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Dehors octobre…

Je savais que je vivrais un mois difficile avec le nouveau confinement et ma santé mentale déjà fragile, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point difficile. Je me sentais sur une petite lancée alors je pensais avoir quelques réserves, mais ouf, j’ai vraiment replongé creux en peu de temps. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi freiné par mes symptômes dépressifs. Je n’ai presque rien écrit depuis deux semaines. Juste de partager ça, ça m’amène les larmes aux yeux. J’ai tellement de culpabilité par rapport à ça. Le mois ne serait pas un désastre complet si j’arrivais au moins à écrire. Mais je suis tellement dans un sale état. Je n’ai pas de concentration. Je suis mal dans mon corps. On dirait que j’ai toujours froid. Ma thérapie de groupe va bientôt se terminer et tout indique que je la finirai dans un pire état qu’au début. Attendre dans ce mode survie que le confinement cesse ne me semble pas le plan du siècle, mais en même temps, dans ma situation, est-ce que j’ai d’autres options?

Concernant la dérive de l’Université d’Ottawa…

Dans toutes ces controverses autour du « mot en n » où l’on trouve raisonnable de suspendre des profs parce qu’ils ont cité le titre d’un livre ou qu’ils enseignent la réappropriation d’une insulte dans un contexte pédagogique, je me trouve encore du bord de la liberté d’expression et j’aimerais qu’on arrive tous, comme société, à avoir un peu de coeur et trouver un compromis raisonnable.

Et interdire aux gens d’utiliser un mot, que ce soit dans un contexte pédagogique ou d’actualité, je ne trouve pas que c’est raisonnable.

Évidemment, je suis un homme blanc et je suis sûr que pour certaines personnes, ça me disqualifie d’emblée d’aborder ce sujet-là.

(Pour ces personnes-là, ils peuvent arrêter de lire ici.)

Sauf que mon opinion ne s’arrête pas à ce mot-là, mais à tous les mots. Je ne pense pas que personne ne devrait pouvoir bannir un mot et que la simple prononciation de ce mot, peu importe le contexte, signifie la perte d’emploi de quelqu’un.

Le pire, c’est que pour un petit blanc d’Amos en Abitibi où il y avait à peu près huit personnes noires dans toute la ville, je me considérais semi-woke sur ces enjeux-là. J’ai appris l’anglais à 12-13 ans en regardant le Fresh Prince où 90% des enjeux de la culture afro-américaine me passaient au-dessus de la tête, mais en vieillissant et en continuant de m’intéresser à ces trucs, c’est toujours resté dans les sujets qui m’ont intéressé parce que c’est resté important dans mes valeurs.

D’ailleurs, pour ceux qui ne l’ont jamais vu, le speech récent que j’ai trouvé le plus convaincant concernant le n-word, je trouve que ç’avait été Ice Cube chez Bill Maher. La semaine précédente, Maher avait fait un gag où il avait utilisé le mot nonchalamment pour puncher. Et je crois que la blonde de Maher à l’époque était noire. Le message de Cube qui lui dit qu’il avait dû se penser un peu trop confortable, mais que les blancs ne pourraient jamais plus être confortables avec ce mot-là, j’avais trouvé ça super efficace et touchant. Malaisant parce que c’est pas facile, mais efficace.

Et surtout, on voit que Cube est touché et que ça vient d’une bonne place.

Ça, je comprenais à 100% parce que c’est authentique et qu’ils sont aux États-Unis où c’est au coeur de ce qui déchire leur pays depuis toujours. La bévue s’était passée live à la télé et comme ils disent, c’était un teachable moment.

Mais ce contexte, il est loin d’un prof d’université canadienne qui explique des trucs à ses élèves dans un contexte bien précis. Ce n’est pas un prof qui appelle son étudiant le n-word pour se trouver cool et encore moins comme une insulte. C’est un contexte pédagogique.

Et t’sais, même si je suis un blanc avec l’étiquette d’oppresseur pour ce sujet-là, juste comme humains, on a tous nos sensibilités. On a tous vécu des traumas. Je ne veux pas entrer dans une hiérarchisation des douleurs à savoir quelle expérience de la vie est plus souffrante qu’une autre, mais on a tous des situations dans la vie où quelque chose nous rappelle un évènement de marde qui nous tord le coeur.

Je ne peux pas comprendre ce que c’est d’être une personne noire qui entend le n-word comme je ne peux pas comprendre ce que c’est d’être une survivante d’un viol qui entend une histoire ou une joke de viol.

Mais je sais ce que c’est d’être quelque part et que quelqu’un parle d’un truc qui me trigger une expérience de marde. Et ce n’est pas cool. Et si je sentais que quelqu’un sortait ce mot à la légère dans l’unique but de me faire chier, ça me mettrait en colère.

Ça, c’est le bout dans ma tête que j’arrive à faire. Mais le bout où l’on voudrait interdire que le mot soit prononcé ou écrit, peu importe le contexte? J’ai beau essayer de comprendre la douleur et la décupler au max que je peux m’imaginer, je n’arrive quand même pas à trouver ça raisonnable.

Une bonne discussion de porn qui m’a fait du bien

Avertissement : je vais vraiment souffler un peu trop dans ma propre trompette (ou mon trombone rouillé) dans ce post.

C’est que la balado de Fred Savard offrait ce matin une table ronde sur le sujet de la pornographie qui était vraiment satisfaisante à écouter pour moi.

Ça faisait du bien parce que des chercheurs plus intellos backaient des théories que je défendais il y a plusieurs années dans des moments où c’était vraiment moins populaire.

Même si Victime de la porn a surtout été un succès, ça ne veut pas dire que les chroniques n’ont pas reçu leur lot de critiques et de haters, dont plusieurs assez crinqués. Évidemment, c’était à prévoir parce que ça traitait de sujets délicats, tabous et souvent explosifs, mais je me rappelle de plusieurs trucs que je défendais qui étaient loin de faire l’unanimité.

En partant, j’essayais de m’adresser à un public intelligent, plutôt que de toujours focaliser sur LA personne weird qui allait mal percevoir le message, et c’était problématique pour plusieurs qui auraient préféré quelque chose de plus clairement moralisateur (et qui prend trop le public pour un épais à mon goût).

Dans la même veine, je défendais aussi l’idée qu’on pouvait voir quelqu’un comme un objet sexuel dans un certain contexte sans qu’on généralise ce comportement à la vie en général ou par exemple, qu’on résume toutes les femmes à des objets en toute circonstance.

Il y a aussi des théories que j’ai toujours eues, mais que je n’ai jamais défendues parce que je n’avais pas de data. Quand on disait que les femmes dans le travail du sexe avaient souvent vécu des agressions sexuelles plus jeunes, j’avais toujours le réflexe de répondre « mais c’est fréquent pour toutes les femmes! » Dans la balado, on parle d’une étude qui démontre que ce serait vrai. Même si l’échantillion n’est pas énorme (177 vs 177).

Mais bref, il y a à peu près 20-25 petits moments comme ça coup sur coup au cours de la discussion où je me suis dit « Bon, je n’étais pas dans le champ! J’ai bien fait de tenir mon bout! ».

Parce que ça ne parait peut-être pas de l’extérieur, mais c’est épeurant par moment de défendre sa vision avec une réelle authenticité et de mettre son coeur sur la table chaque semaine.

T’sais, défendre un certain type de féminisme plutôt qu’un autre dans une chronique alors que ce sera super facile pour n’importe qui de te dire de fermer ta gueule et te contenter de jouer le rôle d’allié muet, c’est pas si évident que ça quand tu n’es pas un polémiste qui s’en fout d’être détesté de tout le monde.

Il y a un paquet de fois où ç’aurait été 100 fois plus facile de juste changer mes opinions pour paraitre woke sur le coup, mais que j’ai choisi d’assumer, chaque fois en ayant la chienne. C’est un truc que j’ai entendu quelque part et que j’ai essayé d’appliquer : quand tu soumets un texte, si t’as un peu la chienne, c’est bon signe.

Et là, plus le temps avance, plus je réalise qu’il a tendance à me donner raison sur les trucs de wokeness et ça me rassure. Ça me rend plus patient quand je trouve que la société fonce trop dans une tendance ou une autre. Et mine de rien, même si je n’ai pas le vocabulaire des intellos ou les diplômes qui me donneraient de la crédibilité, mon jugement reste pas si pire.

(Bon, c’est fini, je vais redevenir insécure et emo pour les prochains textes. ;))

Et va écouter la balado de Fred Savard. Très bon épisode!

Les artistes et les industries culturelles

Déjà que la culture n’est pas dans les top priorités de notre gouvernement, j’ai beaucoup de misère avec la façon dont on en parle les rares fois où ça arrive.

On veut toujours venir en aide à notre « industrie culturelle » et je n’ai jamais l’impression que les artistes font partie de cette industrie culturelle. On s’inquiète pour les propriétaires de salles de cinéma et on leur promet des dédommagements, mais les artistes qui créent le contenu?

Oserais-je dire qu’on s’en torche?

Disons qu’on semble beaucoup plus s’inquiéter pour Vincent Guzzo que pour Anaïs Barbeau-Lavalette.

Si tu ne possèdes pas de local et que tu fais « juste » créer, tu n’as pas l’air de mériter d’être sauvé. Pourtant, c’est quoi, cette fameuse culture?

François Legault ne rate jamais une occasion de dire combien il consomme notre culture et c’est vrai. On le remarque qu’il est un grand lecteur et il va au théâtre et tout ça. Le problème, c’est qu’il aide seulement les artistes en son nom personnel. Jamais en tant que Premier Ministre.

En tant que PM, son aide ne va qu’aux industries.

Nouvelle solution pour la dépression?

Je n’en suis qu’à 8% de ce nouveau bouquin, mais ça fait longtemps que je n’ai pas eu d’espoir sur ma condition en lisant ce genre de livre. Idéalement, il y aura un des prochains exemples qui ressemblerait plus à ma situation parce que celui de la mère post-partum, je m’identifiais moyen. :)

Ça fait deux soirs que j’en lis une partie, mais même si c’est intéressant, ça ne va super vite parce que ça demande de ma tête. C’est aussi poche de ne pas pouvoir poser des questions à l’auteur pendant la lecture. D’ailleurs, c’est ce qui me gosse d’apprendre en lisant des bouquins, je me ramasse souvent avec des doutes à savoir si j’ai bien compris ou non.

En plus, il y a des petits exercices et c’est plus dur à faire par soi-même.

Mais bref, le pitch de vente est excellent et j’avais envie de partager ça. La version précédente de l’auteur est une bible dans le domaine alors je suis loin de dire que c’est une trouvaille, mais vu que celui-ci vient tout juste de sortir, je me suis dit que ça pourrait intéresser les gens en quête de solutions.

Bref.

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Comment avoir du fun?

J’ai ma première léthargie depuis presque un mois.

Depuis que la thérapie de groupe a recommencé, j’ai réussi graduellement à me redonner un rythme de vie qui a du bon sens. J’ai réussi à m’entrainer tous les deux jours. Me mettre des plages horaire de travail. J’ai des trucs à lire, à écrire. J’ai aussi commencé à me lever toujours à la même heure et de plus en plus tôt. Rien qui impressionnerait un parent, ou quiconque en fait.

C’est ça qui est ridicule dans les démarches d’un dépressif en thérapie. Tu viens raconter que tu te lèves à 9h et on te dit de te féliciter et de te donner des tapes dans le dos, mais tu sais bien que pour 95% du monde, c’est paresseux af.

Mais bon, il ne faut pas se comparer, parait-il.

(Et je dois arrêter de me juger autant.)

J’avais réussi à baisser à 8h, que j’assumais plus, mais je pense qu’avec l’entrainement où j’essaie toujours de battre mes scores et tout le reste où je pousse pas mal, j’ai trop donné parce que depuis une semaine, je sens une fatigue de fond dont je n’arrive pas à me débarrasser et qui est mauvais signe.

Le truc que je n’arrive pas à ajouter à mon horaire et qui me manque, c’est le plaisir.

C’est ce qu’une des animatrices m’a dit. « Qu’est-ce qui te fait plaisir dans tout ça? » C’est important d’avoir du fun dans mes journées et pas juste me pousser à faire ce que je dois faire sinon, juste en me forçant et avec la discipline, je ne tougherai pas. Et je pense que j’en suis là.

Comme je lui ai dit, le problème, c’est que je ne sais plus ce qui me fait plaisir. Sûrement que la dépression y est pour quelque chose, mais si on me demande des activités où je vais éprouver du plaisir, je rush à en trouver. Sans compter que je n’ai aucun budget.

Je regarde des séries. À part ça?

Le truc que je n’ai pas dit parce que c’est un peu gênant devant un groupe, c’est combien les activités que j’aime reliées au plaisir sont reliées au sexe. Ce qu’elle m’a suggéré, c’est de trouver des activités que j’aimais faire avant ma dépression.

Je trouvais que c’était une bonne idée, même si je rush à trouver. Je pense qu’avant, j’avais plus d’amis proches et c’était une grande partie de l’équation. Je pense que beaucoup plus jeune, tant que j’étais avec mes bons amis, on avait du fun peu importe le contexte. Ma réalité semble si différente aujourd’hui.

C’est sûr que je manque encore de relations et que c’est un gros problème. Pour l’écriture, j’aurais besoin d’un mentor génial avec qui échanger. Pour le fun, j’aurais besoin de nouvelles amitiés. Pour le sexe…

Je me suis remis sur Tinder et Hinge cette semaine. J’ai un succès relatif, mais je suis une de ces personnes chiantes qui ne parle à aucun match parce qu’on dirait que je ne me sens pas prêt à être sur la cruise. Il faudrait que je les désinstalle plutôt que de faire perdre le temps de tout le monde (surtout le mien) avec ça.

Toi, c’est quoi les activités qui te font avoir du fun?

Chaque fois que je demande ça, j’ai l’impression qu’on me répond un paquet de trucs qui sont zéro mon genre (aller aux pommes) ou à ma portée ($$$), mais peut-être que ce sera différent.

Des fois, j’ai l’impression que mes activités préférées n’ont pas vraiment de nom. Genre, avoir une discussion enrichissante avec une personne intelligente sur un sujet trippant, je trouve ça le fun, mais ça ne somme pas tant dans ce genre de liste.

Mais bref, help!

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