Je me déteste

Deux fois aujourd’hui, on m’a lancé des fleurs.

C’est venu de gens intelligents dont je respecte le jugement.

Pourtant, dans les deux cas, j’arrive à discréditer la majorité du message avec des « ils disent ça pour être fin », « ils disent ça parce qu’ils m’aiment bien », « ils disent ce que j’ai besoin d’entendre ».

Comment suis-je arrivé à une si grande capacité d’auto-sabotage? Je pense pas que j’ai d’autre talent qui accote celui-là. Et une fois que j’ai compris que j’avais cette tendance, pourquoi ne suis-je pas capable d’en faire abstraction?

C’est simple, c’est parce que je me déteste.

Encore un peu plus après ce post. Encore un peu plus du fait que je ne crois jamais être capable de régler ça.

Noir

Des fois, quand je décharge mes malheurs à un ami, il me fait remarquer que je vois tout en noir. C’est pas nouveau. J’ai apparemment toujours eu cette tendance à voir le verre à moitié vide (cette expression est sur le bord d’être sur-utilisée). Sous les conseils de tous, et je veux bien être d’accord, je me dois d’essayer de voir les trucs de façon plus positive. Que la situation est pas si noire que je la dépeins, je veux bien l’envisager. Pourtant, quand je fais des efforts pour mettre les choses en perspectives, d’enlever de la valeur aux trucs noirs pour ajouter un peu de lustre aux trucs colorés, c’est vraiment à ce moment-là que j’ai le plus l’impression de me mentir à moi-même.

Mieux, bien mieux, bien

J’aimerais juste préciser que je vais bien. Vous dire officiellement que je ne suis plus en dépression. C’est un peu en retard et je le dis pas pour qu’on sorte le champagne. Je le dis parce que ça pas l’air clair pour tout le monde.

Le psy trouve que je suis beaucoup plus allumé qu’avant et sûrement que ceux qui me connaissent l’ont remarqué aussi. Je vois juste mon psy à tous les 2-3 semaines plutôt qu’à chaque semaine et j’arrive pas là complètement vidé comme avant où j’étais juste à bout.

Certes, j’ai encore des petits downs comme tout le monde. Et j’ai encore mes mauvais patterns de personnalité qui me tirent vers le bas. Ma tendance à voir tout en noir et ma spectaculaire auto-critique. C’est des trucs sur lesquels je « travaille ». Ma tête remarque pas mal tout. Je raconte les trucs au psy et je dis « je sais que ça et ça c’est pas correct » et je manque pas grand chose. Ma tête sait doser les trucs mais il me reste à la croire.

Je ne pourrais pas dire la dernière fois que j’ai pleuré. Quand avant je cherchais la dernière journée où je l’avais pas fait. (ah finalement je me souviens de la dernière fois en criss, mais bon, avant ça, ça fesait longtemps ;))

C’est sûr que si je pense à ce que je vais faire l’an prochain, je vais angoisser comme un débile. Et que si je passe le weekend seul à rien faire, je vais être dans un état bof. Et que j’ai la chienne de jamais trouver une fille avec qui ça fitte.

Chacun sa merde. Je suis vraiment pas rendu à tripper sur la vie. Je mettrai pas dans ma fiche Réseau Contact que je mords dedans à pleine dent. Mais c’est vivable. Et en ce qui me concerne, c’est pas mal le top j’ai atteint d’aussi loin que je me souvienne.

Dépressif dans la foule

Avec la dépression, on m’a offert et conseillé plusieurs fois la thérapie de groupe. C’est-à-dire que t’as une gang de dépressifs qui jasent de leur expérience. Moi, j’étais pas game de faire ça, j’aurais pris beaucoup trop de temps pour être à l’aise et j’ai toujours refusé. Il faut dire que ça m’était souvent proposé en opposition au psy seul à seul.

Et parenthèse comme ça. Je me suis fait aussi recommander souvent d’aller voir du monde qui a vraiment une vie de marde pour constater que t’es ben finalement. Même si c’est la plupart du temps bien intentionné, c’est le genre de commentaire qui me gosse. J’embarquerai peut-être là-dedans dans un autre post éventuel. Fin de la parenthèse.

Mais même si j’ai refusé la thérapie de groupe, je comprends le cheminement derrière. Et j’ai souvent un rappel de ça quand je rencontre quelqu’un que ça va pas.

Deuxième parenthèse. On entend souvent des gens suggérer que pour être heureux, il faut être avec des gens heureux. Je pense que je comprends l’intention du conseil qui fait du sens, mais je trouve que ça donne souvent place à une interprétation très malsaine. Ok, si t’es scrap, entoure-toi pas de monde scrap. C’est comme l’analogie de l’écrasement d’avion, tu mets ton masque à oxygène avant d’aller aider les autres à mettre leur masque. Mais si tes amis t’abandonnent pendant ta dépression, t’as aucune chance de passer au travers. Criss, s’il y a des gens qui rush, tu les aides tabarnak. That’s the good thing to do. Fin de la deuxième parenthèse.

Tout ça pour dire que quand je rencontre quelqu’un d’autre pour qui ça va pas bien. Ils ont souvent tendance à se sentir lourd du genre: «Ah désolé de te faire chier avec tout ça.» Pis sans dire que ça me fait plaisir et que je recherche ça, ça me fait tellement me faire sentir moins seul.

Mais bon, ça dépend ça vient de qui. Il y a des gens avec qui t’as juste le goût de lui dire : «C’est vraiment plate ce qui t’arrive mais TA GUEULE!! JE M’EN COLISSE DE TES NIAISERIES GROSSE POMPE À BOUETTE!!»

Bilan par hémisphère

Ça serait fort de dire que mon cerveau est constitué de deux parties qui se complètent bien. Idéalement, j’aurais un positif et un négatif qui se balanceraient. J’ai bien le côté down/négatif mais l’autre est beaucoup moins fort qu’il devrait être. Au lieu de positifi, je le qualifierais plus de résigné qu’autre chose. Reste que je devrais lui donner plus de place. C’est pour ça que pour l’instant, le down a l’exclusivité de parler à la première personne.

Hémisphère down:
1. Je suis vraiment toujours trop fatigué physiquement. C’est pas normal. Je commence à penser que j’ai de quoi qui ne marche pas. Je suis déjà vieux. Mon coeur va me lâcher.
2. J’ai remarqué que le taux de roulement dans mes chums de filles est crissement plus élevé que chez mes chums de gars.
3. L’humour, c’est pas trop pour moi. J’ai pas toujours envie de jouer au clown. En plus, je suis nul pour me faire des contacts, j’ai toujours l’impression de jouer à la pute et ça m’énarve! Criss que ça m’énarve.
4. Je suis fauché, je vois pas quand est-ce que je vais reprendre le dessus. J’ai pas les moyens de réparer mes affaires à mesure qu’ils explosent.
5. Je rencontrerai jamais the one.
6. C’est plate qu’on sache pas ce qui se passe après cette vie-ci, me semble que je feelerais pour recommencer sous un autre nom.
7. J’ai vraiment un caractère obsessionnel.

Hémisphère résigné:
1. Ça l’air que ça prend plusieurs mois avant de perdre les effets des anti-dépresseurs. Tu bouffes pas si bien que ça non plus. T’as aussi slaquer le training. Tu peux refaire une prise de sang pour t’enlever tes conneries de la tête.
2. Sûrement que tu peux attribuer le taux de roulement élevé de test chums de filles au fait que la plupart se match et que t’aimes moins la dynamique. Pis les autres ben… si c’est pas réciproque, t’as pas perdu grand chose.
3. Il y a plein de gens down qui sont en humour. Tous les trucs que tu ne te crois pas capable de faire te nuisent pour le restant de ta vie anyway. Va falloir que tu te fasses chier anyway. Pas obligé de juste faire ça non plus. Rien t’empêcher d’aller faire un autre cours après.
4. Au pire tu feras faillite dans 2 ans. So what? Personne va te pendre par la poche. Sauf si t’empruntes aux mauvaises personnes.
5. Tu l’as pas rencontré à date, mais t’as pas été en état faque t’aurais tout bousillé anyway.
6. Justement, tu sais déjà que c’est de la marde pour celle-ci, aussi ben essayer plein de trucs et il y aller un peu plus hédoniste au lieu de la passer à chigner.
7. Huh. You got that right, buddy.

Bad loop de la bouffe

J’ai pu de cash. J’ai épuisé mes réserves de bouffe à ma maman. J’ai (comme toujours) pas le goût de me faire à bouffer. Je me ramasse donc dans un état poche où j’ai le goût de rien faire. J’ai pas le goût de sortir de ma chambre. Je sors pas. Je prends pas de soleil. Ça empire. Je me ramasse donc dans un état plus poche encore. Je pourrais appeler ma mère pour qu’elle m’envoie de la bouffe. Ça me tente pas. Je pourrais appeler un chummey pour me faire inviter à manger. Ça me tente pas. Tout ce que j’ai envie, c’est de dormir. Le meilleur des fast-forward. Pis je vais me réveiller dans un état encore plus poche. Jusqu’à temps que qq chose arrive. Ou que je me botte le cul. Pis que je load ma visa.

update: Je fais quand même les meilleurs burgers du monde!

Samedi nostalgie

J’aimerais racollé des bouts de passé ensemble, un genre de montage pour créer un présent trippant. Tel bout, tel visage, tel feeling, tel moment… all wrapped up. Ils ont beau avoir 20 ans de différences entre eux.

Mauvais pattern, mauvais loop. Rien de bon peut résulter de ça. Ça n’arrivera pas. J’aimerais avoir l’imagination pour projetter de quoi qui va me combler.

Je devrais écrire des trucs plus productif que ça.

Dans 20 heures environ, je prends l’avion. Une petite avion avec des ailes en carton.

Une fois traversé les nuages, elle pourrait se déchirer.

La panique en slow motion qui donne un air de calme. Ça court partout, I’m standing still. Curieux de la suite. Soulagé de la suite.

Attaché.

Simple.

Fade out.

Saison 4 de Lost : Tchendoh’s arrival.

Finalement, je l’ai l’imagination.

Solo

Ouin, il était temps que la semaine finisse!

On entend souvent du monde dire que pour sortir d’une dépression, tu dois t’entourer de gens de bonne humeur. Pourtant moi, je m’y sens vraiment seul.

Cela dit, ça va quand même pas si mal. J’ai plein de trucs à écrire et j’ai des idées.

Demain, c’est la deuxième édition du Patankalouza (pas certain de l’orthographe) où je vais pouvoir donner une coupe de t-shirts et récolter un peu d’argent. Pour les rares qui ne savent pas, c’est un tournoi de pétanque de grande renommée.

Dimanche, on s’enregistre pour un nouveau court métrage au thème « discipline ».

Lundi, c’est Jici Lauzon qui va être notre prof en histoire de l’humour. J’ai écouté un an Virginie dans le temps à cause de lui! Il est passionant ce gars-là, ça devrait être cool.

Encore la dépression qui pèse…

J’ai fait une erreur en pensant que j’étais rendu pas mal correct à cause que j’avais arrêté les pills.

Oui, c’est moins pire. Il y a du positif dans ma vie dans les derniers mois…

J’ai été accepté à l’ENH. J’ai une coloc avec qui ça fitte. J’ai arrêté les médicaments.

Comme d’habitude, on me dit que je suis sur la bonne voie et que j’en ai seulement encore que pour quelques mois…

Ça fait vraiment longtemps qu’on me dit qu’il ne m’en reste que pour qqs mois… depuis octobre ou novembre…

J’essaie vraiment de moins en parler. Ça parait peut-être pas mais j’en ai colissement honte de tout ça. Je suis tanné d’être faible. J’aspirais à plus que ça. Être le pilier d’une famille ou qq chose du genre. Être un homme, quoi. Pas la personne qu’on doit constament regonfler…

J’ai tjrs la même pensée qui me reste. Je ne suis pas fait pour le bonheur. J’en suis incapable. Et malgré toutes leur bonnes intentions, personne ne peut comprendre.

Il n’y a rien à faire…

Je pourrais poser la question :
Combien de temps vais-je encore devoir faire semblant d’être heureux pour l’être vraiment?

Mais la vraie question que je me pose c’est :
Combien de temps vais-je encore devoir faire semblant d’être heureux pour dire que j’ai vraiment essayé?

Encore quelques mois?

On n’est pas à ça près…

Mes dernières 37.5 miligrammes d’Effexor…

Voilà, c’est fini. Je viens d’avaler ma dernière shot d’anti-dépresseur.

Il me reste un dernier petit down qui devrait arriver dans la fds. Ça va être cool à Québec! ;)

Je suis très content de pas être pogné avec ça pour le restant de ma vie.

Pour moi, les anti-dépresseurs vont avoir été un genre de break. Quand j’étais dans le pire de ma dépression et que j’avais aucun psy de disponible avant plusieurs mois, je commençais à manquer de jus et c’était la seule option que je voyais.

J’ai beaucoup de difficulté à expliquer le feeling étant donné que c’est très complexe et personnel mais c’est un peu comme si j’avais fait « pause » sur les émotions que je vivais. Ça m’a permis de me distancer de la souffrance question de me remettre en shape et trouver de l’aide. Cependant, les anti-dép ne règlent rien, c’est pour ça que je dis que c’est un genre de « pause », tu remets ça à plus tard. Une fois que j’ai recommencé à manger, arrêter de brailler pour rien et trouvé un psy pour m’encadrer, j’ai pu commencer mon sevrage.

Ça fait très rationnel comme ça mais ce qui m’a tjrs motivé le plus c’est le fait que j’avais perdu ma libido.

Alors voilà. Étant donné que c’est un genre de « pause », le sevrage peut être particulièrement difficile. Je m’y attendais pas et j’ai rushé. Surtout aux deux premières drop. T’essaies d’être logique et te dire que c’est juste les médicaments qui font que tu feel pas mais faut le vivre pour voir à quel point c’est pas évident de se convaincre.

D’où l’importance de choisir un moment opportun pour baisser la dose. Moi j’ai été chanceux pour ça. J’ai eu l’occasion de baisser de 37.5mg à chaque deux semaines. Ce qui constituait le minimum de temps nécessaire entre chaque baisse selon mon médecin.

Donc, j’espère mon expérience va profiter à d’autres.