Nostalgie en série

Il y a des moments où l’on file pour découvrir une nouvelle série et faire l’effort d’apprendre à connaitre un nouvel univers et d’autres passes où la nostalgie nous prend et qu’on veut se retaper des trucs que l’on connait déjà.

En tout cas, c’est comme ça pour moi. Ces temps-ci, je suis en mode nostalgie. D’ailleurs, à l’adolescence, j’avais une tradition avec quelques chummeys où chaque année, on se retapait la trilogie originale de Star Wars (1977-1983) dans la même soirée avec un gros bol de macarons mous au chocolat.

Il y a quelque chose de réconfortant à se taper quelque chose que l’on aime déjà. Il n’y a pas le risque d’être déçu et on finit toujours par découvrir quelque chose de nouveau. Surtout quand on évolue comme personne entre chaque écoute.

Bon, avec Star Wars, tu ne finis pas ça avec l’idée de faire découvrir ça à quelqu’un d’autre parce que hey, qui n’a pas encore vu les Star Wars originaux? Réponse : quelques personnes beaucoup trop fiers de leur non-exploit. En plus, les films s’en viennent vraiment vieux alors ils perdent un peu leur côté mythique.

Mais quand tu finis des séries moins universellement regardés comme The Wire (2002-2008) ou The Newsroom (2012-2014), t’as envie de communiquer ton trip à d’autres gens pour pouvoir partager ta passion avec ton monde. En fait, la meilleure façon de se retaper une oeuvre, c’est à travers quelqu’un pour qui c’est la toute première fois.

The Wire
The Newsroom

Mais bon, avec le temps, ça devient de plus en plus dur d’organiser une veillée de chummeys pour se retaper les vieux Star Wars. C’est sûrement là où il te faut des enfants avec qui te retaper tout ça.

Quand t’as pas d’enfants, il y a quelques veillées pour adultes nostalgiques qui se font des partys hipster où ils se retapent le premier Die Hard (1988) comme film de Noël dans une salle. Mais je sais pas si c’est le même trip que le regarder entre chummeys à la maison.

Die Hard

Il faudrait quand même que j’essaie.

Cette semaine, je viens de me terminer la série Angel, la série spinoff de la série culte Buffy the Vampire Slayer. J’ai dû regarder les sept saisons de Buffy taper dans l’entièreté au moins cinq ou six fois. Pour les Angel, c’est arrivé moins souvent alors il y a des épisodes que j’avais l’impression de voir pour la première fois.

Buffy the Vampire Slayer

C’est cool à regarder tout seul parce que tu peux skipper ce que tu veux et regarder quand ça t’adonne, mais c’est un peu poche de n’avoir personne avec qui le partager. Et ce sera de plus en plus tough parce que ce n’est pas tout qui vieillit super bien.

J’essaie de faire commencer les Buffy à la fille adolescente de mon amie, mais c’est un échec total. La CRISS doit être de moins en moins intéressée chaque fois que je lui reviens avec ça. Je suis un adulte poche alors qu’est-ce que je connais aux séries télé, hein?

Il reste à jaser de Riverdale que ça, elle regarde parce que c’est avec des gens jolis et les images sont super léchés en gros HD. Bon, les les histoires sucent, mais c’est un détail.

Veronica dans Riverdale

Il faut dire que faire regarder les Buffy (1996-2003) à quelqu’un, ce n’est pas évident parce que la série a plusieurs défauts. Déjà, c’est une série pour adolescents. C’est de la vieille télé avec des annonces. C’est en 4:3 filmé avec des caméras poches qui rushent quand il fait noir. (Pas super pour une série qui se passe souvent la nuit.) Les démons ont toujours des costumes poches et mal faits. Ce sont des longues saisons de 24 épisodes qui comptent souvent quelques épisodes inutiles.

On est loin de la première saison de Stranger Things super condensé avec une qualité cinématographique.

Eleven dans Stranger Things

Bon, la première saison de Buffy est plus courte avec 12 épisodes, mais c’est de loin la moins bonne. Le premier épisode est correct, la milieu de saison est poche et les deux derniers épisodes sont bons, mais dire à quelqu’un de s’acharner sur une série bof pour une douzaine d’heures, c’est un gros investissement.

Buffy

Mais c’était comme ça en 1996. Les séries pouvaient rester à l’écran pas mal plus longtemps même quand elles étaient poche. Et une chance, parce que la série trouve ses repères à la saison deux. La saison trois est sûrement la meilleure et en plus, c’est à ce moment-là qu’ils ont lancé la série Angel en parallèle.

Xander & Anya de Buffy the Vampire Slayer

Moi, je n’écoutais rien de tout ça dans ce temps-là. J’ai seulement découvert Buffy alors que la série achevait et j’étais déjà un adulte. J’avais pogné l’épisode Hush en reprise alors qu’on attendait un gala de boxe à Laval. Dans cet épisode-là, tous les personnages perdent la parole alors ils doivent communiquer par signe et c’est silencieux tout le long.

L’épisode Hush de Buffy the Vampire Slayer

Je trouvais ça vraiment audacieux. L’épisode avait gagné un prix, d’ailleurs, si je me souviens bien. Plus tard, je me suis pogné les DVD puis j’ai regardé ça. Ensuite, je les ai regardé avec ma blonde de l’époque. Ensuite, on se les ai retapé en soirées de couple avec un couple d’amis.

Spike dans Buffy the Vampire Slayer

Il faut quasiment un guide pour se retaper les Buffy. On skippe des épisodes. On écoute au fast-forward certains bouts plus plates. On résume les bouts poches aux nouveaux.

Angel & Faith

Se rendre à Angel, c’est assez tough parce que Angel aussi, ça ne commence pas fort fort. Ils ont un personnage poche qu’ils tuent au bout de quelques épisodes parce qu’il est juste zéro intéressant. Mais ça aussi, au bout d’une saison ou une saison et demie, ça se place. Même qu’en 2003, la série Angel était souvent meilleure que la série maitresse.

Drusilla & Angelus

Bref, ces temps-ci, je file nostalgique. Je viens de tout me retaper, et je t’envie de pouvoir les regarder pour la première fois. Surtout si t’es bien accompagné.

Fred dans Angel

Entre humains

School of life a sorti une app… ou plutôt un réseau social? Ça fait longtemps que j’apprécie leur contenu de psychologie à la portée de tout le monde. Je suis curieux de voir quel genre de communauté ça réussira à créer ou si ce sera un autre flop.

Juste après avoir exploré ça, je suis tombé sur cette nouvelle dans le Devoir qui parle d’un nouvel engouement chez les millénariaux : ils retournent à l’église!

C’est tellement décourageant de voir ça. On a tellement voulu former des citoyens ouverts aux différentes religions afin d’éviter la xénophobie poche des générations précédentes qu’on en a banalisé ces mêmes religions.

Il faut dire que notre société n’a jamais remplacé ce besoin des humains de se rassembler et même, de se recueillir et tout le trip du rituel. Bon, il existe plein de petites communautés, des gangs d’amis, des cours de yoga, des ligues de hockey, des militants de partis politiques, des groupes alt-right, mais rien qui ratisse aussi large que les religions.

Idéalement, nous aurions trouvé un moyen de nous réunir dans un contexte plus moderne et bienveillant question de remplacer ces vieilles sectes aux valeurs d’une autre époque. 

Les réseaux sociaux et les apps de rencontre, ça aide la communication, ça crée des vedettes, mais ça ne crée pas de sentiment d’appartenance. Ça ne crée pas de liens forts ou le sentiment de faire parti de quelque chose de plus grand que soi. Ça ne donne pas de sens à son existence.

Aussi, entre la gang d’amis de notre parcours scolaire et la création de notre propre famille satisfaisante à l’âge adulte, il y une période qui a de plus en plus tendance à s’allonger et ce, pour de plus en plus de monde.

Une période propice au vide social, et aussi au vide de sens. 

D’un côté, je suis super déçu de voir que les religions reprennent encore la cote, mais en même temps, j’envie un peu ces gens d’avoir trouvé une façon d’éviter isolement.

L’intensité du courant SJW

Ce qui me dérange avec tous ces cas de censure et de rectitude politique du courant social justice warrior, c’est l’intensité des réactions.
 
T’sais, on pourrait noter qu’à première vue, selon les interprétations, que c’est peut-être le genre d’oeuvre qui mériterait d’être interprété comme faisant partie de la culture du viol.
C’est possible. C’est une position qui se défend, de façon légère, pour en discuter. Pour en jaser. Sauf que là, on se ramasse à bannir une toune de 1944 de façon ridicule et beaucoup trop intense pour rien.
 
C’est comme s’il était de plus en plus difficile de jaser ou débattre sans que quelqu’un ou quelque chose soit étiqueté comme evil au point de devoir disparaitre. C’est une vision très très binaire de voir les choses.
 
C’est comme si pour être éthique, on avait de la misère à accepter les moindres dissidences ou qu’on n’arrivait plus à relativiser. Quand on veut sensibiliser les gens à la culture du viol, on regarde tout avec une vision extrême au point où une toune devient responsable de développer des violeurs. Quand on veut sensibiliser le monde au racisme systémique, on traite tout le monde de raciste, même des dramaturges qui essaient de rapprocher des communautés.
 
C’est normal qu’il y ait de la colère derrière des enjeux délicats. C’est important que cette colère s’exprime et qu’elle soit entendue. C’est aussi important de faire la part des choses quand on commence à prendre des décisions.
 
Regarder une oeuvre artistique avec ses lunettes de social justice warrior, c’est un exercice qui peut être intéressant. Ça peut donner une chronique pertinente et amener les gens vers des petites prises de conscience, mais quand ça devient la seule et unique façon de voir et d’évaluer une oeuvre, on arrive en terrain dangereux.

Deuxième journée au gym

Et je me sens un peu moins scrap que hier. Peut-être à cause de la Naproxen que j’ai prise en me levant parce que j’étais raqué à mort.
 
Presque toutes les séries d’aujourd’hui étaient sur ces maudites machines à poulie intimidantes. J’ai scrollé plus bas dans le programme pour trouver une série plus facile avec l’intention d’espionner ces machines du diable de loin, question de ne pas avoir l’air trop amateur quand j’aurais à m’en mêler.
 
C’est mal parti parce que même en faisant mes petits mouvements basic, le couple lesbieno-athlète à côté de moi s’est jasé en me regardant pis la plus belle est partie à rire.
 
Une excellente façon de se sentir champion!
 
Il faut dire que ma position était ridicule, mais les positions de gym, c’est un peu comme les pick-up lines. Si t’es super beau, tout passe. Si t’es bof, tout est risible.
 
Ce qui n’aide pas, c’est que tu veux être un gentleman et ne pas avoir l’air de matter les chicks comme un épais alors t’essaies d’envoyer ton regard… ailleurs. Mais des fois, regarder ailleurs donne une position parfaitement ridicule qui fait zéro naturelle.
 
Mais bon, l’avantage d’aujourd’hui, c’est que plus que je suis fatigué, et moins mon cerveau a le jus pour m’envoyer ses craintes stupides.
 
Aussi, j’avais un podcast plutôt que de la musique. Vraiment un meilleur choix.
 
Finalement, ça s’est bien passé sur les machines à poulies. J’ai presque eu l’air d’un pro si on exclue que je mettais toujours trois fois moins de poids que la petite madame asian de 100 lb.
 
Mais bon, c’est sûrement le seul complexe que j’ai pas quand je vais au gym. Je vais mettre des poids de moumoune et ça me fait juste rire.
 
Le défi pour moi est beaucoup plus d’y aller, et c’est fait. Ma préparation et les avant/après ont été beaucoup plus courts que hier. Je devrais être rodé à la fin de la semaine.
 
Si je survie.

Premier entrainement au gym ce matin

T’as pas idée combien je suis psychorigide pour ce genre de truc.
 
Un paquet de petites peurs plus ou moins rationnelles qui me freinent. Genre, j’ai peur de ne pas avoir le bon équipement. J’ai peur de ne pas savoir me servir d’une machine. De déranger quelqu’un qui attend après ladite machine. Me faire juger parce que je fais pas les moves comme il faut, etc.
 
Du coup, j’ai tendance à tout repousser à plus tard en attendant que tout soit parfait. (À part mon corps.)
 
Pour le programme, je voulais que ça commence molo parce que je veux y aller quotidiennement et je pars de loin en crime avec ma shape de marde. J’ai opté pour un des programmes dans le free trial de la fameuse Iulia qu’on m’a conseillé. Ça ne me dérangera pas de payer si ça fait la job.
 
C’est cool parce qu’ils ont le wifi alors ça n brûlera pas mon data. Aussi, le programme commençait surtout avec des poids alors je n’ai pas eu trop à me servir des machines qui m’intimident et j’ai pu rester au même spot tout le long. Ça m’a donné l’occasion de me familiariser un peu avec la place (et presque pas regarder subtilement la babe qui courrait de reculons sur le tapis roulant).
 
Pour le programme, Iulia faisait 4 séries par entrainement, mais moi je me suis contenté d’en faire 3 et avec des petits poids de 10 livres. Baby steps.
 
Je fais attention parce que j’ai tendance à faire des migraines ophtalmiques quand je pousse trop et là, quelques heures après, je sens que je vais m’en sauver. C’est quand même passé proche. Ma vision est scrap pour la journée, mais ça passe. Je n’ai pas super bien mangé, il faut dire.
 
Bref, ça s’est passé pas si pire. J’ai hâte que ce soit intégré à ma routine. En attendant, j’ai l’impression que je vais perdre 3 gourdes et 4 serviettes par semaine juste par inattention.
 
Mon texte fait vraiment très mâle alpha, hein? Ça sent fort la virilité. La suite demain matin avec Iulia (plus facile à écrire qu’à prononcer).

Mon critère #1

Dans les dernières années, s’il y a un truc qui est devenu super important pour moi dans mes relations, c’est la capacité à discuter. En fait, pas juste la capacité à discuter, mais la capacité à régler des conflits.

C’est abstrait faque je vais y aller d’un exemple.

Genre, tu textes avec quelqu’un d’un sujet délicat, et comme vous êtes en désaccord, ça se met à escalader un peu. Les répliques sont un peu plus fendantes. Ce n’est pas une engueulade, mais c’est moins cool. C’est à partir de ce moment-là que mon critère #1 entre en jeu.

Premier indice que ça ne fonctionnera pas, c’est quand tu tombes sur quelqu’un qui est très émotif, très mean et qui le nie.

– T’es sûr que ça va? T’as l’air un peu en criss, me semble.
– Je vais très bien, mais tu peux penser ce que tu veux, hein, ostie d’épais.

Ce qui nous amène au deuxième indice pas trop rassurant : être malhonnête. Souvent, les gens ne veulent pas avouer qu’ils sont émotifs et tentent de le cacher. Ça arrive à tout le monde. C’est comme si on ne voulait pas démontrer aucun signe de faiblesse, mais ça n’a rien à voir. Même qu’au contraire, expliquer que t’es blessé, c’est une bonne façon de calmer la conversation.

Ça permet de passer du mode « casual » à « ok, c’est pu drôle, il faut régler ça ».

Mais même avec deux texteux d’expérience, il y a des limites à la connexion par l’écrit. Pour certains conflits, c’est juste mieux d’en parler de vive voix. Si vous avez vraiment besoin d’une bonne discussion pour mettre les choses au clair, c’est mieux de se booker une rencontre pour régler tout ça.

Et c’est là que le troisième indice arrive. Il y a des gens qui vont voir ça comme une grosse perte de temps. Il y a des gens qui vont craindre la rencontre live parce qu’ils ne pourront plus cacher leurs émotions aussi facilement. Il y a aussi des gens avec qui à ce moment-là, tu vas réaliser qu’ils se torchent un peu de votre relation.

Rendu à ce point-là, mon idée est pas mal faite.

Mais bon, même avec le monde mature, émotionnellement intelligent et bien intentionné, ce n’est pas toujours facile de tout régler sans dégât. Il y a des fois où l’émotion est forte au point où tu n’arrives même plus à écouter l’autre. T’es trop blessé pour avoir de l’empathie. Des fois, c’est juste mieux de prendre une pause. D’autres fois, c’est mieux d’y aller vraiment chacun son tour et de ne rien mélanger.

Mais plus tu chemines dans ta relation, et quand le potentiel est là, plus tu t’approches de ce niveau d’élite où la communication et la confiance sont assez fortes et mutuelles pour être capable d’échanger les deux en même temps, et ce, tout en jonglant avec les émotions de chacun.

Ça doit être un signe que je m’en viens vieux (parce que c’est sûrement le critère #1 le moins sexy du monde), mais c’est ça que j’admire et que je convoite. Pas d’avoir ce niveau-là de communication dès le départ, mais juste de croire que la relation a le potentiel de s’y rendre… éventuellement.