Auteur : tchendoh ( Page 1 de 1516)

Je ne donne pas de nouvelles parce que c’est sombre et pareil

Je n’écris presque plus, en fait. Ça ne doit pas aider.

Mes symptômes dépressifs sont dans le tapis.

Je n ‘ai pas d’énergie. Ma confiance est à zéro. Je pourrais dormir 15h par nuit. J’essaie de limiter à 11-12h alors je lutte contre le sommeil toute la journée.

J’attends mon rendez-vous avec mon nouveau (ou ma nouvelle) médecin résident le 15 juillet où on pourra faire une troisième demande à la RAMQ pour un type d’antidép non-couvert qui m’a déjà été refusé deux fois. Là, il parait que nos chances sont bonnes parce que j’ai essayé tous les autres… au coût de ma santé. Les deux dernières sortes que j’ai essayé depuis mars ont vraiment été un désastre.

Ce sont vraiment les mois les plus longs de ma vie.

Le plus choquant, c’est que ceux que je prends présentement, la duloxétine, on ne me les avait jamais conseillé parce que selon mon médecin et le psychiatre, c’était plus le genre de truc qu’on donne pour des douleurs chroniques. Mais la RAMQ refuse tant qu’il reste des items à essayer sur sa liste. Et sur la liste, il y avait la duloxétine.

D’ailleurs, c’est le troisième cas où j’ai à faire avec la RAMQ et les trois fois, c’était négatif et d’une froideur totale.

Là, dans le meilleur des cas, je parle à mon médecin le 15 juillet. On fait une demande à la RAMQ qui sera acceptée trois semaines plus tard et je commence à aller mieux quelque part vers la fin août.

Sauf que je vais mal depuis mars.

Le plan en mars, c’était seulement de changer pour des antidépresseurs meilleurs qui me débarrasseraient des effets secondaires chiants. Jamais j’aurais pensé m’embarquer dans un processus aussi long et drainant. Je pensais mettre mes projets de côté pour un mois, deux mois max. Là, ça va prendre au moins quatre-cinq mois et je me suis creusé un méchant trou niveau santé mentale.

En plus, je n’ai pas de support thérapeutique. Je n’ai pas la force pour recommencer à m’entrainer. Il faut dire que c’est difficile de se planifier un horaire avec un 15 heures de sommeil. C’est aussi tough de tenir ou de se motiver sans avoir d’espoir pour le futur.

Là, si ça se trouve, la RAMQ va me refuser une troisième fois. Ou bien elle va accepter, mais les nouveaux antidéps ne m’aideront pas non plus. Peut-être que j’endure tout ça pour rien.

Je ne sais pas ce qui me retient de juste brailler toute la journée. Je pense que c’est la seule efficacité des antidéps. Ils m’empêchent de pleurer et de me pendre. (Et de faire caca.)

La grosse vie.

Quelques séries qui ont frôlé le génie pour un moment…

C’est rare qu’une série est bonne d’un bout à l’autre. C’est plus facile quand c’est une mini-série comme Chernobyl (HBO), mais ça ne joue pas avec les mêmes règles. Game of Thrones (HBO) a été en feu pendant un bon cinq-six saisons avant de vivre le pire crash de l’histoire des séries télé.

Souvent, il y a une lune de miel du début comme The Office (NBC) et ensuite, ça dure jusqu’à ce que les cotes d’écoute baisse trop ou que le cast sacre son camp. (Ou soit impliqué dans un scandale quelconque.) Ou bien la technique Stranger Things (Netflix) où l’on reprend sensiblement la même formule de la première saison géniale et ensuite l’effet pâlit à chaque nouvelle année.

Mais même dans le top du top, les instants de grâce sont difficile à maintenir.

The Wire (HBO) est une de mes meilleures séries de tous les temps, mais il y a des moments ardus à se taper. Genre, les deux premières saisons ont des débuts pénibles et la cinquième saison n’est pas aussi bonne que le reste.

Il y a aussi des émissions qui sont difficiles à se taper aujourd’hui parce que le format est désuet. La série House (FOX) avait des moments géniaux, mais aujourd’hui, 24 épisodes par saison dont une dizaine n’a pas tant d’impact sur l’histoire, c’est juste trop demandé.

La série Spartacus (Starz) commençait comme l’une des meilleures séries d’action de tous les temps, puis l’acteur principal meurt du cancer après la première saison.

Même si presque personne ne l’a vue, la première saison de The Newsroom (HBO) touche au génie, mais la deuxième est un tout petit peu moins bonne et la série s’arrête abruptement à la troisième parce que la série ne rencontrait pas son public. C’est chiant quand le problème est extérieur à la série.

Et j’avais envie d’écrire sur tout ça à cause de la série In Treatment (HBO) dont les deux premières saisons frôlent la perfection. Je viens de me les retaper et c’est juste incroyable. C’est de la télé de haute voltige qui est impossible à répliquer.

Impossible à reproduire parce que la série est à la base une série israélienne de deux saisons, et quand les Américains ont essayé de faire une troisième saison, ça sonnait faux. On avait encore les mêmes performances d’acteur et la même réalisation soignée, mais on avait avait perdu la profondeur, la petite touche de génie.

Et là, HBO essaie de revenir avec une saison quatre de pandémie avec des gens qui se jasent sur Zoom, mais je ne l’accepte juste pas. Il vaut mieux se retaper les deux premières saisons que de se taper ça.

C’est chiant quand une série cesse d’être géniale avant la fin. Ça empêche de bien boucler notre trip.

Hâte à rien

Ma demande à la RAMQ pour de nouveaux antidépresseurs a finalement été refusé. Ils disent qu’il y en a encore d’autres antidéps que je n’ai pas essayé. J’ai donc attendu un autre trois semaines pour rien. Ça commence à faire plusieurs semaines de suite où je suis laissé à moi-même sans médication qui me soutient. (En plus, je n’ai plus de psy depuis un bout.)

J’ai arrêté de publier mes posts sur mes réseaux sociaux tellement j’étais tanné de déprimer tout le monde, mais c’est extrêmement dur à vivre et j’essaie de ménager les rares amis à qui j’en parle.

Je marchais sur Beaubien vendredi et je regardais les terrasses pleines avec des line-ups et ça me faisait mal de ne pas ressentir le même feeling que tout ce monde-là. De ne pas partager le même enthousiasme envers la vie qui reprend.

Quand je pense à aller sur une terrasse, je pense à …

  • Je n’ai pas les moyens d’aller là
  • Je ne peux pas boire
  • Je me sens terriblement moche
  • Quand je donne de mes nouvelles, c’est déprimant sur un temps rare

Ça me fait mal parce que j’ai peur de ne plus jamais faire partie de ce monde-là. Ça me montre combien je suis brisé. C’est comme si ça me montrait que ma vie le fun est passée pis ça me fout la chienne. Ensuite, je commence à me dire que personne ne voudra être ami (et encore moins blonde) avec quelqu’un qui fait partie de ce monde-là et ça se met à spinner…

J’essaie d’être rationnel. J’essaie fort d’être rationnel et me dire que je dois être patient et ne pas me fier à mon feeling du moment. Mais le feeling est si fort et les semaines sont longues.

Là, je parle à mon doc jeudi pour commencer un autre antidépresseur qui, dans le meilleur des cas, prendra encore quelques semaines à activer.

Moi et ma mère

On ne va pas très bien dans les dernières années. Tous les deux, on essaie toutes sortes de pilules dans un espoir de mieux aller, sans trop de succès steady. C’est tough pour moi de ne pas la regarder comme une espèce de version de ce qui m’attend. Elle est tellement tannée et je la comprends parce que moi, déjà à mon âge, je le suis aussi.

Passer le temps

Je pense que j’ai le 2021 le plus ennuyant de la planète.

Pour ceux qui n’ont pas trop suivi (t’as bien fait), j’ai fait un switch d’antidépresseurs dans les derniers mois vu que mes anciens n’étaient pas assez efficaces et que je n’étais plus capables d’endurer leurs effets secondaires.

On a opté pour un switch croisé pour une autre sorte sur six semaines et le résultat a été… un échec total.

Crime que ça n’a pas marché! En gros, j’ai eu l’impression de juste arrêter mes anciens et de switcher pour rien.

C’est frustrant en crime parce que ça se passe sur deux mois (c’est long, deux mois) où tu files comme de la marde et je n’ai même pas eu le résultat positif à la fin pour compenser. Je suis maintenant sur les nouveaux antidépresseurs, mais ils me soutiennent à peine. Je dors beauuuuucoup trop. Genre, de 9 à 9 et je filerais pour dormir encore l’après-midi parce que je suis dead.

Sans compter TOUS les autres symptômes dépressifs.

Le nouveau plan est d’essayer une autre sorte d’antidépresseurs. Le hic, c’est que la nouvelle sorte n’est pas couverte, alors il faut faire une demande spéciale qui prend quelques semaines. Je le sais parce qu’on avait essayé l’année passée. Là, est-ce qu’elle sera acceptée maintenant que j’ai essayé d’autres trucs? C’est le petit espoir qu’il me reste. Le doc est confiant, mais moi bof.

C’est vraiment tough de rester dans ce mode attente. Les journées sont longues. Je m’étais dit que je serais un 5-6 semaines out pour mes projets, mais là, ça s’étire. J’ai l’impression de toujours bloguer le même texte de marde. J’ai aucune motivation pour RIEN et j’essaie juste de me rappeler que c’est normal dans mon état, de ne pas faire de geste stupide et juste passer le temps.

Mais passer le temps sans motivation, ce n’est pas super. Surtout pour l’estime de soi.

Je me suis remis sur Bumble en écrivant dans ma fiche que je suis « dans une passe sombre », mais même à ça, j’ai toujours la chienne d’avoir un match parce que je suis dans un état horrible. Juste quand je parle, je me sens leeeeent. Je ne suis pas en forme. Et j’ai l’impression que 95% des fiches écrivent « veut avoir des enfants » alors que j’ai de la misère à subvenir à mes propres besoins.

Côté écriture, j’avance surtout mon film tranquillement. C’est le seul point positif. Maintenant, il faudrait que je parle à quelqu’un qui déjà eu un film de financé pour connaitre les prochaines étapes.

Des requins, des bullies, de la perte d’énergie…

Les réseaux sociaux ont toujours été un repère à bullies, mais c’est de plus en plus vrai, peut-être parce que les faibles (ou les sages) finissent par en avoir marre et se poussent?

Twitter est sûrement le pire… Pour tougher là, faut être insensible, anonyme ou intimidant au point où on te laisse tranquille.

Sincèrement, si tu restes sur Twitter, t’as des questions à te poser. Il y a quelque chose qui ne va pas dans ta vie. Tu ne me feras pas accroire que ce climat-là te rend heureux ou heureuse.

Ça fait un bout que j’essaie de me tenir à une saine distance des petites guerres du jour parce que ça je sais combien ça draine et du peu que ça amène et pourtant, ça draine quand même.

C’est toujours ça qui remonte à la surface de ta timeline. Les mêmes petits clans qui se forment. Les tweets tout le temps 3x trop fendant pour rien. Jamais personne qui a l’intention de voir l’autre grandir.

Fuck l’autre.

C’est juste du gros piochage. C’est comme un match Rangers-Washington où si tu veux attendre que le karma fasse son oeuvre, t’es mieux d’être patient.

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