J’ai écrit à la fille que j’avais bullyée en secondaire un


(Ou peut-être en sixième année? Peu importe.)

Cette fille-là était déjà victime de beaucoup de monde et il y a une fois où j’avais moi-même leadé une initiative pour en rajouter sur son cas pis je m’en suis toujours voulu.

On a tous été asshole dans nos vies et j’ai été baveux eeeeen masse, mais quand on participe à l’acharnement sur quelqu’un de vulnérable, je classe ça dans une catégorie à part. Et ce geste-là est l’un de ceux qui m’est toujours resté sur la conscience.

Déjà que dans le temps, j’étais moi-même victime de bullying vu que j’étais pas mal petit (et baveux, comme je disais). Et avec l’âge, et plus que j’ai été en mesure de réaliser l’impact que ces comportements ont eu sur mon estime personnelle, plus j’ai continué de feeler cheap pour mon geste avec cette fille en secondaire un.

Je pense périodiquement de lui écrire pour m’excuser depuis qu’elle m’a ajouté sur Facebook il y a plusieurs années, mais je choke tout le temps en me disant qu’elle a sûrement oublié tout ça et que je vais juste lui rappeler de mauvais souvenirs, mais en parlant de ça avec mon psy, il m’a dit qu’elle n’aurait sûrement pas oublié.

Je l’ai donc fait. Je lui ai écrit un long message de plus d’une page de Google Doc pour lui rappeler le truc et m’en excuser, en espérant que ça n’a pas trop eu de dommage dans sa vie.

C’était stressant à envoyer vu qu’on ne se parle jamais et là, je lui envoie un message random d’une page, mais finalement, c’était super cool. Beaucoup plus cool que j’aurais pensé, en fait. Pas que je m’attendais à un résultat négatif, mais non seulement elle l’a apprécié plus que je pensais, mais ç’a aussi donné une conversation super intéressante.

Elle ne se rappelait pas de l’évènement en particulier, mais elle se rappelait du type d’insulte qu’elle recevait constamment et combien le primaire et le secondaire ont été pénibles pour elle. Ça, c’est le bout auquel je m’attendais, mais ensuite, on a parlé de plus que ça.

Combien l’école primaire/secondaire, c’est une jungle. Les traces que ça laisse et combien ça nous affecte comme adultes . Ce qu’on vivait à la maison pendant ces années-là. (On avait plusieurs trucs en commun là-dessus, d’ailleurs.) L’absence totale de ressources dans ces années-là.

Et c’était vraiment cool de voir le chemin qu’elle avait parcouru alors que ses enfants en sont là où en était.

Bref, c’est peut-être plate à lire parce que je ne dévoile pas grand-chose pour garder ça relativement privé, mais si vous hésitez d’écrire à quelqu’un pour un truc du genre, je vous le recommande. Ça fait vraiment du bien des deux côtés.


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