Auteur : tchendoh ( Page 1 de 1518)

Petit quiz (et moyenne réflexion) pour les fans des Canadiens

J’en suis bien conscient, on risque de m’étiqueter comme un dinosaure, mais pour moi, les Canadiens de Montréal représentent plus qu’une équipe de hockey. Je dis que j’en suis conscient parce que c’est clair en lisant les commentaires sous les publications des chaines sportives que le CH est de plus en plus perçu comme une équipe comme les autres où seule la victoire compte. 

Ces fans ont dû se réjouir lorsque Geoff Molson a annoncé l’embauche de Jeff Gorton. Une révolution dans le marché montréalais. Un nouveau patron unilingue anglophone qui embauchera dans les prochains mois ce qui semble de plus en plus avoir l’air d’un stagiaire francophone qui sera là pour affronter la presse à sa place.

La tradition des dernières décennies voulait pourtant que l’entraineur et le directeur général des Canadiens soient bilingues. Une tradition de plus en plus contestée par des gens qui revendiquent « le meilleur candidat disponible ». 

Ça se comprend. Et il faut dire que Molson défend très mal sa patente de bilinguisme. Pour lui, c’est important d’avoir des gens qui peuvent s’exprimer en français afin de pouvoir parler au marché francophone. 

That’s it? Rien sur ce que l’équipe représente pour les Canadiens français? Rien sur ce que cette institution symbolise pour le peuple? Désolé, Geoff, mais si ce n’était qu’une question de pouvoir parler aux fans, un simple traducteur pourrait faire l’affaire. Comme avec Felipe Alou.

Et j’imagine que c’est normal que ça échappe à Molson. C’est difficile pour les anglos de saisir ce que l’équipe représente pour les francophones. D’ailleurs, c’est un peu comme ça qu’on en arrive à la situation actuelle. Avec les fans qui s’informent de plus en plus via des médias anglophones, ils sont contaminés par cette même incompréhension. 

« What’s wrong with Montreal? Pourquoi ne veulent-ils pas juste gagner avec les meilleurs? »

Et c’est triste de voir certains fans se retourner vers les leurs. J’ai même vu des fafans sur Twitter se vanter d’être nostalgiques des années où les anglos étaient les boss au Québec et que les Canadiens français se contentaient des rôles secondaires. 

« On gagnait dans ce temps-là! »

Bon, on s’entend, ça ne vient pas des plus brillants. Le genre de fan qui lorsque le CH a repêché Logan Mailloux, malgré ses frasques hors de la patinoire, étaient les premiers à dire que le gars avait quand même toute une première passe. Les mêmes fans qui disent que la place des Québécois ou du français sont des débats qui n’intéressent que les journalistes et les médias quand en fait, non, ça intéresse les gens qui sont… capables de réflexion.

Sincèrement, je pense que la plupart des partisans du « moi, je veux juste qu’ON gagne » ne réalise simplement pas ce que le « ON » représente. C’est pourquoi j’ai cru bon créer un petit quiz simple.

(Je peux te tutoyer? Cool.)

Je vais poser des questions et dis-moi à partir de quel chiffre, comme fan, tu commences à sentir que ça affecte ton sentiment d’appartenance et que tu risques de moins apprécier la précieuse victoire. 

Est-ce que ça te dérange siiiiii… 

1) Si l’équipe appartient à un Américain?

Ça, on l’a déjà vécu et ce n’était pas si pire, non? On était bien tombé. Il était d’adon. On continue.

2) Si le CH ne présente aucun joueur québécois dans ses rangs?

Ça aussi, c’est arrivé. L’année passée. C’est de plus en plus accepté. On continue.

3) Si l’équipe change son logo mythique pour l’image d’un Big Mac? 

Ça va rapporter plus d’argent, donc de meilleures infrastructures et tout ça. Trippes-tu encore? Curieusement, j’ai l’impression que toucher au logo risquerait de brusquer plus les fans, mais ce n’est qu’un symbole, non? C’est la victoire qui compte!

4) Si les Habs changent de nom pour s’appeler Hockey Club?

Ça va faire plus international pour que les fans de partout se reconnaissent dans l’équipe. Toujours rien? OK, la dernière. 

5) Si l’équipe déménage à Houston?

Moins d’impôt, moins de pression, tout ça. Ce sera mieux pour les joueurs et le staff. 

Alors, tu te situes où dans tout ça? 

As-tu réalisé des choses? Est-ce qu’il y a un niveau là-dedans où t’as commencé à être dérangé dans ton sentiment d’appartenance? 

Non? Eh bien, si rien de tout ça n’a d’importance et que seule la victoire compte, qu’est-ce qui t’empêche de juste prendre dès maintenant pour Washington, Tampa Bay ou Colorado?

Ça se passe tard, dans un bus de St-Michel

Une fille de 17 ans est assise seule au fond et il y a trois gars qui viennent s’asseoir autour d’elle. Ils sont les seuls clients à bord. La fille ne sait pas trop quoi faire alors elle se concentre sur son cell quand tout à coup, une notification Airdrop pop sur son écran.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, Airdrop est une fonctionnalité iPhone pour quand quelqu’un veut t’envoyer un fichier à proximité. En gros, la demande Airdrop ne peut venir que d’un des trois gars. Et ça ne s’arrête pas là, une deuxième notif Airdrop arrive tout de suite après, puis une autre, et une autre, et une autre. Tellement rapidement que le cell de la fille devient vite inutilisable.

À ce moment-ci, tu peux te demander comment toi t’aurais réagi. Peut-être que ta réaction aurait été meilleure que celle d’une fille de 17 ans en panique, mais dans cette histoire-ci, la fille décide de la jouer cool et de ranger son cell dans sa poche.

Mal à l’aise, elle va sonner l’alarme pour descendre du bus.

Lorsque le bus s’arrête, les trois gars descendent, mais la fille a la présence d’esprit de rester dans le bus où elle a pu appeler sa mère.

Malheur évité.

Il reste qu’un des gars a quand même couru après le bus en espérant qu’elle débarque à l’un des arrêts suivants.

Maintenant que l’histoire est terminée, après s’être demander ce que la fille aurait pu faire de mieux dans sa situation, comme parler au chauffeur ou bien savoir que refuser trois fois une commande Airdrop bloque l’utilisateur qui t’en envoie, moi j’aimerais qu’on parle de ces trois gars-là.

Qu’est-ce qui crée ces gars-là? T’sais, j’arrive à m’imaginer (sans le justifier) une pomme pourrie quelque part qui se comporte comme un freak en solo. Mais TROIS gars ensemble qui délibérément décident de faire subir ça à quelqu’un, collectivement, on l’échappe quelque part. Ça veut dire que les trois sont à l’aise avec leur comportement face aux deux autres. Ça veut dire qu’aucun des trois n’a reçu l’éducation adéquate pour remettre en doute ce plan à la con. Ça veut dire qu’aucun des trois n’a développé l’empathie nécessaire pour catcher que ça n’a pas de bon sens de faire vivre ça à la fille?

Et on ne sait pas jusqu’où ils étaient prêts à aller. Au mieux, ils ne voulaient que lui faire peur. Au pire… Aussi bien ne pas s’imaginer le pire. Mais là, juste avec cette expérience, t’as une adolescente (et plusieurs de ses amies) qui sera traumatisée pour un bon moment et qui en verra son expérience de vie crissement diminuée.

Ce genre d’histoire me met tellement en colère. Comment, en tant que société, peut-on encore créer ce genre de jeunes? Ça m’enrage, pis ça me décourage.

La honte

Samedi, j’allais aider un de mes anciens profs pour la billeterie à l’entrée de son spectacle pas loin de chez nous pis après à peine 10 minutes, j’ai commencé à me sentir mal et voir des spots. Une belle chute de pression. Il a fallu que je sorte dehors avant de tomber devant le monde. Par chance, j’ai une amie et ancienne collègue de classe qui est arrivée en même temps et qui a pu me remplacer.

C’était humiliant. Une job si simple.

C’est là que j’ai vu les limites de ma super diète qui consiste à alterner entre jeûner et pas manger.

Avec mon énergie au minimum, il faut croire que de me tenir debout et cocher des noms, avec un peu de chaleur et de nervosité, c’était trop.

Et pour mon entourage proche, ce n’était pas une grosse surprise. Ma vitalité est en chute libre avec ma dépression qui continue d’empirer et les différents antidépresseurs qui continuent d’être totalement inefficaces. Sans compter la travailleuse sociale qui devait me référer un psy depuis longtemps qui est impossible à rejoindre.

Je suis loin d’avoir maintenu un rythme de vie qui est sain. En fait, j’ai un peu abandonné sur moi-même. Je me suis mis à juste dormir. Dormir tout le temps. L’énergie n’était pu là. Pour rien. J’ai cessé de me laver. De voir du monde. Même que la première fois de ma vie, j’ai perdu l’énergie pour écrire. Ce qui est terrifiant parce que d’habitude, c’est une des rares choses qui m’apporte de l’énergie.

MAIS…

Il y a eu du positif dans les derniers jours. Vendredi, j’ai appris qu’après trois demandes infructueuses à la RAMQ, j’ai finalement été accepté comme « patient d’exception » pour un antidépresseur qu’on essaie d’avoir depuis une éternité. Bon, on ne sait pas si ces méds seront mieux que les autres, mais ils DEVRAIENT aider.

Aussi, j’ai finalement réussi à rejoindre ma travailleuse sociale qui me snobait en contactant une autre travailleuse sociale pour aller lui mettre de la pression. Elle m’a écrit un petit courriel pour dire que je devrais avoir des nouvelles de mon nouveau psy dans « quelques semaines ». C’est ce qu’on m’avait dit en juillet, mais bon, espérons que cette fois, c’est la bonne.

Bref, c’est bizarre parce que j’ai ce nouveau positif qui arrive d’un coup, mais je suis tellement mal en point et profond dans ma marde. Je passe mes journées à dormir (tu peux pas t’imaginer combien je dors) et me trouver nul et ça va tellement me prendre d’énergie et de temps à me sortir de ça que j’ai beaucoup de misère à y croire. Genre, l’idée de pouvoir un jour être heureux ou être un parti attirant pour quelqu’un dans cette vie-ci me semble tellement irréaliste.

Mais bon, je devrais commencer les nouveaux antidéps demain.

Petit kombucha de fin de soirée

J’avais l’impression que ça faisait 100 ans que je n’étais pas allé écrire dans un bar. Il était presque minuit et j’avais quelques notes que j’avais besoin de pousser un peu plus loin alors je suis allé au Yïsst, un bar à quelques pas de chez moi.

Je me suis assis au bar face à un plexiglass qui avec l’éclairage me renvoyait juste assez de reflet. Tout sauf ma gueule, en fait. Parfait pour mes complexes.

J’aurais aimé me commander un whisky cool à la Hank Moody, mais je suis encore off de l’alcool pour me donner une chance avec les antidéps alors j’ai opté pour le kombucha.

Le bar était peut-être rempli au cinquième. Deux filles discutaient à l’autre bout du bar. Deux-trois gangs étaient éparpillées dans le reste de la place. Une ou deux dates.

Ça faisait changement d’écrire chez moi ou dehors. Ce que j’aime avec le bar, c’est que je m’imagine toujours cette idée, cette possibilité d’être abordé par cette fille cute et intéressante.

Bon, ça n’arrive jamais, évidemment. Il n’y a pas que le plexiglass qui n’aime pas ma gueule. Ma gueule dans mes notes, en plus. Mais hey, juste ce petit espoir que ça puisse arriver, comme dans les films, ça m’apporte toujours une énergie qui fait du bien.

Files-tu pour jaser de pilules? Je sais que t’adores ça

C’est tout ce dont je jase ces temps-ci sur ce blogue, j’ai l’impression. Je pourrais jaser des films que je vais voir, mais on dirait qu’il n’y a rien qui me fait vivre quelque chose. Et côté série télé, je me retape en rafale les saisons de Californication pour m’évader. Je pense que j’ai vu quatre saisons en deux semaines.

J’aimerais être comme ce bon vieux Hank Moody (le perso principal de Californication). Lui, il vit seul, mais il n’est jamais seul. C’est l’avantage de vivre dans une série télé, j’imagine.

Je pense que ma seule grande discussion cette semaine, c’était avec ma pharmacienne. D’ailleurs, c’est un service que j’apprécie beaucoup. J’ai un suivi avec des pharmaciennes et elles ont le temps de me parler alors ça me permet de vraiment tout comprendre et de mettre tout au clair. Elles sont allumées et compétentes.

Et dans le positif, on a peut-être trouvé ce qui faisait que je dormais autant et que j’étais toujours aussi fatigué depuis le mois de mars. Ça fait juste une semaine de test, mais ce serait une pilule qu’on me donnait pour… me donner de l’énergie. Il y a un 7% des gens chez qui ça crée de l’hypersomnolence.

On va attendre un autre deux semaines pour voir et confirmer. En attendant, j’essaie de continuer à m’entrainer vu qu’aller mieux, ça se fait avec une combinaison de trucs. Il reste le côté social sur lequel je suck. Je suis incapable d’aller faire du bénévolat, même si c’est la suggestion qui revient le plus souvent et qui fait le plus de sens. L’idée d’affronter autant d’inconnus d’un coup me fait boguer. Faut dire que dans mon état, il ne faut pas grand-chose pour me faire abandonner une idée qui ne me plait pas.

J’ai eu une bonne journée hier

C’était ma première bonne depuis plusieurs mois. Ça m’a fait réaliser que si je règle enfin mes fucks de médication, je reviens quand même à ma vie loin d’être parfaite.

Oui, je pourrais recommencer à travailler sur mes projets trippants, mais j’aurais aussi ma vie pleine de trous.

C’est que je manque encore de relations significatives. J’en ai, mais il m’en manque. Ça aiderait à me débarrasser du temps que je perds sur les réseaux sociaux. T’sais, avant au moins, je participais sur les réseaux sociaux. Maintenant, je fais juste scroller en me frustrant sans rien écrire. Une genre de consultation castrée où je trouve plein de monde cave, mean ou dans le champ, mais je ne dis rien parce que j’essaie de correspondre à un espèce d’idéal intérieur où je me dis que c’est la meilleure chose à faire, sauf que ça ne me rend pas plus heureux.

Le mieux pour m’éviter tout ça, ce serait d’avoir mieux à faire. Genre, une vie sexuelle. Plus de discussions de terrasse avec des gens intelligents. Pis un paquet d’activités entre les deux.

C’est tough à trouver pour moi des bonnes relations. J’y arrive, mais c’est difficile. C’est risqué. C’est gênant. Les débuts peuvent être chiants. Tu peux perdre ton temps. Et je suis loin d’être à mon top.

Mais c’est à peu près la seule constante chez les gens heureux : ils possèdent de bonnes relations humaines significatives.

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