ et la CAQ ont beaucoup compté sur le côté xénophobe de la population dans ces enjeux-là pour gagner des points politiques, mais si on est honnête, on serait très naïf de ne pas voir que le PLQ et QS veulent gagner des points avec les communautés culturelles et immigrantes, donc est-ce que leurs positions sont toujours purement par ouverture sur le monde? Bien sûr que non.

Bref, je ne vois rien là-dedans qui est noir ou blanc et pourtant, sur le web, tout le monde est certain d’être parfait et que son opposant est el diablo, prince de la haine.

Et ce qui est plate, c’est que c’est gens-là, des deux bords, je les trouve poche. Quand je les vois dans mes réseaux sociaux, ils me gossent. Ils manquent de nuance. Ils se regroupent, ils s’autolikent. Ils sont trop partisans pis je trouve pas que ça aide toujours au débat public. Même que souvent, ça devient de la pollution.

Bref, m’semble qu’on gagnerait à être un peu plus dans la gang des nuancés. Bon, le branding est moins clair. Ils sont moins faciles à étiqueter parce qu’ils ne pensent pas tous pareil faque ils ont pas un groupe Facebook super clair où on peut dire que tout le monde dans le groupe pense la même affaire, mais ça donne du monde plus jasable pis qui sait, peut-être que par la bande, ça donne moins de gens dans l’autre groupe, le fameux bord de la haine.

Ce que je me retiens de dire sur les apps de rencontre

Le truc qui me crinque et que je réprime du mieux que je peux, c’est combien le monde écrit leur maudite bio en anglais.

Crime que ça me gosse! Et si je m’abstiens, c’est parce que ça fait intense au moment d’une première impression, mais si je suis sincère, je le suis intense parce que crime que ça me gosse! 

Je vois même des artistes d’ici qui écrivent toute leur fiche en anglais. Ils ne disent même pas nulle part qu’ils parlent français! Combien peux-tu être artiste et autant rejeter ta propre culture? 

Je veux bien embarquer dans le trip d’ouverture sur le monde pis toute, mais peux-tu te calmer là-dessus quand tu cruises dans le Vieux-Rosemont? Je sais pas si c’est parce qu’ils ont peur de tomber sur des maudits frenchies poches pis c’est leur façon d’en sortir.

Je sais que la défense et le coolness de notre langue, ce sont des choses qui vont par vague avec les années et les générations et que ça va finir par se replacer, mais crime qu’on est dans un creux de vague depuis un bout.

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